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Hylosiiius vavius Fahr. — H y lésine du Frêne.
Arbres non résineux
Thaïunetopoea pvocessionea L.
Processionnaire du Chêne.
Thaumetopoea processionea L.
Lépidoptères. — fam. Bomhycides.
Envergure: 25 à 35 millimètres. Synonyme: Cnethocampa processionea. Nom français: Bombyx processionnaire du Chêne.
Aspect des dégâts: Feuilles rongées.
Caractères généraux et mœurs: Nous avons parlé à la notice 46 du Bombyx processionnaire du Pin, qui dans notre pays habite surtout les régions méridionales; le Bombyx processionnaire du Chêne, espèce voisine et de mœurs analogues se rencontre surtout dans le Centre et le Nord.
Sa chenille mange d'habitude les feuilles des Chênes, bien que, si l'insecte se montre abondant, d'autres essences forestières voire même les arbres des vergers puissent souffrir de ses attaques.
L'adulte qui vole au crépuscule apparaît du commencement d'Août au milieu de Septembre. La femelle dépose sa ponte de 100 à 200 œufs, par rangées sur les branches des grands chênes ou sur le tronc des arbres de moyenne dimension, principalement ceux formant bordure. Elle recouvre cette ponte d'un matelas de poils détachés de son abdomen. Les œufs passent l'hiver sous cet abri et les chenilles naissent en Mai; elles tissent en commun un nid qu'elles agrandissent au fur et à mesure de leur croissance, en sorte qu'il devient une vaste poche brunâtre accolée au tronc ou plus souvent à l'enfourchure de grosses branches; ce nid peut atteindre 35 centimètres de large sur 80 de long. Cette poche munie d'une ouverture, abrite pendant le jour et au cours des mues les chenilles qui n'en sortent généralement que la nuit pour ronger les feuilles et les bourgeons; lorsqu'elles la quittent ou qu'elles y rentrent, elles marchent en procession formée d'un guide de tête puis de rangs de plus en plus larges se suivant tête à queue. Les poils des chenilles processionnaires du Chêne possèdent des propriétés urticantes qui rendent assez redoutable le maniement de l'insecte et même son voisinage ou celui de son nid, car ces poils occasionnent des inflammations et des démangeaisons fort pénibles.
Les chenilles croissent pendant deux mois, causant des dégâts souvent sérieux et atteignent une longueur de 45 mm. Vers le milieu de Juillet, elles se filent à l'intérieur du nid, des Cocons placés côte à côte et liés entre eux; elles s'y métamorphosent en chrysalides pour devenir papillons au commencement d'Août.
Procédés de destruction: Détruire les chenilles en brûlant les nids à l'aide de torches fixées au bout de longues perches, ou mieux, lorsque cela est possible, en arrosant ces nids avec un liquide composé de 100 parties d'eau et dix parties d'huile lourde de gaz (Formule 4); pour ces pulvérisations le mélange indiqué à la formule 10 donne également de bons résultats.
Explication de la Planche 64: A gauche: Thaumetopoea processionea L. adulte femelle (gr. nat.); chenille (plus petite que nature). — A droite: nid (très réduit) au commencement de sa construction.
Tortrix viridana L.
Lépidoptères. — fam. Tortricides.
Envergure: 22 millimètres. Synonyme: Heterognomon viridana. Nom français: Tordeuse verte du Chêne.
Aspect des dégâts: Feuilles du Chêne rongées ou roulées et pliées de différentes façons.
Caractères généraux et mœurs: La Tordeuse verte du Chêne envahit fréquemment nos bois de Chênes; l'invasion persiste presque toujours pendant plusieurs années de suite sur un même point; on a vu des forêts la subir durant 7 ou 8 années consécutives.
La femelle pond ses œufs en Juillet sur les bourgeons; les œufs passent l'hiver. Les chenilles qui éclosent au commencement de Mai de l'année suivante, rongent d'abord les bourgeons à fleurs puis les jeunes feuilles dès leur apparition, A l'aide de fils de soie, chaque chenille roule ou replie une ou plusieurs feuilles, se construisant ainsi une sorte de nid où elle se met à l'abri et où elle se retire quand vient le moment de se chrysalider. Les chenilles se suspendent volontiers au bout d'un fil pour gagner les branches inférieures.
Les dégâts durent jusqu'au commencement de Juin; à cette époque les larves se chrysalident dans leur étui de feuilles et le papillon fait son apparition vers la fin du mois.
Les invasions de la Tordeuse du Chêne, en dépouillant les arbres de leur feuillage de printemps, ralentissent considérablement leur végétation et en les affaiblissant elles les exposent aux attaques des insectes xylophages.
On ne connaît pas de moyen pratique pour combattre l'insecte; seuls les parasites ou les intempéries peuvent s'opposer à sa multiplication.
Explication de la Planche 65: En bas, à droite: papillon et chenille de Tortrix viridana L. (gr. nat.).
Arbres non résineux
Tovtrix viridana L. — Tordeuse du Chêne
Arbres non résineux
Melasoma populi L. — Chrysomèle du Peuplier. Phyllodecta vulgatissima L. — Phyllodecte vulgaire.
Melosoma populi L.
Coléoptères. — fam. Chrysomélides.
Longueur: 9 millimètres. Synonymes: Melosoma populi; Lina populi. Nom français: Chrysomèle du Peuplier.
Aspect des dégâts: Parenchyme des feuilles du Peuplier et du Saule rongé par les larves; les feuilles ressemblent à des dentelles. Les adultes mangent tout le limbe de la feuille en ne laissant que les grosses nervures.
Caractères généraux et mœurs: En Mai, les adultes qui viennent d'hiverner sous les détritus végétaux recouvrant le sol, se répandent sur le feuillage et y déposent des œufs rougeâtres disposés en petits groupes. Six semaines plus tard les larves éclosent ; elles sont ovales, bombées, portent des petites verrues noires, des protubérances blanchâtres et exhalent, surtout quand elles sont inquiétées, une forte odeur d'amandes-amères. Pour se transformer elles se fixent à une feuille par leur extrémité anale et la nymphe demeure suspendue la tête en bas jusqu'à l'éclosion de l'adulte. L'insecte parfait éclôt vers la fin de Juillet. Il y a deux, quelquefois trois générations par an, les adultes de la dernière passant l'hiver engourdis sous les euilles mortes pour se réveiller au printemps suivant.
Phyllodecta vulgatissima L.
Coléoptères. — fam. Chrysomélides.
Longueur: 5 millimètres. Synonymes: Phratora vulgatissima; Chrysomela vulgatissima. Nom français: Phyllodecte vulgaire.
Aspect des dégâts: Mêmes dégâts que ci dessus.
Caractères généraux et mœurs: Cet insecte fait parfois de grands dégâts dans les cultures d'osier; on l'a vu s'y développer au point de faire périr tous les jeunes rejets, récolte de l'année.
Les œufs sont pondus au printemps sur les jeunes rameaux; ils donnent naissance à des larves qui rongent le parenchyme des feuilles jusqu'en Juillet; au commencement de ce mois, les larves s'enterrent et deviennent des adultes une vingtaine de jours plus tard. Aux approches de l'hiver l'adulte se réfugie sous les débris végétaux ou dans les fentes des écorces, demeure engourdi pendant la mauvaise saison, se réveille en Avril, recommence à ronger les jeunes pousses et ne meurt qu'un certain temps après l'accouplement et la ponte, de sorte qu'il n'est pas rare de voir à la fois sur les mêmes feuilles des larves et des adultes.
Procédés de destruction: Lorsqu'il devient nécessaire de défendre les oseraies contre les espèces d'insectes ci-dessus mentionnées, on doit employer les deux procédés suivants:
1 » Secouage des branches au dessus d'un récipient quelconque pour recueillir les larves et les adultes.
2» Pulvérisations de bouillie bourguignonne (formule 23) à laquelle on ajoute 1,3 pour mille de nicotine titrée; ou pulvérisations avec la solution indiquée à la formule 8 bis.
Explication de la Planche 66: A droite, en haut: Melosoma populi L,., adulte et larvC; un peu grossis; en bas: Phyllodecta vulgatissima L. (gr. 2 diam.). — A gauche: feuilles de Saule rongées par ces insectes (commencement des dégâts).
Cossus cossus L.
Lépidoptères. — fam. Bomhycides.
Envergure: 80 millimètres environ. Synonyme: Cossus ligniperda Fdih. Nom français: Cossus gate-bois. Nom vulgaire de la larve: Ronge-bois; Ver rouge du bois; Ver puant.
Aspect des dégâts: L'écorce de l'arbre attaqué laisse suinter par de petites ouvertures, de la sève mélangée de sciure rougeâtre; l'intérieur de l'arbre est creusé de galeries plus ou moins nombreuses qui se croisent en tous sens.
Caractères généraux et mœurs: Le Cossus gâte-bois est un très redoutable ennemi pour les arbres de toutes essences sauf pour les résineux; il s'attaque aux arbres d'avenue ou de bordure de préférence à ceux des massifs forestiers. La chenille du Cossus gâte-bois est commune dans l'Orme, le Saule, le Peuplier, le Marronnier, fréquente dans le Hêtre, le Pommier, le Pêcher, plus rare dans le Chêne.
L'adulte éclôt de fin Juin à fin Juillet ; il vole la nuit, pendant le jour il se tient immobile, les ailes repliées en toit, sur le tronc des arbres avec l'écorce desquels sa couleur le confond si bien qu'il faut avoir l'œil exercé pour le distinguer.
La femelle pond ses œufs au nombre de 700 à 1000, dans les fissures des écorces et surtout sur les plaies laissant à nu le liber. A peine écloses les chenilles commencent leur œuvre de destruction ; elles percent d'abord l'écorce et s'enfonçant vers l'intérieur de l'arbre au fur et à mesure qu'elles grossissent elles traversent l'aubier pour atteindre le cœur du bois. Leur croissance dure de deux à trois années au cours desquelles elles fouillent l'arbre de galeries se croisant en tous sens et s'élargissant à la taille toujours plus grande dn minier. Le travail des mandibules est facilité par une sécrétion fétide que dégorge la chenille et qui ramollit les fibres dubois.
Parvenue à toute sa croissance, la chenille de Cossus cossus L. mesure 70 à 80 millimètres de longueur sur un diamètre transversal de 15 millimètres; son dos légèrement aplati est rouge lie de vin foncé; les côtés sont plus clairs; elle exhale une odeur forte et désagréable. La métamorphose en chrysalide a généralement lieu à l'entrée d'une galerie, où l'insecte se construit un cocon de sole mélangée de fibres de bois; plus rarement la chenille sort de l'arbre pour opérer sa transformation; elle fait alors son cocon mélangé de terre au pied du sujet qu'elle a ravagé.
L'arbre atteint est presque toujours perdu pour l'industrie et son existence même est fort compromise.
Procédés de destruction: Chercher à tuer es chenilles en enfonçant dans les galeries un fil de fer flexible erminé par un crochet pointu, ou en introduisant dans ces galeries que l'on bouche ensuite avec du mastic, des tampons d'ouate imbibée de benzine ou des capsules de gélatine contenant du sulfure de carbone. — Préserver les arbres de la ponte de la femelle, en goudronnant les plaies qui laissent le bois à nu, et en faisant l'hiver sur l'écorce, des applications de lessive alcaline ou de lait de chaux (formules 18, 19, 20, 21 ).
Explication de la Planche 67: Dans le coin, en haut, à gauche: galerie de chenille de Cossus dans une branche de Chêne; en haut, à droite: la chenille et l'adulte (14 gr. nat.); en bas: dégâts des chenilles dans un tronc d'arbre.
Arbres non résineux
CossKs cossus L. — Cossus gâte-bois.
Arbres non résineux
Sapi'yda carchanas L. — Saperde chagrinée
Saperda carcharias L.
Coléoptères. — fam. Longicornes.
Longueur: 25 à 30 millimètres. Synonyme: Anaerea carcharias. Nom français: Saperde chagrinée.
Aspect des dégâts: Ecoulements de sève mêlée de sciure apparaissant au pied des arbres attaqués ou dans les fentes de l'écorce au dessous de l'entrée de la galerie larvaire ; tronc et branches creusés de galeries.
Caractères généraux et mœurs: La Saperde chagrinée s'attaque au Peuplier et au Tremble, surtout aux jeunes arbres. L'adulte apparaît à la fin de Juin; la femelle pond çà et là dans les gerçures de l'écorce, ses œufs qui passent l'hiver à l'air libre. Au printemps suivant, les œufs éclosent donnant naissance à des larves qui rongent immédiatement l'écorce et la traversent jusqu'à l'aubier; elles attaquent alors le bois et creusent une galerie ascendante qu'elles prolongent et élargissent au fur et à mesure de leur croissance qui dure deux années; les sciures et les débris provenant de ce travail sont rejetés en arrière et tombent au dehors par l'entrée de cette galerie. Le moment de la nymphose arrivé, la larve se construit dans son couloir une sorte de coque avec des fibres agglomérées. L'adulte sort de l'arbre en faisant un trou près de l'endroit où il s'est transformé.
La larve arrivée au terme de sa croissance mesure environ 30 mm. de longueur sur 8 mm. d'épaisseur. Les dégâts qu'elle cause amènent rapidement le dépérissement de l'arbre attaqué et la rupture des branches évidées en leur centre; ces dégâts peuvent être confondus avec ceux causés par la chenille de la Sésie apiforme (Sesia apiformis L.) sorte de papillon qui de loin ressemble plutôt à une guêpe qu'à un Lépidoptère; les mêmes moyens de défense peuvent être employés contre les deux insectes.
Procédés de destruction: Secouer les branches en Juillet pour faire tomber l'adulte de Saperda carcharias L. sur une nappe étendue au pied de l'arbre. — Empêcher les pontes en enduisant les troncs jusqu'à deux mètres de hauteur de glu, ou d'un mortier composé de chaux, terre glaise et bouse de vache. Tuer les œufs pendant l'hiver en brossant et lavant les troncs avec une lessive alcaline. — Détruire si possible la larve dans sa galerie; à cet effet chercher l'entrée de cette galerie qui est révélée par des petits tas de sciure mélangée de sève collés au tronc en dessous du trou, ou amassés au pied de l'arbre, élargir le trou avec un couteau et introduire dans la galerie un long fil de fer pour percer la larve; si la galerie est déjà trop avancée pour que l'insecte puisse être atteint, enfoncer le plus loin possible un tampon de ouate imbibée de benzine ou une capsule asphyxiante et boucher l'entrée avec de la terre glaise; badigeonner ensuite avec du goudron, la plaie faite par le couteau.
Explication de la Planche 68: En haut: coupe longitudinale d'un tronc de Peuplier attaqué montrant la galerie de la larve, la coque de la nymphe et le trou de sortie de l'adulte. — En bas, à gauche: Saperda carcharias L. adulte; à droite: la larve; le tout gr. nat.
Bromius obscurus L.
Var. yillosulus Schrank.
Coléoptères. — fam. Chrysomelides.
Longueur: 4^4 à 6 millimètres. Synonymes: Adoxus vitis. Fourc. — Eumolpus vitis. Nom français: Eumolpe de la Vigne. Noms vulgaires: Gribouri; Ecrivain; Piquebroi, etc.
Aspect des dégâts: Ceps languissants ; feuilles trouées d'entailles allongées, décrivant souvent des zig-zags; ces entailles sont produites par les morsures de l'adulte.
Caractères généraux et mœurs: Le type de l'espèce vit aux dépens d'une plante sauvage, l'Epilobium spicatum Lam. (Osier fleuri. Laurier de Saint Antoine) ; sur la Vigne on ne rencontre que la variété villosulus Schr.
L'adulte apparaît sur les feuilles des cépages, du milieu de Mai à la fin de Juillet; il se laisse tomber à terre dès qu'il est inquiété. La larve qui vit dans le sol en rongeant les racines de la plante ressemble à une toute petite larve de Hanneton: elle est molle, blanchâtre, avec la tête brune et mesure à son complet développement, environ 8 millimètres de longueur; elle se tient habituellement recourbée; ses pattes sont assez développées.
Les dégâts causés par l'insecte ont pris souvent, notamment en Bourgogne et dans l'Hérault, des proportions inquiétantes; les vignes attaquées ne meurent généralement pas mais elles dépérissent et sont exposées de ce fait à toutes les maladies qui se développent sur les plantes languissantes. Il paraît que depuis le remplacement, nécessité par l'invasion du Phylloxéra, des plants français par des cépages américains, les apparitions en masse de Bromius obscurus L. sont devenues beaucoup plus rares ; en outre les nouveaux plants supporteraient sans s'affaiblir les attaques de l'insecte. En plusieurs endroits, on a signalé sa présence dans les serres à forcer le raisin; il y cause de graves dommages.
Procédés de destruction: Ramassage des adultes au moyen de l'entonnoir à Altises. — Contre les larves, injections souterraines de sulfure de carbone.
Explication de la Planche 69: Feuilles de Vigne rongées par l'adulte; à gauche: l'adulte; à droite: la larve (un peu grossis); dans le coin, en bas, à droite: racines de Vigne rongées par la larve.
Vigne
Bromius obscuriis L. — Eumolpe de la Vigne.
Vigne
A rctm caja L. — l'Ecaillé martre.
A relia villica L. — l'Ecaillé fermière.
Arctia.
Le genre Arctia Schrk. {Chelonia Latr.) comprend un groupe de beaux papillons d'assez grande taille appartenant à la famille des Bombycides. Leurs ailes sont ornées de couleurs vives, leur oorps est velu; les chenilles sont revêtues de longs poils serrés qui leur ont fait donner les noms vulgaires de « chenilles bourrues », « taures bourrues »; les papillons sont désignés en français sous le nom d'« Ecailles )) par allusion aux marbrures bigarrées des ailes.
Les clienilles de deux espèces qui vivent habituellement aux dépens de diverses plantes basses, se rencontrent souvent sur la Vigne dont elles rongent les feuilles et les bourgeons ; ces espèces sont :
Arctia caja L.
Envergure: 8 centimètres environ. Synonyme: Chelonia caja Nom français: Ecaille martre.
Certaines années elle a fait dans les vignes du midi de la France des dégâts importants, notamment en 1889 aux environs de Montpellier. Dans le nord de notre pays, l'insecte n'a qu'une génération annuelle sauf les années chaudes où il en a quelquefois deux; dans le Midi cette exception devient la règle. En cette région, les chenilles apparaissent d'abord vers le milieu de Mars et broutent les bourgeons jusqu'à fin Avril; à ce moment elles se tissent sous les écorces ou sous les feuilles, un cocon lâche laissant voir la chrysalide ; le papillon éclôt vers la fin de Mai et pond en plaques ses œufs sur les feuilles; les chenilles sortent fin Juin et jusqu'en Août elles rongent les végétaux, commettant peu de dégâts par suite de la dureté des feuilles en cette saison; au milieu d'Août elles se mettent en cocon et la deuxième génération d'adultes éclôt à la fin de l'été; la ponte a lieu aussitôt et les chenilles nées de cette deuxième génération ont atteint la moitié de leur taille à l'entrée de l'hiver qu'elles passent engourdies sous un abri quelconque. Aux premiers beaux jours les chenilles se réveillent, et achèvent leur croissance en rongeant les jeunes bourgeons jusqu'à la fin d'Avril; c'est à ce moment qu'elles sont le plus nuisibles. A la fin d'Avril elles se mettent en cocon comme nous l'avons vu plus haut et le cycle recommence.
Arctia villica L.
Envergure: 6 centimètres. Synonyme: Chelonia villica. Noms français: Ecaille fermière; Ecaille marbrée.
Cette espèce, d'ailleurs moins commune que la précédente ne s'attaque qu'exceptionnellement à la Vigne et ses chenilles n'apparaissent jamais en masse sur un point déterminé.
Procédés de destruction: Dans le cas peu fréquent où la chenille û'Arctia caja L. se montre assez abondante pour inquiéter le viticulteur, il est facile de limiter les dégâts en ramassant l'insecte qui, diurne et de grande taille se voit aisément au milieu des feuilles.
Explication de. la Planche 70: En haut: Arctia caja L. adulte; en dessous à droite: la chenille. — En bas: Arctia villica L. adulte (insectes gr. nat.).
Oenophtira Pilleriana Duponchel.
Lépidoptères. — fam. Tortricides,
Envergure: 23 millimètres. Synonymes: Oenectra Pilleriana
— Tortrix Pilleriana — Tortrix luteolana Hubn. — Pyralis vitina Fabr., etc. Noms français: Pyrale de la Vigne — Chape de la Vigne
— Pyrale de Florensac, etc. Noms vulgaires: Ver de la Vignever à tête noire, ver d'été, couque, babote, etc.
Aspect des dégâts: Bourgeons, feuilles et jeunes grappes de la Vigne dévorés et rapprochés en paquets, liés entre eux par des fils, enveloppés plus tard par des toiles soyeuses.
Caractères généraux et mœurs: L'éclosion du papillon commence dès la fin de Juin et se poursuit souvent presque jusqu'à la fin de Juillet; il se déplace d'un vol court, le soir au crépuscule, le matin avant le lever du soleil ou lorsque le ciel reste couvert; on ne le voit plus dès que le soleil brille ou si le vent s'élève.
L'adulte s'accouple aussitôt après son éclosion. La femelle effectue sa ponte par plaques d'une cinquantaine d'oeufs en moyenne; ces œufs sont fixés à l'aide d'une substance visqueuse sur la face supérieure des feuilles; elle meurt aussitôt cette fonction accomplie. Les œufs éclosent au bout d'une quinzaine de jours. Les jeuneschenilles ne mangent pas, elles se dispersent immédiatement après leur naissance, se laissent glisser au bout d'un fil qu'elles sécrètent et vont se réfugier sous les écorces ou dans les fissures des échalas, pour se filer un fourreau où elles passeront l'été, l'automne et tout l'hiver. Ce n'est qu'en Avril suivant qu'elles quitteront leur abrr pour commencer leurs dégâts; elles se répandent alors sur les plants, se construisent dans les feuilles, des abris soyeux, relient les feuilles entre elles par des fils enveloppant également les bourgeons naissants, enlacent plus tard les grappes, entourent le tout d'une sorte de toile lâche et dans ces sortes de nids elles dévorent toute la végétation en provoquant par leurs morsures et l'enveloppement de leurs toiles l'étiolement et le dessèchement des rameaux. Elles vivent ainsi pendant 50 jours environ, subissant 4 mues et causant au vignoble envahi des dommages très considérables. Vers la seconde quinzaine de Juin elles se retirent dans les feuilles réunies par leurs fils et desséchées par leurs atteintes; après s'être construit un cocon, elles se chrysalident pour devenir papillons à la fin du mois.
Parmi les fléaux qui menacent la Vigne, la Pyrale est dans la série entomologique, le plus redoutable après le Phylloxéra^
Procédés de destruction: Après la taille de Février-Mars procéder à l'ébouillantage (ou écha dage) des ceps et des échalas ou à leur sulfurisation (clochage); on trouvera dans tous les traités de viticulture la technique de ces opérations qui se pratiquent à l'aide d'appareils spéciaux; elles constituent le moyen de lutte le plus efficace contre la Pyrale. — En hiver pulvériser sur les ceps soit la solution indiquée à la formule 10, soit de la bouillie bordelaise additionnée de nicotine (Sulfate de cuivre 2 kilogs; chaux vive 1 kilog,nicotine titrée 1 kilog 400 ; eau 100 litres). — Au moment de l'éclosion des papillons, les attirer et les détruire au moyen de lampes-pièges à acétylène. — Après la ponte rechercher sur les feuilles et détruire les plaques d'œufs.
Explication de la Planche 71: Au milieu: rameau de Vigne attaqué (commencement des dégâts). — En haut, à gauche: la chenille ûe Oenophthira Pilleriana Duponchel — gr. nat.). — à droite: lepapillon un peu plus petit que nature.
^ Voir Addenda.
Vi gne
Œnophthira Pilleriayia Duponchel.
Pyrale de la Vigne.
Vigne
Pulvinaria vifis, var. ribesiae Signoret. Cochenille rouge de la Vigne.
Pulvinaria vitis L. var. ribesiae Signoret. Hémiptères. — fam. Coccides.
Longueur de la femelle: 4 à 5 millimètres. Synonymes: CocciiS vitis — Lecanium vini Bouché — Lecanium vitis — Calypticus spumosus Costa — Calypticus ampelocecis Amyot — Chermes vitis, etc. Nom français: Cochenille rouge de la Vigne.
Nous avons déjà parlé des Coccides à la notice 17; plusieurs espèces s'attaquent à la Vigne; citons notamment: La Cochenille rouge (Pulvinaria vitis L.); la Cochenille blanche {Dactylopius vitis Niedelsky = longispinus Targioni); la Cochenille grise (Aspidiotus vitis Signoret = Diaspis Blanckenhornei Targioni); la Cochenille oblongue de la Aligne {Lecanium corni Boucher et Lecanium persicae Fab.); ces cochenilles vivent sur les vignes de pleine terre; ajoutons Dactylopius adonidum L. (Pseudococcus adonidum) ou Pou blanc des serres qui est souvent très nuisible aux vignes cultivées en serre.
Caractères généraux et mœurs: La Cochenille rouge de la Vigne {Pulvinaria vitis L.) est une des espèces les plus communes; elle se présente sous différents aspects dont le plus remarquable est celui de petites écailles brun-rouge reposant sur un coussin de matière blanche, cotonneuse, gluante, qu'on rencontre en Mai- Juin fixées sur le jeune bois de la Vigne; ces écailles sont formées du corps de la mère qui a sécrété le coussinet cireux; elles recouvrent la ponte. La femelle pond ses œufs sous elle au mois de Mai, sécrète la substance cireuse et meurt sur sa ponte ; en Juin les petits éclosent et se répandent sur les sarments, et sur les feuilles qu'ils piquent de leur suçoir: ils se développent pendant tout l'été devenant fin Septembre des femelles aptères et des mâles ailés qui s'accouplent au commencement d'Octobre; la femelle fécondée se fixe pour passer l'hiver; elle ressemble alors à une coque rougeâtre, bombée endessus, segmentée, ovale, un peu élargie vers la partie postérieure qui est légèrement échancrée.
Procédés de destruction: Pendant l'hiver, frotter les ceps à l'aide d'un gant de mailles de fer, les gratter avec un fer plat un peu denté, les brosser avec une brosse en chiendent et les badigeonner avec une solution de sulfate de fer à 40%. En Mai, écraser les femelles en train de pondre. En Juin pulvériser sur les vignes une solution contre les pucerons (formules 1, 2, 7, 8, 8 bis, etc.). Tailler court et brûler aussitôt les sarments enlevés.
Explication de la Planche 72: En bas, à gauche: Pulvinaria vitis L. var. ribesiae Signoret mâle, grossi environ 7 fois (d'après Buckton); à droite: femelles sur leur ponte, fixées sur un jeune sarment (gr. 3 fois).
Haliica ampelopbaga Guérin.
Coléoptères. — fam. Chrysomélides.
Longueur: 4 à 5 millimètres. Synonyme: Graptodera ampelophaga. Nom français: Altise de la Vigne. Noms vulgaires; Puce de vigne — Pucerotie, etc.
Aspect des dégâts: Feuilles de la Vigne ayant le parenchyme rongé et le limbe criblé de petits trous.
Caractères généraux et mœurs: L'Altise de la Vigne est un petit insecte bleu métallique, brillant, qui saute comme une puce dès qu'il est inquiété. Très nuisible dans tout le vignoble français jusqu'à la Bourgogne il, devient un fléau en Algérie, où il a détruit certaines années la moitié de la récolte; dans ce pays les arbres avoisinant les vignes paraissent quelquefois bleus sous la masse des Altises qui se disposent à hiverner. Les adultes de la dernière génération passent en effet la mauvaise saison sous les écorces, les herbes sèches, les feuilles mortes, dans les interstices des murs en pierres sèches, le long des troncs d'arbres bien abrités du vent, etc.; dès le premier printemps ils quittent en volant leur retraite et s'abattent sur les jeunes feuilles qu'ils se mettent à dévorer. Après l'accouplement, la femelle pond au revers des feuilles une trentaine d'œufs répartis par plaques. Six à huit jours plus tard, les larves éclosent et pendant une vingtaine de jours elles rongent le parenchyme des feuilles; durant ce temps elles subissent deux mues; après sa première mue la larve est noire et ressemble à une petite chenille; parvenue au terme de sa croissance elle s'enfonce dans le sol, se construit une loge, se transforme en nymphe et devient 8 à 10 jours plus tard un adulte qui commence aussitôt ses dégâts; en France trois à quatre générations se succèdent ainsi d'Avril à Septembre.
Procédés de destruction: En Octobre, déposer de place en place dans les vignes, des poignées de paille liée, des paillons à bouteilles etc., dans lesquels les Altises viendront se réfugier pour hiverner; en Février on brûlera ces pailles ; si on veut les faire servir à nouveau on les trempera dans l'eau bouillante.
En hiver, badigeonner les souches et les troncs des arbres avoisinant les vignes avec une solution composée de: eau 100 litres, sulfate de fer 50 kilogs, acide sulfurique 1 litre.
Pendant la saison des dégâts, détruire les adultes en les recueillant le matin avant le lever du soleil, à l'aide de l'entonnoir à Altises et en pulvérisant sur les feuilles avant la floraison de la vigne une solution composée de: eau 100 litres, arsénite de cuivre 100 grammes; ce dernier procédé est celui qui a permis de mettre à l'abri du fléau le vignoble algérien; on peut également employer avec succès des pulvérisations de l'émulsion de Riley (formules 1 et 2) mélangée à la Bouillie bordelaise.
Explication de la Planche 73 : Feuilles de Vigne rongées par la larve et par l'adulte de l'altise; en bas, à gauche: Haltica ampelophaga Guérin, adulte et larve grossis environ 4 fois.
Vigne
Halttca (iiHpilopJiaga Giiérui. — Altise de la Vigne.
Vigne
Ephippiger Bitterensis M arque t.
Ephippigère de Béziers.
Ephippiger vitium Serv. — Ephippigère de la Vigne.
Les Ephippigères sont des Orthoptères d'aspect bizarre; leurs ailes sont avortées et la plaque dorsale relevée en arrière ressemble vaguement à une selle, d'où le nom vulgaire de Porte-se/Ze donné souvent à ces insectes; ils appartiennent à la famille des Locustides et bien que surtout carnassiers comme la plupart des représentants de ce groupe ils s'attaquent fréquemment à différentes cultures.
Ephippiger bitterensis Marquet.
Longueur: 27 à 39 millimètres. Nom français: Ephippigère de Bézicrs. Nom vulgaire: Cousi-coiisi (Languedoc).
Cette espèce se rencontre dans le sud-ouest de la France; extrêmement abondante certaines années dans le Bas-Languedoc aux environs de Béziers, de Montpellier, etc. elle commet dans les vignes des dégâts considérables en rongeant les feuilles, les raisins et même les écorces; dans une commune du département de l'Hérault on a pu en 1888 ramasser environ 7000 kilogrammes de cousi-cousi présentant à peu près 2.400.000 individus.
Ephippiger \itium Serville.
Longueur: 19 à 30 millimètres. Synonyme: Barhitistes ephippiger Charpentier. Nom f r an çais : Ephippigère des vignes. Noms vulgaires: Tizi; gril; hotteux; porteselle, etc.
Cette espèce remonte beaucoup plus au nord que la précédente; très commune en Bourgogne, elle n'est pas rare aux environs de Paris; dans ces régions elle ne peut être considérée comme nuisible et bien que rencontrée fréquemment au milieu des vignes, on n'a pas observé qu'elle s'attaquât spécialement au raisin; dans le Midi cependant on l'a vue ronger les grappes en compagnie de VEphippigère de Béziers.
Procédés de destruction: Ramassage de l'insecte par des femmes ou des enfants.
Explication de la Planche: 74 En haut: grains de raisin rongés par les Ephippigères: au milieu: Ephippiger Bitterensis Marquet; en bas: Ephippiger vitiiun Serville (insectes et dégâts: gr. nat.).
Conchyîis ambiguella Hubn.
Lépidoptères. — fam. Tortricides.
Envergure: 14 millimètres. Synonymes: Pyralis ambiguella — Clysia ambiguella — Tinea ambiguella — Tinea omphaciella Faure- Biguet — Cochylis omphaciella — Tortrix omphaciana Serv. — Tortrix ambiguana — Tortrix Roserana Froelich. Noms français: Cochylis — Teigne de la grappe. Noms vulgaires: Ver rouge — Ver coquin — Ver de vendange.
Aspect des dégâts: En Juin, grains de la jeune grappe fanés, brunâtres, se desséchant et réunis en paquets par un réseau de fils de soie. En Septembre, grains (surtout ceux de l'extrémité de la grappe), perforés, vidés, devenant comme spongieux en se pourrissant et reliés les uns aux autres par des fils de soie.
Caractères généraux et mœurs: La Cochylis est un des principaux ennemis entomologiques de la Vigne. Bien que les ravages qu'elle commet soient en général moins fréquents que ceux de la Pyrale (pi. 71), elle cause les années où elle apparaît, des dégâts énormes; c'est surtout en Champagne, en Bourgogne, dans le Beaujolais et dans les vignes plantées dans le sable du littoral méditerranéen que sa présence se manifeste le plus fréquemment.
La Cochylis a deux générations par an. Les papillons de la première génération apparaissent en Avril-Mai; la femelle pond ses œufs sur la grappe en formation; quinze jours plus tard les chenilles éclosent et chacune d'elles pénétrant dans un bouton à fleur en ronge les étamines et l'ovaire ; ce grain épuisé la chenille en attaque un autre, puis un autre, réunissant successivement par des fils le grain qu'elle a dévoré avec celui qu'elle attaque ; elle opère ainsi pendant 5 semaines environ, puis devenue adulte elle se file soit dans la grappe, soit sous l'écorce du cep, soit même dans une feuille qu'elle roule, un cocon où elle se chrysalide pour devenir papillon vers la fin de Juillet. Ce papillon pond ses œufs sur la rafle de la grappe ou sur le grain; huit jours plus tard, c'est-à-dire avant la fin d'Août, les chenilles de la deuxième génération éclosent; celles-ci mangent la pulpe du grain déjà bien formé, entamant la peau par un trou arrondi et pénétrant souvent entièrement dans le grain; chaque chenille détruit ainsi une trentaine de grains. En Septembre, elles quittent les grappes, se réfugient sous les écorces, dans les fentes des échalas, etc. et se tissent un cocon résistant où elles passeront l'hiver pour devenir papillons au printemps suivant.»
Procédés de destruction: La Cochylis est beaucoup plus difficile à détruire que la Pyrale (Pi. 71) ; l'ébouillantage et le clochage n'ont que très peu d'action sur l'insecte qui passe l'hiver à l'état de chrysalide et non de chenille comme la Pyrale, mais le grattage des ceps, les pulvérisations insecticides indiquées à la page précédente et pratiquées en temps voulu, les pièges lumineux, permettent de limiter ses ravages.
Explication de la Planche 75: Conchylis ambiguella Hubn. En haut: aspect des dégâts commis par la Chenille de la première génération (petite grappe) et par celle de la deuxième génération (grosse grappe). — En bas, à gauche: le papillon (gr. 2 fois); à droite: chenille adulte de la deuxième génération (gr. 3 fois).
Voir Addenda.
Vi g ne
Conchylis ambiguella Hubu. — Cochylis.
Grande culture
Strongylosonia pallipi-s Obv. — Millepattes. Juins ter y es tri s L. — Jule terrestre.
L'Embranchement des Myriapodes comprend les animaux vulgairement appelés mille-pattes.
Un certain nombre d'espèces, sont nuisibles aux cultures; elles mangent les semences en terre, les jeunes pousses, rongent les fruits pulpeux et tendres, creusent des galeries dans le collet des racines alimentaires telles que les betteraves, carottes, navets, etc.
Une petite espèce Blaniulus guttulatus Gerv. (Noms français: Blaniule moucheté, Iule des Fraises) très mince, longue de 12 à 18 millimètres, blanchâtre avec une série bilatérale de taches rouge vif, abonde dans les jardins où elle cause des dégâts sérieux en rongeant l'intérieur des fraises, le germe des haricots récemment plantés, les oignons à fleurs, etc.
Nous représentons ci contre deux espèces communes qui s'attaquent aux graines et aux racines des betteraves:
1" Strongylosoma pallipes Obr, — Ordre des Chilognathes ou Diplopodes. — Longueur: 20 mm, — Aplati, rougeâtre.
1^ lulus terrestris L, — Ordre des Chilognathes ou Diplopodes. — Longueur: 20 à 40 mm. — Nom français: Iule terrestre — cylindrique, noir ou grisâtre; il se roule en ressort de montre lorsqu'il est inquiété.
Leurs morsures sont accompagnées de l'émission d'une sorte de venin qui amène la décomposition des tissus avoisinant les parties entamées, de sorte que la plante attaquée périt fréquemment.
Pour s'opposer aux ravages des Myriapodes il faut asperger les semis avec une solution de sulfo-carbonate de potasse et de chaux; on devra aussi tremper les graines dans une solution d'acide phénique et de sulfate de magnésie.
Explication de la Planche 76: A gauche, en haut : Strongylosoma pallipes Obr. (gr. env. 2 fois); en bas: lulus terrestris L. (grossi). — A droite: betterave rongée au collet par les Iules.
Pegomyia hyosciaini Panz.
Var. betae Curt.
Diptères. — fam. Muscides.
Envergure: 10 millimètres. Nom français: Mouche de la Betterave.
Aspect des dégâts: Feuilles des betteraves minées dans leur épaisseur et présentant des parties transparentes.
Caractères généraux et mœurs: Dans la deuxième quinzaine de Mai, la femelle pond sur les feuilles des betteraves un grand nombre d'œufs, par groupes de 2 ou 3; les larves s'enfoncent dans la feuille et rongent les tissus en respectant les surfaces extérieures; leur développement dure une vingtaine de jours; au bout de ce temps elles se transforment tantôt à l'intérieur des feuilles tantôt après s'être enfoncées dans le sol. Vers la fin de Juillet apparaît une deuxième génération d'adultes; les larves issues de ceux-ci font les mêmes dégâts que celles de la génération précédente et passent l'hiver sous forme de pupes à 20 centimètres environ dans la terre, pour devenir des adultes vers le milieu de Mai de l'année suivante.
Les feuilles minées par les larves pourrissent et si plusieurs feuilles sont attaquées la plante périt.
L'insecte cause des dommages très graves aux cultures de betteraves à sucre; en 1890-1891 il a détruit 40 à 50% de la récolte dans les communes de Lanchères et de Pandé (Somme).
Procédés de destruction: L'époque la plus propice pour la destruction des larves est la première quinzaine de Juin. On peut faire recueillir puis brûler les feuilles contaminées et semer sur les plantes après la pluie, un mélange en parties égales de suie et de cendres; il est bon d'arroser par temps couvert avec du purin de ferme; pulvériser une émulsion de pétrole et savon noir (formule 2) ou la dissolution suivante: Eau: 1500 grammes; savon noir: 400 grammes, pétrole 1000 grammes (P. Marchai); enfin il est recommandé après une invasion, de labourer profondément en Décembre ou Janvier après l'arrachement des betteraves puis au commencement de Mars et de semer au milieu de ce même mois.
Explication de la Planche 77: En haut, à gauche: Pegomyia hyosciami Panz. adulte (grossi environ 3 fois 34)- — En bas, à gauche: larve grossie 5 fois. — Feuilles de Betterave rongées par les larves de Pegomyia hyosciami Panz.
Grande culture
Pegoniyia hyosciami, var, hetae Curt.
Mouche de la Betterave.
Grande culture
Plithoviiudcd opfrciilcUa Z.
Teigne de la Pomme de Terre.
Phthorimaea operculella Zeller.
Lépidoptères. — fam. Tinéides.
Envergure: 10 millimètres. Synonyme: Lita solanellaBox^ô.. Nom français: Teigne de la Pomme de terre.
Aspect des dégâts: Feuilles minées dans leur épaisseur par un canal sinueux apparaissant en brun; pétioles minés de même et alors feuilles se desséchant; tubercules percés de trous, sillonnés de galeries et pourrissant bientôt.
Caractères généraux et mœurs: Cette Tinéide commet des dégâts énormes dans plusieurs pays chauds, notamment au Bengale et au Maroc. En France elle était jusqu'à 1913 localisée au littoral du département du Var, dans une bande de territoire s'étendant au pied de la chaîne des Maures, de Hyères à Saint Tropez; Bormes et ses environs semblait la région la plus gravement atteinte. L'insecte apparut pour la première fois à Cogolin en 1906, depuis 1913 il aurait été signalé sur d'autres points de notre territoire.
Le papillon se rencontre surtout dans les locaux où les pommes de terre arrachées sont conservées en tas pour le plant ou la consommation et c'est sur ces tubercules que la chenille exerce principalement ses ravages. L'adulte pond ses œufs sur la pomme de terre; la chenille dès son éclosion se tisse un petit fourreau puis entamant la peau du tubercule elle creuse celui-ci de galeries qui entraînent bientôt la pourriture. Arrivée au terme de sa croissance la chenille sort de la pomme de terre et se tisse un cocon entre deux tubercules, dans l'ourlet des sacs, dans les fentes ou les trous des murs, etc.; quelquefois elle se chrysalide dans la pomme de terre même. Plusieurs générations se succèdent au cours d'une année; il y en a au moins 6 en France.
D'ailleurs l'insecte ne vit pas que dans ces conditions ; en dehors des maisons, il pond sur les feuilles de la plante, sur les pétioles ou sur les tiges et la chenille travaille en mineuse dans ces organes qui ne tardent pas à se faner; elle peut même descendre et attaquer le tubercule qui se trouve ainsi infesté avant son arrachage; pour se transformer elle s'enfonce en terre.
Phthorimaea operculella Zeller. vit également sur plusieurs autres Solanées, notamment sur la Tomate verte (épidémie à Hyères en 1912), la Douce-amère, la Morelle; en Algérie elle est fort nuisible au Tabac.
Les cultivateurs français de la région contaminée ne savent pas reconnaître les dégâts commis par l'insecte en plein champ sur la plante et les attaques manifestées sur les tubercules conservés sont souvent confondus par les récoltants sous le nom de « pourriture » avec les dégâts causés par le Mildiew de la pomme de terre {Phytophiora infestans).
Procédés de destruction: Ramassage des feuilles minées. — Butage des pieds dans les champs. — Examen minutieux des pommes de terre avant leur emmagasinement et destruction immédiate des tubercules gâtés. — Désinfecter les locaux envahis au moyen d'un badigeonnage avec une émulsion de pétrole et de savon. — Conserver les tubercules sains sous une couche de sable de 10 centimètres d'épaisseur.
Explication de la Planche 78: En haut, Phthorimaea operculella Zeller. adulte, au vol et au repos; au dessous: la cheniUe; en bas: pommes de terre attaquées par la chenille.
Calamobius filuui Rossi.
Coléoptères. — fam. Céramhycides.
Longueur: 8 millimètres env. Synonymes: Calamobius gracilis Greutz — Agapanthia marginella F. — Saperda marginella. 'Nom îrdinçdiis: Saperde ?narginée. Nom vulgaire: Aiguillonnier.
Aspect des dégâts: Epis du Blé se détachant de la tige.
Caractères généraux et mœurs: L'insecte est surtout méridional; la femelle qui apparaît en Juin, perce les tiges vertes du Blé au dessous de l'épi et dépose dans ce trou un œuf qui tombe dans le vide central du chaume jusqu'au premier nœud; de cet œuf sort une larve [Ver des Blés) qui remonte dans l'intérieur de la tige jusqu'à la base de l'épi et ronge circulairement la paroi interne de cette tige; celle-ci affaiblie se casse bientôt et l'épi tombe à terre. A ce moment la larve descend dans le chaume, puis s'arrêtant à 8 centimètres environ du pied, elle se change en nymphe, hiverne sous cet état et devient adulte à la fin du printemps suivant.
Calamobius filum Rossi a fait des dégâts sérieux dans différentes contrées, notamment dans les Charentes; en 1845 les ravages qu'il commit dans cette région furent particulièrement graves.
Procédés de destruction: Couper les blés très bas pour enlever avec la paille la nymphe qui sera tuée par le battage. Après la moisson arracher les chaumes et les brûler.
Explication de la Planche 79: En haut, à gauche: Calamobius filum Rossi adulte (gr. env. 3 fois); à droite: tige de blé creusée par la larve. — Epis de blé détachés de leur tige par la morsure de la larve.
Grande culture
CalamohiMS filum Rossi. - — Aiguillonnier.
Grande Culture
Blitophaga opaca L. — Silphe opaque.
Blitophaga opaca L.
Coléoptères. — fam. Silphides.
Longueur: 10 millimètres. Synonyme: 5/7p/ia opaca. Noms rançais: Silphe opaque; Silphe de la Betterave.
Aspect des dégâts: Feuilles des betteraves rongées.
Caractères généraux et mœurs: Le Silphe opaque vit normalement dans les dunes et les terrains des bords de la mer du Nord et de la Manche; comme la plupart des insectes appartenant au même genre, il se nourrit habituellement de matières animales et végétales en décomposition, mais si sa multiplication devient exubérante il s'attaque à différentes plantes de la famille des Chénopodées notamment à la Betterave; c'est ainsi qu'il cause souvent des dégâts extrêmement importants dans les cultures sucrières du nord de la France.
En cas d'invasion, sa biologie peut être résumée de la façon suivante. L'adulte aplati, d'un noir soyeux, apparaît vers le milieu de Juin ; il est peu nuisible bien qu'il ronge comme la larve les feuilles des betteraves; mais à l'époque de son éclosion les plantes sont déjà fortes et peuvent supporter ses atteintes sans grand dommage. On le voit courir dans les champs pendant l'été. A l'entrée de l'hiver il s'enfonce dans le sol et reste engourdi durant la mauvaise saison; au premier printemps il se réveille et les femelles pondent en terre une quarantaine d'oeufs qui en Avril donnent naissance aux larves. Ces larves, noires, agiles, ressemblant à des cloportes, rongent les feuilles des betteraves alors fort petites, entravant ainsi le développement de la plante et la faisant souvent périr; elles apparaissent certaines années en nombre tel, que la récolte peut être anéantie. Il y a d'ailleurs plusieurs générations de larves qui vivent sous cet état 15 jours environ; au bout de ce temps elles atteignent la taille de 1 centimètre 14 et s'enfoncent dans le sol pour se transformer; l'adulte éclôt une"dizaine de jours plus tard; l'évolution complète de l'insecte dure un mois. Au commencement de Juin les larves ont disparu; pendant le reste de l'année on ne rencontre que le;> adultes qui reproduisent l'espèce au printemps suivant.
Un autre Silphe, Blitophaga undata Mull. très voisin du précédent est également fort nuisible aux betteraves ; en Allemagne lors des invasions on voit souvent les deux espèces mélangées.
Procédés de destruction: Pulvériser sur les jeunes feuilles des betteraves, des bouillies arsenicales (formules 11 à 14). — Détruire les adultes en les capturant dans des pots en terre vernissée enfoncés dans le sol et amorcés avec des détritus animaux. Il est recommandé de semer des variétés hâtives de betteraves qui forment des plantes déjà robustes lorsque l'éclosion des larves se produit.
Explication de la Planche 80: En haut, à gauche: Blitophaga opaca L. adulte; à droite: sa larve (grossis environ 1 fois ^). — En bas: feuilles de Betterave rongées.
Agrotis segetum Schiff.
Lépidoptères. — fam. Noctuellides.
Envergure: 40 millimètres. Synonyme: Agrotis clavis Rott, Nom français: Noctuelle des moissons.
Caractères généraux et mœurs: Nous avons déjà parlé (pi. 3) des Agrotis; les chenilles de plusieurs espèces sont extrêmement nuisibles à différentes cultures; celles d' Agrotis segetum Schiff. attaquent surtout les betteraves, qu'elles font souvent périr en rongeant la racine au collet ainsi que la base des feuilles, elles attaquent aussi les pommes de terre dont elles creusent profondément les tubercules.
Le papillon apparaît au milieu de Mai et se rencontre jusqu'à la fin de l'été; il ne vole qu'après le coucher du soleil; la femelle pond de fin Mai à fin Août de nombreux œufs qu'elle dépose par 3 ou 4 au pied des plantes basses; quinze jours après la ponte, les chenilles éclosent.
Ces chenilles connues vulgairement sous le nom de « Vers gris » atteignent à la fin de leur croissance 4 à 5 centimètres de longueur; elles sont d'une couleur grisâtre teinté de vert sombre; elles demeurent durant le jour cachées dans le sol et ne manifestent leur activité, du moins à la surface du sol, que pendant la nuit. Elles ravagent les cultures jusqu'à l'entrée de l'hiver, s'engourdissent en terre durant la mauvaise saison, se réveillent au premier printemps et recommencent à ronger les plantes jusqu'au début dp Mai. époque où elles se chrysalident pour devenir des adultes vers le milieu du même mois. Elles causent certaines années des dégâts énormes surtout dans les sols bien ameublis où elles peuvent plus facilement circuler.
Procédés de destruction: Pour préserver les betteraves, la méthode des pulvérisations arsenicales (formules 11 à 14) est la plus efficace. Pour défendre les autres cultures on pourra recourir aux pièges lumineux installés dans les champs du 15 Juillet au 15 Août pendant les nuits noires et tièdes, aux appâts sucrés et engluants (barils défoncés par un bout ou torches de paille enduits d'un mélange de mélasse et d'éther nitreux) ; on détruira ainsi beaucoup de papillons.
Explication de la Planche 81 : A gauche, en haut: Agrotis segetum Schiff. adulte (gr. nat.); en dessous: la chenille un peu grossie. — A droite: betterave rongée par la chenille.
Grande culture
Agrotis scgetHui Schiff.— Agr otis des moissons.
Arbres non résineux
Eriogaster lanestris L. — Bombyx laineux,
Eriogaster lanestris L.
Lépidoptères. — fam. Bomhycides.
Envergure: 30 à 40 millimètres. Synonymes: Bombyx lanestris— Lasiocampa lanestris — Gastropacha lanestris. Nom français: Bombyx laineux.
Aspect des dégâts: Feuilles du Bouleau rongées; la chenille s'attaque aussi mais moins fréquemment au Saule, au Prunier, à l'Aubépine, etc.
Caractères généraux et mœurs: Aux environs de Paris^ et dans beaucoup déréglons, une première éclosion d'adultes, de ce papillon a lieu en Septembre-Octobre, puis une seconde génération éclôt en Mars, Avril ou Mai de l'année suivante; dans d'autre contrées il n'y aurait qu'une éclosion , celle de Septembre.
La femelle dépose en spirale ses œufs autour d'une petite branche et recouvre sa ponte d'un feutrage laineux. Les chenilles groupées habituellement sur les feuilles qu'elles rongent, construisent en commun une tente soyeuse enveloppant plusieurs ramilles; elles se retirent sous cette enveloppe en cas de mauvais temps et pendant la grande chaleur du jour; ce nid que les chenilles agrandissent au fur et à mesure de leur croissance est divisé en cellules et finit par former une grosse bourse pendante, remplie d'excréments et des dépouilles des mues.
Quand arrive le moment de se transformer, les chenilles, se dispersent, descendent sur le sol et se cachent sous les feuilles mortes ou en terre le long du tronc des arbres, chacune se construit une coque soyeuse où elle se change en chrysalide; l'insecte demeure fort longtemps dans ce dernier état, car le papillon n'éclôt qu'au bout d'une période pouvant varier de 1 à 5 ans.
Procédés de destruction: Profiter d'une journée de mauvais temps, qui oblige les chenilles à se réfugier dans leurs nids, pour cueillir ceux-ci avec un échenilloir afin de les brûler.
Explication de la Planche 82: En haut: Eriogaster lanestris L. adulte et chenille (gr. nat.); en dessous: feuilles debouleau rongées par la chenille.
Limothi'ips cerealium Haliday. — Thysanoptères.
Longueur: 1 à 2 millimètres. Nom français: Thrips des céréales.
Caractères généraux et mœurs: Les Thrips sont des insectes presque microscopiques; ils vivent sur différentes sortes de plantes dont ils piquent les tissus pour sucer les sucs végétaux. Limothrips cerealium Haliday se voit certaines années en grandes quantités sur les épis du Blé et du Seigle. La femelle est pourvue d'ailes, le mâle est aptère,
Sitotroga cerealella Oliv. — Lépidopt. — fam. Tinéides.
Envergure: 15 millimètres. Nom français: Alucite des céréales.
Caractères généraux et mœurs: S'attaque aux céréales. Il a deux générations annuelles; dans l'une l'œuf est pondu sur le grain avant la maturité; les chenilles y pénètrent et sont rentrées dans les greniers avec la récolte; ces chenilles deviennent des papillons qui pondant sur les grains engrangés, produisent une nouvelle génération de larves qui continuent les ravages; les adultes provenant de cette deuxième ponte s'envolent à l'entrée de l'été pour aller déposer leurs ceufs sur les grains en formation. La chenille ronge complètement l'intérieur du grain et s'y métamorphose; les grains attaqués deviennent quand on les broie une bouillie nauséabonde formée d'albumen décomposé mêlé des chenilles et des chrysalides écrasées.*
Tinea granella L. — Lépidoptères. — fam. Tinéides.
Envergure: 8 millimètres. Nom français: Teigne des grains.
Caractères généraux et mœurs: Ne s'attaque qu'aux grains rentrés dans les greniers. Une seule génération par an. L'adulte apparaît vers la fin de Juin; il pond sur les tas de blé. Les chenilles éclosent en Août; elles relient entre eux plusieurs grains par des gaines de soie, rongent les grains ainsi enveloppés et transforment parfois les amas de blé en une masse cohérente d'aspect répugnant; elles se transforment dans les fentes des murs ou des planchers.
Sitophilus granariiis L. — Coléoptères. — Curculionides.
Longueur: 3 millimètres. Synonyme: Calandra granaria. Nom français: Charançon du Blé.
Caractères généraux et mœurs: C'est l'ennemi le plus redoutable ^t le plus commun des céréales conservées dans les greniers. Quatre à six générations par an. La femelle creuse les grains à l'aide de son rostre et dépose un seul œuf dans chaque grain; la larve dévore tout l'intérieur, y opère ses transformations et devient adulte quarante jours après la ponte de l'œuf; pendant l'hiver l'adulte s'abrite dans les fentes des murs et des poutres; quatre à six générations au cours de l'été.
Explication de la planche 83: En haut Limothrips cerealium Haliday — à gauche, femelle: au milieu, mâle: à droite, épi de blé dont un grain porte des Limothrips sous les glumelles soulevées. Au centre Sitotroga cerealella Oliv. En bas, à gauche, Tinea granella L. : à droite, Sitophilus granarius L. ; en dessous grains de blé rongés par la larve de Sitophilus granarius L. (Insectes très grossis).
Voir Addenda.
Grande culture
Limothrips ccrealium Halidav. — Thrips des Céréales. Sitotroga cerealella 01 iv. — Alucite des Céréales.
Tinea grave! la L. — Teigne des Grains. Sitophihis granarius L. — Calandre du Grain.
Grande Culture
Colaspidema atva 01. — Altise noire de la Luzerne.
€olaspidema atra 01.
Coléoptères. — fam. Chrysoméîides.
Longueur: 4 à 5 millimètres. Synonymes: Dans différents traités d'Entomologie appliquée Colaphus ater 01. — Colaspis barbara F. Nom français: Altise noire de la Luzerne. Noms vulgaires: iV^gri7 — Babotte.
Aspect des dégâts: Feuilles de la Luzerne rongées.
Caractères généraux et mœurs: Cet insecte apparaît souvent en masses dans les luzernes de nos provinces méridionales, causant alors des dégâts très considérables.
L'adulte sort de terre au commencement de Mai et dévore les feuilles des luzernes; la femelle pond environ 200 œufs (adhérant entre eux par groupes, au moyen d'une substance gluante) sur les feuilles basses des luzernes ou quelquefois sur le sol même. Douze jours après la ponte, les larves éclosent: d'abord jaunâtres elles deviennent bientôt d'un noir brillant et sécrètent un liquide visqueux analogue à celui qui réunit les œufs; pendant un mois elles dévorent les feuilles des luzernes, puis descendent en terre pour se transformer en nymphes; elles deviennent adultes deux mois plus tard c'est-à-dire vers la fin d'Août. Les adultes font alors dans les champs une courte apparition (certains observateurs assurent même que le plus souvent, ils ne sortent pas de terre avant le printemps de l'année suivante), puis s'enfonçant dans le sol pour hiverner ils s'engourdissent et ne se montrent plus qu'en Avril -Mai.
Lorsque les larves ont dépouillé de ses feuilles une luzernière, elles se réunissent et passent dans une autre en parcourant s'il le faut des distances assez considérables, de sorte que des régions étendues peuvent être ravagées tout entières.
Procédés de défense: Semer sur les feuilles envahies par les larves de la chaux vive ou à défaut des cendres. Recueillir les adultes au moyen d'un appareil spécial.
Explication de la Planche 84: A gauche: Colaspidema atra 01. adulte (grossi environ 4 fois). — Feuilles de Luzerne rongées.
E. P. N. YI. . 15
Orthoptères sauteurs.
Les Orthoptères sauteurs se divisent en trois grands groupes:
1' Les Locustides qui ont le corps presque cylindrique, les antennes au moins aussi longues que le corps et des tarses de 4 articles.
2" Les Acridides dont le corps est comprimé latéralement, qui ont des antennes plus courtes que la moitié du corps et des tarses de 3 articles,
3" Les Gryllides (ou Grillons).
Dans le langage courant, les Locustides et les Acridides sont confondus sous le nom de Sauterelles; cependant on réserve plutôt l'appellation de Sauterelles aux Locustides pour donner aux Acridides le nom de Criquets. Ajoutons qu'en Algérie si souvent ravagée par les invasions de deux espèces d'Acridides, on donne le nom de « Sauterelles » aux adultes ailés et celui de « Criquets » aux larves qui ne peuvent sauter, ou qui, commençant à sauter, ne peuvent pas encore voler (voir p.LXXXIX).
La France n'a pas à souffrir d'invasions proprement dites de Criquets, bien que le Criquet marocain {Stauroriotus marocanus Thunb.) celui qui ravage le plus souvent l'Algérie, ait apparu en masse dans la Camargue en 1901. Cependant plusieurs espèces ordinairement peu nuisibles peuvent certaines années se développer chez nous au point de causer à l'agriculture des pertes considéralbes. Nous indiquons ci-dessous deux de ces espèces:
Caloptenus italicus L.
Orthoptères. — fam. Acridides.
Longueur: 15 à 35 millimètres. Synonymes: Gryllus Italicus — Acridium Italicum. Nom français: Criquet Italien. Nom vulgaire: Langoute.
Ravage fréquemment l'Italie; très abondant dans le centre et le midi de la France; a commis des dégâts très importants dans la Charente en 1901 et 1902.
Pachytylus cinerascens Fab.
Orthoptères. — fam. Acridides.
Longueur: 30 à 60 millimètres. Synonyme: Acridium cinerascens. Nom français: Criquet cendré.
Très commun dans le midi de la France où il cause des dégâts, surtout dans les jardins; il est souvent confondu avec le Criquetpèlerin (Acridium peregrinumQl.) qui ravage trop souvent l'Algérie et avec le Criquet-voyageur {Pachytylus migratorius L.) qui envahit la Hongrie et le sud de la Russie, de sorte que plusieurs observateurs ont signalé des invasions de ces dernières espèces dans notre pays alors que le Criquet cendré était seul en cause.
Explication de la Planche 85: En haut: Caloptenus Italicus L, au vol (gr. nat.). — En bas: Pachytylus cinerascens Fab. (Criquet, cendré) gr. nat.
Grande Culture
Caloptenus Italiens L. — Criquet Italien.
Pachytylns cïverascens Fab. — Criquet cendré
Grande culture
Cecidomyia destrucior Say.
Cecidomye destructive.
Cecidomyia destructor Say.
Diptères. — fam. Cécidomyides.
Longueur: 3 millimètres environ. Envergure: 5 millimètres. Synonymes: Oligotrophus destructor — May étiola destructor — Cecidomyia secalina H. Loew. Nom français: Cecidomye destructive. Nom vulgaire: Mouche de Hesse.
Aspect des dégâts: Tiges du blé renflées par places, se desséchant et se cassant ensuite.
Caractères généraux et mœurs: La Cecidomye destructive s'attaque au Blé et au Seigle dans les régions tempérées ; elle est également fort nuisible surtout dans les régions chaudes à l'Orge et au Maïs.
L'insecte qui en Amérique est un fléau pour la culture des céréales commet souvent en France des ravages considérables. En 1894 le Bocage Vendéen fut envahi et le déficit de la récolte en blé et en seigle atteignit une moyenne de 50%.
Dans notre pays, l'adulte se montre dès le commencement d'Avril; la femelle qui disparaît aussitôt la reproduction faite, pond de 80 à 100 œufs orangés, ayant la forme de bâtonnets, sur la face supérieure des feuilles. Les larves écloses de 2 à 6 jours plus tard s'engagent entre la partie engainante des feuilles et la tige, se fixent sur celle-ci au voisinage d'un nœud ou au collet de la plante et creusant une fossette dans le chaume elles sucent la sève, subissent plusieurs mues et parviennent à la taille de trois millimètres environ. A ce moment elles se transforment à l'intérieur d'une sorte de coque blanche puis rose enfin brunâtre ; cette coque ressemble alors à une graine de lin ; elle ne constitue pas à proprement parler une « pupe » identique à celle de la plupart des Diptères. Ces coques pupales restent fixées au végétal, qui à l'endroit de leur insertion, s'élargit en un renflement caractéristique de la présence du parasite. L'adulte sort de la coque au bout d'un laps de temps très variable selon le degré de chaleur et d'humidité de l'atmosphère. Les générations se succèdent pendant toute l'année: leur nombre augmente ou diminue selon les conditions climatériques et les méthodes culturales de la région envahie; l'humidité favorise le développement de l'insecte mais la sécheresse ne fait que ralentir ses transformations sans détruire les larves. En France il y a le plus souvent 3 ou 4 générations par année; cependant Mr. P. Marchai a pu élever dans son laboratoire de l'Institut agronomique sur une terrasse et à l'air libre jusqu'à 6 générations annuelles.
Les tiges infestées dessèchent puis se cassent au niveau des points attaqués par les larves.
En France d'autres espèces de Cécidomyes sont nuisibles aux céréales, notamment la Cecidomye de l'Avoine (Cecidomyia avenae March.) et la Cecidomye du Froment (Diplosis tritici = Contarinia iritici) Kirby ; cette espèce s'attaque non pas à la tige du Blé comme Cecidomyia destructor Say, mais au grain en formation; ses moeurs diffèrent sensiblement de celles de cette dernière.
Procédés de destruction: Les nombreux parasites des Cécidomyes sont nos meilleurs auxiliaires dans la lutte contre ces insectes; on peut toutefois recommander l'incinération des éteules après la moisson et l'ensemencement tardif des céréales.
Explication de la Planche 86: A droite: Cecidomyia destructor Say; en haut: la femelle; en dessous le mâle (gr. environ 10 fois). — À gauche: tiges de Blé attaquées: en haut: larves fixées sur le chaume; en bas: coques pupales insérées au niveau d'un nœud (Gr. env. 3 fois) et ponte d'œufs sur une feuille.
Lasiocampa trifolii Esp.
Lépidoptères. — fam. Bombycides.
Envergure: 40 à 50 millimètres. Synonyme: Bombyx trifolii. Nom français: Bombyx du Trèfle.
Aspect des dégâts: Feuilles du Trèfle, de la Luzerne, rongées.
Caractères généraux et mœurs: Le Bombyx du Trèfle n'est pas un ennemi redoutable pour nos cultures fourragères; bien que sa chenille soit fort vorace, elle n'apparaît jamais en quantités suffisantes pour causer de sérieux dégâts; nous signalons cet insecte, parce que la présence de cette grosse chenille velue (elle atteint 7 centimètres de long) dans les prairies artificielles intrigue et inquiète parfois les cultivateurs.
Le papillon vole dans les mois de Juillet, Août et Septembre; les œufs pondus à ce moment donnent naissance à des petites chenilles qui se mettent à ronger les feuilles et qui ayant à peine grossi, passent l'hiver blotties sous les plantes basses, dans les feuilles sèches etc. L'hiver passé, elles recommencent à manger et acquièrent rapidement un développement considérable ; à la fin de Juin elles sont parvenues à toute leur taille et se filent dans les feuilles mortes, dans les herbes épaisses du pied des haies, un cocon jaunâtre, gommé et très dur; cette coque est souvent enfoncée à peu de profondeur dans le sol.
Explication de la Planche 87: Chenille et adulte mâle de Lasiocampa trifolii Esp. (gr. nat.). — Tiges de Trèfle rongées.
Grande Culture
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Lasioccunha trifolii Esp. — Bombyx du Trèfle.
Arbres d'agrément
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Zeuzera pyvina L. — ^Zeuzère du Marronnier.
Zeuzera pyrina L.
Lépidoptères. — fam. Bombycides.
Envergure: 50 à 65 millimètres. Synonymes: Zeuzera aesculi L. — Cossus aesculi. Nom français: Zeuzère du Marronnier. Nom vulgaire: La Coquette.
Aspect des dégâts: Arbre languissant: le tronc est percé d'un trou laissant échapper de la sève et des débris de sciure rougeâtre qui s'amassent à son pied ; la tige ou les branches sont creusées d'un canal souvent fort long. Les dégâts rappellent beaucoup ceux du Cossus ligniperda Fabr. (Pi. 67).
Caractères généraux et mœurs: La Zeuzère du Marronnier est un joli papillon aux ailes blanches, pointillées de taches noir-bleuâtre; quelquefois la teinte de fond des ailes supérieures tire vers un grisrosâtre, qui n'est cependant jamais aussi accentué que sur la planche ci-contre; le thorax est orné de 6 taches bleues.
L'insecte, d'ailleurs peu commun, s'attaque à toutes les essences sauf les résineuses; il choisit de préférence les jeunes arbres; nous avons rencontré plusieurs fois sa chenille dans le Troëne et le Lilas.
L'adulte paraît en Juillet; la femelle dépose ses œufs dans les rides des écorces; dès son éclosion la chenille s'enfonce dans l'arbre en forant une galerie cylindrique, dirigée sitôt le bois atteint, selon l'axe longitudinal de la tige ou de la branche attaquée; souvent c'est le centre même de cette tige qui est évidé.
La chenille met trois années à se développer et à se transformer; la chrysalidation s'opère tout près de l'orifice par lequel la chenille rejetait au dehors les détritus et les sciures qui s'accumulaient dans sa galerie; l'adulte opère sa sortie par ce même orifice.
Procédés de destruction: Dès qu'on a découvert l'orifice de la galerie, agrandir les bords avec un outil tranchant et aller chercher la chenille dans sa retraite à l'aide d'un fil de fer terminé en hameçon ; on peut aussi tenter de l'asphyxier avec une capsule de gélatine au sulfure de carbone, un tampon d'ouate imbibée de benzine, etc.
Explication de la Planche 88: Branche de Lilas fendue en deux pour montrer les galeries de la chenille et la chrysalide. — Chenille et adulte (gr. nat.) de Zeuzera pyrina L.
Gracilaria syiingella F.
Lépidoptères. — fam. Tinéides.
Envergure: 9 à 12 millimètres. Synonymes: Tinea syringella — Ornyx ardeaepenella Treits. Nom français: Teigne du Lilas.
Aspect des dégâts: Feuilles des Lilas boursouflées, recoquiliées. puis fanées et desséchées ; parenchyme rongé intérieurement ; plus tard les feuilles sont roulées sur elles-mêmes et réunies en paquets.
Caractères généraux et mœurs: L'insecte a trois générations par an; les adultes de la première génération apparaissent au com.mencement d'Avril, ceux de la seconde en Juillet et ceux de la troisième en Septembre; les chrysalides provenant de cette dernière génération passent l'hiver pour devenir adultes en Avril suivant.
Le papillon vole à la tombée de la nuit; la femelle pond ses œufs sur le pétiole des feuilles du Lilas et une dizaine de jours plus tard il sort de ces œufs des petites chenilles qui perçant le limbe des feuilles s'introduisent dans leur épaisseur et rongent le parenchyme sans e :tamer les deux faces; en général elles sont réunies plusieurs dans une même feuille. Lorsqu'elles ont augmenté de taille et qu'elles ne trouvent plus dans leur abri une place et une nourriture suffisantes, elles sortent en perçant l'épiderme, lient ensemble plusieurs feuilles à l'aide de fils de soie et groupées par petites colonies, dévorent ce qui 1 s entoure jusqu'au terme de leur croissance. A ce moment les chenilles qui sont d'un vert pâle mesurent environ 10 mm. de longueur; elles se dispersent et chacune se laissant glisser au bout d'un fil, cherche un abri soit dans une fente d'écorce soit dans une feuille qu'elle roule, se tisse un cocon et se transform.e en chrysalide.
Gracilaria syringella F. comm.et souvent de grands dégâts dans les parcs et les jerdins où, lors des invasions importantes, les massifs de Lilas entièrement défeuillés présentent l'aspect désolé qu'ils ont pendant l'hiver.
Procédés de destruction: Cueillir et brûler les feuilles dès qu'elles paraissent attaquées.
Explication de la Planche 89: En haut, à gauche: Gracilaria syringella F. adulte grossi environ 2 fois; à droite: feuilles de Lila attaquées (commencement des dégâts).
Arbres d'agrément
Gracilaria syringella F. — Teigne du Lilas.
Plantes d
agrément
SiphonopJiora rosae L.
Puceron des pousses du Rosier.
Siphonophora rosae L.
Hémiptères. — fam. Aphides.
Longueur: 2 à 3 millimètres. Synonyme: Aphis rosae. Nom français: Puceron des pousses du Rosier.
Aspect des dégâts: Jeunes pousses et boutons à fleurs des Rosiers flétris.
Caractères généraux et mœurs: Tous les amateurs de jardins connaissent les petits pucerons verts qui se tiennent en colonies nombreuses sur les jeunes pousses et sur la face inférieure des feuilles des rosiers; ils appartiennent à deux espèces distinctes; ceux qui sucent les pousses ont été dénommés Siphonophora rosae L. {Pucerons des pousses du Rosier); ceux qui piquent les feuilles sont désignés par l'appellation de Aphis rosarum Kalt. {Pucerons des feuilles du Rosier). Ces derniers sont plus petits que les premiers, plus allongés, d'un jaune verdâtre et marqués de petits points obscurs qui leur donnent un aspect chagriné, tandis que le corps des Pucerons des pousses est lisse et d'un vert gai. Aphis rosarum Kalt. se rencontre surtout sur les rosiers forcés en serre; Siphonophora rosae L. est de beaucoup le plus commun dans les jardins; les mœurs des deux espèces sont d'ailleurs à peu près identiques.
La succion des pucerons des rosiers épuise la plante; de plus ces insectes sécrètent une liqueur poisseuse qui en se mélangeant avec la sève s'écoulant par les piqûres, favorise le développement d'un champignon microscopique dont la présence à la surface des rameaux et des feuilles constitue la maladie appelée Morfée ou Fumagine; cette maladie entrave la respiration du végétal.
La reproduction des Pucerons composant le groupe auquel appartiennent Siphonophora rosae et Aphis rosarum présente des particularités intéressantes.
Au printemps, on voit sortir des œufs pondus à l'arrière-saison précédente, des insectes aptères qui une quinzaine de jours après leur apparition donnent naissance sans V intermédiaire d'aucun mâle à des petits vivants semblables à la mère ; ceux-ci à leur tour produisent sans accouplement des larves presque pareilles à eux-mêmes (voir p. XXXIX parthénogenèse). Huit ou neuf générations se succèdent ainsi pendant la belle saison, mais à partir de la 3ème génération on voit apparaître parmi les individus aptères, des femelles munies d'ailes qui s'envolent pour fonder aux environs de la plante où elles sont nées une nouvelle colonie; ces femelles ailées produisent également sans accouplement des petits vivants.
Vers la fin de l'été il naît moins de femelles vivipares mais en revanche il apparaît des mâles généralement ailés et des femelles sexuées aptères qui s'accouplent; ces femelles sexuées pondent sur les tiges, des œufs enduits d'une matière gommeuse qui passeront l'hiver pour donner naissance au printemps suivant aux femelles parthénogénétiques auxquelles incombera le soin de perpétuer l'espèce.
Procédés de destruction: Pulvérisations ou applications au pinceau d'une solution à base de nicotine (formule 8 et 8 bis).
Explication de la Planche 90: En haut: femelle vivipare ailée de Siphonophora rosae L. ; en dessous : individus aptères (très fortement grossis). — Colonie de Siphonophora rosae L. sur les jeunes pousses d'un rosier (gr. nat.).
Lygus campestris Reut.
Hémiptères. — fam. Capsides.
Longueur: 6 millimètres. Nom français: Punaise des Chrysanthèmes.
Aspect des dégâts: Boutons à fleurs des Chrysanthèmes avortant.
Caractères généraux et mœurs: Depuis un certain nombre d'années, les préférences des amateurs de Chrysanthèmes se sont portées sur les variétés à très grandes fleurs richement colorées. Pour obtenir ces fleurs énormes, gloire des expositions horticoles d'automne, on force la plante au moyen d'engrais et d'une culture appropriée et on supprime la plupart des boutons floraux pour n'en laisser que 3 ou 4, souvent même un seul où afflue toute la sève du végétal; mais si cette pousse vient à périr, la plante ne constitue plus qu'un bouquet de feuilles et l'on conçoit le désappointement de l'horticulteur qui perd avec ce bouton unique la fleur merveilleuse que des soins assidus lui laissaient espérer. Or depuis quelque temps les chrysanthémistes de différentes régions voient pareils mécomptes se multiplier de désolante façon; des insectes piquent ou roiigent les boutons floraux et la fleur tant désirée avorte. 11 est certain que les méfaits doivent être causés par plusieurs sortes d'insectes, la plupart ont été insuffisamment observés et leur détermination exacte n'a pas encore été faite; cependant il en est un que la presque unanimité des témoignages semble désigner comme le principal coupable; c'est la petite punaise que nous représentons pi. 91.
De Juin à Septembre, on rencontre cette punaise sur les Chrysanthèmes, piquant les pédoncules des boutons floraux et suçant la sève; celle-ci ne monte plus et la fleur avorte. La biologie de l'insecte est d'ailleurs mal connue.
Procédés de destruction: Pulvérisation d'émulsions à base de nicotine (formules 8 et 8 bis) ou d'émulsions à base de savon noir et de poudre insecticide (formule 9).
Explication de la Planche 91: A gauche: pied de Chrysanthème attaqué. — A droite; en bas: Lygus campestris Reut. adulte (gr. environ 4 fois).
Plantes d'agrément
Lys lis caïupestris Reiit.
Punaise des Chrysanthèmes
Arbres non résineux
Scolyiiis destnictor. 01. — Scolyte destructeur.
Scolytns destruetor 01.
Coléoptères. — fam. Scolytides.
Longueur: 4 à 6 millimètres. Synonymes: Eccoptogaster scoly-tus Fat. — Scolytns Geoffroyi Goeze — Scolytus scolytus Fab. Noms français: Scolyte destructeur. — Grand Scolyte de POrme. Nom vulgaire: Rongeur de l'Orme.
Aspect des dégâts: Ormes languissants; Técorce du trône est
cril)lée de petits trous et montre souvent de lonsrues taches noirâtres; plus tard cette écorce se soulève et se détache" facilement; on voit alors qu'elle est sillonnée en dessous de nombreuses ealeries ainsi que la surface du bois.
Caractères généraux et mœurs: Nous avons déjà parlé des Scolytes (page LXXXV, Planches -29, 32, 41, 50, 63) et inditiué qu'ils envahissent le^ ari>res en voie de dépérissement, déterminant ou précipitant la mort de ceux-ci.
Les Ormes sont attaqués par plusieurs espèces de Scolytes {Scolytus destruetor 01.; Scol. mulîisîriatus Marsh. = ulmi Redt.; Scol. ensifer Eich. ; Scol. pygmaeus Fab. ; etc.'» parmi lesquelles Scolytus destruetor 01. est de beaucoup la plus commune. Les Ormes d'âge avancé bordant les routes, n'ont que trop fréquemment à souffrir de ses attaques mais ceux qui sont plantés sur les trottoirs bitumés, canalisés de conduites à gaz des boulevards des grande villes modernes, finissent presque tous par périr sous ses atteintes: se trouvant dans des conditions d'existence très défavorables, ils végètent péniblement et constituent pour le ravageur un terrain d'invasion bien préparé.
L'adulte de Scolytus iestnzctor 01. apparaît de fin Mai à fin Juin: la femelle perce avec ses mandibudes un court tunnel dans l'écorce, puis elle sort à demi de ce couloir en laissant saillir son abdomen au dehors: après l'accouplement elle rentre dans son tunnel, le prolonge, y dépose environ 100 œufs et meurt : les larves dès qu'elles sont écloses. rongent l'écorce dans la partie qui touche au bois, traçant des galeries parallèles entre elles, qui partent de la chambre de ponte et se dirigent perpendiculairement à ceUe-ci: leur ensemble rayonne en éventail autour de la galerie maternelle. Le travail des larves dure tout l'hiver; au commencement de Mai elles se transforment en nymphes et vers la fin du mois, l'adulte sort de sa galerie en perçant l'écorce.
La multiplicité des galeries entrave la circulation de la sève et l'arbre ne tarde pas à se dessécher.
Procédés de destruction: Relever la vigueur de l'arbre par une taille, des fumures, des Irrigations appropriées. Pendant l'automne ou l'hiver, enlever avec une plane bien tranchante la partie dure et rugueuse de l'écorce et badigeonner avec du goudron la surface ainsi dénudée: il suffit parfois de tracer à l'aide d'ime gouge, d'une rainette, etc.. dans l'écorce minée, une large rigole longitudinale; ces opérations amènent à l'endroit traité un afflux de sève qui noie les larves et crée une nouvelle écorce.
Explication de la Planche 92: En bas. à droite: Scolytus destruetor 01. adulte et larve ^grossissement 5 diamètres^ ; à gauche: dessous d'un fragment d'écorcè d'Orme montrant les galeries des larves.
Crioeeris lilii Scop.
Coléoptères. — fam. Chrysomélides.
Longueur: 8 millimètres. Synonyme: Crioeeris merdigera Fab. Nom français: Criocère du Lis.
Aspect des dégâts: Feuilles des Lis et des Fritillaires rongées.
Caractères généraux et mœurs: Nous avons parlé précédemment (pi. 10) d'un Criocère vivant sur l'Asperge; l'espèce représentée ici ronge les Lis et surtout le Lis blanc; on rencontre très communément l'adulte pendant la matinée, sur les touffes de la plante nourricière, d'abord du milieu d'Avril à la fin de Mai, ensuite vers le milieu de Juillet; dès qu'on veut le saisir il se laisse tomber à terre. La femelle dépose sur la face inférieure des feuilles, par plaques de cinq à six, une vingtaine d'oeufs cylindriques d'un rouge orangé vif, d'où sortent dix jours après la ponte, des larves longues à leur naissance d'un millimètre et demi, ovales, obèses, d'abord jaune d'ambre, plus tard jaune orangé; elles rongent les feuilles, les tiges, parfois les fleurs et en même temps qu'elles prennent leur nourriture elles se recouvrent de leurs excréments qu'elles rejettent sur leur dos, de façon à se constituer un manteau protecteur contre l'ardeur du soleil et les atteintes des parasites. La larve demeure une vingtaine de jours sur la plante, après quoi, se débarrassant de sa couverture d'immondices, elle s'enfonce dans le sol, se construit avec delà terre consolidée d'une sécrétion agglutinative, une petite niche de la grosseur d'un pois et se transforme en nymphe; l'adulte qui éclôt quinze jours plus tard apparaît à l'air libre vers le milieu de Juillet. Les nymphes provenant de cette deuxième génération passent l'hiver en terre et ne deviennent adultes qu'au printemps suivant.
Une espèce très voisine du Criocère du Lis, le Criocère du Muguet, ne diffère de la première qu'en ce que sa tête et ses fémurs sont rouges tandis que chez le Criocère du Lis les mêmes parties du corps sont entièrement noirs.
Procédés de destruction: Récolte des adultes et des larves sur la plante attaquée.
Explication de la Planche 93: A gauche: Lis rongé par les adultes et les larves de Crioeeris lilii Scop. — A droite: en bas, l'adulte (gr. nat.); au dessus sur une feuille, la larve recouverte de son manteau d'excréments; en haut, la même, débarrassée de cette couverture d'immondices.
Plantes d'agrément
Crwcens lilii Scop. — Criocère du Lis
Plantes d'agrément
Megachile centuncularis L. — Mégachiledu Rosiei
Megachile centuncularis L.
Hyménoptères. — fam. A p ides.
Envergure: 20 millimètres. Nom français: Mégachile du Rosier.
Aspect des dégâts: Feuilles des rosiers échancrées circulairement sur les bords.
Caractères généraux et mœurs: Les Mégachiles sont souvent désignées sous les noms d'«Abeilles coupeuses de feuilles » et d'« Abeilles tapissières» à cause delà façon singulière dont elles construisent leur nid. L'espèce figurée ci-contre, très répandue dans nos jardins, nous renseignera sur les mœurs curieuses des insectes composant ce groupe.
L'adulte de Mégachile centuncularis L. apparaît au commencement de Juin ; le mâle est roussâtre, la femelle est noire. Lorsque celle-ci veut établir son nid, elle fait choix d'une galerie quelconque abandonnée, creusée dans le bois ou dans le sol par une larve, un grillon, un lombric, etc.; souvent elle adopte un trou de mur, l'intérieur d'une tige creuse, etc.; elle découpe à l'aide de ses mandibules dans les feuilles des rosiers, des morceaux circulaires qu'elle emporte dans la galerie choisie; de ces lambeaux elle tapisse les parois de la galerie et façonne des sortes de dés ou de godets qu'elle approvisionne d'une pâtée mielleuse destinée à la larve; elle pond sur cette pâtée un œuf puis ferme le dé avec des rondelles de feuilles; immédiatement à la suite de ce godet elle en construit un autre s'emboîtant légèrement dans le premier et le garnit également de pâtée et d'un œuf; elle continue de la sorte fabriquant en tout de 6 à 10 cellules. L'ouverture du couloir qui renferme les godets est hermétiquement close avec des débris de bois ou avec de la terre. Si en démolissant une paroi de la galerie, on met à nu la file des cellules, l'ensemble de celles-ci présente l'aspect d'un long étui formé de fragments arrondis de feuilles de rosier.
La larve sortie de l'œuf se nourrit de la pâtée amassée par la mère et arrivée au term^ de sa croissance elle se tisse une coque de soie où elle se métamorphosera. Au printemps suivant les insectes parfaits éclosent; celui qui occupe la cellule située à l'entrée de la galerie sort le premier, les autres suivent à tour de rôle.
Procédés de destruction: Détruire les adultes en les attirant sur des papiers, des planchettes, etc. enduits d'une substance sucrée et gluante (mélasse et glu) et placés dans les rosiers.
Explication de la Planche 94: A droite: Mégachile centuncularisTu.
femelle adulte; au dessous: la larve (grossies). — Feuilles de Rosier découpées par la femelle.
Periplaneta orientalis L.
Orthoptères. — fam. Blattides.
Longueur: 19 à 25 millimètres. Synonyme: Blatîa orientalis. Nom français: Blatte orientale; blatte des cuisines. Noms vulgaires: Cafard; cancrelat; kakerlac; babarotte; etc.
Caractères généraux et mœurs: Ces répugnants insectes ne sont que trop communs dans les cuisines des vieilles habitations des villes, dans les magasins, entrepôts, boulangeries, brasseries, restaurants, dans la cale des navires, etc. Ils recherchent les locaux bien chauffés, se réfugiant durant le jour dans les coins sombres, ne sortant que la nuit pour ronger les matières alimentaires laissées à leur portée et empester de leur odeur nauséabonde tout ce qu'ils ont touché. La température élevée et humide qui règne dans les serres favorise leur développement; aussi les voit-on y abonder souvent. Lorsqu'ils se sont établis dans un tel îocal ils rongent les boutures, les jeunes pousses, les graines; dans les serres à Orchidées il commettent des dégâts importants à cause de la grande valeur marchande des plantes qu'ils peuvent détruire.
Procédés de destruction: Etablir des pièges au moyen de vases en verre ou de pots en terre vernissée à l'intérieur, enterrés au ras du sol et amorcés avec des matières qui attirent les Blattes, notamment de la JDière sucrée, de l'eau miellée, etc.; placer dans les coins sombres des torchons humides sous lesquels les « cafards » viendront se réfugier pendant le jour; se servir de pâtes empoisonnées à l'arsenic; pulvériser dans les fentes des murs, sous les caisses à fleurs, etc. de la poudre insecticide.
Explication de la Planche 95: A gauche: Periplaneta orientalis L., adulte mâle (gr. nat.) rongeant la tige d'une orchidée; à droite: le même insecte à l'état de nymphe.
Plantes d'agrément
Periplaneta ori
entalisL. — Blatte orientale.
Plantes d'agrément
Chariclea delphinii L. — Noctuelle de la Dauphinelle.
Chariclea delphiiiii L.
Lépidoptères. — fam. Noctuellides.
Envergure: 31 millimètres. Nom français:
Noctuelle de la Dauphinelle.
Aspect des dégâts: Fleurs et fruits du Pied d'Alouette (Dauphinelle) et de l'Aconit rongés.
Caractères généraux et mœurs: La chenille de ce joli papillon vit de Juin à fin Août sur les plantes ornementales citées plus haut; elle n'est d'ailleurs pas commune et les dégâts qu'elle commet sont insignifiants.
Nous ne signalons cette espèce qu'en raison de la beauté de la chenille et surtout de celle de l'adulte, dont le délicat coloris rose et lilas retient forcément l'attention de l'horticulteur le plus étranger à l'entomologie.
Explication de la Planche 96: En haut; à droite: Chariclea delphinii L. adulte; au dessous: la chenilte (grossis). — Pied-d'Alouette des jardins.
Tortrix Bergmanniana L.
Lépidoptères. — fam. Toriricides.
Envergure: 15 millimètres. Synonymes: H etero gnomon Bergmanniana — Pyralis Bergmanniana — Tortrix rosana Hubn. No m. s français: Tordeuse de Bergmann — Pyrale du Rosier.
Aspect des dégâts: Feuilles des rosiers réunies en paquets et rongées ainsi que les boutons floraux.
Caractères généraux et mœurs: Plusieurs espèces de Microlépidoptères s'attaquent aux pousses du rosier.
Nous représentons ici une des espèces les plus communes; elle nuit considérablement dans toute l'Europe à la production des roses.
L'adulte de Tortrix Bergmanniana L. apparaît de la fin de Juin au milieu de Juillet; il voltige le soir après le coucher du soleil autour des rosiers sur les rameaux desquels la femelle pond ses œufs. Si l'année est chaude une deuxième génération de papillons apparaît en Septembre mais en général les œufs pondus en Juillet ne donnent naissance aux chenilles qu'au mois d'Avril suivant. .
La chenille d'abord vert-pâle devient plus tard jaune clair avec «luelques taches vertes sur le dos: elle porte deux plaques noires contlgues sur la face dorsale du premier anneau et quelques poils épars sur la surface du corps.
Cette chenille réunit en paquets à l'aide de fils de soie les jeunes feuilles et les boutons à fleurs et sous cet abri qu'elle agrandit au fur et à mesure de sa croissance, elle ronge tout ce qui l'entoure. Fin Mai elle est parvenue au terme de sa croissance et mesure environ 12 mm. de longueur; elle enroule alors une foliole, tapisse l'intérieur de cet étui d'un réseau soyeux et se change en une chrysalide brune dont chaque anneau porte sur le bord deux rangées de petites épines. L'adulte éclôt un mois plus tard.
Procédés de destruction: Rechercher les paquets de feuilles, les entrou\Tir et écraser la chenille. — Capturer les adultes à l'aide de pièges lumineux.
Explication de !a Planche 97: Adulte grossi de Tortrix Bergmanniana L. — Feuilles de Rosier rongées par la chenille et liées par les fils que tisse celle-ci.
Plantes d'agrément
Torivix Bergmanniana L. — Tordeuse de Bergmann.
Plantes d'agrément