Tome I, page 164, planche 3e, fig. 1 et
grosse chenille, dont les crochets des pieds sont cramponnés sur une branche d’arbuste (Réaumur)
Fig. 104. Jambes membraneuses d’une grosse Chenille embrassant une branche d’arbuste.
Les chenilles ont de deux à dix fausses pattes, les pattes écailleuses étant toujours au nombre de six. On divise les fausses pattes en postérieures et intermédiaires. Les premières sont au nombre de deux. Les intermédiaires ne sont jamais au delà de nuit.
Dans la chenille qui a ses pattes au grand complet, c’està-dire au nombre de seize, il existe deux espaces vides où son corps n’a pas de support : l’un entre les vraies pattes et les fausses pattes, formé par ie quatrième et le cinquième anneau; l’autre entre les fausses pattes intermédiaires et les pattes anales, formé par le dixième et le onzième anneau.
Les variations que les chenilles éprouvent quant au nombre et à la situation des fausses pattes, sont les suivantes.
Le plus grand nombre d’entre elles a dix fausses pattes, d’autres n’en ont que huit; d’autres que six, comme chèz les Demi-Arpenteuses ; d’autres que quatre, une paire étant située sur le dernier anneau, et l’autre sur le neuvième ; c’est ce que l’on voit chez les Arpenteuses ou Géomètres. Enfin d’autres encore n’ont que deux fausses pattes.
La forme, le nombre et la situation variés de ces organes doivent produire de grandes différences dans le mode de locomotion des chenilles. C'est en effet ce que l'on observe. Les chenilles pourvues de dix ou de huit pattes membraneuses ont en marchant des mouvements onduleux peu prononcés. Leur corps est sensiblement parallèle au plan qui le supporte. Elles peuvent marcher fort vite ; mais leurs pas sont petits et se répètent promptement. Chez les autres, au contraire, à mesure que le nombre des fausses pattes diminue, et que les vides où le corps n'est pas soutenu augmentent, la marche devient plus irrégulière et plus bizarre.
Que le lecteur veuille bien jeter les yeux sur la figure 105, empruntée au mémoire de Réaumur sur les Chenilles en gêné -
ral\ qui représente une Chenille arpenteuse , à quatre pattes membraneuses. On voit qu’il y a un espace considérable entre les deux dernières pattes écailleuses et les deux premières pattes membraneuses, espace durant lequel le corps n’a pas d’appui. Si une de ces chenilles, tranquille et allongée, se détermine à marcher pour faire le premier pas (fig. 106), elle commence par se faire une sorte de bosse en courbant en arc
la partie qui n’a pas de jambes et finit par lui donner l’apparence d’une boucle (fig. 107). On voit que dans cette posi-
Fig. 105. Chenille arpenteuse.
Fig. 106. Chenille allongée.
Fig. 107. Chenille contournée en boucle.