SCARABÉIENS. — GÉNÉRALITÉS
quatre heures après avoir été percé d'une épingle. Au contraire, les Lucanes résistent pendant plusieurs jours, et leur vitalité est telle que la tête, séparée du corps, peut encore, après vingt-quatre heures, serrer fortement entre les mandibules le doigt qui l'excite.
Les espèces de Passales sont nombreuse» et assez difficiles à déterminer, d'après leurs ressemblances de forme et la couleur noire uniforme de leur robe. On peut consulter, à ce sujet, la Monographie des Passales et des genres qui en ont été séparés, par M. Percheron (in-8°, Paris, 1835, 7 pi.), avec deux suppléments dans le Magas. de zool. de Guér.- Mén. (18/il, pi. 77-79, et 18ûi, pi. 131-135). Depuis ce travail, un grand nombre d'espèces nouvelles on été décrites. Nous figurons le P. pentaphyllus, Palis. Beauv., des Etats-Unis (pi. xxiii, fig. 7), et les détails du P. interruptus, Linn. (8, tète vue en dessous; 80, mâchoire et palpe; 8 6, lèvre inférieure et palpes ; 8 c, labre). La première de ces espèces est maintenant du genre raxillus, Mac Leay ; et la seconde, du Brésil, de la Guyane, de la Colombie, du Pérou, appartient au genre Neleus, Kaup., car les Passalus américains ont subi un dédoublement en seize genres ; en outre, plusieurs genres de Passales ont été établis pour les espèces des régions chaudes de l'Afrique, de l'Asie, de l'Australie et des îles qui en dépendent* et le groupe compte actuellement plus de cinq cents espèces.
Tribu des SCARABÉiehs.
Le grand législateur de l'histoire naturelle, Linnseus, réunit le premier, sous le nom de Scarabées, un nombre considérable de Coléoptères, et parmi eux les plus grandes espèces de l'ordre présentant des antennes terminées par une massue constituée par des feuillets ou des lamelles. En 1799, C. Duméril distingua dans ce grand groupe les Lamellicornes ou Pétalocères, dans lesquels les articles terminaux des antennes, tout en variant à certains égards, ne cessent jamais d'être mobiles à la façon des feuillets d'un livre, et les Pectinicornes, Serricornes ou Priocères, ayant la massue des antennes constituée, non par des feuillets mobiles, mais par des dentelures fixes. Ce sont nos deux tribus des Scarabéiens et des Lucaniens. Ce n'est qu'en 1817 que Latreille adopta la division si naturelle de C. Duméril, sous les noms de Scarabéides et de Lucanides.
Le grand perfectionnement organique des Scarabéiens ne permet de donner aux adultes que les caractères généraux suivants : Antennes insérées en avant et près des yeux sous un rebord de la tête, de sept à onze articles, le premier grand, les derniers élargis en feuillets transverses et mobiles {massue terminant le stipe ou funicule). Pattes plus ou moins fouisseuses, surtout chez les femelles, principalement les antérieures ; tarses ayant tous cinq articles.
liOO COLÉOPTÈRES.— SCARABÉIENS.
Le système nerveux des Scarabéiens présente pour toute chaîne ventrale une grosse masse nerveuse concentrée dans le thorax, sans ganglions abdominaux, tandis qu'un nombre plus ou moins grand de ceux-ci reste séparé de la masse unique thoracique dans les Carabiques et la plupart des autres Coléoptères, cette diffusion des centres nerveux étant un caractère d'infériorité. Tandis que les Carabiens n'ont que des trachées tubuleuses, chez les Scarabéiens un grand nombre de vésicules s'adjoignent aux deux troncs trachéens tubuleux, comme le montre la belle tigure de Straus-Durckheim (pi. 7, fig. U) dans sa célèbre anaiomie du Hanneton (Paris, 1828, Considérations générales, etc.). Les trachées vésiculeuses sont un perfectionnement lié à une locomotion aérienne plus aisée, à une chaleur propre plus considérable que chez les Carabiens (Newport), en rapport avec une combustion musculaire plus énergique. Les pattes, au lieu de présenter une suite d'articles cylindroïdes comme chez les Carabiens, où elles ne servent qu'à la course, offrent des élargissements, des courbures, des dents, des épines en rapport avec des fonctions plus variées. Les pièces buccales, bien que bien moins grandes et moins robustes que chez les Coléoptères carnassiers, et en cela adaptées à une nourriture composée de substances liquides ou molles, ou de végétaux, sont bien plus diversifiées dans leurs modifications et dans leurs parties constitutives. Cette division plus grande du travail physiologique dénote une supériorité organique, et c'est pour cette raison que M. E. Bl-anchard, dans ses ouvrages et dans le Catalogue des Coléoptères du Muséum d'histoire naturelle, a placé les Scarabéiens au début de l'ordre des Coléoptères. Nous avons déjà rappelé pourquoi, ne cherchant dans cet ouvrage qu'à étudier les insectes au point de vue principal de l'entomologie appliquée, nous avons dû souvent sacrifier la philosophie naturelle et suivre surtout l'habitude générale. C'est, je pense, surtout par analogie avec l'ordre adopté pour les Mammifères et les Oiseaux, que la plupart des auteurs commencent l'étude des Coléoptères par les Carnassiers. On peut invoquer aussi des sens et des instincts plus développés pour ceux qui poursuivent des proies vivantes.
La variation considérable des organes dans les Scarabéiens ne nous permet pas de nous étendre en considérations d ensemble. Le tube alimentaire est plus ou moins allongé et contourné, et l'estomac muni de nombreuses papilles creuses où séjourne le suc gastrique ; les canaux de Malpighi sont plus longs et plus déliés que chez les Carabiques. L'abdomen présente certains caractères importants : il est muni de sept stigmates de chaque côté, dont la position nous permettra une division des Scarabéiens en deux groupes. La première paire des stigmates peut sembler manquante, et se cacher dans la fissure qui sépare le métathorax du premier segment. La largeur de l'abdomen égale le plus souvent celle de la base du corselet, quelquefois la dépasse (genre Osmoderma), quelquefois e,st moindre (t^oprides), Le plus souvent les