‹ Les insectes et leurs dégâtsChapitre 8 sur 25 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

Orthoptères.

Fig. 60: Mantide (Mante religieuse). Fig. 61: Pbasmide (Bacillus).

Fig. 62: Gryllide (Grillon champêtre). Fig. 63: Locustide (Gde,

Sauterelle verte).

sucreries, la cambuse des navires ont principalement à subir leur répugnante présence.

Les Mantides (Fig. 60) et les Phasmides (Fig. 61) remarquables par leurs formes bizarres et leurs mœurs singulières ne présentent pas d'intérêt au point de vue de la nocuité.

Les Acridides sont souvent dans le langage courant, confondus avec les Lociistides sous le nom de Sauterelles ; les deux familles présentent cependant des différences faciles à constater, notamment dans les antennes et dans les tarses ; les Acridides ont des antennes courtes et des tarses de 3 articles, tandis que les Lociistides possèdent des antennes très longues filiformes et des tarses de 4 articles; l'aspect général du corps n'est pas le même.

C'est parmi les Acridides que l'on range les insectes auxquels on donne le nom général de Criquets et qui forment les légions dévastatrices s'abattant de temps à autres sur des contrées qu'ils ravagent; cependant le nom de Criquet doit, plus spécialement s'appliquer aux larves et aux nymphes de l'insecte, le nom de Sauterelle étant réservé à l'adulte: voici en effet comment se produisent les invasions du Criquet Marocain {Stauronotus Maroccanus Thunb.) l'une des espèces qui ravagent le plus fréquemment l'Algérie:

En été, généralement vers le soir, une nuée d'adultes ailés {Sauterelles) venant des hauts plateaux de l'Atlas où l'espèce vit en permanence, apparaît dans le ciel et s'abat sur une région; les plantes herbacées, les fourrages sont dévorés en peu de temps; après un séjour plus ou moins long variant de quelques heures à un jour, les Sauterelles s'envolent à nouveau et vont se poser à une distance souvent considérable surtout si un vent assez fort les soutient dans leur vol. Les ravages pourtant effrayants de ces adultes n'approchent pas de la dévastation qui résultera plus tard de leur présence; en effet pendant leur séjour sur le

point où ils se sont abattus, ils ont effectué une ponte dans les fissures du sol et huit mois après, d'ordinaire en Avril, les larves sortant de terre se groupent en colonnes comprenant une quantité innombrable d'individus, pour entreprendre suivant une direction dont rien ne peut les détourner, la migration au cours de laquelle leur transformation en adulte s'opérera progressivement ; ces larves ou Criquets étant privées d'ailes, cheminent sur le sol avec une vitesse qui varie de 200 mètres par jour au début à 4 kilomètres environ au moment de leur complet développement; comme la transformation en adulte n'a heu que trois mois après l'éclosion, les désastres résultant de cette migration sont immenses; son passage fait disparaître toute substance végétale telle que herbe, feuillage, écorce des arbres, jeunes branches, etc. dont la dureté n'est pas suffisante pour résister aux mandibules robustes des Criquets ; les pays les plus verdoyants sont transformés en déserts. Dès que l'insecte devenu adulte est pourvu d'ailes, il s'envole en troupes et va porter au loin la ruine et la désolation.

Une espèce qui apparaît plus rarement en Algérie, Acridium peregrinum 01. {Criquet pèlerin), part du Soudan central; elle cause dps dégâts moins grands que Stauronotus Maroccanus Thunb. {Criquet Marocain) parce que sa croissance étant plus rapide, la migration des larves et nymphes ne dure que 30 à 40 jours.

Beaucoup d'autres espèces à'' Acridides peuvent éclore sur un même point en masses assez nombreuses pour formor des nuées envahissantes et sauf les pays absolument froids, presque toutes les régions de la terre, voisines de contrées désertiques ont eu à subir à des intervalles plus ou moins rapprochés les ravages de ces Orthoptères.

En Europe, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la Roumanie, la Hongrie, la Russie méridionale ont été désolées à plusieurs reprises; la France même n'a pas été

épargnée ; les grandes invasions signalées en Provence, notamment aux i^ème et ilème siècles sont peutêtre le fait du Pachytylus cinerascens Fab. (PL 85) ou du Calopteniis Italiens L. (PI. 85) espèces indigènes toujours fort communes; cependant elles peuvent avoir été produites par des vols de Staiironotus Maroccaniis ou d\Acridium peregriniim poussés d'Algérie en France au dessus de la Méditerranée par une tempête de vent du Sud. En 1901 une espèce, dont la détermination n'a pas été vérifiée par des spécialistes, (peutêtre Calopteniis Italiens), s'est montrée extrêmement abondante dans les Charentes; bien que son apparition n'ait pas revêtu le caractère d'une invasion, les dégâts commis furent très appréciables.

Les Lociistides ne comprennent que peu d'espèces nuisibles; nous représentons cependant (PI. 74) deux types d^Éphippigères qui causent dans les vignes des dégâts sensibles. La Grande Sauterelle verte, [Loeusta ç'iridissima L. fig. 63), appelée improprement Cigale dans le Nord de la France, où ce dernier insecte n'existe pas, appartient à la famille des Lociistides.

Les Gryllides, renferment les Grillons, plus connus du grand public par le chant strident et mélancolique qui leur a fait donner le nom vulgaire de «Cri-Cri», que par leur conformation; ils demeurent en effet cachés pendant le jour dans leurs retraites, d'où ils ne sortent qu'à la nuit tombée. Le Grillon des champs (fig. 62) vit dans les friches, les talus exposés au soleil; le Grillon domestique habite nos maisons où il se tient blotti dans les endroits tièdes, tels que les fournils, les cuisines, derrière les plaques de cheminées, etc. Un autre Gryllide la Taupe-Grillon, Courtilière, etc. {Gryllotalpa vuJ/^aris Lat. — PL 8) redouté des jardiniers parce qu'il coupe les racines en creusant ses galeries souterraines, leur rend pourtant des services en se nourrissant au moins partiellement de larves et de vers.

§ 3. — Névroptères. Les Névroptères forment un Ordre de transition c'est-à-dire un Ordre réunissant des types que l'on ne peut faire entrer nettement dans les Ordres voisins bien qu'ils présentent des caractères les rapprochant de ces groupes; il rassemble des insectes ayant seulement entre eux de nombreux rapports; ainsi une grande partie des Névroptères pourrait être à juste titre classée dans les Orthoptères.

Bouche conformée pour la mastication; 4 ailes semblables toutes membraneuses soutenues par des nervures formant réseau; métamorphoses soit complètes soit incomplètes; le groupe a été divisé en deux sous-ordres:

Les Pseudo-Névroptères ayant des métamorphoses incomplètes; ils sont souvent rattachés aux Orthoptères.

Les Névroptères yrais qui ont des métamorphoses complètes.

Les Pseudo-Névroptères comiprennent comme principales familles: les Termitides (fig. 64), les Perlides (fig.65), les Ephémérides (fig.67), les Lihellnlides (fig.66).

Les Névroptères vrais renferment les Myrmécoléonides, les Hémérobiides (fig. 69), les Semblides, les Panorpides (Fig. 68), les Pkryganides, etc.

Aucune famille de Névroptères, sauf les Termitides ne renferme d'insectes nuisibles.

Les Termites ou Fourmis blanches vivent en sociétés nombreuses, comprenant une reine, des mâles et des neutres (ouvriers et soldats); leurs mœurs qui diffèrent considérablement d'une espèce à l'autre sont toujours des plus curieuses; malheureusement, sur la plupart des espèces, nous connaissons fort peu de chose, ces insectes vivant dans les pays chauds et dans des conditions qui rendent très difficile une observation minutieuse et suivie. En France, nous ne possédons que le Termite à cou jaune {Calothermes flavicollis Fab.) qui existe en petites familles inoffensives dans les

xciri

Névroptères .

Fig. 64: Termitide (termite lucifuge ouvrier). Fig. 65: Perlide (Perle). Fig. 66: Libellulide (^schne). Fig. 67: Ephéméride (Ephémère). Fig. 68: Panorpide (Panorpe). Fig. 69: Hémérobide (Asealaphe).

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vieilles souches d'oliviers, en Provence et en Languedoc et le Termite lucifiige ( Termes lucifiigus Rossi — fig. 64). Cette dernière espèce longue de 5 à 6 mm. se trouve dans les Pyrénées Orientales, dans le Lot, dans la Charente-Inférieure et surtout dans les Landes où elle établit son nid dans les souches souterraines des Pins; de ce nid elle étend au loin, en restant constamment à l'abri de la lumière, des galeries lui permettant d'atteindre les objets à sa convenance qu'elle mine complètement tout en évitant soigneusement afin de ne pas déceler sa présence, de toucher à leur surface visible. Dans les campagnes et les bois, le Termite liicifuge semble fuir le voisinage de l'Homme et ne cause que des dégâts peu importants, d'autant que dans cet habitat ses colonies ne comptent qu'un nombre restreint d'individus; mais en 1797 il apparut à Rochefort dans une maison abandonnée, et depuis cette époque, il s'est répandu dans cette ville et s'est installé dans plusieurs autres du littoral de la Saintonge, notamment à Tonnay-Charente, Saintes, La Rochelle, etc. infestant littéralement certains quartiers, au point de créer pour les habitants, non seulement une incommodité très grande par suite des précautions qu'ils doivent constamment prendre pour préserver des atteintes des Termites, provisions, vêtements, livres, etc., mais encore une insécurité réelle, les poutres, les planchers, les toitures étant fréquemment minés complètement par les redoutables destructeurs, avant qu'on ait pu soupçonner leur présence. A Rochefort des maisons se sont écroulées subitement et on ne compte plus celles que leurs habitants ont dû évacuer ou qu'on a été obligé de reconstruire entièrement. A la Rochelle, la Préfecture envahie a vu sa charpente, ses boiseries, ses archives complètement détruites, les arbres de son jardin minés jusqu'aux branches; l'Arsenal de cette ville a également beaucoup souffert. D'autres centres moins atteints sont cependant menacés.

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Nous signalerons encore dans l'Ordre des Névroptères :

Les Fourmilions dont les larves (fig. 36) creusent dans le sable des petits entonnoirs au fond desquels elles s'enterrent pour guetter les insectes; dès qu'un imprudent s'engage sur le talus mouvant, un jet de sable lancé d'un coup de tête par la larve accélère sa chute; il est alors saisi et sucé jusqu'à dessèchement; un nouveau coup de tôte projette hors du trou son cadavre inutile. Les Phryganes dont les larves aquatiques, recherchées comme amorces par les pêcheurs à la ligne sous le nom de « Porte-bois », s'enferment dans des fourreaux formés de brindilles, de coquillages ou de graviers.

§ 4. — Hyménoptères. Appareil buccal composé de mandibules servant à déchirer et à broyer et de pièces conformées pour lécher le suc des substances broyées. Quatre ailes transparentes soutenues par des nervures peu nombreuses, les ailes inférieures beaucoup plus petites que les supérieures. Tête mobile; antennes souvent coudées; corselet globuleux; abdomen nettement séparé du thorax auquel il est le plus souvent rattaché par un mince ligament {pédicule). Métamorphoses complètes.

Deux Sous- Ordres:

. 1 , [ Abdomen des femelles pédicule por-

Aculcatesou ^ aieuiUon rétractile -

Porte-aigmllonsl Larves apodes.

Phytophages. — Abdomen pédicule.

Larves munies de pattes et ressemblant à des chenilles.

Gallicoles. — Larves apodes.

Entomophages. — Abdomen pédicule et portant chez les femelles une tarière saillante. — Larves apodes.

Térebrants ou Porte-tarières

Abdomen des fe melles portant

une tarière sou

vent rentrée à

l'intérieur.

E. p. N. VI.

Familles Principales.

. , . . , f Avides, Bomhides, Vespides, Sphési- Aculeates(ou ' des PompiUdes, SeoUides^or^ Porte-aiguillons) ( ^ -^ -^^^^ Matillides, Chrysides.

Phytophages. — Tenthrédides, Siri-

cides.

Térébrants (ou Gallicoles — Cynipides. Porte-tarières) ] Entomophages — Ichneumonides,

Chalcidides, Evaniides, Procto-

trupides.

Sauf la division en sous-Ordres, le classement qui précède est basé non pas sur des caractères anatomiques mais sur des similitudes de mœurs; tout imparfait qu'il soit il est fréquemment employé, un travail d'ensemble sur les Hyménoptères n'existant pas encore.

Les Apides (fi?. 70) comprennent des espèces qui ont pour caractère commun de construire des nids dans lesquels elles amassent une pâtée mielleuse pour la nourriture de leurs larves.

Ils vivent tantôt en sociétés organisées où chacun travaille pour l'entretien de la communauté toute entière, tantôt en groupes formés de nids distincts (quoique réunis parfois sous le même abri) dans lesquels chaque larve est nourrie par les soins de la seule femelle qui l'a produit {Abeilles sociales). D'autres construisent des chambres complètement séparées, mais groupées à côté les unes des autres sur le même point d'un talus, d'une vieille muraille, etc. Certains élèvent leur couvée isolément sans chercher à se rapprocher de leurs congénères {Abeilles solitaires). Quelques Apides ne bâtissent aucun abri; ils sont parasites d'autres Apides et pondent leurs œufs sur la pâtée amassée par une autre espèce; leurs larves vivent donc de la nourriture d'autrui dans la maison d'autrui, affamant ainsi le légitime propriétaire {Abeilles parasites).

Hyménoptères.

Fig. 7<?;Apides(Xylocope). Fig. 71: Vespide (Guêpe-Frelon). F/g.72;

Crabronide (Tripoxylon). Fig. 73: Mutillide (Mutille femelle).

Fig. 74: Ichneumonide (Rhyssa). Fig. 75: Cynipide (Cynips.)

Les Bombides renferment les Bourdons qui réunis en sociétés peu nombreuses, construisent un nid grossier dans des cavités souterraines.

Les Vespides (fig. 71) comprennent les Guêpes, séparées comme les Apides en Guêpes sociales, Guêpes solitaires, Guêpes parasites.

Bien que les Vespides nourrissent leurs larves d'une bouillie formée de substances animales mâchées par les adultes et qu'ils détruisent de ce fait beaucoup d'insectes, on peut les considérer (au moins les Guêpes sociales) commue absolument nuisibles ; ils s'attaquent aux raisins, aux fruits sucrés de toutes sortes, aux viandes des garde-manger et des boucheries et nul n'ignore les désagréments qu'entraîne leur présence auprès de nos habitations; le voisinage d'un nid de Guêpes surtout de Guêpe-Frelon {Vespa crabro L. fig. 71) peut môme devenir un danger sérieux, car on a vu souvent des accidents mortels résulter des piqûres faites par ces insectes. Il est d'ailleurs assez facile de détruire un nid de Guêpe commune {Vespa vulgaris L.) ou de Guêpe germanique {Vespa gcrmanica F.) surtout lorsqu'il est construit en terre; il suffit d'en boucher l'entrée, la nuit tombée, lorsque tous ses habitants sont rentrés, avec un tampon d'ouate imbibée de benzine que l'on enfonce assez profondément et que l'on recouvre de chiffons et de terre tassée; le lendemain matin les Guêpes sont mortes ou engourdies; on déterre le nid et on le brûle. Pour détruire un nid suspendu, profiter d'une nuit froide ou pluvieuse, sans lune et faire tomber brusquement le nid dans un sac solide que l'on referme aussitôt.

Les nids de Frelons {Vespa crabro L.) généralement construits dans des arbres creux, ou suspendus sous dos toitures, sont plus dangereux à détruire; ils ont souvent plusieurs entrées autour desquelles veillent la nuit des sentinelles; dans les vieux troncs, les fentes et les trous du bois laissent échapper les

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vapeurs asphyxiantes qu'on pourrait employer contre les habitants du nid.

Les Sphégides ou Guêpes-fouisseuses approvisionnent leurs larves de proies vivantes mais paralysées d'un coup d'aiguillon. Chaque espèce poursuit une sorte déterminée d'insecte; l'une chasse les Grillons, l'autre les Sauterelles, certaines ne prennent que les chenilles de Noctuelles ou bien les Mouches, les Araignées, etc. Le Philanthe apivore s'en prend aux Abeilles; le Cerceris Bupresticide emporte à son nid les Buprestes.

Les Pompilides et les Scoliides ont des mœurs analogues.

Les Formicides groupent les Fourmis. Plusieurs sortes établissent leur nid dans les poutres; bien que ces espèces ne s'attaquent qu'aux charpentes déjà atteintes de pourriture, elles n'en sont pas moins nuisibles en précipitant la ruine de ces matériaux.

Les Mutillides sont représentées en France par plusieurs espèces, dont la plus commune, la Mutille européenne^ vit en parasite des Bourdons; la femelle (fig. 73) est privée d'ailes.

Les Chrysides, aux téguments durs et revêtus le plus souvent de couleurs métalliques éclatantes, pondent leurs œufs dans les cellules des larves de différents Hyménoptères.

Avec les Tenthrédides et les Siricides nous trouvons des Hyménoptères dont les mœurs diffèrent radicalement de ceux des familles précédentes. Les larves des Siricides en effet se nourrissent de fibres ligneuses et vivent dans le tronc ou dans les tiges des arbres (PL 23, 47). Les larves des Tenthrédides (PI. 38, 19, 55, 59, 98) mangent les feuilles de diverses plantes; elles ressemblent assez à des chenilles, mais possèdent 10 à 11 paires de pattes tandis que les chenilles des Lépidoptères n'en ont que 8 paires au plus.

Les Cynipides sont de petits Hyménoptères qui amènent sur différents végétaux la production de déformations auxquelles on donne le nom de galles. Ces galles apparaissent à l'endroit où le Cynips (fig. 75) a piqué le tissu pour y pondre son œuf; elles sont formées par un afflux de sève qui produit bientôt une excroissance ayant suivant les différentes espèces de Cynips les formes les plus variées, bouton, fruit, corne, chevelure, etc. ; la larve du Cynips se développe dans cette galle et se nourrit de sa substance.

Les Ichneiimonides (fig. 74), Calcidides, Evaniides, Proctotriipides qui diffèrent considérablement les uns des autres par les formes et l'organisation, ont cependant un caractère biologique commun; ils déposent leurs œufs sur ou sous la peau de toutes sortes de larves et de chenilles, chaque espèce parasitant presque toujours un genre ou une espèce déterminée; quand l'œuf est éclos, les premiers états du parasite se passent dans le corps même de l'insecte parasité, qui dévoré peu à peu, ne meurt cependant que lorsque la larve qui le ronge intérieurement est parvenue au terme de sa croissance.

Cette particularité biologique ne présente de variations que dans les détails; elle fait de ces minuscules Hyménoptères entomophages, dont les représentants répartis en des milliers d'espèces apparaissent par légions innombrables, des auxiliaires précieux de l'agriculture; c'est par leur multiplication succédant nécessairement et proportionnellement à la multiplication des insectes dont ils vivent, que sont la plupart du temps arrêtées les invasions formidables de Chenilles, de Pucerons, de Scolytes, de Sauterelles et autres insectes ravageurs, devant quoi l'Homme doit trop souvent après avoir épuisé sa science et dépensé ses capitaux, s'avouer momentanément désarmé.

§ 5. — Lépidoptères (ou Papillons). Bouche conformée pour pomper les liquides; sa partie la plus

Lépidoptères. ,, x.

Fis 76; Sphingide (Sphinx). F/?. 77: Papilionide (Papillon Machaon) Fig. 78:. Alucitide (Orneodes).

visible est une trompe, enroulée sur elle-même au repos comme un ressort de montre, mais qui s'allonge lorsque l'animal veut prendre de la nourriture. Les palpes labiaux redressés, formés de trois articles, sont quelquefois apparents; le plus souvent ils sont cachés sous des poils ou des écailles. Les trois anneaux du thorax sont étroitement unis et privés de toute indépendance; on donne fréquemment à l'ensemble du thorax le nom de corselet. Les 4 ailes sont couvertes d'un revêtement formé de petites écailles qui restent collées aux doigts comme une poussière colorée lorsqu'on saisit sans précaution l'insecte. Les métamorphoses sont complètes; la larve prend le nom de chenille, la nymphe celui de chrysalide.

Sous- Ordres:

Rhopalocères. — Antennes renflées à leur extrémité et terminées par une massue ou un bouton; ailes relevées au repos.

Hétérocères. • — Antennes de formes diverses mais jamais terminées par un bouton arrondi; ailes non relevées au repos mais placées à plat, ou bien obliquement, formant toit.

Microlépidoptères. — Ce groupe très arbitrairement formé, puisque certains gros Microlépidoptères sont de plus grande taille que des petits Macrolépidoptères, réunit des Papillons généralement très petits dont les antennes sont longues et en forme de soies.

Familles Principales.

Rhopalocères. — Papilionides (fig. 77), Piérides, Lycé-

nides, Nymphalides, Hespérides.

Hétérocères. — Sphingides (fig. 76), Sésiides, ZygénideSj

Bombycides, Noctuellides, Phalénides ou Géomètres.

Microlépidoptères — Tortricides, Pyralides, Tinéides,

Ptérophorides, Alucitides^ (fig. 78).

^ 11 ne faut pas confondre les Alucitides (ou Alucitinés)

vrais, comprenant le groupe des Onréodes, avec les Micro-

cm

Les Piérides exceptées, aucune famille des Rhopalocères ne renferme d'insectes réellement nuisibles; dans les Piérides par contre, se trouvent des Papillons qui commettent de grands dégâts dans les cultures maraîchères. Nous consacrons (PL 5) une notice à la Piéride du Chou, mais nous devons citer également comme redoutés à juste titre par les jardiniers, deux autres papillons blancs, Pieris rapae L. et Pieris napi L. dont les chenilles souvent très abondantes s'attaquent aux choux, navets, raves, etc.

Parmi les Hétérocères, les Sphingides (fig. 76) et les Zygénides ne comprennent pas d'insectes nuisibles ; les Sésiides comptent deux espèces nuisibles: la Sésie îipuliforme (PL 20) et la Sésie Frelon {Trochilium apiforme CL) dont les chenilles percent de galeries le tronc des peupliers, bouleaux, saules et autres variétés de bois blancs.

Les Bonihycides renferment en même temps que des espèces séricigènes éminemment utiles, un grand nombre de papillons qui causent aux vergers et aux forêts des dommages considérables. Indépendamment de ceux représentés dans les planches 13, 16, 18, 22, 28, 37, 46, 48, 53, 61, 64, 67, 70, 82, 87, 88, 99, nous citerons : Dasychira pudibunda L. ( = Orgya pudihunda), papillon de 4 à 5 centimètres d'envergure dont la chenille jaune, ornée sur le dos de plaques noires veloutées et portant des pinceaux de poils rouges et jaunes, ronge de Juillet à Octobre les feuilles des hêtres, des chênes, etc.; elle apparaît parfois en tel nombre que des forêts entières d'essences feuillues sont dévastées. — Orgya antiquaL. [Bombyx étoile) dont la femelle aptère pond sur les troncs des arbres fruitiers ;

lépidoptères désignés couramment par le nom d^ Alucites, cette dernière appellation s'appliquant à certaines Tinéides qui attaquent les grains, par exemple Sitotroga cerealella Oliv. (PL 83) vulgairement appelée Teigne des blés, Alucite des céréales^ etc.

la chenille s'attaque aux feuilles et comme plusieurs générations se succèdent au cours de l'été les dégâts causés sont souvent importants.

Les Noctuellides^ groupe très nombreux, comprennent beaucoup d'espèces très nuisibles à l'agriculture et difficiles à distinguer les- unes des autres pour qui n'est pas lépidoptérologiste. Trois types sont figurés dans les planches 3, 81, 96; citons en outre: Acronycta aceris L. souvent préjudiciable aux marronniers et aux arbres d'avenues; sa chenille jaune avec sur le dos des taches blanches cernées de noir porte des touffes de poils jaunes sur les flancs. — Mamestra brassicaeL. {=Hadena brassicae)^ la Noctuelle du Chou, dont la chenille ronge l'intérieur des choux et des choux-fleur. — Mamestra oleracea L. (= Hadena oleracea), la Noctuelle potagère ; elle a deux générations par an; la chenille s'attaque aux légumes et aux salades de toutes sortes. — Plusia gamma L., fort nuisible aux Crucifères, aux Légumineuses, aux pommes de terre, lin, maïs, etc. — Neuronia popularis Fab. (= Heliophohus popularis), la Noctuelle des fourrages; la chenille ronge à la base la tige des herbes fourragères ; en 1894 elle apparut en quantités innombrables dans l'Aisne, le Nord, etc. et causa des dégâts immenses.

Les Phalénides ou Géomètres sont des papillons dont les larves ont reçu le nom de Chenilles arpenteuses à cause de leur façon de marcher; comme les pattes intermédiaires manquent, elles rapprochent de la tête, la partie postérieure du corps en formant une boucle fermée, puis elles s'étendent brusquement de toute leur longueur pour se fixer en avant avec leurs pattes antérieures; elles semblent ainsi mesurer le chemin parcouru.

Les planches 30, 34, 56 représentent trois espèces communes de Phalènes nuisibles; notons en plus: la Phalène du Pin, (Fidonia piniaria L. = Bupalus piniarius) dont la chenille, verte avec trois bandes dorsales

blanches et deux latérales jaunes, s'attaque souvent en nombre aux aiguilles des Conifères.

Plusieurs autres Géométrides peuvent être considérés comme nuisibles mais ce n'est qu'exceptionnellement qu'ils apparaissent sur un même point, en nombre suffisant pour causer des dégâts sérieux.

Microlépidoptères. — ■ On peut distinguer les unes des autres les familles de ce groupe en se basant sur la forme générale des ailes ; ce caractère n'est pas très rigoureux, mais il est facile à contrôler, simple à retenir et suffisant dans la plupart des cas.

Tortricides. — Ailes supérieures de forme presque quadrangulaire, renflées et arquées à la base.

Pyralides. — Ailes supérieures de forme triangulaire.

Tinéides. — Ailes supérieures étroites, pointues à l'extrémité; bord des ailes, surtout des ailes inférieures, garni de longues franges.

Ptérophorides. — Ailes fendues en lanières suivant la longueur, les supérieures généralement en deux, les inférieures en trois.

Alucitides. — Ailes divisées en bandes linéaires frangées ressemblant à des plumes, les supérieures en six, les inférieures également en six.

Les Tortricides ou Tordeuses doivent leur appellation à ce que nombre de chenilles de ce groupe roulent les feuilles en les maintenant à l'aide de fils; beaucoup cependant percent diverses parties des plantes notamment les fruits.

Nous représentons diverses Tordeuses aux planches 9,31,40,54,65, 71,75,97.

Une espèce non figurée, Eudemis hotrana Scop. [Tordeuse de la grappe) cause depuis 1891 de grands dégâts dans le vignoble méridional. L'insecte adulte

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a 10mm. d'envergure; son corps est gris et les ailes antérieures sont gris-bleu marquées de deux bandes obliques brunâtres. Eudemis hotrana se comporte comme Conchylis ambiguella Hubn. (PI. 75), mais il a trois générations annuelles dont les chenilles attaquent successivement les bourgeons de la Vigne (Avril- Mai), la grappe en formation (Juillet-Août), le raisin presque mûr (Septembre); aussi les pertes résultant de ses ravages, ont elles pu être évaluées certaines années dans la Gironde à 30% de la récolte.

Les Pyralides (ou Pyrales) sont souvent et improprement désignées en français sous le nom de Teignes (yoît plus bas) ; de môme le papillon si nuisible, appelé Pyrale de la Vigne (PL 71) est une T or dense et non une Pyrale.

Les espèces de Pyrales les plus nuisibles sont:

Asopia farinalis L. {Teigne delà farine)] elle vit à l'état larvaire dans le son, la paille, la farine; les dégâts qu'elle commet sont en général peu graves tandis que ceux d'une autre Pyrale, Ephestia Knehniella Zeller {Papillon gris de la farine) atteignent dans les minoteries des proportions considérables; la chenille de cette dernière vit dans les grains et dans la farine, s'en nourrit et tisse en cheminant des fils enchevêtrés qui agglutinent ces substances en paquets feutrés; elle obstrue de ses toiles les tamis à bluter, souille de ses excréments la farine et lui communique un goût qui la rend immangeable et d'ailleurs dangereuse à consommer.

Galleria mellonella L. (= cereella Fab.) la Teigne de la cire, vit dans les ruches peu prospères dont elle accélère la ruine en rongeant la cire, en donnant au miel une odeur repoussante et en tapissant les gâteaux de ses fils saupoudrés d'excréments.

Les Tinéides fou Teignes) forment la famille la plus nombreuse des Microlépidoptéres] d'un groupe à l'autre, leur conformation varie beaucoup et leur façon de vivre diffère entièrement. Six espèces sont figurées aux plan-

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ches 2, 24, 78, 83, 89, mais on pourrait augmenter considérablement la liste des Tinéides nuisibles. Notons: Tinea pellionella L. [Teigne des vêtements) et Trichophaga tapetzella L. ( Teigne des fourrures) qui vivent dans les maisons et dont les chenilles rongent les vêtements de laine, les tapis, les fourrures en s'entourant d'un fourreau fait de soie, mélangée de débris du tissu attaqué.

§ 6. — Hémiptères ou Rhynchotes. Appeil buccal ressemblant à un poinçon et conformé pour piquer et sucer il prend dans cet Ordre le nom de rostre; métamorphoses incomplètes.

Sous- Ordres.

Hétéroptères. — Ailes supérieures chitineuses à la région antérieure, membraneuses à la région postérieure. Rostre naissant du front.

Homoptères. — Les quatre ailes de même consistance, membraneuses. Rostre naissant à la partie inférieure de la tête.

Familles Principales.

Hétéroptères. — Pentatomides, Coréides, Lygéides, Tin-

gides^ Cimicides, Capsides, Réduvides, Hydro-

métrides^ Hydrocorides, Nèpides, Notonectides. Homoptères. — Cicadides^ Cicadellides, Psyllides, Aphi-

des (ou Pucerons), Coccides.

Les Pentatoniides (fig. 79) et les Coréides renferment certaines espèces, qui passent quelquefois pour nuisibles, mais dont la nocuité se borne à communiquer aux fruits sur lesquels elles séjournent, une odeur repoussante; telles sont dans les Pentatomides: la Punaise verte des jardins, Punaise des bois, etc. [Pentatoma dissimilis Fab.), la Punaise grise [Carpocoris baccarum L.). Deux insectes de cette famille cependant, la Punaise ornée [Eurydema ou Strachia ornata L.) et la Punaise des choux [Eurydema oleracea L.) sont

parfois nuisibles aux Crucifères potagères sur lesquelles on les voit se réunir en groupes et dont elles sucent la sève.

Dans les Lygéides (fig. 80) signalons la Lygée aptère [Pyrrhocoris apterns L.) vulgairement appelée « Suisse » qu'on trouve en familles nombreuses au pied des ormes, des tilleuls, des marronniers, etc.

Los Tingides ont un représentant {Tingis pyri Geoff. PI. 36) qui est fort nuisible aux arbres fruitiers en espalier.

Les Cimicides comprennent les Punaises des lits. Les Capsides renferment quelques espèces nuisibles; elles font avorter les boutons floraux en piquant le pédoncule pour sucer la sève; le Lygus campestris Fab. (PL 91) s'attaque aux Chrysanthèmes; le Lopus sulcatus Fieb. {Grisette de la Vigne) a fait de grands ravages dans certains vignobles de l'Yonne on 1884.

Les Réduvides sont carnassiers; une espèce Reduvius personatus L. vit dans les maisons où elle se nourrit do larves et d'insectes divers; elle est souvent enveloppée de poussière (d'où son nom français de Réduire masquée) et peut faire une piqûre douloureuse à la ménagère qui la saisit en croyant ramasser un « mouton ».

Les Hydromètrides (fig. 81), Hydrocorides^ Nèpides (fig. 82), Notonectides (fig. 83) constituent le groupe des Hydrocorises ou Punaises d^eau^ par opposition aux familles précédentes d'Hémiptères réunies sous l'appellation de Géocorises ou Punaises terrestres; leurs représentants mènent une vie aquatique, les uns se traînant sur la vase du fond [Nèpides)^ les autres nageant avec facilité {Hydrocorides, Notonectides): les derniers {Hydromètrides) parcourent en glissant la surface de l'eau. Aucune espèce n'est nuisible mais quelques unes piquent fortement les doigts qui les saisissent.

Dans les Hémiptères-Homoptères, les Cicadides,

Hémiptères.

Fig. 79: Pentatomide (Acanthosoma). Fig. 80: Lygéide (Pyrrho-

coris). Fig. Si; Hydromètride (Hydromètre). Fig. S2; Nèpide (Nèpe).

Fig. 83: Notonectide (Notonecte). Fig. 84: Cercopide (Cercope).

Fig. 85: Cicadide (Cigale).

GX

les Cicadellides (fig. 84) et les Psyllides ne renferment pas d'insectes nuisibles. Parmi les Cicadides nous mentionnerons les Cigales (fig. 85) qui vivent dans le midi de notre pays et qu'il ne faut pas confondre avec la Grande Sauterelle verte (fig. 63), Orthoptère, improprement appelé « Cigale » dans le Nord de la France.

Les Aphides ou Pucerons renferment des Hémiptères très nuisibles à différentes plantes cultivées qu'ils épuisent en pu suçant la sève ; nous figurons (PI. 42, 44, 90) trois de leurs représentants et nous indiquons dans les notices qui les concernent, leur mode de reproduction. C'est dans ce groupe qu'est placé le Phylloxéra de la Vigne [Phylloxéra vastatrix Planchon) ; signalé chez nous pour la première fois en 1862; il a amené la disparition totale de l'ancien vignoble français, causant ainsi à la fortune nationale une perte évaluée entre 8 et 10 milliards de francs; la lutte contre cet insecte ayant été reconnue pratiquement impossible, on a dû reconstituer le vignoble avec des cépages d'origine américaine résistant mieux que les nôtres aux attaques du terrible Puceron. Le Phylloxéra vastatrix se reproduit de la façon suivante; la femelle sexuée pond en Septembre, après accouplement avec le mâle, un œuf qui passe l'hiver dans une fente de l'écorce; de cet œuf sort en Avril, un insecte qui grimpe sur les feuilles, les piqup de son rostre et s'enfonce dans la galle résultant de la piqûre; dans cette galle il pond sans accouplement [parthénogenèse) des œufs donnant naissance à autant de pucerons, qui à leur tour se répandent sur le feuillage; cinq ou six générations se succèdent ainsi dans la saison, mais chaque génération, après avoir vécu quelques temps à l'air et subi plusieurs transformations, descend le long du cep, s'enfonce sous terre, va se fixer sur les racines qu'elle pique et se reproduit par parthénogenèse successive pendant plusieurs années. De ces

insectes vivant souterrainement, un certain nombre remontent en été à la surface du sol et se transforment en pucerons ailés qui emportés par le vent disséminent l'espèce à de grandes distances; ces ailés pondent sans accouplement aussitôt qu'ils se sont abattus sur une vigne, 3 à 6 œufs, qui donnent naissance à des insectes sexués lesquels, après accouplement, produisent l'œuf d'hiver par lequel recommencera le cycle évolutif.

Sur les vignes européennes l'œuf d'hiver existe rarem.ent; la reprodution parthénogénétique se continue indéfiniment.

La famille des Coccides ou Cochenilles réunit des types différant tellement les uns des autres par la forme, les mœurs, le mode de développement, qu'il est impossible de donner sur elle des généralités intéressantes. Elle se compose de très petits insectes qui se fixent sur les plantes pour en sucer la sève et qui passent la plus grande partie de leur existence dans une immobilité presque complète. Les mâles, ailés dans la seconde partie de leur vie, sont extrêmement rares; chez un grand nombre d'espèces, ils sont inconnus. Les femelles souvent vivipares se présentent ordinairement sous l'aspect de petites écailles bombées ou de petits flocons cireux, collés sur les tiges, les feuilles ou les fruits; sous ce bouclier formé soit par une sécrétion de l'insecte soit par les peaux des mues successives, l'animal semblant une petite masse dans laquelle il est très difficile de distinguer un organe quelconque, se tient avec sa progéniture; souvent le boucher n'est autre que le cadavre desséché de la mère sous lequel les petits continuent leur développement.

La multiphcation extrêmement rapide des Coccides, fait de ces insectes un des principaux fléaux des cultures fruitières et arbustives; les Américains les désignent en bloc sous le nom d'« insect pest » (peste ento-

mologiqne), parce que dans certaines régions, les orangers, abricotiers, citronniers, oliviers, caféiers, cotonniers, etc. s'étiolent et périssent sous les piqûres de diverses espèces qui les recouvrent quelquefois par millions.

Nous représentons (PI. 17, 33, 72) trois des nombreuses espèces répandues en France; nous signalerons en outre:

Aspidiotus {Chrysomphalus) minor Berl. et Léon.; Aspidiotiis {Chrysomphalus) ficus Ashm..; Dactylopius citri Risso. {Cochenille blanche de VOranger); Parlatoria zizyphi Lucas {Cochenille noire de VOranger), nuisibles aux orangers et aux citronniers; la dernière bien connue même des consommateurs, se présente sous la forme de petits points noirs attachés aux fruits et aux branches; Lecanium oleae Bern. {Pou de V Olivier) dont les piqûres entraînent la production d'une grave maladie cryptogamique des arbres attaqués, la Fumagine de VOlivier; Dactylopius adonidum (Linné) Westw. {Pou bla?ic des serres) très nuisible aux plantes de serre chaude et tempérée ; Icerya Purchasi Mask. qui a fait son apparition en France dans la presqu'île du Cap Ferrât en 1910; cette cochenille anéantit en Cahfornie de vastes plantations d'orangers; le seul moyen efficace de la combattre est l'acclimatation dans la région où elle sévit, d'une Coccinelle {Bèie à Boji-Dieu) le Novius cruentatus Muls., qui est son parasite spécial^.

D'autres cochenilles qui n'ont pas encore pénétré chez nous, menacent cependant nos cultures arbustives; telles sont:

Aspidiotus perniciosus Comst. {Pou de San José) un des fléaux les plus redoutables de l'arboriculture fruitière dans l'Amérique du Nord; la France a dû interdire depuis 1898, pour se protéger contre son introduction possible, l'importation libre des fruits et des plants provenant de ce pays.

^ D'après la nomenclature actuelle Dactylopius c tri = Pseudococcus Citri ; Dactylopius adonidum = Pseudococcus adonidum ; Lecanium oleae = Saissetia oleae.

GXIII

Diptères.

Fig. 86: Culicide (Moustique). Fig. 87: Tabanide (Taon). Fig. 88: Asilide (Asile). Fig. 89: Ornithomyide (Hippobosque). Fig. 90: Ornithomyide (Stenopteryx). Fig. 91: Ornithomyide (Mélopiiage).

Diaspis pentagona Targ. Toz. qui ravage les mûriers en Italie; on essaye d'éviter sa propagation chez nous en interdisant l'entrée des fleurs coupées, récoltées dans le pays infesté.

§ 7. — Diptères. Bouche conformée pour sucer. Deux ailes; la seconde paire souvent remplacée par de petites tiges appelées balanciers. Tarses de 5 articles. Larves apodes — Métamorphoses complètes.

Sous- Ordres.

Némocères — Antennes longues, de 6 articles au moins ; ailes allongées, souvent étroites; pattes longues et grêles; corps mince et allongé.

Brachocères. — Antennes courtes, de 3 articles au plus; ailes larges; pattes plus courtes; corps assez large.

Ornithomyères. — Ailes souvent atrophiées, quelquefois nulles.

Principales Familles.

Némocères. — Culicides (fig. 86), Tipulides^ Mycétophi-

lides, Cecidomyides, Simulides, Bibionides. Brachocères. — Tabanides (fig. 87), Asilides (fig. 88),

Empides^ Stratiomyides^ Syrphides, Conopides, Miis-

cides calyptérées, Muscides acalyptérées, Œstrides. Ornithomyères. — Hippobosqiies (fig. 89), Stenopteryz

(fig. 90), Mélophages (fig. 91).

Nous ne dirons que fort peu de choses sur les Diptères, quelques espèces seulement s'attaquant aux plantes cultivées; un grand nombre sont il est vrai nuisibles à l'Homme et aux animaux domestiques, mais l'examen de ces méfaits n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage.

Parmi les espèces dont nous pouvons parler, citons dans les Némocères:

Les Tipules (PI. 2), les Cécidomyes (PI. 35, 43, 86) les Bibions; les larves de ces derniers sont accusées, peut-être sans beaucoup de preuves, de ronger les semis des plantes potagères.

Dans les Brachocères:

Les Platyparées (PL 10) ; Ortalis cerasi Mg.\ dont la larve {Ver des cerises) se rencontre trop souvent dans les cerises douces (bigarreau, guigne, etc.); les Chlorops de diverses espèces, qui se montrent parfois très dangereux pour les céréales, leurs larves rongeant l'intérieur des tiges et des épis des graminées ; différentes Pegomyia, — Pegomyia hyosciani Panz. (PI. 77), Pegomyia acetosa vivant en mineuses l'une dans l'artichaut l'autre dans l'oseille, etc.; les Anthomyia qui creusent les tiges des choux, les bulbes des oignons, échalottes, lys, etc.; Daciis oleae F. ou Rossi (PI. 41) le plus redoutable ennemi des récoltes d'olives.

A côté de ces ennemis il est juste de mentionner un goupe de Diptères Brachocères appartenant à la famille des M use ides calyptérées, les Tachinaires, qui sont de précieux auxihaires de l'agriculture; leurs larves vivant en parasites de celles des Coléoptères, des Lépidoptères, etc. ils contribuent puissamment à restreindre la multiplication d'une foule d'espèces nuisibles.

§ 8. — Ordres secondaires. Les mœurs des différents Insectes classés dans les Ordres secondaires sont fort curieuses et extrêmement variées, mais elles sont généralement encore peu connues, du moins dans leurs détails; d'ailleurs la plupart de ces Insectes vivent en parasites d'autres animaux ou ne causent aux cultures aucun dégât appréciable; l'examen de leurs particularités biologiques n'entre donc pas dans le cadre de cet ouvrage; quelques mots à ce sujet ont cependant été dits au commencement du Chapitre IV — (Classification des Insectes).

^ ou Herina frondescentiae L.

Destruction des Insectes nuisibles.

Nous ne pouvons parler ici des méthodes basées sur l'emploi des insecticides gazeux tels que, sulfure de carbone, acide sulfureux, acide cyanhydrique, etc. Ces méthodes exigeant pour être réellement efficaces un matériel coûteux et des connaissances spéciales, ne peuvent être utihsées que dans des entreprises agricoles importantes et sous le contrôle de techniciens exercés.

Nous indiquerons simplement quelques formules générales des mélanges insecticides les plus courants, formules dont la composition ou le dosage devront d'ailleurs être modifiés selon le développement de la végétation, la rusticité des végétaux traités, la résistance plus ou moins grande et le stade d'évolution des insectes à détruire.

Il sera bon avant de les utihser, de consulter un ingénieur agronome compétent ou de s'adresser à l'une des Stations Entomologiques installées sur différents points de notre territoire et dont l'énumération termine le présent chapitre.

Cette consultation sera notamment indispensable, lorsqu'on décidera de se servir des insecticides à base d'arsenic. Ces mélanges très recommandés aujourd'hui constituent pour l'homme des toxiques redoutables; dans le traitement des plantes destinées à l'alimentation, on ne devra donc les utiliser qu'avec une extrême prudence et à une époque précédant de beaucoup celle de la consommation des végétaux traités; en outre leur préparation et leur emploi nécessitent des précautions minutieuses, afin d'éviter aux opérateurs les risques d'empoisonnement.

Nous prions le lecteur de vouloir bien se reporter au présent chapitre toutes les fois qu'au cours des notices accompagnant les planches en couleurs, sera préconisé l'emploi de l'un ou l'autre des insecticides, indiqués dans les lignes qui vont suivre.

Émulsions à base de Pétrole et Savon.

Ces liquides sont efficaces contre les chenilles, pucerons, cochenilles, etc. vivant à l'air libre, mais il faut éviter de les employer lorsque les arbres portent des bourgeons, des fleurs ou de très jeunes feuilles; en effet le pétrole, même mélangé au savon, peut détruire les organes végétaux délicats. Les émulsions trop épaisses bouchent les pores des feuilles.

Employées en pulvérisations, ces émulsions doivent être projetées à l'aide d'appareils puissants produisant une poussière liquide très fine; les répandre le soir, par temps sec, après le coucher du soleil.

Ils agissent comme caustiques et brûlent les insectes touchés.

Formule 1 — Formule de Riley. — Huile de pétrole

6 litres ^ ■ — • Savon dur ordinaire 250 grammes —

Eau de pluie 4 litres.

Couper le savon en petits morceaux que l'on fait bouillir dans les 4 litres d'eau jusqu'à ce que le savon soit entièrement dissous; verser cette solution bouillante dans le pétrole en agitant constamment avec une pompe aspirante et foulante; on obtient ainsi une pâte ayant la consistance du beurre, que l'on peut conserver.

Au moment de l'emploi, diluer cette pâte dans de l'eau de pluie en proportions variables suivant les insectes que l'on veut détruire. Ainsi contre les Pucerons on l'additionnera de 16 à 20 fois son volume d'eau; de 10 à 15 fois son volume d'eau contre les chenilles; de 7 à 9 parties d'eau contre les insectes protégés par une carapace (Coléoptères, Cochenilles, etc.).

Formule 2 — Formule de Riley modifiée. — Pétrole

3 litres — Savon noir en pâte 2 kilogrammes - —

Carbonate de soude 1 Kilog. — Eau de pluie 100

litres.

Dissoudre le savon dans 20 litres d'eau chaude; ajouter à chaud le carbonate de soude; laisser refroidir; verser le pétrole petit à petit en mélangeant constamment au moyen d'une pompe, d'une seringue ou en fouettant; ajouter ensuite le reste de l'eau.

Émulsions de Savon et Goudron.

Dans les émulsions on remplace souvent avec avantage le pétrole, par du goudron de houille ou du goudron végétal.

Formule 3 — Formule Langlois. —

Huile lourde du gaz 5 kil.

Savon noir 1 kil.

Eau 94 htres

Verser petit à petit le savon noir dans trois litres d'eau bouillante en remuant constamment, jusqu'à dissolution complète du savon; ajouter lentement l'huile lourde en agitant sans cesse. Lorsqu'on a obtenu ainsi un liquide crémeux, on ajoute sur place au moment de l'emploi la quantité d'eau voulue et on projette au pulvérisateur.

Formule 4 — Huile lourde 10 kilogrammes — Eau ÏÏÏÔTItres.

S'emploie avec succès notamment contre les chenilles processionnaires du Chêne; on inonde les nids au pulvérisateur.

Formule 5 — Formule de Berlèze. — Mélanger en parties égales du goudron de Norvège (goudron de bois) et de la soude caustique. — Dissoudre le mélange dans l'eau à raison de 1 pour cent contre les pucerons, de 5 à 10 pour 100 contre les cochenilles et autres insectes; l'employer en badigeonnages avec un pinceau rude ou en pulvérisations.

Emulsions d'Huile de graines et de Pétrole.

On obtient de bons résultats contre les pucerons et les cochenilles en associant le pétrole à une huile végé-

taie et en appliquant le mélange sur les plantes attaquées au moyen d'un pinceau rude.

Formule 6 — Huile de pétrole ordinaire 500 grammes — Huile de graines 750 grammes — Savon noir 1 kil. — Eau 3 litres.

Faire dissoudre le savon dans l'eau bouillante; ajouter lentement avant refroidissement et en agitant sans cesse, le pétrole et l'huile de graines mélangés.

Si l'on veut employer le mélange en pulvérisations, y ajouter volume égal d'eau.

Ce traitement doit être employé pendant le repos de la végétation.

Émulsions à base de Savon et d'Alcool.

Elles sont utilement employées en pulvérisations contre les pucerons.

Formule? — Mélanger quantités égales de savon

noir et d'alcool de bois (alcool amylique, alcool à

brûler); étendre le mélange de 10 à 15 fois son

volume d'eau de pluise.

Émulsions à base de Savon et de Nicotine.

Moins actives que les émulsions au pétrole et savon, elles sont cependant suffisamment efficaces contre les pucerons non protégés par une sécrétion, contre les chenilles et autres insectes à corps mou; elles sont plus faciles à préparer que les émulsions au pétrole et moins dangereuses pour les plantes, car elles risquent moins de brûler les feuilles tendres, les bourgeons, etc. ; elles s'emploient en pulvérisations qui doivent être faites après le coucher du soleil; le lendemain matin il sera très utile de pulvériser de l'eau pure sur les végétaux traités, de façon à les laver pour empêcher la nicotine de sécher sur les feuilles, qui pourraient dans ce cas être tachées et brûlées; Renouveler le traitement à 3 ou 4 reprises à plusieurs jours d'intervalle.

Formule 8 — • Dissoudre 2 kilog. de savon noir dans 10 litres d'eau chaude; compléter à 100 litres avec de l'eau; ajouter 2 litres de jus de tabac simple des manufactures de l'Etat.

Formule 8 bis — Cette formule est plus énergique que la précédente. — Faire dissoudre d'une part 800 grammes de savon noir dans 1 litre % d'alcool méthylique, d'autre part 1 kilog. de carbonate de soude dans 10 litres d'eau; mélanger les deux solutions; compléter à 100 litres avec de l'eau de pluie; ajouter 1 litre de jus de tabac riche des manufactures de l'Etat.

On peut se procurer dans le commerce la nicotine sous forme de sulfate; elle est ainsi moins dangereuse à transporter et à employer que la nicotine pure; exiger un titrage exact du sulfate de nicotine acheté et séparer la nicotine du sulfate au moment de l'emploi, en ajoutant au produit du carbonate de soude. (Voir également le mélange indiqué à la notice 34 — Ahraxas grossulariata L.)

Èmiilsion à base de Savon noir et Poudre insecticide.

Cette émulsion peut utilement s'employer en pulvérisations contre les chenilles et larves à corps nu, vivant à l'air libre.

Formule 9 — Faire dissoudre dans dix litres d'eau chaude, 500 grammes de savon noir; ajouter en remuant 500 grammes de poudre d'Ellébore; diluer le tout dans 60 litres d'eau.

Liquides contre les Chenilles vivant sous des toiles.

Les émulsions à base de pétrole, savon, nicotine, etc. sont inefficaces contre les chenilles vivant sous des toiles {Chenilles processionnaires^ Hyponomeutes^ Cochylis^ etc.) car ces toiles sont mal pénétrées par les liquides indiqués plus haut.

On emploiera dans ce cas, soit la formule 4, soit la formule suivante et on inondera au pulvérisateur les toiles ou les cocons.

Formule 10 — Gemme de Pin (résine) 1 kil. 500; soude caustique non carbonatée 200 grammes; alcool dénaturé 1 litre; ammoniaque à 22^ 1 litre; acétate de cuivre (verdet) 100 grammes; eau 100 litres.

Verser l'alcool sur la résine et la soude mélangées; remuer jusqu'à dissolution; ajouter 6 litres d'eau tiède en continuant à remuer; filtrer à travers une toile; ajouter l'ammoniaque et le verdet; compléter à 100 litres avec de l'eau.

Si l'on dissoud à chaud la résine et la soude dans 6 litres d'eau, l'alcool est inutile.

Composés arsenicaux.

L'arsenic est un excellent insecticide; il agit en empoisonnant les insectes qui se nourrissent des végétaux traités. Mais à cause de sa toxicité même, les avis sont très partagés sur l'opportunité de son utilisation courante en agriculture.

L'Académie de Médecine et de nombreux hygiénistes se sont nettement prononcés contre son emploi et ont demandé sa prohibition absolue en se basant sur les dangers que ferait courir à la santé publique son entrée dans la pratique agricole. Selon eux, la manipulation des composés arsenicaux présente du danger pour les opérateurs; des quantités nocives d'arsenic se retrouvent souvent dans les vins provenant de raisins traités aux bouillies arsenicales; les pâturages qui se trouvent sous les vergers traités peuvent recevoir des éclaboussures de bouillies toxiques et empoisonner les animaux domestiques; pour la même raison la consommation des fruits de ces vergers ou des légumes plantés dans leur voisinage comporterait des risques

très sérieux ; rinfiltration dans le sol de grandes quantités d"arsemc entraînerait la contamination des eaux de source; enfin ce serait favoriser les tentatives criminelles que tolérer la vente courante d'un produit aussi dangereux.

A ces raisons, beaucoup d'ingénieurs agronomes, notamment ceux qui défendent les intérêts des viticulteurs du Midi, répondent que l'emploi de Far-senic en traitements insecticides est courant en Amérique, Californie, Canada. Australie, même en Algérie et qu'U ne parait en résulter aucun inconvénient pour la santé publique; que les craintes des hygiénistes, dont certaines d'ailleurs sont discutables en théorie, ne peuvent en pratique se réaliser si les précautions nécessaires sont rigoureusement observées ; qu'enfin le traitement aux bouillies arsenicales est le seul réellement pratique contre un grand nombre d'ennemis de nos cultures, notamment contre VAÎtise de la Vigne.

Quoi qu'il en soit de ces opinions contraires, on devra considérer, si l'on décide de se ser^'ir des mélanges à base d'arsenic, qu'ils constituent des composés éminemment toxiques dont l'emploi exige des précautions minutieuses et les indications de personnes compétentes. Il faudra notamment se rappeler les prescriptions suivantes:

Ne pas employer de composés arsenicaux solubles (acide arsénieux, arsénites alcalins).

N'employer Varséniaie de pîomh. un des sels d'arsenic les plus toxiques adhérant en outre fortement aux parties végétales sur lesquelles il est projeté, que pour le traitement exclusif des essences forestières.

Ne jamais faire de pulvérisations arsenicales sur les cultures potagères ou maTaichères.

Ne pas employer ce traitement sur les arbres en fleurs, les abeilles qui viendraient y butiner s'empoisonneraient fatalement.

Ne pas traiter à rarsenie les arbres portant des fruits, moins d'un mois avant que ceux-ci soient propres à être livrés à la consommation.

Xe faire pàtm^r les bestiaux dans les herbages situés sous les arbres traités, qu'un certain temps après la pulvérisation.

Bouillie à rArséniate de Plomb.

Elle ne doit ser\TJ* que pour le traitement des arbres forestiers ou d'avenues.

Formule il —

Arséniate de plomb . . . SiX» grammes

Eau 100 Utres

Glucose 500 grammes

On trouve dans le commerce une bouillie analogue dite « Disparin * composée de 49''o d'oxyde de plomb, 16 '^0 d'acide arsénique, 4°o de goudron, oi^o d'eau.

Bouillie à rArséiiitc do Cui^Te.

Ces bouillies moins adhérentes que celles à l'arséniate de plomb peuvent ser^'ir comitie premÙT iraiuifienî pour les arbres fruitiers: il faut avoir soin d'agiter constamment le mélange pendant la pulvérisation. F 0 r m u 1 e 12 — (contre les chenilles).

Vert de Paiis (ou vert de Scheele) . 1 kilog.

Chaux ^*ive 2 à 3 kilog.

Farine ou mélasse 1 kiloîr.

Eau 1000 litres

Cette composition pourra être avantageusement mélangée avec la bouillie bordelaise (formule 24) après avoir été ramenée à SOO litres d'eau.

Formule 13 — (contre les Altises). Faire un mélange d'arsénite de cui^Te et d'eau dans les proportions suivantes: 100 grammes d'arsénite de cuivre pour 100 litres d'eau.

GXXIV

Bouillie à l'Arséniate ferreux.

Les arséniates ferreux, préconisés depuis quelque temps, sont beaucoup moins dangereux pour l'homme que les autres composés arsenicaux et se montrent paraît-il tout aussi efficaces contre les insectes ; ils peuvent donc s'employer pour le traitement des arbres fruitiers.

Formule 14. — Faire dissoudre 1^ d'une part: sulfate de fer en cristaux 400 grammes, dans Eau 10 litres. — 2^ d'autre part: Arséniate de soude cristallisé 400 grammes, dans Eau 10 litres.

Verser 1 dans 2 en remuant fortement jusqu'à ce

qu'un papier blanc au ferrocyanure de potassium

plongé dans le mélange, bleuisse nettement; ajouter

ensuite 100 litres d'eau.

Compositions diverses.

Solution de: Chaux- Soufre- Sel.

Très efficace en traitement d'hiver contre les cochenilles, cette solution doit être pulvérisée à chaud. Comme elle attaque les métaux il ne faut pas la laisser séjourner dans les pulvérisateurs; ceux-ci seront rincés soigneusement aussitôt après usage.

Formule 15 — Chaux 5kil. ; soufre 3 kil. 300; sel

2kiL 500; eau 100 litres.

Faire bouillir pendant 3 heures la chaux, le soufre et le sel dans 15 litres d'eau; compléter avec le restant d'eau.

Décoction de feuilles de Noyer.

Donne d'assez bons résultats contre les pucerons et contre certaines chenilles attaquant les plantes potagères ; il est préférable de la pulvériser à chaud.

Formule 16. — Faire bouillir pendant V4 d'heure dans 45 litres d'eau, 1 kilogramme de feuilles de Noyer récoltées à l'automne.

Décoction de feuilles de Sureau.

L'employer de la même façon et dans les mêmes cas que la précédente.

Formule 17. — Faire bouillir pendant % heure une brassée de feuilles et tiges de jeune Sureau dans deux seaux d'eau; ajouter un seau d'eau froide.

Bouillies Sulfo-Calciques.

Ces compositions, employées depuis peu de temps, semblent donner en pulvérisations des résultats satisfaisants, à la fois contre les insectes et contre les maladies cryptogamiques; on les obtient en faisant réagir du soufre sur un lait de chaux; leur préparation et leur dosage n'étant pas encore complètement étudiés nous les signalons ici pour mémoire.

Lait de Chaux.

S'emploie pour le badigeonnage des troncs et des grosses branches des arbres fruitiers {chaulage) afin d'empêcher la ponte des insectes dans les fentes de l'écorce et de détruire les œufs qui s'y trouvent déjà. Avant d'appliquer le mélange il faut racler la vieille écorce, en recueillant sur une nappe les débris que l'on brûle aussitôt.

Formule 18. — Dissoudre séparément dans l'eau 1° Sulfate de fer 15 kilog. 2° Sulfate de cuivre 15 kilog. Ensuite mélanger intimement, tamiser et délayer dans de l'eau, de façon à faire un lait: chaux grasse nouvellement éteinte 10 kilog. ; argile 5 kilog. Verser la dissolution de sulfate de fer dans celle de sulfate de cuivre et en dernier verser dans le tout

le lait de chaux ; ajouter au besoin 2 kilog. de mélasse pour augmenter l'adhérence de la composition; compléter avec de l'eau, de façon à faire une pâte épaisse pouvant s'appliquer au pinceau ou à la truelle.

Formule 19. — La formule 18 peut être remplacée par la suivante dite mélange de Balhiani.

Huile lourde 20 parties

Naphtaline brute 30 ,,

Chaux vive 100 ,,

Eau 400 „

Dissoudre la naphtaline dans l'huile; faire foisonner la chaux avec partie de l'eau, l'ajouter au mélange, verser le restant d'eau.

Formule 20. — Plus simplement on peut faire dissoudre séparément: 1 kilog. de sulfate de fer; 1 kilog. de sulfate de cuivre; 500 grammes de chaux grasse. Mélanger les trois dissolutions en versant le lait de chaux en dernier; compléter avec de l'eau jusqu'à 20 litres de solution.

Les mélanges précédents sont quelquefois remplacés avec moins de frais mais aussi moins d'efficacité par un mortier formé de bouse de vache, pétrie avec de l'argile mélangée de sulfate de fer.

Lessive alcaline.

La destruction des œufs d'hiver pondus sur les troncs d'arbres, celle de certains pucerons, etc. s'obtiendront souvent par des badigeonnages de la composition suivante, précédés du raclage et de la destruction de la partie superficielle de la vieille écorce. Formule 21. — Dissoudre dans de l'eau:

Soude caustique ..... 1 kilog.

Potasse 1 kilog.

Savon mou 500 grammes

Compléter à 100 litres d'eau.

Formule 21 bis. — Contre certains pucerons, la composition suivante suffira souvent.

Chaux 100 grammes

Sulfate de fer 60 grammes

Eau 1 litre

Anneaux gluants.

Les femelles de certains papillons sont privées d'ailes; elles doivent pour effectuer leur ponte sur les arbres, grimper le long du tronc. De môme quelques espèces de chenilles envahissent successivement les arbres d'une contrée en procédant de la même façon.

Pour empêcher ces insectes d'atteindre le feuillage on peut employer le procédé suivant.

Entourer le tronc à une certaine hauteur (1 m. à 1,50 m. du sol) d'un anneau large de 25 centimètres, composé de bourre, filasse, étoupe, ouate, etc. et ficeler autour de cet anneau qu'elle recouvrira une bande de papier résistant, formant dans le haut collerette retombante; on enduira cette bande de papier, d'une composition gluante que les insectes ne pourront franchir. Voici trois formules pour cet enduit:

Formule 22.

1^ Poix 1 kilog.

Térébenthine 500 grammes

Huile de Un 500 grammes

Huile d'olive 600 grammes

Préparer sur feu doux.

2^ Goudron de Norvège ... 50 parties

Coaltar 100 parties

Huile lourde 25 parties

3^ Goudron de houille 1 kilog.

Huile de poisson .1 kilog.

On trouve dans le commerce sous le nom de « Bandes fixe-insectes » des anneaux tout préparés.

Pour défendre les essences forestières on peut procéder de la façon suivante: Sur les arbres préalablement débarrassés à la serpe de leurs branches basses, racler l'écorce de façon à obtenir une surface lisse formant autour du tronc à 1 m. 30 environ au dessus du sol, un anneau de 10 à 15 centimètres de large; recouvrir cet anneau à l'aide d'une spatule, sur une largeur de 5 centimètres et une épaisseur de 4 millimètres, avec du goudron ou mieux avec une des substances gluantes composées à cet effet, que l'on trouve dans le commerce. Voici la formule d'un de ces enduits :

Formule 22 bis.

Résine de Pin 1000 grammes

Colophane 1800 »

Huile de navette 1800 »

Térébenthine ...... 120 »

Goudron végétal 250 »

Glycérine 150 »

La bouillie bourguignonne et la bouillie bordelaise

ne sont employées que contre les maladies cryptogamiques; nous donnons cependant une formule de ces deux solutions, qui additionnées de produits appropriés, peuvent en beaucoup de cas rendre des services dans la lutte contre les insectes.

Formule 23. — Bouillie bourguignonne. — Faire dissoudre à froid; d'une part: 1 kil. 500 de sulfate de cuivre dans 50 litres d'eau; d'autre part: 1 kil. 500 de carbonate de soude dans 50 litres d'eau. Au moment d'employer la bouillie, mélanger par parties égales les deux solutions et pulvériser sur les plantes à traiter au moyen d'appareils spéciaux.

Formule 24. — Bouillie bordelaise. — S'emploie comme la précédente: Eau 100 litres; sulfate de cuivre 1 kilog. ; chaux 3 kilog.

Faire dissoudre le sulfate de cuivre dans l'eau froide et verser doucement cette dissolution dans la chaux mise en lait; étendre avec de l'eau jusqu'à 100 litres.

Stations Entomologiques.

Pour la détermination des insectes nuisibles et pour obtenir tous renseignements sur les moyens de les combattre, le public peut s'adresser gratuitement aux Stations Entomologiques suivantes:

Station Entomologique de Paris (à l'Institut Agronomique 16. rue Claude Bernard — Paris V).

Station Entomologique de St. Genis-Laval (Rhône). id. de Montpellier (Hérault).

id. de Blois (Loir et Cher).

id. de Bordeaux (Gironde).

id. de Rouen (Seine Inférieure).

id. de Menton (Alpes -Maritimes).

Station Entomologique de la Faculté des Sciences de Rennes (Ille et Vilaine).

Station Entomologique de la Faculté des Sciences de Lille (Nord).

Sitona lineatus L. Coléoptères. - fam. Ciirciilionides.

Longueur: 4 à 5 millimètres. Nom français: Sitone rayé. Aspect des dégâts: Jeunes pousses, feuilles, parfois gousses des Pois rongées.

Caractères et mœurs: Ce charançon appartient à un groupe dont le rostre est court, large et plat ; il est très abondant certaines annéesdans les jardins potagers où il cause aux Pois des dommages appréciables. On ne le voit sur la plante nourricière qu'au plein soleil des telles journées d'été; si le temps est nuageux ou froid il reste caché au pied des plantes; sa larve rongerait les racines des végétaux sur lesquels se rencontre l'adulte^

Athalia colibri Christ. Hyménopt, - fam. Tenihrédides.

Envergure: 15 millimètres. Synonyme: >\//îa//a sp/narum F. Noms français: Tenthrède de la Rave; Mouche à scie de la Rave.

Aspect des dégâts: Feuilles des navets, du Colza, des raves, du Chou et autres Crucifères, rongées.

Caractères généraux et mœurs: Les Tenthrèdes sont appelées vulgairement « ^Mouches à scie » parce que leur abdomen est pourvu d'une tarière dentelée qui leur permet d'entailler les feuilles ou l'écorce des plantes et de déposer leurs œufs dans la fente. Les larves qui se nourrissent de tissus végétaux ressemblent beaucoup à des chenilles; on les désigne souvent sous le nom de «fausses-chenilles »;^ elles se distinguent facilement des vraies chenilles de Lépidoptères en ce que celles-ci n'ont jamais plus de 16 pattes tandis que les larves de Tenthrèdes en possèdent toujours un plus grand nombre.

Beaucoup de Tenthrèdes sont nuisibles aux cultures; Athalia colibri est une des espèces qui commettent les dégâts les plus importants; certaines de ses invasions en Angleterre, en Allemagne, en Russie etc. prirent les proportions d'un véritable fléau. Celle de 1901 aux environs de Paris, amena sur le seul territoire de la commune de Croissy, la destruction complète de la moitié au moins de la récolte de navets; plus de 30 hectares de semis furent anéantis; le total des pertes pour la région fut évalué à 25 000 francs.

L'insecte a deux générations annuelles. L'adulte ne vit que 15 jours et ne cause aucun dégât; sa première apparition a lieu en Mai; la femelle introduit un œuf dans une entaille faite sur le bord d'une feuille à l'aide de sa tarière et renouvelle l'opération 200 à 300 fois. Au bout de 5 à 10 jours les larves munies de 22 pattes, éclosent, se mettent à ronger les feuilles, grossissent pendant trois semaines en subissant trois mues et atteignent une taille de 10 millimètres environ; elles sont alors de couleur ardoisée. A ce moment elles quittent la plante et s'enfoncent en terre pour se transformer à l'intérieur d'un petit cocon soyeux, en nymphe puis en adulte qui sortira au commencement d'Août. Cette nouvelle génération d'adultes donne à la fin du mois des larves qui exerceront leurs ravages jusqu'au milieu d'Octobre, époque où elles. s'enfonceront dans le sol pour passer l'hiver dans un cocon et devenir adultes en Mai suivant\

Explication de la planche I: En haut au milieu, Sitona lineatus L. (double nature); à gauche, tige de pois rongée par l'insecte. — Au milieu de la planche Athalia colibri Christ, adulte, en dessous sa larve (un peu grossis) à droite, feuilles de Navet attaquées parcette larve.

^ Procédés de destruction: Voir Addenda.

Plantes potagères

Sitoiia lineatus L. — Sitone rayé.

A îJialia colibri Christ. — T enthrède de la Rave.

Plantes potagères

A croie pia assecîeUa Zeller. — Teigne du Poireau Ti pilla oleracea L. — Tipule des jardins.

Acrolepia assectella Zeller. Lépidoptères - f am. Tinéides.

Envergure; 12 millimètres. Synonymes: Lita vigeliella Duponchel — Tinea alliella Boisduval — Acrolepia betulella (H. S.). Nom français: Teigne du Poireau. Nom vulgaire de la larve: Blanc. Aspect des dégâts: Feuilles des poireaux jaunissant; ensuite la plante pourrit.

Caractères généraux et mœurs: Nous aurons plusieurs fois l'occasion de parler des Lépidoptères de la famille des Tinéides (planches 24, 78, 83, 89) et nous avons donné (p CV) quelques uns des caractères qui les distinguent des familles voisines, Tortricides et Pyralides. L'adulte â' Acrolepia assectella apparaît en Août; la femelle pond ses œufs sur la surface interne des feuilles engainantes des poireaux. Les petites clienilles qui éclosent vers la fin du môme mois s'enfoncent d'abord dans l'épaisseur des feuilles qu'elles minent par de longues galeries sans en entamer l'épiderme; plus tard elles pénétreront dans le cœur du poireau et le perceront dans toute sa longueur; à la fin d'Octobre, leur croissance est terminée; elles mesurent 5 mm. de long et sont d'une couleur verte très pâle. Elles quittent alors l'intérieur de la plante et se filent sur les feuilles un petit cocon de la grosseur d'un grain de blé.

Les dégâts que causent ces chenilles sont parfois très importants; en 1885 autour du Mont-Valérien (Seine) où la culture des poireaux prend un grand développement, les pertes ont varié de 20 à 75 % de îa récolte^

Tipula oleracea L. Diptères. - fam. Tipulides.

Envergure: 50 millimètres. Nom français: Tipule des jardins. Noms vulgaires: Adulte: Mouche faucheux. — Larve: Ver de cuir.

Aspect des dégâts: Salades, légumes, plantes d'ornement, etc. languissant.

Caractères généraux et mœurs: Les larves de ce Diptère sont cylindriques, couleur de terre et revêtues d'un épiderme très dur qui leur a fait donner parles Anglais le nom ûe n jaquettes de cuir». Elles atteignent 25 millimètres de longueur et la grosseur d'une plume d'oie. Vivant sous le sol depuis Mai jusqu'en Août, elles sont surtout abondantes dans les terrains humides des potagers plantés sur le bord des ruisseaux. Elles causent dans certaines régions de sérieux dommages aux plantes potagères et d'agrément en rongeant les radicelles. Avant la mauvaise saison, elles se mettent en pupe pour se transformer à la fin de l'hiver.

L'adulte remarquable par ses longues pattes grêles, a l'abdomen bleu-cendré, le corselet plus brun rayé de noir, les membres jaunâtres ; il vole dans les jardins au printemps et en été\

Explication de la Planche 2. — A gauche; en haut Acrolepia assectella Zeller adulte; en dessous, sa chenille (grossis 4 fois). — A droite: en haut Tipula oleracea L.; en dessous sa larve (gr. nat.) feuilles de poireau minées par la chenille d' Acrolepia assectella; une des feuilles porte deux cocons.

^ Procédés de destruction: Voir Addenda,

Agrotis exclamationis L.

Lépidoptères, — fam. Noctiiellides.

Envergure: 30 à 40 millimètres. Nom français: Noctuelle Point-d' Exclamation. Noms vulgaires: Adulte: La double tache. — Chenille: Ver gris, ver court.

Aspect des dégâts: Salades, épinards, fleurs, radis, carottes, navets, asperges, betteraves, etc., languissant; les racines sont rongées ou la plante est coupée au collet.

Caractères généraux et mœurs: Beaucoup d'espèces d'Agrotis sont pour l'agriculture des ennemis redoutables, l'une d'elles V Agrotis des moissons (Agrotis segetum Scliiff. = clavis Rott.) constitue même certaines années un véritable fléau; en 1865 cet insecte a presque anéanti la récolte des betteraves dans le Nord de la France.

Les papillons sont de couleurs ternes; ils se cachent pendant le jour et ne volent qu'après le coucher du soleil, sauf lorsqu'ils sont dérangés; ils courent alors rapidement avant de se décider à prendre leur essor; au repos, leurs ailes sont repliées horizontalement à plat sur le corps, les supérieures se recouvrant un peu par leur bord interne.

Les chenilles vulgairement appelées « vers gris », « vers courts » sont de couleur sombre; leur corps est cylindrique, robuste; elles vivent durant la journée dans la terre, sous les pierres, se tenant enroulées sur elles-mêmes et ne sortent qu'à la nuit pour ronger la base des tiges ou le sommet des racines.

Agrotis segetum Schif f . attaque les plantes de grande culture (betteraves, pommes de terre) et les plantes potagères, mais c'est surtout l'espèce représentée ci contre {Agrotis exclamationis L.) que l'on rencontre dans les jardins; le papillon de cette dernière espèce bien que très variable se reconnaît facilement aux deux taches noires en forme de point-d'exclamation qui marquent ses ailes supérieures. La chenille lilas sombre avec des lignes longitudinales plus claires, est très nuisible; elle ronge souvent, outre les plantes citées plus haut, les fraises qui touchent le sol. Elle éclôt en Juillet-Août; à l'arrière saison elle a presque toute sa taille et passe l'hiver en terre, se réveille au premier printemps, continue ses ravages jusqu'en Avril-Mai et se chrysalide alors dans le sol dans une coque grossière formée d'un peu de soie et de terre L'adulte éclôt en Mai- Juin.

Procédés de destruction: Il est plus facile de détruire les Agrotis adultes que les chenilles. Les attirer la nuit, du milieu de Juillet au milieu d'Août avec des feux allumés où ils viennent se brûler (choisir des nuits tièdes et sans lune). Les lampes à acétylène sont très pratiques pour cette chasse. — On peut aussi disposer sur des cordes tendues, des appâts enduits de mélasse empoisonnée avec des composés arsenicaux.

Explication de la Planche 3. — En haut: Agrotis exclamationis L. femelle (gr. nat.); en dessous la chenille grossie. — Fraisier attaqué.

Plantes potagères

Agvotisexckuruitnn,'., l.. Noctuelle Point d'exclamation.

Plantes potagères

Cas s ida ch flova ta S iiffr — Casside de TArtichaut,

Cassida deflorata Suffr.

Coléoptères. — fam. Chrysomélides.

Longueur: 6 à 8 millimètres. Synonyme: Cassida herbealjMC. Xom français: Casside de V Artichaut. Nom vulgaire: Tortue verte.

Aspect des dégâts: Parencliyme des feuilles des artichauts rongé.

Caractères généraux et mœurs: Les Cassides sont de singuliers Coléoptères brièvement ovalaires, absolument plats en dessous, très bombés en dessus. Le corselet et les élytres débordent la tête (d'ailleurs repliée sous le prosternum) et tout le corps, de sorte que l'insecte au repos collé sur une feuille, pattes et antennes rétractées, a l'aspect d'une tortue rentrée dans sa carapace. La plupart des espèces sont revêtues en dessus de couleurs délicates, vert gai, roux clair, rouge ou rose tendre, quelquefois avec des bandes et des reflets dorés ou opalins; ces teintes vives passent au roussâtre lorsque l'insecte est desséché.

Leurs larves sont vertes, ovales, aplaties, munies d'expansions brancbues, de tubercules, et pourvues de deux longues soies caudales qu'elles recourbent au dessus du corps; elles laissent s'amonceler sur ces soies, leurs excréments, qui forment ainsi une sorte de bouclier protecteur contre les ardeurs du soleil et les attaques des parasites.

En France, deux espèces de Cassides se montrent nuisibles à certaines cultures:

1" Cassida nebulosa L. de couleur roux clair ou verdâtre moucheté vaguement de noir ; elle ronge les feuilles de semis de betteraves.

2° Cassida deflorata Suffr. de couleur vert tendre à peine lavé de rougeâtre sur la suture des élytres; elle s'attaque aux artichauts.

Cette dernière espèce apparaît sous sa forme adulte d'abord en Avril-Mai et pond ses œufs sur la plante. Quinze jours ou trois semaines plus tard les larves éclosent, rongent le parenchyme des feuilles jusqu'au commencement de Juillet et deviennent adultes vers la fin du mois. L'adulte vit également sur les feuilles, qu'il perfore complètement ; il hiverne à terre sous les débris végétaux et réapparaît en Avril ou Mai suivant.

Dans la Charente les ravages commis par cet insecte dans les plantations d'artichauts, prirent plusieurs années de suite des proportions telles, que les maraîchers avaient renoncé à la culture de cette Carduacée.

Procédés de destruction: Pulvérisations de bouillie arsenicale cuprique (formule 12) pour détruire les larves.

Explication de la Planche 4. — En haut: Cassida deflorata Suffr., larve et adulte (gi'ossis une fois). — Dégâts sur les feuilles d'artichaut (parenchyme rongé par la larve, limbe de la feuille perforé par i'adulte).

Pieris brassicae L.

Lépidoptères. - fam. Piérides.

Envergure: 6 centimètres. Nom français: Piéride du Chou. Nom vulgaire: Grand papillon blanc du Chou.

Aspect des dégâts: Feuilles des choux et autres crucifères rongées, quelquefois jusqu'aux nervures.

Caractères généraux et mœurs: Ce papillon qui est toujours très commun se montre parfois extrêmement abondant ; il a deux générations par an. La première apparition des adultes a lieu en Mai- Juin et provient de chenilles écloses en Septembre de l'année précédente qui ont passé l'hiver en chrysalides; cette première génération d'adultes pond en Juin des œufs qui deviendront en Août et Septembre les papillons de la deuxième apparition; ceux-ci à leur tour produiront aussitôt des œufs d'où sortiront les chenilles d'automne qui passeront l'hiver en chrysalides.

La femelle de Pieris brassicae dépose ses œufs en plaques à la face inférieure des feuilles de Crucifères, principalement des choux; au bout de quelques jours, l'éclosion a lieu; les chenilles, verdâtres, rayées longitudinalement de trois bandes jaunes, portent des petits tubercules noirs; elles rongent avec voracité les feuilles, causant parfois d'immenses dégâts dans les cultures potagères, car il n'est pas rare de ne voir subsister de champs entiers de choux que des troncs complètement dépouillés.

Arrivées au terme de leur croissance (5 centimètres), les chenilles se retirent dans des fentes d'écorces, dans les trous, sous les chaperons des murs, etc. et se transforment en chrysalides blanchâtres tachetées de noir et de jaune, fixées à leur abri par une de leurs extrémités et par des fils de soie formant ceinture.

On voit souvent voler dans les potagers et dans les champs, en compagnie du Piéride du Chou, deux autres espèces de papillons blancs ce sont: le Piéride de la Rave, plus petit que le précédent et dont le sommet de l'aile supérieure est en dessous lavé de jaune; le Piéride du Navet ayant le dessous des ailes inférieures jaunâtre et les nervures dessinées en noirâtre. Ces deux papillons moins abondants que le Pieris brassicae sont beaucoup moins nuisibles.

Procédés de destruction: Les chenilles de Piérides sont, heureusement pour nos cultures, détruites en grand nombre par plusieurs sortes de parasites; toutefois dans le cas d'apparition en masse de ces chenilles il sera utile de traiter les végétaux attaqués en pulvérisant sur les feuilles une des émulsions indiquées aux formules 7, 8, 9, 9 bis ou en les saupoudrant le soir après arrosage avec de la chaux en poudre. Dans les petites cultures, pratiquer matin et soir le ramassage des chenilles surtout à l'époque où encore toutes jeunes elles sont groupées par plaques à l'envers des feuilles.

Explication de la Planche 5. — Pieris brassicae L. adulte femelle; chenille; chrysalide sous un chaperon de mur (un peu grossis) — Feuilles de chou rongées par la chenille.

Plantes potagères

Pieris hvassicae L. — Piéride du Chou.

Piquets. Clôtures en bois

V aigus hcmipterus L. — Valgue hémiptère,

Valgus hemipterus L.

Coléoptères. - fam. Scarabéides ou Lamellicornes.

Longueur: 8 à 10 millimètres. Nom français: Valgue hémiptère.

Aspect des dégâts: Bois de la partie enfoncée en terre des pieux, échalas, piquets de clôtures, palissades etc. rongé, parfois totalement.

Caractères généraux et mœurs: Le Valgue hémiptère est un Coléoptère noir, moucheté légèrement et éparsément de blanchâtre, avec les élytres plats et plus courts que l'abdomen qui est prolongé chez la femelle par une tarière servant à introduire les œufs dans le bois.

On trouve fréquemment l'insecte dans les troncs pourris, notamment ceux des saules mais il est malheureusement aussi commun dans les pieux et dans tous les bois de soutien plantés en terre; c'est le principal destructeur des clôtures rustiques.

L'adulte apparaît dès Mars-Avril; la femelle pond ses œufs dans la partie enterrée des charpentes fichées en terre et les larves en rongent l'intérieur, traçant des galeries qui ne dépassent pas la surface du sol et qui amènent en peu de temps la rupture de la pièce attaquée. Les larves se transforment dans leurs galeries et deviennent insectes parfaits en automne. L'adulte hiverne dans le bois pour ne sortir qu'au printemps.

Les préjudices causés sont parfois considérables et rendent fort onéreux l'entretien des clôtures. Nous avons vu 63 piquets en chataîgner, sur 140 soutenant le treillage en fil de fer entourant un jardin, complètement détruits en dessous du sol, par les larves de Valgus, moins de deux ans après leur mise en place.

Procédés de préservation: On ne peut songer à détruire les larves quand elles sont dans la place, mais il est possible de préserver les piquets de leurs atteintes. Pour cela il faut badigeonner à chaud avec du carbonyl la partie qui doit être enterrée et recouvrir cette partie d'une couche de céruse (carbonate de plomb) délayée à l'huile; on saupoudre ensuite la peinture fraîche, de grès en poudre et on laisse bien sécher avant de planter le piquet.

Explication de la Planche 6. — A droite Valgus hemipterus L. grossi environ 5 fois ; en haut le mâle, en bas la femelle. — Fragment de piquet attaqué par les larves.

Les Attises sont de très petits Coléoptères de la famille des Chrysomélides qui vivent à découvert sur les plantes et qui sont remarquables par la faculté qu'ils possèdent d'exécuter des sauts d'une certaine étendue grâce à leurs cuisses postérieures fortement renflées. Leurs espèces très nombreuses sont réparties en un grand nombre de genres; quelques unes apparaissent souvent par millions causant d'immenses ravages dans différentes cultures (voir planclie73 Attise de ta Vigne). On désigne vulgairement les Altises sous les noms de tiquets, puces de terre, pucerotes, etc.

Nous reproduisons ici deux espèces du genre Phyllotreta:

Phytlotreta consobrina Curtis. Nom français: Attise du Chou, d'un noir-bleuâtre, longue â peine de 2 millimètres, avec les antennes entièrement foncées.

Phytlotreta nemorum L. Nom français: Attise à bandes. Un peu plus grande (3 à 4 millimètres) avec les élytres noirs marqués de deux bandes longitudinales jaunes.

Ces deux espèces sont très nuisibles aux Crucifères cultivées (choux, navets, radis, colza, etc.) sur lesquelles elles pullulent certaines années sèches et chaudes.

Les adultes rongent et perforent le limbe des feuilles; les larves minent le parenchyme puis s'enfoncent en terre pour y subir leurs dernières transformations.

Une autre espèce Phyttotreta poeciloceras Com. = colerca Fondr. = cruciferae Weise est également très nuisible aux mêmes plantes; elle ressemble beaucoup. à Ph. consobrina, mais ses élytres sont d'un bleu-verdâtre et les 2^™e et 3ème articles de ses antennes son! roussâtres.

Procédés de destruction: Les Altises peuvent donner deux et même trois générations successives; il faut donc agir énergiquement contre elles au moyen d'arrosages et de pulvérisations d'eau additionnée de jus de tabac, d'eau et de sufate de cuivre, etc. Les adultes qui hivernent sous des abris, seront attirés par des paillasson?, des fagots de brindilles, etc. que l'on brûlera à la fin de Janvier.

Phaedoii cochleariae Fab.

Coléoptères. - fam. Chri/sofuélides.

Longueur: 3 à 4 millimètres. Nom français: Chrysomèle du Cresson.

Caractères généraux et mœurs: Ce joli Coléoptère, globuleux, <l"un beau bleu d'acier est parfois très nuisible dans les cressonnières. La larve et l'adulte rongent les feuilles du Cresson.

Explication de la Planche 7: En haut: Phytlotreta consobrina Curtis; au milieu Phyllotreta nemorum Li.; en bas: Phaedon cochleariae Fab. (grossit environ 8 diamètres). — Feuilles de navet et de cresson rongées.

Plantes potagères

Phylloinfii cousobnua Ciirt. — Altise du Chou.

Phyllotrela ueinorurn L. — Altise à bandes.

Phaedon cochleavicic' Fabr. — Chrysomèle du Cresson.

Plantes potagères

GryUotalpa viilgaris Latr.

Taupe-grillon. — Courtilière.

GriyUotalpa viilgaris Latr.

Orthoptères. — fam. GryUides.

Longueur: 35 à 60 millimètres. Synonyme: Gryllus grylloialpalj. Nom français: Taupe grillon. Noms vulgaires: Courtilière, Darbon, Avant-taupe, Laboureuse, Taiocebo, Tarrette, Aridelle. Arête, Hérat, Rataillon, Fumerolle, Airote etc., etc.

Aspect des dégâts: Salades, tomates, fraisiers, légumes et plantes -diverses, jaunissant, se flétrissant, séchant sur pied, leurs racines ^tant coupées.

Caractères généraux et mœurs: Commun surtout dans les terres meubles et légères, ce gros insecte brun, velouté, au corselet long et hombé, à l'abdomen volumineux, aux élytres courts, aux pattes antérieures extraordinairement larges et robustes, fait le désespoir des jardiniers qui tous le connaissent et le redoutent. Il vit souterrainement, se tenant le jour immobile dans un gite creusé en terrain ferme et composé d'une galerie d'abord horizontale, qui s'enfonce ensuite brusquement et verticalement dans le sol; la nuit il parcourt ■en tous sens le sous-sol des plates-bandes que ses membres antérieurs aplatis en larges palettes crénelées lui permettent de fouiller, creuse des galeries nombreuses, coupant de ses puissantes mandibules les racines, les tubercules qui s'opposent à son passage, dévastant ainsi les potagers, les jardins maraîchers et les parterres d'agrément.

Il est possible qu'il se livre à ce travail pour rechercher les lombrics, les vers blancs qu'il dévore chemin faisant, mais dans ce cas les services rendus sont bien onéreux, car il fait des dégâts plus considérables que ceux qu'auraient commis les animaux détruits; d'autant qu'il ne vit pas exclusivement d'insectes et que les racines constituent probablement la base principale de sa nourriture.

Au milieu de Juin, la femelle aménage à 20 centimètres environ de profondeur, dans un sol riche en humus (du terreau maraîcher par ■exemple), une loge voûtée, aux parois durcies par une sécrétion agglutinante; cette loge a les dimensions d'un œuf de poule; plusieurs galeries en partent. La femelle pond dans cette loge 200 à 400 œufs -ambrés, gros comme des grains de chènevis; ils donnent naissance trois semaines plus tard, à de petites larves qui se nourrissent d'abord <le particules végétales trouvées dans le nid; après un mois de ce régime elles se dispersent, muent plusieurs fois et vont passer l'hiver dans les fumiers; elles mesurent à ce moment deux centimètres de long environ. Au printemps suivant elles subissent deux mues et deviennent des adultes, mais ceux-ci sont loin d'avoir leur taille définitive puisque ce n'est qu'au bout de trois années qu'ils atteignent leur développement complets

Procédés de destruction: Lorsque les Courtilières sont peu nombreuses dans un jardin, il est facile de rechercher, après une pluie légère, l'orifice des galeries; suivre celles-ci avec le doigt jusqu'au point où elles s'enfoncent verticalement dans le sol et verser dans le gite diurne de l'insecte de l'eau additionnée de pétrole ou d'huile^

Explication de la Pianclie 8: Courtilière adulte (gr. nat.). — Coupe du nid et des galeries (gr. nat.). — Œufs grossis deux fois.

1 Gr. Guénaux, Entomologie agricole.

2 Voir Addenda.

Grapholita nigricana Stephens.

Lépidoptères. - fam. Tortricides.

Envergure: 15 millimètres. Synonymes: Grapholita pisana Guenée — Tortrix nebritana Zeller (non Treitschke) — tenebrosa Zeller — proximana Wilk. Nom français: Teigne des pois verts.

Aspect des dégâts: Gousses des pois perforées; pois rongés dans leur cosse (pois véreux).

Caractères généraux et mœurs: La chenille de Grapholita nigricana adulte ^ est blanchâtre avec la tête rousse ; son corps est parsemé de pois courts; elle mesure 8 millimètres environ. Elle vit dans les gousses des pois; elle éclôt en Juillet-Août, perfore une cosse, ronge les grains que celle ci contient, sort de cette gousse, passe à une autre et commet ainsi des dégâts importants sur les pois d'arrière saison.

Quand son développement est terminé la chenille abandonne la cosse où elle vit, se laisse glisser à terre, s'enfonce dans le sol, s'y file une petite coque où elle passe l'automne puis l'hiver et se chrysalide au printemps. Le papillon éclôt en Juin ; l'insecte ne peut donc nuire aux variétés précoces de pois.

Grapholita nigricana est la Tordeuse la plus nuisible aux Pois,, mais cette plante est attaquée aussi par d'autres espèces de Grapholita, d'ailleurs souvent confondues entre elles ou avec nigricana Steph. ; notamment : Grapholita nebritana Treitschke et Grapholita dorsana Fab. ( = lunulata Schiff = jungiana Froelich)^

Procédés de destruction: Recueillir les cosses attaquées et les brûler.

Bruchus pisi L.

Coléoptères. - fam. Bruchides.

Longueur: 5 millimètres. Synonymes: Laria pisorum L. Nom français: Bruche du Pois. Noms vulgaires: Courcoussoun.^ Puceron.

Aspect des dégâts: Pois secs, rongés intérieurement et tantôt percés d'un trou, tantôt (lorsque l'insecte n'est pas encore sorti) portant une tache arrondie de couleur terne.

Caractères généraux et mœurs: La femelle pond ses œufs sur la cosse des pois; les larves s'enfoncent dans la gousse, atteignent les pois et y pénètrent, mais au bout de peu de temps une seule larve subsiste par pois attaqué. La graine rongée continue à se développer et la larve rentrée dans les greniers avec les graines conservées pourla semence ou pour la consommation d'hiver, ne se transforme en nymphe qu'à la fin de l'hiver. L'adulte éclôt en Avril-Mai suivant et sort en soulevant l'épiderme de la graine, à l'endroit précis qu'a, préparé la larve; quelquefois il quitte la graine alors qu'elle est déjà déposée en terre.

Procédés de destruction: Eviter la propagation de l'espèce en tuant les insectes avant de semer les graines; pour cela exposer lespois secs dans un four à une température de 50" ou les traiter aux vapeurs de sulfure de carbone.

Explication de la Planche 9: Au milieu: chenille et adulte de Grapholita nigricana Steph. (gr. nat.); à gauche: pois dans la gousse (grossis) attaqués par la chenille. — En bas à droite: Bruchus pisi L. et au dessus pois secs rongés par sa larve (le tout grossi).

^ L'expression chenille adulte signifie une chenille parvenue au terme de sa croissance.

* Voir Addenda.

Plantes potagères

Grapholita uigricana StepJi.-- Teigne des Pois verts. Britclius pisi L.-'B vu ch.e du Pois.

Plantes potagères

P-ur-. p,i,^ ,t f:,c c ; .\,'.::c / u :>LniLi ;. •=. . — Mouche de l'Asperge. Crioceris as para gi L. — Criocère de l'Asperge.

Platyparea poeciloptera Schrank.

Diptères. - fam. Miiscides,

Envergure: 10 millimètres. Nom français: Mouche de l'Asperge.

Aspect des dégâts: Jeunes pousses de l'Asperge (turions) d'abord marquées de sillons jaunâtres puis se pourrissant; tiges plus âgées sillonnées de cicatrices longitudinales brunes et pourrissant; plus tard sommet de la tige se recourbant en crosse et se desséchant.

Caractères généraux et mœurs: Sous le climat de Paris, la Platyparée apparaît demi- Avril à fin Juin. Aussitôt éclos, l'adulte s'accouple et la femelle incise avec sa tarière le tissu du turion ou de la tige de l'asperge; puis elle dépose un œuf dans cette incision; une femelle peut pondre une centaine d'œufs. Au bout de trois jours en moyenne, l'œuf éclôt; la larve s'enfonce sous la surface de la tige et trace des galeries qu'elle descend jusqu'au dessous de la surface du sol; ce sont ces galeries qui apparaissent en brun sur la tige de la plante. Pendant 15 à 20 jours environ, la larve se livre à ce travail; au bout de ce temps elle descend vers l'extrémité inférieure de sa galerie à 10 centimètres à peu près au dessous du niveau du sol et se change en une pupe brunâtre de 7 à 8 millimètres de long; l'adulte n'éclora qu'au printemps de l'année suivante.

Les dégâts que cause la Mouche de l'Asperge sont très importants dans certaines régions, surtout pendant les années chaudes et sèches^

Crioceris asparagi L.

Coléoptères. — fam. Chrysomélides.

Longueur: 6 millimètres. Synonyme: Crioceris campestris {!) L. Nom français: Criocère de l'Asperge.

Aspect des dégâts: Rameaux des asperges montées, rongés; écorce de la tige rongée également.

Caractères généraux et mœurs: L'adulte apparaît en Mai; les œufs pondus sur les rameaux donnent des larves qui mangent ces rameaux feuillus jusqu'à fin Juin, quelquefois plus tard; à cette époque elles descendent à terre, s'enfoncent dans le sol et se chrysalident dans une sorte de coque; elles passent ainsi l'hiver. L'adulte ronge également les rameaux et l'écorce de la tige. Comme cet insecte apparaît en grand nombre sur un même pied, il amène un dépérissement sensible de la plante^.

Explication de la Planche 10: A gauche, en haut: Platyparea poeciloptera Schrank. adulte, sur une asperge « montée >>; en dessous: la larve ; en bas à gauche : dégâts de la larve dans la tige de la plante (grossi 2 fois). A droite, en haut: Crioceris asparagi L. adulte (grossi 3 fois); à côté, sur la plante, larve grossie deux fois; la plante montée à graine montrant les feuilles et l'écorce rongées par la larve (dégâts gr. nat.); en bas: larve de Crioceris asparagi L., grossie 4 fois.

Moyens de défense: Voir Addenda.

Molytes coronatus Goeze.

Coléoptères. — fam. Ciirculionides.

Longueur: 12 à 15 millimètres. Synonyme: Liparus coronatus. Nom français: Charançon couronné.

Aspect des dégâts: Racines des carottes rongées.

Caractères généraux et mœurs: Molytes coronatus est un gros charançon noir, avec des élytres souvent mouchetés de rares poils jaunes et le corselet marqué de deux points formés de poils de même couleur.

L'adulte qui apparaît d'abord en Avril, puis en Juillet ronge les feuilles et les racines des carottes; les dégâts qu'il commet sont de peu d'importance au regard de ceux causés par les larves.

Celles-ci, d'après les dernières observations de Mr. Fallou^ naissent en Mai et Juin, d'œufs pondus quelques semaines auparavant sur l'extrémité des racines de carottes; elles s'introduisent dans ces racines et y creusent des galeries qui ne montent pas plus haut que le collet de la plante; les parois de ces galeries se corrompent bientôt, la pourriture envahit rapidement toute la racine et le légume devient impropre à la consommation. De Mai à Novembre les larves exercent leurs ravages, puis s'enfonçant en terre à 10 ou 20 centimètres de profondeur elles se construisent une loge où elles passent l'hiver et se transforment. En Juillet suivant l'adulte éclôt, sort de terre, vit quelque temps à l'air libre; à l'approche de l'hiver il s'enfonce en terre pour passer engourdi la mauvaise saison; au premier printemps il se réveille, réapparaît à la surface du sol, s'accouple, pond et meurt.

Les plantations de carottes sont souvent dévastées par cet insecte et les larves peuvent continuer leurs dégâts même quand les racines sont arrachées et conservées dans les maisons.

Procédés de destruction: Arrachage précoce des carottes; après l'arrachage faire un labour profond de 20 centimètres; inspecter soigneusement les racines au moment de la rentrée et les visiter souvent pendant la conservation. Ramassage des adultes au premier printemps.

Explication de la Planche 11: A gauche: adulte et larve de Molytes coronatus Goeze gr, nat. — Coupe d'une racine de Carotte rongée par le larve.

^ Bulletin Soc. Entomologique de France 1893 p. CX.

Plantes potagères

Molytes covonatus Gœze. — Charançon couronné,

Arbres fruitiers

A^n'Ius si)uiatiis 01. — Bupreste sinueux.

Agriliis siDiiatus 01.

Coléoptères. - fam. Buprestides.

Longueur: 9 millimètres. Nom français: Bupreste sinueux.

Aspect des dégâts: Branches ou tiges des poiriers, principalement des arbres en espaliers dépérissant; leur écorce brunit à l'endroit attaqué, se dessèche puis se fendille et devient chancreuse.

Caractères généraux et mœurs: Dans les traités d'Entomologie horticole que nous avons pu consulter, on signale comme faisant des dégâts sur le Poirier une espèce d'Agrilus qui est désignée indifféremment sous les noms û'Agrilus viriàis L., Agrilus sinuatus 01., Agrilus pyri ( ?), bupreste vert, bupreste du Poirier, etc. On confond ainsi deux espèces au moins û'Agrilus qui sont cependant distinctes l'une de l'autre.

Agrilus viridis L. qui offre d'ailleurs des variétés nombreuses, est généralement d'un vert plus ou moins cuivreux et vit à l'état larvaire dans un grand nombre d'essences forestières (Chêne, Charme, Hêtre, Tremble, Bouleau, Saule marceau, etc.).

Agrilus sinuatus 01. est plus grand (8 à 10 millimètres) et sa couleur est un violet pourpré brillant; il n'a été observé jusqu'ici que dans le Poirier (Dr. Puton, P. Passy, Gitton, etc.) le Pommier, le Sorbier (Dr. Puton), le Néflier. — MM. Puton (Revue d'Entomologie 1883), Gitton (Revue horticole Mars 1897), P. Passy (Journ. Soc. Nat. Horticulture de France. Juin 1897), ont publié des observations précises sur les mœurs û'Agrilus sinuatus 01.; c'est à leurs travaux que nous empruntons les renseignements suivants.

En Juin- Juillet la femelle dépose ses œufs sur les branches; la larve perce l'écorce, trace dans son épaisseur une galerie descendante puis arrive au bois; elle creuse alors entre la partie ligneuse et l'écorce, un couloir ayant comme direction générale l'axe longitudinal de la branche ou du tronc attaqués, mais qui décrit des zigzags réguliers et qui tourne souvent autour de la branche.

Ce travail est continué jusqu'en Septembre de l'année suivante; à ce moment la larve, d'un blanc nacré, apode, aplatie, avec l'extrémité antérieure renflée en massue, est arrivée au terme de sa croissance; elle mesure 15 à 22 millimètres et a fait une galerie de 50 à 90 centimètres de long d'après MM. P. Passy et Gitton qui n'ont observé Agrilus sinuatus que sur les poiriers (espalier ou plein vent). Le Dr. Puton qui rencontra l'insecte sur les pommiers et les poiriers de plein vent seulement, n'a pas vu de galeries dépassant 30 centimètres. Au moment de se changer en nymphe la larve creuse dans le bois une petite loge oblongue, d'où l'adulte sort en Mai en faisant un trou dans l'écorce.

L'atteinte û'Agrilus sinuatus a des suites bien plus funestes que le ferait supposer l'apparence des blessures faites à l'arbre. Soit que la larve sécrète une toxine qui empêche la guérison (P. Passy) soit pour toute autre cause, l'emplacement des galeries se cicatrise très mal; l'écorce et le bois touchés périssent rapidement sur une assez grande profondeur\

Explication de la Planche 12: En haut, à gauche: Agrilus sinuatus 01. adulte; à droite: larve (grossis). — Branche de Poirier portant le trou de sortie de l'adulte et montrant l'aspect de l'écorce sous laquelle il y a des galeries de larves.

^ Procédés de destruction: Voir Addenda.

Phalera bucephala L.

Lépidoptères. — fam. Bombycides.

Envergure: 65 millimètres. Synonyme: Pygaera bucephala. Nom français: Bombyx bucéphale. Aspect des dégâts: Feuilles rongées.

Caractères généraux et mœurs: Ce beau papillon assez rare dans les vergers est plus commun autour des petits bois clairs plantés de peupliers, d'aulnes, de hêtres et d'ormes, essences dont la chenille mange les feuilles; elle s'attaque parfois aux arbres fruitiers, et l'on a constaté sa présence sur les rosiers. On ne trouve jamais ces chenilles réunies en grand nombre et les dégâts qu'elles causent sont en somme peu importants. Le papillon éclôt en Juin- Juillet et se tient pendant le jour appliqué contre le tronc des arbres, les ailes allongées le long du corps; il a ainsi l'aspect •d'un étroit cylindre. La femelle pond ses œufs sur les feuilles; la chenille s'enfonce dans le sol pour se chrysalider.

Procédés de destruction: Pulvériser le soir sur les feuilles par temps sec, une émulsion de nicotine et savon (formule 8).

Explication de la Planche 13: Phalera bucephala L. Papillon femelle grossi; chenille parvenue au terme de sa croissance (gr. nat.). — Dégâts sur un Ceriser <V2 gr. nat.).

Arbres fruitiers

Phalcra bucephalu L. — Bombyx, bucéphale

Arbres fruitiers

Ptosima undecimmaculata Herbst.

Bupreste à onze points.

Ptosima undecimmaculata Herbst.

Coléoptères. — fam. Buprestides.

Longueur: 9 à 13 millimètres. Synonyme: Buprestis novemmaciilata F. Nom français: Bupreste à 11-points.

Aspect des dégâts: Branches ou tronc des cerisiers et abricotiers languissants, creusés intérieurement de galeries longitudinales surbaissées, ces galeries devenant cylindriques vers les trous de sortie.

Caractères généraux et mœurs: Le Bupreste à onze points a le corps cylindrique, noir bleuâtre brillant, les élytres marqués de 6 taches jaune clair et le pronotum ponctué de macules de même couleur; rare dans le nord de la France il est plus commun dans le midi.

La larve aplatie, avec la partie antérieure du corps fortement élargie, vit pendant 2 ou 3 années dans le tronc et surtout dans les branches du Cerisier et de l'Abricotier; elle creuse des galeries qui ne tardent pas à faire dépérir l'arbre attaqué. L'adulte sort au commencement de Mai.

Procédés de destruction: Couper et brûler les branches languissantes.

Explication de la Planche 14: Larve et adulte de Ptosima undecimmaculata Herbst. grossis d'un tiers; branche de Cerisier (moins grosse que nature) avec les trous de sortie des adultes ; une partie de la branche est fendue par moitié pour montrer les agleries des larves.

E. p. N.VI. 10

Saperda scalaris L.

Coléoptères. — fam. Cérambycides ou Longicorncs.

Longueur: 15 millimètres. Nom français: Saperde à échelons.

Aspect des dégâts: Galeries creusées sous l'écorce et dansl'aubier de divers arbres fruitiers.

Caractères généraux et mœurs: D'une couleur foncièrevert-mousse clair avec le bord des élytres marqué de taches noires qui dessinent des sortes de créneaux, Saperda scalaris est un des jolis Longicornes de notre pays. Il vit aux dépens de diverses essences, Noyer, Chêne, Charme, Pommier, etc. mais son arbre de prédilection est le Cerisier. Il s'attaque surtout aux arbres languissants; nous l'avons cependant trouvé dans des cerisiers déjà âgés il est vrai, mais encore parfaitement sains.

L'adulte apparaît de fin Avril à ma- Juin.

D'après M. J. Fallou qui a étudié les mœurs de l'insecte,, la femelle creuse avec ses mandibules une petite loge dans l'écorce et y dépose un œuf qu'elle recouvre avec des débris de lichen. La larve éclôt cinq à six jours plus tard; elle s'introduit sous l'écorce et trace entre cette enveloppe et le bois, des galeries qui s'enfoncent également dans l'aubier mais ne pénètrent pas dans le cœur de l'arbre. Son existence larvaire dure deux années au bout desquelles l'insecte s'aménage une petite loge cylindrique séparée de l'écorce par un millimètre à peine de bois; c'est dans cette loge que s'opère la transformation en nymphe; en automne l'insecte parfait éclôt et il passe l'hiver dans sa loge pour sortir au printemps en perçant l'écorce. La durée de l'évolution complète de l'insecte serait de trois années.

Procédés de destruction: Chaulage des branches et enlèvement de celles qui paraissent atteintes.

Explication de la Planche 15: A gauche, en haut : galeries de la larve de Saperda scalaris L. sous une écorce de Cerisier; au dessous: coupe d'une branche de Cerisier montrant ces galeries. — A droite Saperda scalaris adulte (gr. nat.).

Arbres fruitiers

Sapcvda scalaris L. — Saperde à échelons

Arbres fruitiers

Gastropacha quercifolia L. — Bombyx feuille-morte

Gastropacha quercifolia L.

Lépidoptères. — fam. Bomhycides.

Envergure: 7 à 8 millimètres. Synonymes: Lasiocampa quercifolia — Bombyx quercifolia. Nom français: Bombyx feuiive-morte.

Aspect des dég-âts: Feuilles des branches des Pruniers •dévorées.

Caractères généraux et mœurs: Les chenilles du Bombyx feuille-morte vivent isolées sur les arbres fruitiers ainsi que sur l'Aubépine, le Prunellier, le Chêne, le Saule, etc.; chacune se cantonne sur une branche qu'elle ne quitte qu'après en avoir dévoré toutes les feuilles. Comme l'insecte est peu commun, les dégâts causés par la chenille ne sont pas graves malgré la voracité de celle-ci, qui ne paraît manger que la nuit.

Nous mentionnons ici cette espèce surtout à cause de l'aspect très curieux que prend le papillon lorsqu'il est au repos; il simule alors parfaitement un petit paquet de feuilles desséchées.

Les chenilles éclosent en Juillet-Août ; elles se séparent bientôt et passent l'hiver isolément, engourdies et appliquées contre les branches. Au printemps elles reprennent <le l'activité, mangent jusqu'au milieu de Juin atteignent une longueur de 7 à 8 centimètres et se filent alors une €oque molle, allongée en fourreau, parsemée d'une pulvérulence blanchâtre; la transformation en nymphe s'opère dans cette coque; l'adulte éclôt en Juillet.

Procédés de destruction: Rechercher pour les détruire les coques et les chenilles, mais la découverte de ces dernières exige une extrême attention car malgré sa grande taille, l'insecte se confond si bien avec la branche sur laquelle il se tient immobile et appliqué pendant le jour, qu'il est fort difficile à apercevoir bien que sa présence soit nettement signalée par la dénudation de cette branche.

Explication de la Planche 16: En haut, à droite: le papillon de Gastropacha quercifolia L., au repos, ailes repliées; en bas: le même, ailes déployées; entre les deux: la chenille (insectes gr. nat.). — A gauche: branche de Prunier dont les feuilles sont rongées par la chenille.

Aspidiotiis ostreaeformis Curt.

Hémiptères. - fam. des Coccides.

Longueur: 2 à 3 millimètres. Synonyme: Aspidiotus pyri Licht. Nom vulgaire: Pou du Pommier.

Aspect des dégâts: Arbres recouverts par places d'une sorte de croûte grisâtre formée de petites carapaces contenant ou ayant contenu l'insecte; branches desséchées.

Caractères généraux et mœurs: On désigne communément sousle nom de « Pucerons » toute une catégorie de très petits insectes appartenant à l'ordre des Hémiptères-homoptères et vivant en colonies sur les plantes dont ils sucent la sève; mais cette appellation beaucoup trop vague, englobe diverses divisions très différentes les unes des autres par les formes, les mœurs et les modes de reproduction.

En ne considérant que les principales divisions, on doit distinguer:

1 ' Les Aphides ou Pucerons proprement dits (voir PI. 42, 44, 90) ; leur corps mou est pourvu, au moins chez les mâles, de 4 ailles transparentes qui au repos s'appliquent le long du corps en se repliant en forme de toit ; les Aphides sont munis de pattes et d'antennes longues et grêles, ; ils vivent à l'air libre et non sous un abri protecteur comme les Cochenilles (voir plus bas); ils mènent une existence assez active. Les piqûres de beaucoup d'espèces provoquent sur le& feuilles ou sur les rameaux des boursouflures, des déformations connues sous le nom de «galles», ou des chancres.

2" Les Chermésides appelés quelquefois « Pucerons des écorces »; ils forment un groupe intermédiaire entre le précédent et le suivant; leur principal représentant Phylloxéra vastatrix Planchon, est malheureusement trop connu.

3" Les Cochenilles ou Coccides ou Gallinsectes, vulgairement « Poux déplantes » (voir PI. 17, 33,72). Les femelles de la plupart des espèces composant ce groupe sont massives, ovalaires, aptères; leurs pattes et leurs antennes toujours extrêmement courtes manquent quelquefois complètement pendant certains stades du développement; ces femelles passent leur existence dans une immobilité presque complète; dans plusieurs genres elles demeurent pendant toute leur vie abritées sous un bouclier formé par les dépouilles des mues successives et par des sécrétions particulières; dans d'autres genres c'est la ponte qui est protégée par une matière cireuse produite par la femelle ou par une sorte de carapace formée du corps desséché de la mère.

Aspidiotus ostreaeformis appartient au groupe des Cochenilles et à la section des Diaspines,\tTès commun sur les branches des arbres fruitiers il paraît s'attaquer de préférence aux pommiers. Il se présente extérieurement sous l'aspect d'une petite croûte grise rappelant la forme d'une minuscule coquille d'huître; mais cette croûte n'est qu'un abri sécrété par la femelle; celle-ci de couleur jaune-clair se trouve blottie sous ce bouclier. Cette Cochenille qui se reproduit avec une très grande rapidité amène par ses piqûres, chez les arbres qu'elle envahit un dépérissement qui peut leur devenir fatal.

Procédés de destruction: Yoir PI. 33.

Explication de la Planche 17: En haut: à gauche: individu ailé (grossissement environ 7 diamètres) de Aspidiotus ostreaeformis Curt. ; à droite: sur un fragment de branche carapace sécrétée par la femelle (grossi env. 6 diam.). Au dessous: branche de Pommier portant une colonie de femelles recouvertes par leurs abris (gr. nat.).

Arbres fruitiers

Aspidiotiis ostrcaefonju's Ciirt. — Pou du Pommier.

Arbres fruitiers

Saturuia pyvi Scliiff. — Grand Paon de nuit.

Satîiruia pyri Schiff.

Lépidoptères. — fam. des Bomhycides.

Envergure: 10 à 13 centimètres. Synonyme: Attaciis pavonia-majorlj. Nom ÏYQ,nqdi\^: Bombyx du Poirier. Nom vulgaire: Grand paon de nuit.

Aspect des dégâts: Feuilles des arbres fruitiers (Poirier, Pommier, Prunier) rongées.

Caractères généraux et mœurs: C'est un des plus grands papillons d'Europe; sa chenille grosse comme le doigt, longue de 8 centimètres est d'une teinte générale vert pâle et porte des tubercules bleu-turqaoise surmontés de longs poils noirs.

L'adulte éclôt en Avril-Mai; le femelle pond sur les feuilles des arbres fruitiers; les œufs éclosent en Juillet; la chenille ronge les feuilles jusqu'en Septembre; elle est très vorace mais comme l'espèce est peu commune, les dégâts com.mis sont de faible importance. Vers le milieu de Septembre la chenille se réfugie sous une grosse branche, dans les bordures de buis, très souvent sous le chaperon d'un mur et se file un gros cocon brun, bourru, très adhérent à son appui; elle s'y transforme pour passer l'hiver; il n'est pas rare de voir des individus rester deux ans à l'état de chrysalide.

Procédés de destruction: Rechercher les chenilles et les cocons.

Explication de la Planche 18: En haut: Chenille de Saturnia pyri Schiff.; en dessous: l'adulte (tous deux V2 gr- nat.). — Branche de Poirier attaquée.

Hy

Eriocampoïdes limacina Retz.

ménoptères. — fam. Tenthrédides.

Envergure: 12 millimètres. Synonymes: Monosiegia antipoda Kirby — Tenthredo adembrata Klug. Nom français: Tenthrède du Poirier. Nom vulgaire de la larve: Ver-limace.

Aspect des dégâts: Parenchyme des feuilles des arbres fruitiers (Cerisier, Pommier, surtout Poirier) rongé; la feuille dans laquelle ne subsistent plus que les nervures, ressemble à une dentelle.

Caractères généraux et Mœurs: Certaines années, pendant les mois d'Août et de Septembre la surface verte des feuilles des poiriers est rongée, surtout à la face inférieure, par des larves qui n'en laissent subsister que les nervures. Ces larves, longues de 1 centimètre environ lorsqu'elles ont atteint leur complet développement, sont noirâtres ou vert-bouteille, renflées à l'extrémité antérieure, gluantes et ressemblent à de petites sangsues ou à des limaces; munies de 10 paires de pattes fort petites, elles se tiennent collées sur la feuille, principalement à la face inférieure. Ce sont les larves de Eriocampoïdes limacina Retz. La femelle de l'insecte dépose en Juillet ses œufs sur la face inférieure des feuilles; peu de temps après, les larves éclosent; e/les se développent pendant deux ou trois mois en rongeant le parenchyme et en subissant plusieurs mues; vers le milieu d'Octobre elles sont parvenues à leur taille définitive et prennent une teinte orangé pâle; quittant alors l'arbre où elles se tiennent, elles pénètrent en terre, se construisent une petite coque où elles passeront l'hiver et se transformeront, pour sortir à l'état adulte en Mai- Juin de l'année suivante.

Les attaques des vers-limaces sont souvent très préjudiciable? aux poiriers en espalier ou en quenouilles; la végétation se ralentissant par suite de la destruction du parenchyme des feuilles, les fruits cessent de grossir et tombent.

Procédés de destruction: Pour détruire les larves il faut saupoudrer les feuilles attaquées avec de la chaux vive, ou pulvériser sur les arbres soit une émulsion de savon et nicotine (formules 8, 8 bis), soit une solution contenant une partie de nicotine titrée à 10% dans 30 parties d'eau.

Explication de la planche 19: En haut; à gauche: Eriocampoïdes limacina Retz adulte (grossi environ 3 fois); à droite : la larve (même grossissement). — Feuilles de Poirier attaquées.

Arbres fruitiers

Eviocampoïdes limacLua Retz. — Tenthrède du Poirier.

Arbres fruitiers

S esta tipulijormis CL — Sésie tipuliforme

Sesia tipuliformis Cl.

Lépidoptères. — fam. Sesiides.

Envergure: 18 millimètres. Synonymes: Synanthedon tipuliformis. Nom français: Sésie tipaliforme.

Aspect des dégâts: Feuilles des Groseilliers à grappes fanées, puis branches ou tiges desséchées.

Caractères généraux et mœurs: Comme toutes les Sésies, le papillon a les quatre ailes transparentes, ce qui lui donne au premier abord l'aspect d'un Hyménoptère; ces ailes ont les bords et les nervures bleu-noir foncé; le corselet est noir bordé de chaque côté d'une ligne longitudinale jaune; l'abdomen est bleu-noir et porte trois petits anneaux jaunes.

La chenille de 2 centimètres de longueur, d'une couleur blanc jaunâtre avec la tête fauve, vit dans le Ribes rubrum L. (Groseillier à grappes) et dans le Ribes nigrum L. (Cassis); elle passe l'hiver dans l'intérieur de la tige dont elle ronge la moelle en creusant une galerie assez profonde, où elle se tisse un cocon extérieurement garni de particules de bois, intérieurement tapissé de fils soyeux et fixé aux parois de la galerie.

Le papillon éclôt vers la fin de Mai. La tige attaquée se dessèche et meurt; les dégâts commis par la chenille sont parfois importants.

Procédés de destruction: Couper et brûler les tiges paraissant attaquées.

Explication de la Planche 20: A gauche: tige de Groseillier rouge creusée par la galerie de la chenille de Sesia tipuliformis CL; en bas, à droite: adulte et chenille de Sesia tipuliformis Cl. (gr. net.).

Forficula auricularia L.

Orthoptères. — fam. Forjiciiles.

Longueur: 10 à 14 millimètres. Nom fran çais: i^orjicule. Nom vulgaire: Perce-oreille.

Aspect des désrâts: Fruits (surtout pêches) entamés et souvent rongés profondément; fleurs à tige basse (œillets, giroflées, géraniums, primevères) ayant les pétales, les étamines rongés.

Caractères généraux et mœurs: Tout le monde connaît les perce-oreille; leur nom vulgaire inquiétant et la pince qui termine leur abdomen les font même redouter de certaines gens qui croient l'insecte capable de s'introduire dans l'oreille des personnes endormies pour crever le tympan. La pince des forficules dont la fonction exacte n'est pas connue est cependant très faible et sa pression sur les doigts qui saisissent l'insecte est à peine sensible; mais elle ressemble à l'instrument dont les bijoutiers se servaient pour perforer le lobe des oreilles, où l'on voulait suspendre un bijou, de cette ressemblance semble provenir le nom vulgaire de l'insecte; il ne peut nuire qu'aux fruits et aux fleurs de nos jardins.

Les forficules se retirent pen dant le jour dans les endroits obscurs, sous les pots à fleurs, dans les feuilles sèches, sous les pierres, les écorces, etc.; la nuit elles sortent de leur cachette, se répandent dans les serres, les plate-bandes, sur les arbres et commettent des dégâts sérieux en rongeant les plantules et les parties tendres des fleurs et des fruits.

Procédés de destruction: Tendre des pièges en enterrant au ras du sol des pots à fleurs remplis de mousse, de feuilles et recouverts en partie d'une planchette; ou bien disposer çà et là des feuilles de choux repliées en 4, des pots à fleurs retournés, etc.; les forficules se rassemblent pendant le jour sous ces abris et il est facile de les détruire.

Explication de la Planche 21: Forficula auricularia, L. grandeur naturelle, rongeaiit une pêche.

Arbres fruitiers

Fovficiila auriciihina L. — Perce-oreille.

Arbres fruitiers

Euproctis chrysorrhoea L. — Li paris cul doré.

Nygmia phsBorrhoea Donovan

*(Nat. Hist. of Brit. Insects 1813)

Lépidopt. fam, Lymantriides.

Nom français: Le v. Cul-brun)}. Appelé jusqu'à aujourd'hui (Avril 1921) mais à tort, dans la plupart des ouvrages, chrysorrhoeaL {Liparis, Euproctis, Porthesia) et Cul-doré (Voir Addenda). Envergure: 35 millimètres.

Aspect des dégâts: Feuilles rongées; rameaux et feuilles assemblées en paquets sous des toiles soyeuses blanchâtres.

Le papillon a les ailes et le corselet d'un blanc-soyeux; l'abdomen presque entièrement recouvert de poils bruns est garni sur le dernier anneau d'une forte touffe de poils de même couleur. La chenille revêtue de longs poils urticants, porte sur le dos des taches d'un rouge-brun foncé, disposées en séries.

Le «Cul-brun», (Nygmia phaeorrhoea Donovan) est un insecte très commun, très nuisible aux arbres fruitiers et forestiers (sauf aux résineux) ; ses apparitions prennent souvent le caractère d'invasions redoutables qui peuvent persister pendant plusieurs années consécutives.

Le papillon apparaît en Juin- Juillet. La femelle pond ses œufs en tas, sur les feuilles ou les rameaux et les recouvre de poils agglutinés arrachés à son abdomen.

En Août les chenilles éclosent; réunies en troupe, elles entourent d'une toile un paquet de feuilles qu'elles se mettent à ronger; elles passent l'hiver engourdies sous cet abri. Au printemps suivant, elles sortent de leur nid et recommencent leurs ravages en s'attaquant aux bourgeons, aux jeunes pousses, puis aux feuilles, en tissant toujours des toiles abri. A la fin de leur croissance, les chenilles s'éloignent les unes des autres et se construisent séparément entre les feuilles un cocon léger où elles se chrysalident.

Procédés de destruction: Voir Addenda.

Arctornischr^'SorrhœaL. Lépidopt.— îam. Lymantriides.

Nom français: Le «Cul-doré». Synonymes: Porthesia similis Fuessl. : Porthesia auriflua Fab. ; Liparis (ou Euproctis) chrysorrhoea. Envergure: 35 millimètres.

Insecte assez rare qui ne commet que des dégâts insignifiants. Le papillon ressemble vaguement au « Cul-brun » {Nygmia phaeorrhoea Donovan) parce qu'ils ont la même taille et tous deux les ailes blanches; mais le «Cul-doré» (Arctornis chrysorrhoea L,.) a l'abdomen entièrement blanc, sauf le dernier anneau qui est revêtu d'une touffe épaisse de poils jaune-doré. La chenille est marquée sur le dos d'une double bande longitudinale continue, d'un rouge-vif; elle hiverne solitaire dans une petite toile, sous les pierres, les écorces ou les mousses.

Explication de la Planche 22: Nygmia phaeorrhoea Donovan; Le «Cul-brun»: En haut; la chenille et l'adulte (gr. nat.): en bas; la femelle sur une feuille^ recouvrant sa ponte des poils de son abdomen; à côté, le nid (Vs env. gr. nat.) tissé par les chenilles.

Erratum: Sur la légende de la pi. 22 : remplacer les noms de Euproctis chrysorrhoea L. ; Liparis Cul-doré, par ceux de: Nygmia phaeorrhoea Donovan; Le «Cul-brun».

Cephus compressus L.

Hyménoptères. — ■ fam. Tenîhrédides.

Envergure: 7 à 10 millimètres. Synon3mies: Janus compressus — Phylloecus compressus. — Tenthredo compressus. Noms français: Cèphe comprimé, Tenthrède comprimée. Nom vulgaire: Pique-bourgeon.

Aspect des dégâts: Jeunes pousses des poiriers se flétrissant, puis se desséchant.

Caractères généraux et mœurs: Du 15 Mai à fin Juin la femelle apparaît et commence sa ponte; elle ceinture les jeunes pousses à 10 ou 15 centimètres de leur extrémité, d'une série de piqûres faites à l'aide de sa tarière et déposedans la tige, immédiatement au dessous de ces piqûres, un œuf qu'elle introduit sous l'écorce.

Les piqûres ont pour effet d'amener un afflux de sèveà l'endroit où elles sont pratiquées privant ainsi de nourriture la partie supérieure de la pousse qui ne tarde pas à se flétrir, à se dessécher puis à pendre le long de la branche.

La larve provenant de l'œuf, éclôt vers la fin de Juillet; elle creuse dans le canal médullaire de la jeune branche une galerie d'environ 2 centimètres de longueur qui active le dépérissement de la pousse et en Septembre ou Octobre,, la larve se retire dans la partie inférieure de sa loge, endroit où la tige est restée verte; elle se fabrique alors un cocon soyeux dans lequel elle passera l'hiver; sa transformation en adulte aura lieu au printemps suivant.

Procédés de destruction: Couper dans le courant de Juin les pousses flétries à deux ou trois centimètres au dessous de l'endroit où elles ont été piquées et les brûler.

Explication de la Planche 23: En bas, à droite: femelle de Cephus compressus L. grossie 4 fois; à gauche: la larve au même grossissement. — En haut: coupe d'une pousse attaquée, montrant la loge de la larve (grossie); au milieu: aspect des pousses attaquées.

Arbres fruitiers

. JM

Cephits compressiis L. — Cèphe comprimé.

Arbres fruitiers

Hypouonieuta iuuIiulUiis Z. Hyponomeute du Pommier.

Hyponomeiita 3Ialinellus Z.

Lépidoptères. - fam. Tinéides.

Envergure: 20 millimètres. Nom français: Teigne du Pommier.

Aspect des dégâts: Au premier printemps, jeunes feuilles des pruniers, poiriers et pommiers, roussies et minées intérieurement par de petites galeries parallèles dans lesquelles vit une minuscule chenille; plus tard, toiles lâches enveloppant les branches, feuilles rongées.

Caractères généraux et mœurs: Au commencement de Mai, on peut voir dans différents arbres fruitiers surtout dans les pommiers et les pruniers des toiles grisâtres, légères et d'assez grandes dimensions entourant les touffes des feuilles vers l'extrémité des branches; de nombreuses toiles se trouvent généralement sur le même arbre et celui-ci apparaît quelquefois comme complètement enveloppé d'un voile soyeux. Dans ces toiles s'agite t des centaines de petites chenilles d'environ un centimètre de longueur qui rongent les feuilles et ne laissent bientôt plus que des ramilles dépouillées. Ces chenilles sont celles de Hyponomeuta malinelliis Z. ou de Hyponomeuta padellus L. deux espèces très voisines et difficiles à distinguer l'une de l'autre.

Le papillon éclôt en Juillet; il dépose ses œufs sur l'écorce et les enduit d'une sécrétion agglutinante qui les recouvre d'un vernis résistant; les chenilles écloses au commencement de Septembre ne sortent pas à ce moment de la croûte formée au dessus d'eux par les œufs vides et accolés; elles passent l'hiver sous cet abri qu'elles ne quittent qu'au printemps suivant pour s'insinuer dans l'épaisseur des feuilles qui viennent d'apparaître. Lorsque vers fin Mai, leur taille accrue ne leur permet plus de vivre en mineuses, elles sortent des feuilles et toujours groupées en colonies elles se répandent sur les rameaux et tissent des toiles lâches sous lesquelles elles se réfugient le jour, n'en sortant qu'au crépuscule pour se nourrir aux dépens de la végétation; elles vivent ainsi jusqu'à leur transformation qui a lieu commencement de Juillet. A ce moment elles se groupent au centre de la toile et chacune se file un épais cocon blanc et allongé, d'où l'adulte sortira 15 jours plus tard.

Ce petit papillon cause certaines années, des dégâts énormes aux arbres fruitiers.

Procédés de destruction: Déchirer les toiles avec un balai de feuilles de houx et pulvériser sur les chenilles une émulsion de pétrole et savon noir (form. 1 et 2); ou mieux employer les pulvérisations indiquées aux form. 4 et 10. — Empoisonner Iqô chenilles au moyen d'une bouillie arsenicale (form. 11 à 14).

Explication de la Planche 24: Sur une branche de Prunier: nid ( I3 gr. nat.) contenant des cocons (gr. nat.) d' Hyponomeuta malinellus Z. — En haut: la chenille; en bas, à droite: papillons (insectes gr. nat.).

Rhynchites caeruleus Degeer.

Coléoptères. — fam. Curculionides.

Longueur: 3 à 4 millimètres. Synonyme: Rhynchites conicus Illig. Nom français: Rhynchite bleu. Noms vulgaires: Lisette bleue, coupe-bourgeon.

Aspect des dégâts: Jeunes pousses des arbres fruitiers (Cerisier, Prunier, Pommier, surtout Poirier) fanées puis desséchées et pendant le long de la tige.

Caractères généraux et mœurs: Dessus du corps hérissé de poils peu serrés. L'adulte apparaît en Mai; la femelle perce avec ses mandibules un petit trou dans l'écorce des pousses tendres de certains arbres fruitiers, principalement des poiriers et pond un œuf dans ce trou; ensuite elle incise circulairement la pousse sur les trois quarts de sa circonférence au dessous de sa ponte pour diminuer l'afflux de sève. Elle passe ensuite à un autre bourgeon et continue sa manœuvre jusqu'à ce que sa ponte soit terminée. Les pousses attaquées se fanent bientôt, se dessèchent puis tombent à terre, avec la larve qu'elles contiennent. La larve parvenue à tout son développement s'enfonce dans le sol pour hiverner à l'intérieur d'une coque qu'elle se tisse.

Procédés de destruction: Recueillir en Juin les pousses attaquées et les brûler.

Byctiscus betulae L.

Coléoptères. — fam. Curculionides.

Longueur: 5 à 7 millimètres. Synonymes: Rhynchites betuleti Herbst. — Rhynchites alni Mùller. — Rhinomacer violaceus Scop. Nom français: Rhynchite du Bouleau. Noms vulgaires: Urbec; cigarier; bêche; becmare; attelabe; routeur; grimaud; bécan; cunche; chalibert etc.

Aspect des dégâts: Feuilles de certaines essences forestières (Bouleau, Peuplier, Aulne, etc.) aussi du Poirier et delà Vigne, roulées en cigares qui pendent desséchées le long de la tige.

Caractères généraux et iTiœurs: Ce charançon, est tantôt vert métallique, tantôt bleu brillant, quelquefois violet. Dans la région de Paris il apparaît en Mai. La femelle roule en une sorte de cigare, les feuilles destinées à la nourriture des larves. Une seule femelle confectionne ainsi plusieurs cylindres. Vers le milieu de Juillet, les larves nourries des parties enfermées à l'intérieur du cigare sont parvenues au terme de leur croissance; elles sortent du faisceau fabriqué par la mère, s'enfoncent en terre et se transforment en nymphes ; au milieu d'Août l'insecte parfait éclôt; quelquefois il sort de terre fin Septembre et se montre à ce moment sur les feuilles pour se réfugier pendant l'hiver sous les débris végétaux; mais ordinairement, il quitte seulement au mois de Mai suivant la retraite où s'est opérée sa transformation.

C'est surtout dans les vignobles du Midi que le Cigarier se multiplie de façon à causer de graves dommages.

Procédés de destruction: Rechercher dès le commencement de Juin les cigares contenant la ponte et les brûler.

Explication de la Planche 25: A gauche: Rhynchites caeruleus Deg. adulte (gr. 2 fois \^) et jeune pousse de Poirier attaquée. — A droite: Byctiscus betulae L. adulte (gr. 2 fois) et cigare fabriqué par la femelle avec des feuilles de Poirier.

Arbres fruitiers

Rhynchik's caerulcus Deg. \ Byctiscus beîulac L. Rhynchite bleu. Rhynchite du Bouleau

Arbres fruitiers

Cerambyx Scopol a Fitessl. — P etit Capricorne noi:

Cerambyx Scopolii FuessI.

Coléoptères . — fam. Longicornes ou Cérambycides.

Longueur: 25 à 30 millimètres. Synonyme: Cerambyx cerdo Scop. Noms vulgaires: Petit Capricorne noir — Capricorne savetier.

Aspect des dégâts: Tronc des pommiers, poiriers, cerisiers, sillonné de galeries qui débouchent à l'extérieur par un trou ovale d'environ 6 millimètres de diamètre.

Caractères généraux et mœurs: Le Cerambyx Scopolii est un insecte dont le corps chagriné est entièrement d'un noir brillant; il ne faut pas le confondre avec le Cerambyx cerdo L. = héros Scop. appelé vulgairement Grand Capricorne (PI. 57) qui est beaucoup plus grand, de couleur marron foncé et qui vit dans le Chêne.

La femelle du Petit Capricorne pond ses œufs dans les fentes de l'écorce des vieux arbres fruitiers, quelquefois des chênes; la larve s'enfonce dans le bois en creusant une galerie peu sinueuse, pendant les deux ou trois ans de sa croissance. Dans le Chêne cette galerie est tracée sous l'écorce, mais dans les arbres fruitiers elle pénètre plus profondément. Avant de se transformer en nymphe la larve se construit une coque avec des débris ligneux. L'adulte éclôt en Juin- Juillet; remontant la galerie de la larve il sort en perçant l'écorce; on le rencontre souvent sur les fleurs (notamment des sureaux, des aubépines, des ombellifères, etc.) qui poussent aux environs de l'arbre où il a vécu ses premiers états.

Les dégâts commis par cet insecte sont peu importants car il s'attaque surtout aux troncs et aux grosses branches dont la vitalité est ralentie; cependant il en accélère certainement la fin.

Procédés de destruction: Le badigeonnage des arbres avec les compositions indiquées à la formule 18 peut être utile pour empêcher la ponte des œufs.

Explication de la Planche 26: En haut: galeries de la larve de Cerambyx Scopolii FuessI sur une écorce de Chêne; on aperçoit à droite les débris de la loge ovale dans laquelle la nymphe s'est transformée. — En bas: à gauche; coupe transversale d'un tronc de Pommier montrant les galeries creusées par la larve; au milieu adulte mâle; à droite: la larve, tous deux grandeur naturelle.

3Ialacosoma neustria L.

Lépidoptères. — fam. Bombycides.

Envergure: 3 centimètres ^/^. Synonyme: fîomôyx neus// «a. Nom français: Bombyx neustrien. Nom vulgaire: La Livrée.

Aspect des dégâts: Feuilles mangées; les toiles sous lesquelles se retirent les chenilles sont bien visibles dans le branchage.

Caractères généraux et mœurs: C'est surtout dans les vergers que Ton rencontre le Bombyx neustrien, mais il s'attaque souvent aux jeunes taillis de chênes.

L'adulte paraît au commencement de Juillet; il présente deux variétés; la plus commune a les ailes d'un roux ferrugineux avec deux lignes blanchâtres transverses et arquées; les inférieures ont une ligne peu apparente sur leur milieu. L'autre variété est jaune terne avec les lignes transversales des ailes supérieures brunes. Le papillon vole le soir et se tient pendant le jour caché sous les feuilles.

La femelle pond de trois à quatre cents œufs qu'elle dispose autour des jeunes rameaux comme un bracelet fermé de plusieurs rangs de perles adhérant très fortement à l'écorce; ces œufs passent l'hiver; en Avril ils éclosent et les jeunes chenilles restant groupées, tissent en commun une toile épaisse enveloppant un faisceau de branches et de feuilles. Pendant le jour les chenilles s'abritent dans ce nid d'où elles sortent la nuit pour dévorer les feuilles alentour. Ces chenilles longues de 4 à 5 centimètres quand elles ont atteint tout leur développement, sont reconnaissables aux bandes longitudinales qui ornent leur corps; une bande dorsale médiane blanche est bordée de chaque côté d'une ligne rougeâtre, en dessous de laquelle s'allonge une bande bleue; la tête est bleue.

Lorsque les feuilles manquent autour du nid, la colonie se déplace, abandonnant sa tente pour en construire une autre un peu plus loin.

En Juin la croissance des chenilles est terminée; elles se dispersent alors et chacune va tisser parmi les feuilles et les branches un cocon d'un beau jaune où elle se change en chrysalide.

Procédés de destruction: Le Bombyx neustrien commet des dégâts sérieux, mais il est facile d'enrayer sa multiplication. Il suffit pour cela de procéder à un échenillage soigneux au moment où les chenilles sont groupées sous leur toile qui est très visible au milieu des branches et de brûler sur place les colonies ainsi récoltées. — Pulvériser sur les feuilles une émulsion au pétrole et savon noir.

Explication de la Planche 27: Au milieu: nid de chenilles de Malacosoma neustria L. sur une branche de Prunier (Yi gr. nat.). — A gauche: l'adulte mâle (1/2 gr. nat.) et la chenille'(Vs grand, nat.). — A droite, en haut; bracelet d'œufs autour d'une petite branche (I/2 gr. nat.).

Arbres fruitiers

Malacosoina neiistria L. — Bombyxneustrien.

Arbres f rui tiers

Lymantria dis par L. — Bombyx disparate.

Lymantria dispar L,

Lépidoptères. — fam. Bombijcides.

Envergure: 4 à 6 centimètres. Synonymes: Ocneria dispar. — Liparis dispar L. Nom français: Bombyx disparate. Nom? vulgaires: La Spongieuse; le Zig-zag.

Aspect des dégâts: Feuilles mangées.

Caractères généraux et mœurs: Cette espèce est très nuisible aux arbres fruitiers, aux essences forestières, aux ormes, aux saules etc.; la chenille extrêmement vorace apparaît certaines années en quantités considérables sur un même point et cause souvent de très grands dégâts dans les vergers et dans les forêts.

Le papillon éclôt vers le commencement d'Août; le mâle vole rapidement d'une façon saccadée, mais la femelle très lourde se déplace peu et reste immobile sur les branches; aussitôt après l'accouplement elle pond ses œufs en un seul tas sur le tronc des arbres et les recouvre d'un coussin feutré formé des poils de son abdomen; ces œufs passent ainsi l'hiver.

Au commencement de Mai les chenilles éclosent; elles sont noirâtres et portent deux rangées de tubercules bleus et deux rangées de tubercules rouges surmontés de longues houppes de poils roux. Pendant le jour elles se réunissent sous les teuilles ou sous les branches en se protégeant quelquefois par une sorte de toile très lâche ; mais la nuit elles se mettent en mouvement pour chercher leur nourriture. Quand elles approchent du terme de leur développement elles se dispersent et à la fin de Juin, se blotissant au creux d'une feuille dont elles réunissent les bords par quelques fils, ou dans une fente d'écorce, ou à l'enfourchure d'une branche, elles se transforment en chrysalides.

Procédés de destruction: Dans les vergers, les pontes fixées sur le tronc des arbres sont assez visibles; on peut donc détruire une grande quantité d'œufs par des grattages, des brossages ou par des badigeonnages au moyen d'un produit insecticide, d'une lessive alcaline (formule 21), etc. Empoisonner les chenilles au moyen d'une émulsion au pétrole et au savon noir (formules 8, 9).

Dans les forêts la destruction des œufs serait trop coûteuse, on pulvérisera sur les feuilles une bouillie à base d'arséniate de plomb (formule 11) qui empoisonnera les chenilles; employer ce procédé lorsque les chenilles sont encore jeunes. — Pour s'opposer à leur invasion, entourer le tronc des arbres de bandes gluantes (formule 22) ; disposer en Juin des bourrées feuillues au pied des arbres; ces bourrées constituent des pièges pour les chenilles qui veulent se chrysalider.

Explication de la Planche 28: En haut, dans le coin à droite: femelle de Lymantria dispar L. recouvrant sa ponte des poils de son abdomen. — Au milieu; papillon mâle; en dessous la femelle (Vg gr. îiat.). — En bas: la chenille (Vs gr. nat.).

E.P. N. YI. li

Hypoborus ficu? Er.

Coléoptères. — fam. Scolyiides.

Longueur: 11/2 millimètres. Nom français: Scolyte du Figuier.

Aspect des dégâts: Branches des figuiers languissantes puis se desséchant.

Caractères généraux et mœurs: Nous parlerons plus loin (PI. 32) des dégâts causés par les Scolytes; l'espèce représentée ici se nourrit aux dépens du Figuier; ses larves vivent entre l'écorce et le bois âesbranches; les rameaux attaqués ne tardent pas à se dessécher.

Peu répandu en France il cause des dégâts appréciables dans le Midi de l'Europe.

Procédés de destruction: Couper les branches attaquées et le» brûler.

Phloeotribiis Scarabeoïdes Bern.

Coléoptères. — fani. Scolytides.

Longueur: 2 millimètres. Synonyme: Scolytus oleae Fab, Nom français: Scolyte de l'Olivier. Nom vulgaire: Neiroun (Provence).

Aspect des dégâts: Branches des oliviers desséchées, jeunes rejets flétris et cassés.

Caractères généraux et mœurs: Après les dégâts de Dacus oleae F. (PI. 41), ceux causés par Phloeotribus scarabeoïdes Bern. sont une des entraves les plus sérieuses à la production des olives. Les larves de Phloeotribus scarabeoïdes Bern. creusent entre l'écorce et le bois des branches, des galeries qui épuisent rapidement ces branches, en outre, les adultes qui hivernent, perforent pour se mettre à l'abri la base des tout jeunes rejets; cette loge arrête la montée de la sève et le rameau ainsi entaillé se flétrit ou se casse sous la poussée des vents de la mauvaise saison.

La première ponte a lieu en Février-Mars; l'insecte met 40' jours environ pour arriver à l'état adulte et 4 ou 5 générations se succèdent dans le courant de l'année; on voit quels ravages peut subir une plantation envahie par le Scolyte de l'Olivier.

Procédés de destruction: Dans les Alpes-Maritimes et en Italie la cueillette des olives s'effectue de Février en Avril ; il faut immédiatement après cette cueillette, (par exemple à la taille de Mars), élaguer sévèrement les arbres attaqués, mettre les branches en fagots pour attirer les pondeuses, et 20 jours au plus tard après cette taille enlever les fagots et les brûler.

Explication de la Planche 29: En haut, à droite: branche de Figuier (gr. nat.) attaquée par Hypoborus ficus Er. (l'écorce a été enlevée pour montrer les galeries des larves); en dessous: Hypoborus ficus 'Et. adulte (gr. 8 fois). — Au milieu: Phloeotribus scarabeoïdes Bern. adulte (gr. env. 10 fois); à gauche: branche d'Olivier (gr. nat.) attaquée par l'insecte; l'écorce a été enlevée pour montrer les galeries creusées par les larves.

Arbres fruitiers

Hypobonis ficus Er. — Scolyte du Figuier. Phloeotvibus scaraboïdes Bevn — Scolyte de l'Olivier.

Arbres fruitiers

Cheimatobia brumata L. — Phalène hiémale

Cheimatobia brumata L.

Lépidoptères. — • Géomètrides.

Longueur de la femelle: 6 à 7 millimètres. Synonymes: Geometra brumata — Acidalia brumata — Larentia brumaria L. Envergure du mâle: 30 millimètres. Nom français: Phalène hyémale.

Aspect des dégâts: Bourgeons, feuilles des arbres forestiers et fruitiers rongés; plus tard feuilles roulées et liées en paquets.

Caractères généraux et mœurs: Les Géomètrides tirent leur nom, de ce que leurs chenilles progressent en rapprochant leur extrémité postérieure de l'extrémité antérieure, pour reporter celle-ci en avant de toute la longueur du corps; elle semblent ainsi mesurer le terrain, d'où leur appellation courante de <>. chenilles géomètres » ou de «chenilles arpenteuses ».

La femelle de Cheimatobia brumata L. ne possède que des moignons d'ailes absolument impropres au vol; en revanche ses longues pattes lui permettent de grimper sur les arbres avec facilité.

L'insecte est très nuisible certaines années aux bois de chênes et de charmes, mais c'est surtout pour les vergers qu'il constitue une ennemi redoutable.

L'adulte apparaît du 15 Octobre au 15 Novembre; la femelle monte au sommet des arbres où le mâle vient la féconder; elle pond ses œufs isolément dans les fentes de l'écorce et ceux-ci passent l'hiver. Au premier printemps les chenilles éclosent; leur petite taille (1 millimètre) leur permet de pénétrer d'abord dans les bourgeons dont elles rongent l'intérieur; ensuite elles attaquent les fleurs puis les feuilles dès qu'elles paraissent; en acquérant une plus grande taille elles roulent les feuilles en cornets et les lient en paquets avec quelques fils de soie; c'est à l'intérieur de l'abri ainsi formé qu'elles arrivent à leur dimension définitive (2 centimètres). On a en outre constaté que les chenilles pénétraient parr«œil» dans le fruit en formation, déterminant ainsi sa chute dès qu'il commence à grossir.

Vers la mi- Juin, la chenille sort de son paquet de feuilles, se suspend à un fil, se laisse glisser à terre, s'enfonce dans le sol et s'y métamorphose en nymphe dans un petit cocon; elle reste sous cet état pendant 4 mois environ. L'adulte éclôt à l 'arrière-saison.

Procédés de destruction: Au moyen d'anneaux gluants et de bandes pièges (formules 22 et 22 bis) empêcher la femelle de grimper sur les arbres pour s'y accoupler et y effectuer sa ponte. — Au printemps, pulvérisations sur les chenilles, d'émulsions au savon et pétrole (form. 1, 2) ou de bouillies arsenicales (torm. lia 14).

Explication de la Planche: Au milieu, à gauche: Cheimotobia brumata L. femelle (gr. 2 fois). — Au dessous: mâle (gi\ nat.); en bas, à droite: la chenille (gr. nat.). — Jeunes feuilles de Poirier rongées.

Carpocapsa pomonella L.

Lépidoptères. — fam. Tortricides.

Envergure: 20 millimètres. Synonymes: Tortrix pomonana Schif. — Tinea pomonella. Nom français: Pyrale des pommes. Nom vulgaire de la chenille: Ver des pommes.

Aspect des dégâts: Pommes et poires rongées intérieurement par une petite chenille (fruits véreux).

Caractères généraux et mœurs: Ce papillon a deux générations par an; la première apparition des adultes se produit d'Avril à Juin. A cette époque la femelle pond dans les fleurs « passées » un œuf d'où 8 jours plus tard, sort une petite chenille qui pénètre dans le fruit en formation; celui-ci continue à se développer malgré le parasite qui petit à petit le ronge, mais il tombe dès qu'il a acquis une certaine grosseur (fruits « tombés verts ») ; à ce moment la chenille adulte qui atteint 14 mm. environ de longueur, sort du fruit, se réfugie en quelque fente d'écorce et devient papillon vingt à trente jours plus tard.

Les femelles de cette seconde génération, qui dans la région parisienne apparaît en Août, pondent sur les fruits restés aux arbres un œuf, d'où sort une chenille qui se comportant comme celles de la génération précédente, s'enfonce au coeur du fruit où elle va se développer.

Les fruits attaqués mûrissent d'abord plus vite que les autres mais tombent généralement avant d'arriver à leur complète maturité. Si le fruit n'est pas consommé avant le complet développement de la chenille, celle-ci en sort et se retire sous un abri où elle se tisse un cocon solide dans lequel elle passera l'hiver pour devenir papillon d'Avril à Juin de l'année suivante

La Pyrale des pommes cause tous les ans de très graves préjudices aux propriétaires de vergers, mais les fruits à cidre sont généralement moins attaqués que les fruits de table.

Procédés de destruction: Pendant les belles nuits de Juin capturer les papillons à l'aide de pièges lumineux. — Ramasser les fruits tombés au fur et à mesure de leur chute et les donner à manger aux porcs s'ils sont trop verts pour être cuits en compote. — Entourer le tronc des arbres avec de la paille, des copeaux, des vieilles toiles pour attirer les chenilles qui cherchent un abri pour filer leur cocon; brûler dès Février ces abris qui ont passé l'hiver. — Gratter pendant l'hiver les vieilles écorces, recueillir les débris, les brûler et passer les troncs au lait de chaux. — Aussitôt après la floraison, pulvériser sur les arbres une solution arsenicale (formules 11, 12, 14) pour préserver les fruits de la ponte des femelles de la première génération.

Explication de la Planche 31: A gauche: poire (Vs gr. nat.) coupée par la moitié pour montrer le dégât causé par la chenille de Carpocapsa pomonella L. — A droite, en haut: chenille de Carpocapsa pomonella L. (un peu grossie); en dessous: l'adulte (un peu grossi).

Arbres fruitiers

Carpocapsa potnonella L. — Pyrale des Pommes.

Arbres fruitiers

Scolytiis pruni Ratz. — Scolyte du Prunier

Scolytus pruni Ratz.

Coléoptères. — fam. Scolytides.

Longueur: 4 millimètres. Synonymes: Eccopiogaster pruni — Scolytus pyri Ratz(— castaneus Ratz — nitidulus Chap, — mali Bechst.) Nom français: Scolyte du Prunier.

Aspect des dégâts: Arbre languissant; écorce percée de petits trous; bois sillonné sous l'écorce de galeries aboutissant à une plus large galerie centrale.

Caractères généraux et mœurs: Il existe en France de nombreuses espèces de Scolytes ; ces Coléoptères comptent parmi les plus redoutables ennemis des arbres; leurs larves blanches, cylindriques, légèrement incurvées, rongent le bois sous l'écorce, amenant un dépérissement rapide du sujet attaqué; on les rencontre souvent par centaines sur un même pied; des plantations entières d'arbres forestiers ou d'alignement sont parfois envahies en même temps. Presque toutes nos essences sont exposées aux atteintes de ces redoutables parasites, dont chaque espèce vit de préférence sur une ou deux sortes d'essences déterminées.

Les arbres fruitiers (Prunier, Poirier, Pommier, etc.) sont souvent attaqués par le Scolytus pruni Ratz., insecte aux élytres marrons creusés longitudinalement de stries et au prothorax brun foncé.

L'adulte éclôt en Juin; la femelle perce l'écorce du tronc ou des grosses branches et creuse entre l'écorce et le bois dans le sens de la longueur de l'arbre, une galerie au long de laquelle elle dépose ses œufs. Les jeunes larves dès leur éclosion rongent le bois et l'écorce dans une direction d'abord perpendiculaire à celle de la galerie de la femelle, s'éloignant peu à peu de cette galerie et produisant des sillons de plus en pins larges au fur et à mesure de leur croissance; à quelques centimètres de la galerie maternelle ces sillons s'inïléchissènt, deviennent sinueux mais s'entrecroisent rarement.

Arrivées au terme de leur croissance les larves se creusent une cellule arrondie où elles passent l'hiver et au printemps suivant elles sortent de l'arbre en perçant l'écorce.

Procédés de destruction: Les Scolytes ne s'attaquent guère qu'aux arbres en voie de dépérissement et ne font que hâter la mort de ces malades. Lorsqu'un pied est complètement envahi, la seule mesure à prendre est d'éviter si possible la contamination des plants voisins; on doit donc procéder au plus tôt à l'abatage de l'arbre et à l'enlèvement de l'écorce et de l'aubier que l'on brûle aussitôt. Si le pied est légèrement atteint, il faut chercher à augmenter sa vigueur par des soins de culture (binages, arrosages, fumure, etc.) puis enlever la vieille écorce avec un outil bien tranchant et badigeonner les parties ainsi dénudées avec une lessive alcaline (formule 21) ou avec du goudron végétal mélangé d'un quart d'alcool de bois.

Explication de !a Planche 32: En haut, à droite: larve et adulte <gr. 6 diam.). — Au milieu: branche de Prunier écorcée pour montrer les dégâts (un peu grossis) de la femelle et des larves; deux de celles- «i sont encore dans leur galerie.

3Iytilaspis pomoniin Bouché.

Hémiptères. — • fam. Coccides.

Longueur (du bouclier): environ 4 millimètres. Synonyme: Lepidosaphes ulmi L. Nom français: Cochenille du Pommier, Noms vulgaires: Kermès coquille; Kermès virgule.

Aspect des dégâts: Tronc et branches des arbres fruitiers (notamment pommiers) recouverts par places d'une croûte grise formée par les boucliers sous lesquels l'insecte s'abrite; arbres languissant.

Caractères généraux et mœurs: Cet insecte appartient, ainsi que celui qui est représenté à la planche 17, au groupe des Cochenilles et à la section des Diaspines. Son bouclier a la forme d'une petite coquille de moule; il est noirâtre piqueté de blanc et porte à la pointe une petite pellicule jaune-orangé qui est la dépouille des deux premières mues larvaires. La femelle se tient sous la partie pointue de la carapace, la partie médiane et postérieure de celle-ci recouvre la ponte.

La femelle pond en Août et meurt peu de temps après; les œuf> passent l'hiver sous le bouclier maternel et donnent naissance en Mai à des petites larves blanches, agiles, qui se répandent sur l'écorce de l'arbre; elles se fixent bientôt et vers le milieu de Juillet, l'animal est devenu insecte parfait. Il ne paraît y avoir qu'une ponte par an.

Procédés de destruction: Les Cochenilles, protégées par un bouclier, ne peuvent être détruites qu'au moyen d'insecticidesénergiques. Il est indispensable de faire subir deux traitements aux

1 « Traitement d'hiver. — Opérer à la fin de l'hiver; tailler court,, brûler les rameaux coupés, brosser le tronc et les grosses branches puis badigeonner avec une lessive alcaline formée de 150 grammes de soude caustique dans 5 litres d'eau, ou mieux avec une émulsion composée d'après la formule de Riley (formules 1 et 2) en épargnant soigneusement les bourgeons et les parties tendres. La formule suivante donne de bons résultats:

Faire dissoudre d'une part: 2 kilogs de savon noir dans 50 litres d'eau; d'autre part: 1 litre de nicotine titrée riche à 10% dans 5 litres d'alcool dénaturé; mélanger les deux dissolutions en agitant fortement; brasser l'émulsion avant de l'appliquer.

2° Traitement d'automne. — Opérer aussitôt après la chute desfeuilles et employer à chaud autant que possible le mélange suivant: faire dissoudre 1 kilog. environ de savon résineux ou à, base d'huile de poisson dans 5 litres d'eau; ajouter la quantité d'eau nécessaire pour que la dissolution reste bien fluide à froid et pulvériser sur les^ arbres.

On pourra renouveler cette pulvérisation au printemps avant la floraison, au moment où les larves quittent le bouclier maternel, en ne mettant que 30 grammes de savon par litre d'eau.

Explication de la Planche 33: A droite: branche de Pommier en espalier recouverte des carapaces de Mytilaspis pomorum Bouché. En bas: à gauche; bouclier (vu en dessous, grossi 8 diam.) montrant la ponte avec la femelle blottie sous sa carapace; à droite ce même bouclier (vu en dessus) sécrété par la femelle; à la pointe du bouclier se voient les dépouilles des deux premières mues larvaires.

Arbres fruitiers

Mytilaspis pomoriiin Bouché.

Kermès coquille. — Kermès virgule,

Arbres fruitiers

Abraxas grossidariata L. — Phalène du Groseillier

Abraxas grossiilariata L.

Lépidoptères. — fam. Géomètres.

Envergure: 45 millimètres. Synonymes: Geometra grossularia L. Nom français: Phalène du Groseillier.

Aspect des dég'âts: Feuilles et fleurs de divers arbres et arbustes (Prunier. Abricotier, Amandier, Fusain, Aubépine, Groseillier, etc.) rongées.

Caractères généraux et mœurs: La chenille de ce papillon est nuisible aux Groseilliers; ordinairement peu commune, elle se montre certaines années en telles quantités sur ces arbustes que la récolte espérée est complètement perdue.

Le papillon qui éclôt en Juillet, pond sur les feuilles; la chenille sort de l'œuf en Août et jusqu'à la fin de Septembre elle ronge les feuilles. A l'approche de la mauvaise saison elle se retire sous la mousse, dans les feuilles sèches tombées et passe l'hiver engourdie; au printemps suivant elle se réveille et s'attaque aux feuilles naissantes; c'est à ce moment que les dégâts causés sont surtout importants. Vers la fin de Juin elle s'attache à des brindilles au moyen de quelques fils formant berceau, se change en chrysalide brune avec les anneaux bordés de jaune et devient adulte en Juillet.

Procédés de destruction: Rechercher les chenilles et saupoudrer sur les arbustes un mélange de suie et de chaux en parties égales, ou bien pulvériser sur les plantes attacfuées soit le mélange indiqué formule 9, soit le mélange suivant qui sera également employé avec succès contre toutes les espèces de chenilles et larves à peau nue vivant à l'air libre.

Eau de pluie: 100 litres; savon noir: 500 grammes; solution titrée de nicotine à 10%, 1 litre V^', alcool dénaturé à 90°: 3 litres.

A l'automne, ramasser et brûler les feuilles tombées au pied des Groseilliers,

Explication de la Planche 34: Abraxas grossulariata L. adulte (gr. nat.). — la chenille (un peu grossie) sur Groseillier épineux (Groseillier à maquereau).

Cecidomyia nigra Meigen.

Diptères. — fam. Cécidoîmjides.

Envergure: 7 millimètres. Synonyme: Diplosis pyrivora Riley, Nom français: Cécidomye des poirettes.

Aspect des dégâts: La présence de la larve de Cecidomyia nigra se manifeste de la façon suivante:

Au moment où les poires « se nouent », les fruits attaqués grossissent plus vite que les autres ; bientôt au lieu de s'allonger, ils deviennent globuleux, se renflent en forme de calebasse («poires calebassées » des jardiniers); en Mai- Juin, ils noircissent, mollissent et tombent.

Caractères généraux et mœurs: Cette petite mouche est un des insectes les plus nuisibles à la récolte des poires. Les dégâts qu'elle commet sont si considérables que certaines communes des environs de Paris dans lesquelles la culture des fruits de table est très développée en vue du commerce, consacrent des sommes importantes à la destruction de cet insecte.

A Chatenay où une prime de 1 franc est allouée par kilogramme de poires parasitées apporté à la mairie, 200 à 250 francs sont de ce fait chaque année déboursés par la commune; en 1904 et 1905 les dégâts furent particulièrement graves.

L'adulte vole en Avril; la femelle dépose ses œufs dans les bourgeons à fleurs; les larves pénètrent aussitôt dans l'ovaire et se mettent à le ronger. Le fruit se développe, anormalement il est vrai, mais il pourrit et tombe bien avant d'arriver à maturité. Les larves ont terminé leur croissance en Mai- Juin; elles sont alors rougeâtres et longues de 3 mm. à peine; à ce moment elles sortent du fruit encore sur l'arbre et s'enfoncent en terre où elles hivernent pour se transformer en adultes au printemps suivant.

Procédés de destruction: Cueillir les poires dès que leur développement anormal peut être constaté (poires cabelassées) c'est-à-dire au commencement de Mai et les brûler ; le ramassage et la destruction des poir-s tombées ne donnerait aucun résultat, car à ce moment les larves so t déjà sorties du fruit et se sont enterrées.

Explication de la Planche 35: En haut à gauche; Cecidomyia nigra Meigen. adulte et en dessous la larve (grossis 5 à 6 fois). — Rameau de Poirier portant en bas un fruit sain, en haut deux fruits attaqués. — En bas, à droite: coupe d'une poirette attaquée d'où les larves sont sorties.

Arbres fruitiers

Cecidomyia uigraMg. — Cecidomie des Poirettes.

Arbres fruitiers

Tmgis pyri Geoffroy. — Tigre du Poirier

Odonestis pruni L.

Lépidoptères. — fam. Bombycides.

Envergure: 45 à 50 millimètres. Synonymes: Lasiocampa pruni — Gastropacha pruni. Nom français: Bombyx du Prunier.

Aspect des dégâts: Feuilles des arbres fruitiersrongées.

Caractères généraux et mœurs: L'adulte est un beau papillon d'une teinte générale roux ferrugineux clair; on le rencontre parfois dans les vergers, quoique sa chenille vive aussi bien sur certains arbres forestiers (Orme, Chêne, Bouleau) que sur différents arbres fruitiers (Prunier, Pommier). Il n'est d'ailleurs jamais commun.

La chenille passe l'hiver collée contre les branchesou sous les feuilles mortes ; elle est alors fort petite et n'arrive à son complet développement qu'en Juin; à ce moment elle se file entre les feuilles un cocon roux d'où le papillon sort en Juillet.

Les dégâts que cause la chenille sont insignifiantset nous ne donnons ici cette espèce qu'à cause de sa grande taille, susceptible d'attirer l'attention des pépiniéristes et des amateurs de jardins.

Explication de la Planche 37: En haut: la chenille A''Odonestis pruni L. un peu grossie : au milieu : l'adulte mâle (gr. nat.); en bas: feuilles de Prunier rongées par la chenille.

Tingis pyri Geoff.

Hémiptères-hétéroptères. — fam. Tingidides.

Longueur: 3 millimètres. Nom vulgaire: Tigre du Poirier.

Aspect des dégâts: Feuilles des poiriers, surtout de ceux qui sont plantés en espalier, portant à la face inférieure de très nombreuses petites punaises, qui sucent la sève produisant sur le parenchyme des petites granulations brunes et amènent ainsi rapidement le dessèchement et la chute des feuilles.

Caractères généraux et mœurs: C'est du milieu d'Août à la fin de Septembre que le Tigre du Poirier manifeste sa présence. Ce curieux petit Hémiptère est très reconnaisable à son corselet et à ses élytres qui sont d'un jaune très pâle, marqués de taches brunes et qui débordent fortement le corps; ils portent un réseau de nervures simulant une gaze à larges maille>.

Les larves et les nymphes se trouvent sous les feuilles en même temps que les adultes qui pendant la journée s'envolent comme des mouches dès qu'ils sont dérangés. Les œufs sont pondus à l'automne sur le tronc, les branches et passent l'hiver.

Cet insecte se montre souvent en quantités considérables et dans ce cas il porte un préjudice sérieux aux arbres, dont il ralentit la végétation.

Procédés de destruction: Cueillir et brûler les feuilles atteintes . — Faire {de bas en haut, car Tingis pyri se tient toujours à l'envers des feuilles), des pulvérisations aves les émulsions de savon et nicotine indiquées aux formules 8 et 8 bis, ou avec celle donnée formule 9.

Insufflation de poudres insecticides: Opérer le soir, les adultes ne s'envolant pas quand le soleil est couché. Après le traitement, arroser le sol à l'eau bouillante pour tuer les insectes qui seraient tombés simplement étourdis. — En hiver badigeonner le tronc et les grosses branches avec des lessives alcalines (formule 21) pour tuer les œufs.

Explication de la Planche 36: En bas, à gauche: Tingis pyri Geoff. adulte (gr. 4 fois). — Au milieu: rameau de Poirier portant des feuilles attaquées.

Arbres fruitiers

Odonestis pruni L. — Bombyx du Prunier.

Arbres fruitiers

Neurotoina ftavivenîris, var. pyri Schrk. Mouche à scie du Poirier.

Neurotoma flaviventris Retz.

Var. pyri Schrk.

Hyménoptères. — fam. Tenthrédides.

Envergure: 18 millimètres. Synonymes: Lyda pyri Schrk. — Tenthredo clypeata Klug. Nom français: Mouche à scie du Poirier.

Aspect des dégâts: Feuilles des poiriers enveloppées par paquets dans une toile transparente, sous laquelle vivent des larves jaunes à. tête noire, qui rongent les feuilles.

Caractères généraux et mœurs: Les larves ressemblent beaucoup à des chenilles, mais elles n'ont que 6 pattes, tandis que les chenilles de papillon possèdent de 10 à 16 pattes.

L'adulte apparaît en Mai- Juin; le mâle a l'abdomen jaune foncé tandis que l'abdomen de la femelle est noir bleu; cette dernière pond sur l'extrémité d'un rameau ou à l'envers des feuilles ses œufs jaunâtres d'où sortiront fin Juin les larves qui mettront environ un mois à parvenir à toute leur taille (3 centimètres de longueur).

Ces larves s'assemblent dès leur naissance en colonies comprenant de 30 à 50 individus et tissent une toile soyeuse, transparente, englobant un paquet de feuilles qu'elles rongent voracement sous cet abri. Quand le contenu de leur garde-manger est épuisé, elles agrandissent leur toile et continuent leurs ravages sur les feuilles voisines qu'elles viennent d'envelopper.

Vers le milieu d'Août elles quittent le nid en se laissant tomber au bout d'un fil qu'elles sécrètent, s'enfoncent en terre, tissent une coque et passent l'hiver pour se transformer en adultes au mois de Mai suivant.

Cet Hyménoptère a causé à différentes reprises des dégâts sérieux dans les vergers, en Allemagne notamment; on trouve souvent ses nids sur l'Aubépine.

Procédés de destruction: Détruire les colonies de larves en récoltant les nids ou en employant des pulvérisations de la composition indiquée dans la formule 10.

Explication de la Planche 38: En haut à gauche: Neurotoma flaviventris var. pyri Schrk. adulte (grossi 2 fois); au milieu: nid (^2 gr. nat.) sur une branche de Poirier et larves (gr. 2 fois).

Anthonomus pomoriim L.

Coléoptères. — fam. Ciirciilionides.

Longueur: 5 millimètres. Nom français: Anthonome du Pommier. Nom vulgaire: Ver du Pommier, rousset, etc.

Aspect des dégâts: Boutons à fleurs des pommiers devenant roux-ferrugineux, se desséchant et prenant l'aspect d'un clou de girofle.

Caractères généraux et mœurs: Ce petit charançon est un des fléaux les plus redoutés dans les pays où la production du cidre constitue une des principales sources de revenu. II cause chaque année des dégâts considérables dans les cultures de pommiers.

L'adulte fait son apparition du milieu de Mars à la fin d'Avril selon la température; les couples s'unissent aussitôt; la femelle perce un bouton à fleur, dépose un œuf et se porte sur un autre bouton, continuant ainsi son manège jusqu'à la fin de la ponte qui est d'environ 60 œufs.

La larve éclose au bout d'une semaine, ronge les étamines, le pistil, souvent l'ovaire; la fleur roussit, se dessèche et avorte en prenant un aspect caractéristique.

Cette larve se transforme en nymphe à l'intérieur du bouton et devient ensuite un adulte; qui sort de son abri dès que ses téguments sont raffermis.

Un mois environ s'écoule entre la ponte de la femelle et la sortie de l'adulte. Celui-ci passe le printemps et l'été parmi les feuilles des pommiers ou sur les branches chargées de lichens des arbres mal entretenus; dès le début de l'automne il se réfugie sous les feuilles mortes tombées, sous les mousses, les lichens, dans les fentes de l'écorce ou du sol et y passe engourdi la mauvaise saison; l'année suivante du milieu de Mars à la fin d'Avril, il sort de sa retraite, s'accouple et commence la ponte.

Procédés de destruction: 1" Au printemps, à l'apparition des adultes sur les arbres, secouer les branches au dessus d'un drap étendu à terre pour recueillir les insectes. 2" En hiver, entourer étroitement d'un drap étendu k terre le tronc des arbres; gratter l'écorce du tronc et des grosses branches pour en détacher la mousse et les lichens, brosser ensuite avec une brosse en chiendent ces troncs et ces branches, brûler les débris tombés sur le drap. Enfin chauler avec un des mélanges indiqués aux formules 18, 19 et 20. — 3» Il €St bon de ramasser dès Septembre les paquets d'herbes, les feuilles mortes qui entourent le pied des arbres, de les brûler et de les remplacer par des petits fagots de brindilles, des bouchons de paille dans lesquels les Anthonomes se réfugieront dès les premiers froids; ces abris constituent des pièges que l'on brûlera pendant l'hiver.

Ces procédés de destruction ne seront réellement efficaces qu'autant qu'ils seront appliqués par tous les propriétaires d'une région car l'Anthonome du Pommier vole très facilement d'un arbre à l'autre.

Explication de la Planche 39: En haut; à gauche; fleur au début de l'attaque de la larve; au milieu: Anthonome du Pommier adulte (gr. 2 fois) et larve (gr. 2 fois 1/2)- — Branche de Pommier montrant des fleurs indemnes et des fleurs « roussies » avec le trou ■de sortie de l'insecte.

Arbres fruitiers

Anthonomiis pomorum L. — Anthonome du Pommier

Arbres fruitiers

Acctlla variegana Schiff. — Acalla conîmviuaua Hhn. Acalïa hobuiaua L. — Vul,<?air' « Tordeuses ».

Tortricides.

Nous parlons souvent au cours de cet ouvrage des petit» Lépidoptères faisant partie de la famille des Tortricides (PI. 9, 31, 54, 65, 71, 75, 97) car beaucoup de leurs espèces sont nuisibles aux plantes cultivées; certaines d'entre elles {Oenophthira Pilleriana Dup. PI. 71; Conchylis ambiguella Ilubn. PI. 75; Eudemis botrana Scop. p. CV) comptent au nombre des fléaux les plus redoutables qui frappent nos vignobles.

Le nom scientifique de la famille a la même signification que le nom français de a Tordeuses »; il vient de ce que les chenilles de ce groupe, s'aidant des fils de soie qu'elles sécrètent, tordent ou roulent les feuilles en cornets ou en cylindres dans lesquels ellesse cacbent. I-.es papillons pourraient être confondus avec ceux d'une famille voisine, celle des Pyralides, mais chez les Tortricides les ailes sont de forme presque quadrangulaire, les antennes ressemblent à des soies, les palpes sont droits, tandis que chez les Pyralides les ailes sont triangulaires, les antennes sont pectinées et le& palpes redressés à l'extrémité. Chez les Tinéides, famille voisine des deux précédentes, les ailes sont longues, étroites, bordées de franges, les supérieures pointues à leurs extrémités. (Voir Planche 71 et Addenda de la pi. 75.)

Nous représentons à la planche 40, trois espèces de Tortricides^ nuisibles aux arbres fruitiers:

En haut: Acalla (ou Tortrix) variegana Schiff. (gr. nat.)

Au milieu: Acalla (ou Tortrix) contaminana Hbn. (gr. nat.)

En bas: Acalla (ou Tortrix) Holmiana L. (gr. nat.).

Leurs chenilles qui attaquent surtout les arbres de pépinièreou ceux plantés en espalier sont verdâtres avec la tête brune ou rousse; elles vivent en Mai- Juin dans des feuilles roulées au moyen de fils de sole et réunies souvent en paquets par le même procédé; elles se métamorphosent en chrysalides dans cette retraite et se transforment en papillons au courant de l'été.

Procédés de destruction: Employer contre les chenilles, les. pulvérisations d'émulsions à base de savon, nicotine et alcool (formules 7, 8, 8 bis).

Daciis oleae F.

Diptères. — fam. M use ides.

Envergure: 10 millimètres. Synonyme: Musca olearia L. Nom français: Mouche de l'olive. Noms vulgaires: Cherson — Keiroun — Feriatou (Algérie).

Aspect des dégâts: Olives se tachant sur l'arbre de jaune et de roux, puis tombant à terre avant maturité.

Caractères généraux et mœurs: Cette mouche dont la tête et les pattes sont jaunes, l'abdomen noir avec une bande longitudinale jaune est un des plus redoutables ennemis de l'Olivier. Elle cause en Provence, en Espagne, en Algérie, en Italie, etc. des pertes incalculables.

La femelle pond sur les olives de 1 à 4 œufs par fruit: de ces œufs sortent des larves qui s'enfoncent dans la pulpe et la rongent; l'olive tombe, les larves en sortent, pénètrent dans le sol et s'y transformant en nymphe (pupe), deviennent un mois plus tard des adultes qui s'attaquent à de nouveaux fruits. Dans les années chaudes, 3 ou 4 générations se succèdent ainsi du commencement de Juillet au milieu de Novembre et il n'est pas rare de voir devenir successivement «véreux» et inutilisables tous les fruits d'une récolte. Les larves de la dernière génération se trouvent ramassées avec les olives lors de la récolte et enfermées avec celles-ci dans les greniers; elles sortent bientôt du fruit pour passer l'hiver sous forme de pupes à l'abri dans les poussières et les balayures; si les olives véreuses restent abandonnées sur le sol, l'insecte s'enfonce assez avant en terre pour n'avoir pas à craindre les rigueurs de la mauvaise saison. Au printemps suivant la première éclosion a lieu; les adultes se transportent sur les arbres et la succession des ravages recommence*.

Hylosinus oîeiperda F.

Coléoptères. — fam. Scolytides.

Longueur: 2 à 3 millimètres. Nom français: Hylésine de l'Olivier. Nom vulgaire: Taragnon (Provence).

Aspect des dégâts: Branches des Lilas, Frênes, surtout Oliviers languissant, se tachant de plaques rousses ou brunes et se desséchant.

Caractères généraux et mœurs: L'insecte s'attaque surtout aux arbres qui dépérissent: la femelle s'introduit sous l'écorce des branches et creuse entre l'écorce et le bois une galerie en accolade dans laquelle elle dépose ses œufs ; les larves rongent l'aubier en y traçant de nombreux sillons; devenu adulte, l'insecte sort de sa retraite en Mai en perçant l'écorce.

Procédé de destruction: Couper en Avril et Mai les branches atteintes et les brûler immédiatement.

Explication de la Planche 41: En haut, à gauche: Dacus oleae F. (gr. en diam. 2 fois env.); à droite: rameau d'Olivier avec un des fruits (en bas) montrant le trou d'entrée de la larve. — En bas: Hylosinus oîeiperda F. (gr. 8 diam.) et aspect d'une branche ayant subi les attaques des larves.

Voir à Addenda les Procédés de destruction.

Arbres fruitiers

Dacus oleae F. — Mouche de l'Olive. II ylosinus oleiperda F. — H ylésine de l'Olivier.

Arbres fruitiers

Aphis persicae. Boyer de Fonsc. — Puceron du Pêcher.

Aphis persicae Boyer de Fonsc.

Hémiptères. — fam. Aphides.

Longueur: 2 à 4 millimètres. Synonyme: Aphis amygdali Buckton. Nom français: Puceron du Pêcher.

Aspect des dégâts: Feuilles épaissies, boursouflées, recoquillées et devenant rosées ou jaunâtres.

Caractères généraux et mœurs: L'insecte représenté planche 42 est compris dans la catégorie des Hémiptères vulgairement appelés pucerons (voir p. CX et pi. 17); il appartient en réalité au groupe des Aphides, c'est-à-dire à un groupe de pucerons dont les représentants soit ailés soit aptères, vivent à découvert sur les plantes et que leur corps mou, leurs pattes relativement longues et grêles, leurs antennes bien apparentes etc. rangent dans un groupe spécial tout différent de celui des Coccides ou Pucerons à carapace, (PI. 17, 33, 72).

La détermination des Aphides offre de grandes difficultés; chaque espèce présente des foimies variées (mâles, femelles ailées, femelles aptères, femelles ovipares, femelles vivipares); chaque espèce peut vivre sur des plantes différentes et la même plante porte souvent côte à côte des Aphides d'espèces distinctes. Il est résulté de tout ceci des confusions nombreuses et une nomenclature inextricable.

Le nom de Puceron du Pêcher ne peut désigner une espèce déterminée puisque plusieurs espèces portent ce nom ; on trouve d'ailleurs sur le Pêcher différentes espèces d'Aphides; nous avons représenté à la planche 42, un des pucerons que l'on rencontre communément sur cet arbre.

La présence d'un grand nombre d'Aphides sur un végétal est toujours pour ce dernier une cause de dépérissement, car les insectes en piquant les feuilles et les branches, amènent une déperdition notable de sève; en outre, les liquides qu'ils rejettent forment sur les feuilles une couche visqueuse, qui bouchant les pores, s'oppose aux échanges gazeux nécessaires à la vie des tissus.

Sur le Pêcher, les piqûres des pucerons amènent la déformation caractéristique des feuilles représentée sur la planche 42 et décrite plus haut. Mais nous devons ajouter qu'une déformation presque identique, est causée par un champignon microscopique {Exoascus déformons Berk.) qui se développant dans le tissu végétal, amène promptement le dépérissement de l'arbre en provoquant la chute précoce des feuilles. La déformation causée par le champignon diffère de celle causée par le puceron en ce que dans la première «la face supérieure de la feuille devient terne puis farineuse, tandis que dans la seconde la face supérieure reste toujours luisante» {G. Arnaud : Revue de p hytopathologie). Les horticulteurs désignent sous le nom de «cloque» cette maladie quelle qu'en soit l'origine.

Procédés de destruction: 1 » Brûler les feuilles atteintes. — 2" pulvériser de bas en haut sur les plants attaqués, une émulsion de savon et nicotine (formules 8 et 8 bis) ou de savon et poudre insecticide (formule 9).

Explication de la Planche 42: En haut, à droite: Aphis persicae Boyer de Fonsc (femelle vivipare ailée) ; au dessous: femelle vivipare aptère (grossies 8 à 10 fois). — Branche de Pêcher attaquée par le puceron et présentant la déformation des feuilles dénommée « cloque ».

Cecidomyia pyri Bouché.

Diptères. — fam. Cécidomyides.

Envergure: 3 millimètres. Synonyme: Perrisia pyri. Nom français: Cécidomye des feuilles du Poirier.

Aspect des dégâts: Feuilles du Poirier roulées sur les bords et se desséchant peu à peu.

Caractères généraux et mœurs: Nous avons dit quelques mots d'une Cécidomye {Cecidomyia nigra Meigen PI. 35) qui s'attaque aux fruits du Poirier; plusieurs espèces voisines commettent les mêmes dégâts et la question des Cécidomyes nuisibles aux poires est d'ailleurs loin d'être éclaircie car on n'est pas encore fixé sur le nombre et l'identité de ces espèces.

Celle dont nous parlons ici ne s'attaque qu'aux feuilles de l'arbre; l'adulte qui éclôt au printemps, pond ses œufs sur la face supérieure des feuilles; les larves blanchâtres, à peine longues d'un millimètre, rongent le limbe qui se recoquille, devient rosé puis noirâtre et se dessèche; certaines années les rameaux terminaux sont ainsi complètement dépouillés de leurs feuilles. Il paraît y avoir une seconde génération vers la fin d'Août.

Procédés de destruction: Au printemps pulvériser sur les feuilles une solution à base de savon et nicotine {formule 8 et 8 bis).

Explication de la Planche 43: A droite: Cecidomyia pyri Bouché; larve grossie 15 fois et adulte grossi 9 fois. — A gauche: rameau de Poirier portant des feuilles attaquées.

Arbres fruitiers

Cecidomyia pyri Bouché. - Cecidomye des feuilles du Poirier.

Arbres fruitiers

Schizoneura lanigera Haiisman.

Puceron lanigère.

Schizoneura lanigera Haussman.

Hémiptères — fam Aphides.

Longueur: 2 à 3 millimètres. Synonyme: Eriosoma mal Samouële. Noms français: Puceron lanigère. Puceron sanguin.

Aspect des dégâts: Branches, troncs et souvent racines du Pommier recouverts par places, pendant la belle saison, d'amas d'un duvet floconneux , blanc, parfois épais, connu des jardiniers sous le nom de «Blanc du Pommier»; sur les branches ces amas cotonneux sont généralement situés à la partie inférieure ou à l'abri du soleil.

Caractères généraux et mœurs: Le Puceron lanigère est fort commun dans les vergers; c'est pour les pommiers un ennemi redoutable. Groupé en colonies qui se développent très rapidement il pique l'écorce ce qui amène des boursouflures et des crevasses dans lesquelles il suce la sève; plus tard ces blessures dégénèrent en chancres et l'arbre s'épuise en peu de temps.

L'insecte secrète de longs filaments blancs, cireux qui le recouvrent entièrement; ce sont les amas d'individus groupés les uns à côté des autres et revêtus de leur sécrétion qui constituent le «Blanc du Pommier ».

Les générations se succèdent de la façon suivante: A l'automne, parmi les pucerons qui ont passé la belle saison sur le tronc et les branches de l'arbre, apparaissent des individus ailés qui descendent sur les racines et s'accouplent; les femelles vont alors pondre sur l'arbre nourricier et aux alentours, des œufs qui passeront l'hiver abrités au fond des fentes des écorces ou sur les racines; de ces œufs sortent au printeuips suivant de jeunes pucerons qui se répandent sur les nouvelles branches, sur le tronc et même sur les racines; ils se reproduisent par parthénogenèse, c'est-à-dire sans accouplement, en donnant naissance à des petits vivants; huit générations vivipares en moyenne se succèdent pendant l'été; à l'entrée de l'automne le cycle recommence.

Procédés de destruction: Au printemps, avant la floraison des arbres, badigeonner au moyen d'un pinceau rude les rameaux et le tronc, avec une émulsion composée de 1 litre d'alcool dénaturé dans lequel on a fait dissoudre 5 % de nicotine pure alcaloïde, mélangé avec une dissolution de 400 grammes de savon noir dans un litre d'eau bouillante; diluer le tout dans 4 litres d'eau. — En automne, couper et brûler les rameaux attaqués puis brosser sur l'écorce de l'arbre une solution contenant; eau 10 litres, savon noir 1 kilog., pétrole 1 litre; recouvrir les plaies, chancres, etc. de goudron de houille.

Explication de la Planche 44: En haut, au milieu: femelle vivipare aptère de Sc/j/zoneura /an/g'era Haussman; à gauche: femelle adulte (premier individu d'une colonie): toutes deux sont revêtues des filaments cotonneux qu'elles sécrètent; à droite: femelle vivipare ailée (d'après Buckton): grossissement des dessins d'insectes 8 diamètres environ. — Dans le coin en haut, à gauche: rameau de Pommier déformé et fendillé à la suite de la piqûre des pucerons. — En bas: branche de Pommier recouverte en partie par une colonie de Schizoneura lanigera Haussman.

Myelophilus piniperda L.

Coléoptères. — fam. Scolytides.

Longueur: 4 34 millimètres. Synonymes: Blastophagus piniperda — Hylurgus piniperda — Tomicus piniperda. — Hylosinus piniperda. Nom français: Hylésine du Pin.

Aspect des dégâts: Troncs des Pins mouchetés de goutelettes de résine desséchée s'amassant autour de petits trous; dessous de l'écorce et liber sillonnés de galeries, l'écorce se détache facilement du bois. Les pousses terminales minées par l'adulte se dessèchent et tombent de sorte que les arbres semblent avoir subi une taille en hauteur; c'est ce dégât caractéristique qui a fait donner par les forestiers allemands le nom de « Jardinier de la forêt » à l'Hylésine du Pin ».

Caractères généraux et mœurs: Ce xylophage est, au moins parmi les Coléoptères, le plus redoutable ennerri des Pins; il existe à l'état endémique dans toute forêt d'un peu d'étendue peuplée de ce conifère et se montre certaines années en masses considérables. Bien qu'il s'attaque surtout aux arbres tombés ou pou.'^sant mal, il ravage souvent principalement au cours de ses invasions, de grandes quantités d'arbres sains; dans ce dernier cas voici comment les choses se passent.

L'adulte éclosant vers le mois de Juin, attaque la base d'une jeune pousse, la perce, pénètre jusqu'au can 1 médullaire, le suit en remontant la branche et en rongeant la moelle, parvient au bourgeon terminal qu'il évide et sort pour attaquer une autre pousse, continuant ainsi ses ravages jusqu'au milieu d'Octobre. A l'automne les adultes descendent au pied des arbres, se cachent sous la mousse, sous les écorces, etc. et passent la mauvaise saison dans cette retraite. Dès le mois de Mars, ils sortent de leur engourdissement hivernal; la femelle pratique dans l'écorce du tronc ou des grosses branches, une logette dans laquelle elle s'enfonce à moitié ne laissant sortir que l'extrémité de son abdomen et attend la venue du mâle; aussitôt après l'accouplement elle s'enfonce sous l'écorce en creusant une galerie sinueuse au long de quoi elle dépose de 100 à 200 œufs. Les larves écloses une douzaine de jours plus tard tracent à leur tour, entre le bois et l'écorce, des galeries d'abord perpendiculaires à celle de la mère, mais qui plus tard se recoupent et s'entrecroisent entre elles. Au commencement de Juin, ces larves pratiquent dans l'écorce, au bout de leur galerie, une logette où elles se transforment en nymphes et l'adulte éclosant quelques jours plus tard, sort de sa retraite en perforant l'écorce.

On a constaté certaines années l'éclosion de deux générations.

Procédés de préservation: Ecorçage des arbres aussitôt après l'abatage, ou enlèvement de ceux-ci avant l'éclosion des adultes (Juin). Etablir des pièges, en abattant avant le mois de Mars quelques arbres languissants sur lesquels viendront pondre les femelles sortant de leur sommeil hivernal; écorcer ces arbres dès que les larves seront écloses afin de faire périr ces dernières en mettant à nu leurs galeries. Faire disparaître en même temps de la forêt, les grosses branches et les troncs tombés pendant l'hiver.

Explication de la Planche 45: Branche de Pin avec trous de sortie de l'adulte de Myelophilus piniperda L. ; écorce soulevée contenant la galerie de ponte de la femelle. Au dessus: l'adulte et la larve grossis 3 fois environ.

Arbres résineux

MvclopJiilus pinipcvda L. — ■ Hylésine du Pin

Arbres résineux

Thaiimetopoca pityocampa Schi^.

Processionnaire du Pin.

Thaumetopoea pityocampa Schiff.

Lépidoptères. — fam. Bomhycides.

Envergure: 30 à 40 millimètres. Synonymes: Cnethocampa pityocampa — Gastropacha pityocampa. Nom français: Bombyx processionnaire du Pin.

Aspect des dégâts: Aiguilles des Pins rongées.

Caractères généraux et moeurs: Ce papillon envahit souvent dans le midi de la France, des cantons entiers plantés en Pins auxquels sa chenille cause de très sérieux dommages.

Le papillon apparaît en Juin ou Juillet; la femelle pond ses œufs autour des aiguilles, formant ainsi un anneau qu'elle recouvre d' un revêtement protecteur composé des écailles qui sont implantées à l'extrémité de son abdomen et qu'elle dépose de manière qu'elles se chevauchent comme les ardoises sur un toit; l'ensemble de la ponte simule un petit manchon.

Au bout d'un mois les chenilles éclosent; elles se mettent aussitôt à ronger les aiguilles les plus voisines tout en tissant un léger abri soyeux que construisent en commun les chenilles d'une même ponte; quand les feuilles renfermées sous cet abri sont rongées, la tente est abandonnée, une autre plus grande est construite non loin et ainsi de suite jusqu'aux approches de la mauvaise saison. A ce moment les chenilles qui ont atteint une taille de 20 mm environ, construisent à l'extrémité d'une rameau, une grande poche en soie blanche assez lâche mais solide, renforcée d'ailleurs constamment de nouveaux fils et qui enferme plusieurs bouquets d'aiguilles ramenés les uns contre les autres; cette poche affecte une forme vaguement ovoïde ou conique; elle se prolonge vers le bas par une gaîne entourant longuement la branche; dans ce nid, les chenilles se réfugieront durant le jour, elles s'y abriteront pendant les mues qu'elles ont à subir, elles y passeront les périodes froides de l'hiver; elles en sortent à la nuit tombante, se suivant à la file indienne en formant une s.orte de procession qui laisse derrière elles une traînée de fils, pour aller ronger les feuilles des branches voisines ou celles des arbres environnants; avant que le soleil reparaisse elles réintègrent dans le même ordre l'abri commun.

Vers le mois de Juin de l'année qui suit celle de leur naissance, les chenilles ont terminé leur croissance, atteignant une longueur de 40 mm. environ; elles quittent alors en procession le feuillage du Pin qu'elles habitent et s'enfoncent en terre pour se chrysalider dans un cocon.

Les chenilles processionnaires du Pin sont revêtues de poils urticants qui se détachent facilement de leur corps et qui provoquent en s'implantant dans la peau de l'Homme des démangeaisons très vives et une irritation des tissus fort douloureuse; il faut donc éviter de toucher ces chenilles et n'approcher de leurs nids, surtout si le temps est sec et s'il fait du vent, qu'avec précaution.

Procédés de destruction: Couper en hiver ou par une matinée pluvieuse les rameaux supportant les nids et les brûler sur place; on peut aussi les inonder d'un liquide composé de 10 parties d'huile lourde de gaz pour 100 partie d'eau ou employer les pulvérisations du liquide indiqué à la formule 10. — Les opérateurs devront s'enduire d'huile ou de vaseline les parties découvertes du corps.

Explication de la Planche 46: En haut, à droite: le papillon femelle de Thaumetopoea pityocampa Schiff. (grossi); en bas, à gauche: la chenille (grossie); au milieu: le nid de chenilles sur un rameau de Pin (environ Vs gr. nat.).

Sirex.

Les Sirex sont de grands Hyménoptères, élancés, revêtus souvent de couleurs métalliques. On a créé pour eux une famille spéciale celle des Siricides. Les femelles sont munies d'une tarière dentée à l'aide de quoi elles perforent le tronc des arbres pour y loger leurs œufs. La larve dont la croissance dure au moins deux années, peutêtre davantage, creuse en plein bois une galerie sinueuse atteignant parfois 25 centimètres de longueur, dans laquelle elle se transforme tn nymphe; quand l'insecte parfait est éclos il prolonge suivant un arc de cercle régulier la galerie de la larve, en rongeant le bois séparant l'extrémité de cette galerie de l'extérieur de l'arbre et sort du tronc. On a souvent constaté qu'il traversait ainsi pour effectuer sa sortie, des plaque- de plomb dont on avait recouvert des planches, ouvragées alors qu'il s'y trouvait encore à l'état de larve.

Les Sirex se montrent parfois en nombre; les arbres qu'ils taraudent perdent naturellement beaucoup de leur valeur; les deux espèces suivantes s'attaquent aux résineux; on les voit souvent sortir des charpentes des maisons.

Sirex gigas L.

Longueur: 35 millimètres environ. Nom français: Sirex géant.

Cette espèce s'attaque au Pin, au Sapin, à l'Epicéa; l'adulte apparaît en Juillet. Chez le mâle l'abdomen est jaune avec la base et l'extrémité noires.

Sirex juveneus L,

Longueur: 30 millimètres environ. Synonyme: Paururus juveneus. Nom français: Sirex commun. Nom vulgaire: Bouvillon.

Cette espèce se rencontre le plus souvent dans le Pin, bien qu'elle s'attaque souvent à d'autres essences résineuses; la femelle est entièrement d'une couleur bleu d'acier.

Procédés de préservation: Ne pas abattre les bois au moment de la montée de la sève; éviter de les laisser séjourner longtemps, même équarris, sur les chantiers; préserver les bois ouvragés au moyen d'injections ou de badigeonnages insecticides.

Explication de la Planche 47: A gauche, en haut: Sirex gigas L. femelle adulte; au milieu: sa larve; en bas: Sirex juveneus L. mâle adulte. — A droite: galeries de Sirex dans un tronc de Pin. Le tout gr. nat.

Arbres résineux

Sirex gigas L. — Sirex géant.

Sirex juvencus L. — Sirex bouvillon.

Arbres résineux

Lymantria nwnacha L. — Bombyx moine.

Lymantria moiiaeîia L.

Lépidoptères. — fam. Bombycides,

Envergure: 35 à 55 millimètres. Synonyme?: Psilura monacha — Liparis monacha — Ocneria monacha. Nom français: Bombyx moine. Nom vulgaire: La Nonne.

Aspect des dégâts: Feuilles rongées.

Caractères généraux et mœurs: La chenille de Lymantria monacha est polyphage, mais c'est surtout dans les bois de résineux situés en plaine que l'on constate ses ravages; les peuplements purs d'Epicéas ont particulièrement à souffrir; en Allemagne, en Autriche, en Russie, elle envahit fréquemment d'immenses forêts composées presque exclusivement de ce conifère, y causant des dégâts extrêmement importants; dans ces pays, Lymantria monacha est le Lépidoptère le plus redouté des forestiers ; en France elle se montre très rarement sous cette forme envahissante.

Dans nos régions, le papillon éclôt vers la fin de Juillet; il vole pendant la nuit; le jour il se tient appliqué contre le tronc des arbres. La femelle pond en Août de 50 à 200 œufs qu'elle dispose soit en petites plaques soit en traînées sous les écorces ou sous les lichens, mais presque toujours au voisinage du sol; ces œufs passent l'hiver. En Avril les chenilles éclosent; elles restent pendant quelques jours immobiles et groupées, formant ce que les forestiers allemands appellent des «miroirs», puis elles se dispersent pour ronger les feuilles. Pendant leur jeune âge, elles sécrètent un fil de soie qui leur sert à passer d'une branche à l'autre ou à se laisser glisser à terre à la moindre alerte; par la suite, devenues plus vigoureuses elles abandonnent ce moyen de transport ou de soutien. Les chenilles manifestent leur activité surtout pendant la nuit; dans certaines régions même, elles se réfugient pendant le jour sous les mousses au pied des arbres et ne regagnent le feuillage qu'après le coucher du soleil. Elles subissent 4 ou 5 mues au cours desquelles elles se réunissent en groupes et au bout de 10 semaines elles ont acquis tout leur développement (50 millimètres environ), leur couleur est très variable. Au commencement de Juillet elles se dissimulent dans les anfractuosités des écorces, s'entourant d'un lâche réseau de soie et se chrysalident pour devenir papillon trois semaines plus tard.

Procédés de destruction et de préservation: Brosser et écraser les « miroirs» — Entourer les cantons contaminés d'un fossé dont la paroi extérieure est taillée à pic et garnie de perches horizontales enduites de glu. — Protéger les massifs indemnes en les entourant dès le mois d'Avril d'une bordure large de 50 mètres environ qui sera constituée par les arbres que l'on munira d'anneaux gluants (formules 22 et 22 bis).

Explication de !a Planche 48: Lymantria monacha L.; papillon femelle (gr. nat.); chenille à son complet développement (env. ^•2 gr. nat.).

Chalcopliora inariana Lap.

Coléoptères. — fam. Buprestides.

Longueur: 25 à 30 millimètres. Synonyme: Buprestis mariana. Nom vulgaire: Richard.

Aspect des dégâts: Tronc des Pins percé de galeries.

Caractères généraux et mœurs: La larve de Buprestis mariana vit dans les Pins dépérissants; on la trouve surtout dans les souches restées en terre après l'abatage de l'arbre; l'insecte est commun en France dans les forêts des Landes.

Acantliocinus sedilis L.

Coléoptères. — fam. Céramhycides.

Longueur: 15 k 20 millimètres. Synonymes: Aedilis moniana Serv. — Astynomus aedilis. Nom français: Capricorne charpentier.

Aspect des dégâts: Galeries sinueuses sous l'écorcee des Pins.

Caractères généraux et mœurs: Ce Longicorne remarquable par la longueur de ses antennes, se répand de plus en plus dans nos forêts en même temps que les peuplements de Pins sylvestres prennent plus d'extension; inconnu naguère aux environs de Paris, il n'est pas rare maintenant dans les forêts de Fontainebleau, de Rambouillet, etc.

L'adulte éclôt suivant les régions, de Juin à Septembre; la larve perce des galeries sous l'écorce des souches et des tiges mortes ou dépérissant.

Procédés de destruction: Pour s'opposer à la multiplication des deux espèces dont il est parlé ci-dessus, enlever les arbres morts ou languissants; éviter de laisser séjourner sur place les arbres abattus et écorcer ceux-ci le plus tôt possible.

Explication de la Planche 49: En haut, à gauche: Chalcophora mariana Lap. adulte (gr. nat.). — Au milieu: Larve grossie 2 fois de Chalcophora mariana Lap. — A droite: Acanthocinus aedilis L. adulte mâle (gr. nat.).

En bas, à droite: larve (vue de côté, gr. nat.) d' Acanthocinus aedilis L. — A gauche: dessous d'un morceau d'écorce de Pin attaqué par Acanthocinus aedilis L.

Arbres résineux

Chalcophora mariana Lap. — Vulgaire « Richard ». Acanthociyius aedilis L.— Capricorne charpentier.

Arbres résineux

Ips sexdentaius Boru. — Bostriche sténographe

Ips sexdentatiis Borner.

Coléoptères. — fam. S col y t ides.

Longueur: 7 millimètres. Synonymes: Tomicus sexdentatus — Tomicus pinastri Bechst. — Bostrychus stenographus Duft. Nom français: Bostriche sténographe. Nom vulgaire: Grand rongeur du Pin.

Aspect des dégâts: Le feuillage des Pins attaqués prend une teinte claire puis il jaunit; les aiguilles se détachent facilement; le tronc est percé de petits trous laissant sortir de la résine et de la vermoulure.

Caractères généraux et mœurs: En entomologie appliquée on appelle généralement Bostriches la famille d'insectes à laquelle appartient l'espèce dont il est question; cette famille est en réalité celle des Scolytes. Le nom de Bostrichus (Bostriche) a été créé pour désigner un groupe d'insectes xylophages tout autres que les Scolytes; c'est donc à tort que l'on appelle Bostriches, des Scolytes. Néanmoins cette appellation erronée est passée dans le langage courant des forestiers.

Les Scolytes sont pour nos forêts des ennemis extrêmement redoutables: ils se multiplient souvent d'une façon qui dépasse toute idée et entraînent dans ce cas la perte de forêts entières; c'est par centaines de mille francs qu'on a pu chiffrer le montant de leurs dégâts dans certaines régions.

L'adulte creuse dans l'écorce une loge dans laquelle chez la plupart des espèces a lieu l'accouplement; de cette loge la femelle fait partir une galerie où sont pondus les œufs; lorsque les larves sont écloses, chacune d'elles creuse à son tour un couloir, y subit ses transformations et devient un adulte qui sort du bois en perçant l'écorce. Chez certaines espèces, plusieurs femelles sont fécondées dans la même loge; chacune d'elles creuse alors une galerie indépendante. D'ailleurs chaque espèce conduit ses galeries suivant un tracé qui lui est particulier et qui varie fort peu, en sorte qu'on peut savoir à la simple vue de l'ensemble du travail, quelle espèce en est l'auteur.

La multiplicité des galeries empêche la circulation de la sève et les arbres sérieusement attaqués ne tardent pas à dessécher. Les résineux sont plus exposés que les essences feuillues aux invasions des xylophages et ils succombent plus vite aux suites de leurs atteintes.

Ips sexdentatus Borner, est le plus grand Scolytide de nos pays; il n'attaque que les Pins et se cantonne plus spécialement dans les écorces épaisses qui recouvrent le bas des troncs.

Moyens de Préservation: Ce n'est que pendant les grandes invasions qu'on voit les Scolytes attaquer les arbres parfaitement sains; en temps normal ils se fixent de préférence sur les arbres languissants et se développent surtout avec rapidité dans les troncs récemment abattus; il faut donc enlever de la forêt les bois susceptibles de les attirer et ne laisser qu'une douzaine d'arbres-appâts par hectare ; ces arbres abattus et non écorcés seront surveillés avec attention; dès que les Scolytes s'y seront fixés on écorcera et on brûlera les débris.

Explication de la Planche 50: Ips sexdentatus Born. adulte, grossi 5 fois. — Ecorce de Pin soulevée montrant la galerie de ponte de la femelle.

Pissodes notatus Fabr.

Coléoptères. — fam. Curciilionides.

Longueur: 4 à 9 millimètres. Noms français: Pissodes ponctué; Petit Charançon du Pin.

Aspect des dégâts: Feuilles des Pins jaunissant puis se desséchant.

Caractères généraux et mœurs: Ce charançon, commun dans presque toutes les forêts de Pins, se multiplie parfois d'une façon inquiétante, surtout dans les jeunes peuplements de 4 à 10 ans dont l'avenir se trouve alors gravement compromis, car si l'adulte se borne à ronger les pousses terminales et les bourgeons, la larve amène le dépérissement de l'arbre en creusant ses galeries entre le bois et l'écorce et en les traçant parfois dans le canal médullaire des petites branches. Il faut toutefois ajouter qu'en général ces invasions se produisent dans les plantations dont les sujets sont déjà affaiblis par la sécheresse ou par la présence de Bostryches.

L'adulte paraît en Avril-Mai; la femelle fécondée perce à l'aide de ses mandibules un petit trou dans l'écorce y dépose un œuf et recommence le même manège jusqu'à l'épuisement de la ponte. La larve creuse peu à peu une galerie sinueuse en descendant vers le pied de l'arbre et quand approche la mauvaise saison elle se construit au point le plus bas de ce boyau avec de la sciure agglomérée, une coque ovale où elle passera l'hiver; la transformation en nymphe ajra lieu au printemps suivant; 15 jours après cette transformation, l'adulte sort de sa retraite en perçant la coque qui l'enferme et l'écorce qui la recouvre.

Procédés de destruction :Arracher les arbres attaqués, les écorcer, enlever les parties du bois où se trouvent les larves et brûler ces débris.

Explication de la Planche 51: En haut: l'adulte et la larve de Pissodes notatus Fabr. (grossissement 2 diamètres environ); en dessous: à gauche; galeries de la larve sous une écorce de Pin ; à droite : tronc du Pin (en partie écorcé) montrant les coques des larves et l'écorce percées après la sortie des adultes.

Arbres résineux

Pissodes uotatus Fabr. — Petit charançon du Pin

Arbres résineux

Hylotvypes bajulus L. — Callidie des charpentes.

Hylotrupes bajulus L.

Coléoptères. — fam. Cérambycides — [Longicomes) .

Longueur: 10 à 20 millimètres. Synonyme: Callidium bajulus. Nom français: Callidie des charpentes.

Aspect des dégâts: Charpentes, planches, meubles, etc. en bois d'essences résineuses, rongés intérieurement.

Caractères généraux et mœurs: On connaît fort peu les mœurs de cet insecte, dont l'existence n'a guère été signalée en dehors des constructions ou des chantiers renfermant des bois résineux ouvrés, tels que charpentes, planches, etc. Dans ces endroits il n'est pas rare malheureusement, car sa présence compromet sérieusement la solidité d'un bâtiment. La larve ronge le bois intérieurement en s'attaquant à l'aubier, et le réduit en poussière sans déceler son existence; les trous de sortie, d'ailleurs peu nombreux, de l'adulte ou la rencontre de celui-ci peuvent seuls donner l'éveil.

On a vu, en Suisse et en Allemagne notamm.ent, des immeubles dont toutes les parties en pin, sapin, épicéa ou mélèze, étaient presque complètement évidées.

L'adulte sort en Juin et Juillet, mais il n'est pas rare qu'une maison soit infestée et que l'on y trouve peu d'individus circulant à l'air libre; il est donc probable que l'insecte passe sa vie entière dans l'intérieur des poutres qu'il détruit.

Procédés de destruction: La destruction de l'insecte n'est pas pratiquement réalisable, mais on peut préserver de ses atteintes les bois devant servir à la construction en les injectant de sulfate de cuivre. Cependant lorsqu'une poutre commence à être attaquée, des badigeonnages répétés avec du carbonyl, du crésyl, etc., peuvent arrêter les ravages.

Explication de la Planche 52: En haut: au miheu; nymphe à' Hylotrupes bajulus L. ; à gauche; l'adulte; en dessous: la larve; tous de grandeur naturelle. — Poutre en sapin attaquée.

Dendrolimiîs pini L.

Lépidoptères. — fam, Bomhycides.

Envergure: 65 millimètres. Synonymes: Lasiocampa pini — Gastropacha pini — Bombyx pini. Nom français: Bombyx du Pin.

Aspect des dégâts: Aiguilles des Pins coupées par la chenille qui les ronge sur le côté; les bourgeons sont très souvent attaqués aussi, de même que les jeunes pousses.

Caractères généraux et mœurs: Dans cette espèce la coloration de l'adulte et celle de la chenille varient beaucoup d'un individu à l'autre; cependant cette dernière dont la couleur foncière du gris au rougeâtre, se reconnaît sans peine aux deux houppes d'un bleu d'acier qui sont implantées sur la face dorsale des deuxièmie et troisième anneaux; elle est revêtue de poils urticants qui la rendent dangereuse à manier.

Le papillon vole la nuit et se tient pendant le jour tapi le long des trous; il apparaît en Juillet-Août. La femelle pond de cent a deux cents œufs qu'elle dépose en petits paquets dans les fentes des écorces ou sur les branches des arbrisseaux poussant alentour des Pins. Les chenilles qui éclosent vers le milieu d'Août, rongent les aiguilles jusqu'en Novembre; à ce moment elles quittent les arbres et s'enfonçant peu profondément dans la couche d'aiguilles couvrant le sol ou sous les mousses qui le tapissent, elle demeurent engourdies jusqu'à la fin de la mauvaise saison. Au commencement d'Avril elles se réveillent et regagnant le feuillage des Pins elles recommencent leurs ravages. A la fin de Juin, elles ont acquis tout leur développement (8 centimètres environ); elles se tissent alors un cocon blanc sale, coto neux, qu'elles accolent sur le tronc ou sur les branches de l'arbre nourricier et s'y chrysalident pour devenir des papillons une vingtaine de jours plus tard.

L'insecte apparaît souvent en quantités innombrables dans les bois de Pins qu'il dévaste durant plusieurs années consécutives. En Suisse, la forêt d'Ardon (Valais) subit leurs ravages pendant deux années de suite; en Champagne-pouilleuse, des pineraies furent envahies de 1892 à 1896; en Bavière, une même forêt supporta pendant six années consécutives une invasion qui causa la mort de tous les arbres, sur certains desquels on pouvait compter plus d'un millier de chenilles à la fois.

Procédés de destruction: Ramasser les chenilles vers la fin d'Octobre au moment où elles descendent des arbres pour s'enterrer dans le sol. — Avant le premier printemps, entourer les trônes d'un anneau gluant (formules 22 et 22 bis) pour empêcher les chenilles de remonter dans le feuillage après leur sommeil hivernal. Dans les forêts atteintes, protéger les cantons encore indemnes, par des fossés à parois taillées à pic ou par des pallissades revêtues de toiles gluantes; lorsque les chenilles abandonnent en masse un canton dévasté pour chercher leur nourriture dans une région forestière encore feuillue, elles s'amassent dans ces fossés qu'elles ne peuvent franchir et il est facile de les détruire.

Explication de la Planche 53: En haut: Dendrolimus pini'L. adulte femelle; au dessous: la chenille sur une branche de Pin <gr. nat.).

Arbres résineu

Dendrolimus pini L. — Bombyxdu Pin.

Arbres résineux

Retinia buolïana Schiff. — Tordeuse des pousses du Pin.

Retinia biioliana Schiff.

Lépidoptères. — fam. Tortricides.

Envergure: 20 millimètres. Synonymes: Evetria buoliana; Coccyx buoliana. Nom français: Tordeuse des pousses du Pin.

Aspect des dégâts: Bourgeons terminaux ou latéraux des Pins, desséchés et recoquillés; rameaux ou tiges incurvés.

Caractères généraux et mœurs: Le papillon éclôt en Juin- Juillet ; il dépose ses œufs sur les pousses; la chenille naît en automne et creuse sur la tige un sillon dans lequel elle hiverne ; au printemps elle reprend son activité; agrandissant et approfondissant sa galerie elle ne cesse ses ravages qu'en Mai lorsqu'elle se chrysalide. La pousse se dessèche du côté où elle est creusée se recourbe et meurt; si elle résiste et repart à la sève d'Août, elle conserve une déformation en arc et l'arbre attaqué reste rabougri, son accroissement est ralenti.

Deux espèces voisines vivant de façon analogue se rencontrent souvent sur les Pins en même temps que Retinia buoliana Schiff. et juxtaposent leurs ravages aux siens, de sorte que les dégâts d'une espèce sont souvent attribués à l'autre. Ce sont:

1» Retinia turionana Hubn. {Tordeuse des bourgeons du Pin.) — Tête et corselet roux; abdomen grisâtre; ailes antérieures violetroux clair, lavées de rougeâtre à l'extrémité et traversées de nombreuses stries blanc-gris; ailes postérieures grises. La chenille pénètre dans le bourgeon médian d'une tige et en ronge l'intérieur; ce bourgeon meurt; des pousses latérales repartent mais la tige principale ou les branches attaquées sont écimées.

2" Retinia resinella L. (Teigne de la résine.) — Ailes supérieures noir-bleu rougeâtre, traversées de 6 bandes sinueuses argentées, rapprochées 2 par 2; ailes inférieures de coloration semblable mais plus claire. Le dégât produit par la chenille se présente extérieurement sous forme d'un amoncellement globuleux de bourgeons et d'aiguilles desséchés et agglutinés par l'écoulement de la résine; cet amoncellement ressemble à une galle.

Ces papillons attaquent surtout les Pins de trois à quinze ans; on a vu dans certains reboisements 40 à 90% des plants atteints. Un arbre de 15 ans qui a subi plusieurs attaques est moins développé qu'un sujet de 10 ans resté indemne.

Procédés de destruction: Cueillir les bourgeons atteints, avant que le papillon sorte et les brûler.

Explication de la Planche 54: En haut: Retinia buoliana Schiff. — Au milieu: pousses de Pin attaquées par sa chenille. — En bas, à droite: coupe d'un bourgeon médian creusé par la chenille de Retinia turonana Hbn. et enveloppe desséchée de la chrysalide retenue au trou de sortie après l'éclosion de l'adulte (gr. nat.).

Lopliyrus pini L.

Hyménoptères. — fam. Tenthrédides.

Envergure de la femelle, 18 millimètres. Nom français: Lophyre du Pin.

Aspect des dégâts: Aiguilles des Pins rongées par une larve munie de 22 pattes, à tête rougeâtre, au corps jaune-verdâtre, atteignant à son complet développement 20 mm. de longueur.

Caractères généraux et mœurs: Le mâle de Lophyrus pini diffère sensiblement de la femelle ; le premier tout noir muni d'antennes pectinées a le corps presque moitié plus petit que celui de la seconde; celle ci dont l'envergure est d'environ 18 mm., a la tête noire, le corselet jaune marqué de taches noires et l'abdomen de couleur ambrée traversé d'une bande noire. La première apparition de l'adulte se produit d'Avril à Juin; la femelle pond sur la face interne des aiguilles des Pins, des œufs donnant bientôt naissance aux larves qui se mettent immédiatement à ronger les feuilles; leur croissance est rapide; dès le commencement de Juillet elles se confectionnent un petit cocon brun en forme de baril qu'elles accolent aux aiguilles ou contre les menues branches de l'arbre; elles s'y transforment en adultes qui apparaissent vers le milieu de Juillet. Lorsque l'année est favorable il y a quelquefois en Septembre-Octobre une 3ême génération. En tous cas les larves de la dernière génération de l'année, passent l'hiver en terre ou sous la mousse enfermées dans leur cocon pour devenir adultes au printemps de l'année suivante.

Les dégâts commis par les larves de Lophyrus pini L. sont souvent très graves, car celles-ci se montrent parfois en quantité telle qu'elles forment au bout des branches des pelotes de la grosseur des deux poings tandis que quantité d'autres larves sont répandues sur le tronc ou les feuilles.

Elles s'attaquent surtout aux jeunes peuplements, déterminant un affaiblissement des arbustes qui les expose presque fatalement aux attaques des Xylophages.

Des invasions très importantes se sont produites à plusieurs reprises surtout certaines années sèches, dans le Cantal, la Haute- Loire, la Champagne, la Sologne, etc.

Procédés de destruction: Le battage ou le secouement des branches chargées de larves, au dessus de nappes étendues à terre est le moyen de destruction le plus recommandable; on peut également employer les pulvérisations faites avec une solution à base de savon et nicotine (formules 8 à 9).

Explication de la Planche 55: En bas, à gauche: Lophyrus pini L. adulte femelle (grossissement 2 diamètres). — à droite: la larve (grossie 2 fois). — En haut: branche de Pin portant des cocons (les uns fermés, les autres ouverts après éclosion), filés par les larves de Lophyrus pini L, (i^ gr. nat,).

Arbres résineux

Lophyriis piin L. — Lophyre du Pin

Arbres non résineux

Hyberuui dejoliaria L. -— Phalène défeuillante.

Hybernia deîoliaria L.

Lépidoptères. — • fam. Géométrides.

Envergure du mâle: 40 millimètres. Synonyme: Geomeira defoliaria. Nom français: Phalène défeui liante.

Aspect des dégâts: Bourgeons et feuilles des arbres forestiers et fruitiers rongés.

Caractères généraux et mœurs: La Phalène défeuillanie a des mœurs analogues à celles de la Phalène hiémale (Cheimatobia brumata L.) qui appartient à la même famille et dont il a été parlé à la PI. 30. Comme chez cette dernière espèce, le mâle et la femelle ont un aspect très différent, celle-ci ne possédant point d'ailes tandis que le mâle vole fort bien.

La chenille &' Hybernia defoliaria L. est très préjudiciable aux arbres fruitiers quand elle les attaque, elle recherche de préférence les Chênes et les Hêtres bien que n'épargnant pas les Bouleaux, Charmes, Tilleuls et autries essences forestières.

Le papillon éclôt en Novembre ou Décembre; le mâle vole après la nuit tombée, recherchant la femelle qui, aptère, comme nous l'avons dit plus haut, ne peut que grimper aux arbres pour y attendre le mâle et déposer ses œufs à la base des bourgeons; ces œufs pondus en Décembre au nombre de 300 à 400, éclosent au printemps suivant vers la fin d'Avril. Les chenilles rongent d'abord l'intérieur des bourgeons, puis le limbe des feuilles en respectant généralement les nervures; en Juin- Juillet ayant atteint tout leur développement (30 millimètres), elles quittent les arbres et s'enfoncent dans le sol pour s'y chrysalider.

Procédés de destruction: Dès le commencement d'Octobre disposer autour du tronc des arbres, des anneaux gluants (formules 22 et 22 bis) que l'on entretiendra en bon état pendant toute la période d'apparition des adultes, c'est-à-dire jusqu'à fin Décembre; ces anneaux arrêtent les femelles lorsqu'elles veulent grimper dans les branches pour effectuer leur ponte et il est facile de les détruire.

Explication de la Planche 56: En bas, à droite: Hybernia defoliaria L.. femelle, chenille et mâle (gr. nat.); à gauche: feuilles de Chêne rongées par la chenille.

Cerambyx cerdo L.

Coléoptères. — fam. Céramhycides {ou Longicornes) .

Longueur: 30 à 50 millimètres. Synonyme: Hammaticherus héros Scop. Nom français: Grand Capricorne du Chêne. Nom vulgaire de la larve: Gros ver du Chêne.

Aspect des dégâts: Sur le Chêne, écorce des grosses branches et du tronc, perforée d'orifices elliptiques laissant suinter de la sève mélangée de sciure brunâtre; les parties attaquées de l'arbre sont creusées, souvent jusqu'au centre, de galeries elliptiques sinueuses, allant en tous sens et d'un diamètre à peu près égal à celui du petit doigt.

Caractères généraux et mœurs: Le Cerambyx cerdo L. ressemble comme forme à Cerambyx Scopolii Fuessl. dont il a été parlé à la planche 26, mais il est beaucoup plus gros et sa couleur est brun marron tandis que le second a le corps noir brillant.

C'est en Juin- Juillet qu'a lieu l'éclosion de l'adulte; il suit la galerie qu'il a creusée pendant son état larvaire et arrivé à l'orifice il attend la tombée du jour pour sortir de l'arbre; on le voit au crépuscule, courant sur le tronc ou volant lourdement autour du feuillage des gros chênes.

Après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs dans les rides profondes de l'écorce des vieux chênes. Les larves traversent bientôt les couches corticales et atteignent rapidement les parties les plus dures où elles creusent leurs couloirs pendant les 3 ou 4 années que nécessite leur développement; à la fin de cette période elles atteignent 60 à 80 millimètres de longueur et ont parfois la grosseur de l'index; elles se transforment alors en nymphes dans une coque formée de sciure de bois, agglomérée avec une sorte de soie.

On se rend compte des dommages que de tels parasites peuvent causer k l'arbre qui les nourrit et de la dépréciation subie en tant que bois d'œuvre par la grume qu'ils ont fouillée; d'autant qu'ils attaquent aussi bien les arbres parfaitement sains, pourvu qu'ils soient vieux, que les sujets déjà languissants.

Procédés de destruction: Lorsque l'arbre commence à être attaqué on peut essayer de détruire les larves en introduisant dans les galeries dont on bouche ensuite l'entrée avec du mastic, des capsules de gélatine contenant du sulfure de carbone.

Explication de la Planche 57: En haut, à gauche; la larve de Cerambyx cerdo L.; à droite, l'adulte (environ moitié gr. nat.). — En bas: coupe transversale d'une grosse branche de Chêne creusée par les galeries des larves.

Arbres non résineux

MÏÏM-

Cerainbyx ccrdo L. — Grand Capricorne du Chêne.

Arbres non résineux

Lytta vesicatovia L. — Cantharide vésicante

Lytta vesicatoria L.

Coléoptères. — fam. Vésicants.

Longueur: 20 millimètres. ?>ynonyvae: Cantharis vesicatoria. Nom français: Cantharide vésicante. Noms vulgaires: Mouchecantharide; mouche d'Espagne.

Aspect des dégâts: Feuilles des Troënes, des Lilas, des Frênes, rongées.

Caractères généraux et mœurs: La Cantharide est un joli insecte entièrement d'un beau vert soyeux et cuivreux; le corps et les élytres sont mous, les pattes grêles, la tête presque carrée est inclinée, le corselet bossue; l'insecte répand une odeur forte.

Beaucoup plus commune dans le midi de la France, que dans le nord, la Cantharide apparaît durant le mois de Juin s'abattant soudainement par masses sur les Troënes, les Lilas, surtout sur les Frênes; elle dépouille complètement en quelques heures ces arbres de leurs feuillage et s'envole ensuite par essaims pour porter plus loin ses dégâts.

Sous ses premiers états, l'insecte doit vivre en parasite d'Hyménoptères sociaux ou d'Orthoptères (on ignore d'ailleurs lesquels) et doit subir comme tous les Vésicants pour arriver à l'état adulte, une série de métamorphoses plus compliquée que celles des Coléoptères appartenant à d'autres familles. (Voir Hypermétamorphose p. LVI).

Procédés de destruction: On ne peut que restreindre l'étendue et la durée des ravages, en détruisant l'adulte qui représente d'ailleurs une certaine valeur commerciale dont il est facile de tirer parti. Profiter d'une matinée fraîche qui engourdit les Cantharides ; étendre des draps sous les arbres envahis dont on secoue alors les branches; les insectes tombent sur le linge sans chercher à s'envoler; on les recueille et on les fait périr en les jetant dans du vinaigre bouillant ou en les exposant dans des sacs fermés, à la chaleur d'un four; on les fait ensuite bien sécher et on les enferme dans des vases hermétiquement clos, tenus à l'abri de l'humidité, en attendant qu'on puisse les vendre aux droguistes ou pharmaciens. Il faut manier avec précaution les Cantharides, éviter de respirer longtemps leur odeur et de porter les mains aux yeux après les avoir touchées; leur produit actif très volatil (cantharidine) risque de déterminer des irritations cutanées ou des ophtalmies graves et très douloureuses.

Explication de la Planche 58: Lytta vesicatoria L. adultes gr. nat. — Feuilles de Frêne rongées.

Croesus septentrionalis L.

Hyméîioptères. — fam. Tenthrédides,

Envergure: 25 millimètres. Synonyme: Nematus septentrionalis. Nom français: Mouche à scie du Bouleau.

Aspect des dégâts: Feuilles des Bouleaux rongées.

Caractères généraux et mœurs: Cet insecte a deux générations par an; les premiers adultes apparaissent en Mai, ceux de la seconde génération éclosent en Août. La femelle dépose 100 à 150 œufs sur les nervures de la face inférieure des feuilles. Les larves d'abord vertes, deviennent noires quand elles ont atteint leur complet développement (30 millimètres); elles ressemblent à des chenilles dont on les distingue cependant aisément en comptant le nombre des pattes qui est de 20 chez les larves de Croesws tandis qu'il varie de 10 à 16 chez les chenilles.

Ces larves qui se tiennent le plus souvent à la file l'une derrière l'autre, rongent pendant environ 6 semaines les feuilles des Bouleaux, quelquefois aussi celles des Frênes, des Aulnes, des Peupliers. Au moment de se transformer en nymphes elles s'enfoncent dans le sol et se construisent une coque avec de la terre.

Procédés de destruction: Les dégâts causés sont en général trop peu importants pour qu'il soit nécessaire de recourir à des moyens de défense spéciaux; il suffira la plupart du temps pour enrayer le développement de l'insecte, de recueillir les larves en secouant au dessus d'une nappe les branches qui les portent.

Explication de la Planche 59: En bas, à gauche: Croesus septentrionalis L. adulte (à peu près gr. nat.); au milieu, à gauche: larve (gr. nat.); feuilles de Bouleau attaquées par la larve.

Arbres non résineux

Crocsus septenirionalis L. — Mouche à scie du Bouleau.

Arbres non résineu

GaleriiceUa lutcola F. Miilhy.

Galéruque de l'Orme.

Galeriicella liiteola F. Muller.

Coléoptères. — • fam. Chrysomélides.

Longueur: 7 millimètres. Synonymes: Galeruca ulmi Geoff. — Galeruca xanthomelaena Schrank. Nom français: Galéruque de l'Orme.

Aspect des dégâts: Les larves rongent le parenchyme en respectant les nervures des feuilles, en sorte que celles-ci devenues semblables ta de la dentelle se dessèchent et tombent. Les adultes perforent complètement le limbe.

Caractères généraux et mœurs: Galeriicella luteola s'attaque surtout aux Ormes des parcs et à ceux qui bordent les routes; cependant en Côte d'Or l'insecte envahit pendant 7 années consécutives (de 1900 à 1906), certaines forêts renfermant parmi d'autres essences, de nombreux pieds d'Ormes; beaucoup de ces arbres périrent. Il se produit souvent des invasions telles que les Ormes sont au mois d'Août complètement dépouillés de leur feuillage; en 1906 notamment, dans plusieurs localités des environs de Paris, on pouvait après un coup de vent ramasser sous les arbres nourrissiers Galerucella luteola à la pelle.

La première apparition de l'adulte a lieu au commencement de Mai. L'insecte ronge les feuilles pendant quelque temps puis s'accouple, la ponte a lieu fin Mai et peut durer jusqu'à fin Juin; les œufs déposés en petites plaques sur la face inférieure des feuilles, éclosent au bout de 8 jours et comme la larve n'atteint son développement complet (10 mm.) qu'en 20 à 25 jours, les arbres sont ravagés par les générations successives jus u'au commencement d'Août.

Au moment de se transformer, les larves descendent à terre et s'enfoncent dans le sol; 10 jours après la nymphose, l'adulte éclôt et attaque à son tour jusqu'à l'automne la verdure épargnée par les larves.

La deuxième apparition d'adultes se produit vers le milieu d'Août. Un point du cycle biologique de l'insecte n'est pas encore éclairci; certains observateurs disent que les adultes éclos en Août ne s'accouplent pas cette même année; d'autres entomologistes affirment que ces adultes reproduisent aussitôt et que les nymphes de cette génération passent l'hiver en terre.

Quoi qu'il, en soit, il est certain que les adultes éclos trop tardivement pour avoir eu le temps de reproduire, hivernent sous les feuilles mortes, dans les fentes d'écorces, à l'intérieur de nos habitations, etc. et se réveillent en Mai pour perpétuer l'espèce.

D'ordinaire les attaques de Galerucella luteola n'entraînent pas immédiatement la mort des arbres, mais elles les anémient, préparant ainsi le terrain aux meurtrières atteintes des Scolytes (voir p. 92).

Procédés de défense: Déposer au pied des arbres un lit de foin ou de mousse pour recueillir les larves qui veulent se transformer; brûler ces pièges en temps voulu. — Pulvérisations de bouillies arsenicales (formules 11 à 14) sur le feuillage des arbres attaqués.

Explication de la Planche 60: Adulte et larve (grossis environ 2 fois) de Galerucella luteola F. Mùller. — Feuilles d'Orme rongées par les larves (au milieu) et perforées par les adultes (en bas, à droite).

Stilpnotia salicis L.

Lépidoptères. — fam. Bomhycides.

Envergure: 45 à 55 millimètres. Synonymes: Liparis salicis — Leucoma salicis — Dasychira salicis — Bombyx salicis. Nom français: Bombyx du Saule.

Aspect des dégâts: Feuilles des Saules et des Peupliers mangées.

Caractères généraux et mœurs: Ce beau papillon, entièrement d'un blanc soyeux, fait son apparition de la fin de Juin à la fin de Juillet. La femelle pond ses œufs sur le tronc des Saules et des Peupliers; elle les recouvre d'un enduit blanc vernissé sous lequel ils passent l'hiver. Les chenilles éclosent de la fin d'Avril au milieu de Mai, se répandent sur les feuilles et les rongent jusqu'en fin Juin, causant des dégâts appréciables, surtout lorsqu'elles sont nombreuses sur un même pied, ce qui arrive assez souvent. Elles sont surtout préjudiciables aux jeunes oseraies. Au début de Juillet ces chenilles, remarquables par leur jolie coloration, sont parvenues au terme de leur croissance et atteignent une longueur de 40 millimètres environ; elles se blotissent alors dans les fentes des écorces ou dans des feuilles, dont elles rapprochent les bords et s'entourent individuellement d'un réseau de soie assez lâche, dans lequel s'opère la transformation en chrysalide puis en adulte.

Procédés de destruction: Rechercher les plaques de ponte qui s'aperçoivent facilement grâce à leur couleur blanche et à leur aspect brillant ; à l'aide d'une raclette les faire tomber sur une nappe pour les brûler ensuite. — Badigeonner les troncs avec une mixture à base de créosote. — Empêcher le dépôt des œufs sur l'écorce, en recouvrant celle-ci d'un lait de chaux (formules 18, 19, 20). — Tuer les chenilles par des pulvérisations arsenicales (formules 11, 12, li). — Arrêter le passage des chenilles d'un arbre à l'autre au moyen d'anneaux gluants (formule 22).

Explication de la Planche 61: Au milieu: Stilpnotia salicis L. adulte femelle; au dessous: chenille et chrysalide (tous de gr. nat.). — Feuilles de Saule commençant à être attaquées.

Arbres non résineux

Stilpnotia salicis L. — Bombyx du Saule

Arbres non résineux

Coroi'biis fasciaius Viil. — Bupreste du Chêne.

€orocbHS fasciatus Vill.

Coléoptères. — fam. Buprestides.

Longueur: 15 millimètre?. Synonyme: Coroebus bifasciatus 01. Nom français: Bupreste du Chêne.

Aspect des dégâts: Jeunes branches de la cime des Chênes, flétries et se cassant facilement.

Caractères généraux et mœurs: Dans l'Est, l'Ouest et le Centre de la France, ce Bupreste s'attaque principalement au Chêne pédoncule et au Chêne-rouvre; dans le Midi où il commet depuis quelques années des dégâts très sérieux, il s'attaque au Chêne-liège et au Chêne-vert.

L'adulte qui apparaît de Mai à Juillet suivant les régions, dépose un œuf à l'extrémité d'un rameau de l'année. La larve pénètre dans l'écorce, creuse en descendant une galerie sinueuse, atteint bientôt la branche soutenant le rameau et toujours en descendant y prolonge sa galerie jusqu'au moment de sa nymphose; or comme cette transformation se produit au plus tôt vingt mois après la naissance de la larve, la galerie atteint souvent 1 à 2 mètres de longueur. Certains observateurs ont même prétendu que la période larvaire pouvait durer jusqu'à quatre années.

Lorsque la larve sent approcher le moment de sa nymphose elle arrête sa marche descendante et changeant la direction de sa galerie, lui fait décrire une courbe tout autour de la branche; elle fait remonter ensuite cette galerie de quelques centimètres et se creuse en plein bois une loge où s'opérera la transformation en nymphe. 1/adulte sort de cette loge en perçant les fibres ligneuses qui la séparent de l'extérieur.

La branche attaquée ne tarde pas à se dessécher et le moindre coup de vent la casse à l'endroit où la galerie forme un anneau.

Procédés de préservation: A l'aide d'une perche k crochet, casser les branches aussitôt qu'elles paraissent attaquées et les brûler.

Explication de la Planche 62: Adulte et larve (gr. nat.) de Coroebus fasciaius Vill. — Branche de Chêne, écorcée et entaillée pour montrer les galeries de la larve (V2 gr. nat.).

lïylosinus varius Fabr. Coléoptères. — fam. Scolytides.

Longueur: 3 millimètres. Synonyme: Hylesinus fraxini Panz. Nom français: H y lésine du Frêne.

Aspect des dégâts: Ecorce du Frêne (aussi de l'Olivier) percée de trous.

Caractères généraux et mœurs: UHylésine du Frêne attaque surtout les branches cassées, le bois tombé, les arbres languissants, les troncs abattus s'ils sont revêtus de leur écorce; cependant il envahit aussi des arbres simplement blessés mais encore sur pied, qui sous ses atteintes ne tardent pas à dessécher; dans les grandes invasions il fait même périr des arbres parfaitement sains.

L'adulte apparaît souvent deux fois dans une année, d'abord en Avril puis vers la fin d'Août. La femelle pénètre sous l'écorce et trace dans le liber une galerie horizontale en forme d'accolade dont l'orifice d'entrée forme le centre; elle pond ses œufs le long de cette galerie ; dès leur éclosion, les larves commencent à creuser des couloirs perpendiculaires à la galerie de la mère. Quand la larve est parvenue au terme de sa croissance, elle façonne à l'extrémité de son couloir une loge dans laquelle a lieu la nymphose. L'insecte parfait sort en perçant l'écorce.

Un certain nombre d'adultes, principalement des femelles, ne meurent pas avant l'arrivée de l'hiver; ils se creusent dans l'écorce une petite galerie où ils se réfugient pendant la mauvaise saison.

Procédés de destruction: Enlever des forêts les branches desséchées, le bois tombé, les arbres languissants; écorcer les arbres abattus. — Etablir des pièges en déposant de place en place des fagots de grosses branches de Frêne garnies de leur écorce, que l'on brûlera de Janvier à Mars.

Explication de la Planche 63: En haut: Hylosinus varius Fabr., adulte (gr. environ 7 fois). — Au milieu: dessous d'un morceau de l'écorce d'un Frêne attaqué par l'insecte; l'écorce est creusée par les galeries des femelles et sillonnée par celles des larves.

Arbres non résineux

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