LES CHENILLES
Lorsque l’hiver a dépouillé les arbres de leurs feuilles, les Lépidoptères ne s’offrent plus à nos regards. Mais dès que les feuilles commencent à se montrer aux arbres et aux arbrisseaux, cette tribu de la gent insecte apparaît au jour. Des chenilles de toute espèce rongent les feuilles, avant même qu’elles soient entièrement dégagées de leurs bourgeons. Ces chenilles viennent de sortir des œufs, que les papillons
LEPIDOPTERES.
avaient pondus à une époque antérieure. La nature a tout combiné de façon que la chaleur nécessaire pour l’éclosion de ces œufs soit justement celle qui déterminera le développement des feuilles des petites plantes et des arbres propres à nourrir les nouvelles venues.
Une fois sorties de l’œuf, les jeunes chenilles ont une forme plus ou moins allongée et cylindrique. Leur corps se compose de douze segments, ou anneaux. En avant, se trouve la tête; puis viennent trois segments qui portent les pattes antérieures et constituent le tronc. Les autres segments constituent l’abdomen.
La. tête est formée, de parties écailleuses. Elle est souvent très-profondément échancrée à sa partie supérieure, et divisée en deux lobes qui renferment dans l’angle formé par leur écartement les diverses parties de la bouche. Cette tête est unie et ne présente aucune proéminence dans nos chenilles; mais dans celles des régions intertropicales elle est souvent armée d’épines, de piquants et d’appendices bizarres. On y observe six petits yeux, simples, isolés les uns des autres. La bouche est armée latéralement d’une paire de mandibules cornées très-solides, articulées au moyen de muscles vigoureux, et se mouvant horizontalement. Les mandibules ont pour fonctions, comme les mâchoires, de diviser les aliments. Sur le milieu d’une large lèvre inférieure, on aperçoit un petit organe allongé, tubulaire, percé d’un orifice microscopique. Cet organe est la filière , qui sert à l’animal à fabriquer les fils dont il aura un jour besoin. C’est un tube composé de fibres longitudinales. 11 ne présente qu’un seul orifice, taillé obliquement en bec de flûte, et susceptible de s’appliquer exactement aux corps sur lesquels la larve est placée. De la nature contractile de cet organe et de la forme de son orifice, combinées avec la faculté que possède l’insecte de le mouvoir dans toutes les directions, résultent les grandes différences que l’on observe dans le diamètre et la forme des fils.
Les organes appendus au tronc et à l’abdomen sont les pattes, les stigmates et divers appendices.
Les pattes sont de deux natures différentes. Les unes, au nombre de six et attachées par paires, au tronc, sont recou-
vertes d’un cartilage luisant, et armées de crochets. Ce sont les pattes écailleuses ou les vraies pattes. La figure 102 repré-
Fig. 102. Pattes écailleuses de la Chenille du chêne et de l'orme.
sente, d’après les planches du mémoire de Réaumur sur les différentes parties des chenilles 4, les pattes écailleuses de la Chenille à oreilles du chêne et de forme. Les autres sont membraneuses, charnues, ordinairement coniques ou cylindriques,
Fig. 103. Jambes membraneuses de la Chenille du ver à soie.
contractiles et prenant, suivant la volonté de l’animal, des formes très-différentes.
La figure 103 représente, d’après le meme mémoire de Réaumur, les formes différentes des jambes membraneuses de la chenille du ver à soie. Cette figure donne une idée suffisante de la forme de ces organes , et des crochets, en demicercle ou en cercle, qui les garnissent.
On voit dans la figure 104 deux jambes membraneuses d’une