‹ Les insectesChapitre 16 sur 40 · Tome I, page 654, planche 46, fig · texte numérisé non relu

Tome I, page 654, planche 46, fig

suppose que ce qu’ont fait ses doigts pour allonger l'aile du papillon, est fait naturellement par des liquides chez l'insecte qui vient de naître et dont les ailes ne sont plus resserrées dans des fourreaux. Au moment de la naissance, les ailes sont planes et épaisses; en croissant petit à petit elles s’étalent et se contournent.

Quand ces ailes sont complètement développées et aplaties, elles s’affermissent et se durcissent insensiblement, et cet affermissement s’étend en même temps à tout le corps.

a A t , Les figures 140 et 141, empruntées comme

dont les ailes sont plus ° 1

élargies, mais retirées les précédentes au 14e mémoire de Réaumur

sur elles-mêmes. , T „ . . ...

( sur la transformation des chrysalides en papillons), montrent les états par lesquels passent les ailes du

Fig. 139. Papillon

Fig. 140. Papillon nocturne dont^les ailes se développent.

Fig. 141. Papillon nocturne dont les ailes sont développées.

même papillon nocturne, avant de prendre leur développement définitif.

Tout ce que nous venons de dire s’applique à ces chrysalides coniques d’où sortent les Phalènes. La sortie du papillon se fait essentiellement de la même façon dans les chrysalides angulaires. Cependant dans celle que nous avons prise pour exemple et dans beaucoup d’autres, les ailes des papillons se développent plutôt que celles des papillons de chrysalides coniques.

LÉPIDOPTÈRES

Elles s’étendent, se contournent dans les premiers, pendant que le papillon est encore logé dans sa chrysalide.

Cette remarque est assez curieuse si l’on considère que les papillons des chrysalides coniques volent presque tous le soir ou la nuit, tandis que les papillons des chrysalides angulaires volent en plein midi.

Les chrysalides renfermées dans des coques se défont entièrement ou en partie, de leur dépouille, dans la coque même. Mais le pauvre papillon est toujours prisonnier. Il a franchi une première enceinte, il faut qu’il perce la seconde.

Comment parvient-il à trouer les murs, souvent bien solides, de cette seconde prison, pour recouvrer sa liberté ? Réaumur a constaté dans la Livrée que la tête est le seul instrument dont l’insecte se serve pour s’ouvrir un passage. Et ce sont les yeux à facettes et cornés, qui agissent alors comme des limes. Ces limes coupent les fils très-fins qui composent le cocon. Dès que le bout de la coque est percé, le papillon se sert de son corselet comme d’un coin, pour agrandir le trou. Bientôt il fait sortir ses deux jambes antérieures, se cramponne par elles sur le cocon, et peu à peu sort tout entier de sa prison.

Ce sont ces êtres délivrés de leurs entraves, ce sont les papillons parfaits que nous allons pouvoir considérer maintenant.

Page 1