‹ Les insectes (volume 2)Chapitre 28 sur 53 · TROX · texte numérisé non relu

TROX

une corne recourbée de chaque côté, ou simplement quatrituberculé. Cet insecte, ajoute-t-il, vole le soir à très-faible hauteur dans les liUzernes, les prairies. Nous engageons donc les amateurs à essayer de prendre de cette manière, en fauchant, cette espèce physiologiquement si curieuse et fort recherchée pour les collections. On le trouverait bien plus rarement, selon Jacquelin du Val, sous les excréments secs et parmi les détritus des inondations, et enfin dans les estomacs des Crapauds et des Engoulevents, qui s'en repaîtraient volontiers. Toutefois les espérances pourraient bien être déçues sur ce dernier point, car M, E. Blanchard dit : « Quelques personnes ont prétendu que les Crapauds et les Grenouilles recherchaient cet insecte pour en faire leur nourriture; elles assuraient qu'il était facile de l'obtenir en éventrant des Crapauds et des Grenouilles. Nous avons tenté nous-même en vain cette expérience, et divers entomologistes qui l'ont également tentée n'ont obtenu aucun résultat (1). »

Les derniers Scarabées de terre n'ont plus les pattes de devant propres à fouir le sol, mais uniquement destinées à la marche ; les jambes antérieures ne s'élargissent pas et sont faiblement dentées. Les mandibules et le labre sont cornés et à découvert, les mâchoires le plus souvent membraneuses et inermes. Les antennes ont neuf ou dix articles, avec une massue de trois, en général lamelleuse. Les hanches internàédiaires sont toujours contigûes, et l'abdomen n'a en dessous que cinq segments. Ces insectes sont répartis surtout le globe, de mœurs peu connues, paraissant fréquenter les sables et se nourrir de divers débris organiques, mais non d'excréments. "™"

GENRE PRINCIPAL

TROX, Fabr. — Tête petite, contractile ; antennes de dix articles. Corselet convexe, lobé, échancré. Élytres oblongues ou ovales, convexes, souvent couvertes d'aspérités.

Les Trox sont des insectes qui courent à terre dans les lieux secs et arides, dans les sablonnières, où l'on comprend peu comment les espèces aptères peuvent trouver pour se nourrir des matières organiques. Ils recherchent les cadavres desséchés, dont ils rongent les parties tendineuses. On les rencontre aussi au pied des arbres, vivant de débris végétaux décomposés. Un certain nombre de Trox ont les élytres soudées et manquent d'ailes ; les autres ont des ailes, mais s'en servent peu. Ces insectes sont souvent couverts de terre ou de poussière, et ont des couleurs sombres externes, une taille petite ou moyenne, une

(1) E. Blanchard, Histoire des Insectes. Paris, Firmin-Didot, 1845, t. I, p. 254.

forme ovalaire ou oblongue, des téguments coriaces, dur , plus ou moins raboteux en dessus, et les élytres ordinairement chargées de tubercules en séries longitudinales.

Il existe près de cent espèces de Trox^ répandues dans toutes les régions des deux mondes, sauf la Polynésie. Il n'y en a qu'une espèce en Australie, le T. alternans, Mac Leay. Nous trouvons assez communément dans les environs de Paris : le T. hispidus, Laichart., noir, allongé, de 8 à 9 millimètres, avec corselet raboteux à trois sillons, élytres striées à points saillants, avec faisceaux de poils entre les sillons, se plaisant au bas des coteaux sablonneux ; le T. salmlosus, Linn., ressemblant au précédent, mais plus petit, avec lignes enfoncées rugueuses sur les élytres; le T. scaber, Linn., de très-petite taille, avec poils roussiltres sur ses élytres striées et son corselet sillonné en long. — Nous figurons une espèce du Pérou, d'un gris terreux terne, décrite dans le texte de VIcon. de Guér.-Mén., p. 85: le T. œger, Guér.-Mén. (pi. XXV, fig. 9; 9 a, sa tête ; 9 b, lèvre inférieure etpalpe ; 9 c, mâchoire et palpe; 9d, labre; 9e, mandibule).

Les Trox contrefont le mort quand on veut les saisir, contractent leurs pattes et enfoncent leur tète sous le corselet, en faisant entendre un petit murmure qui résulte du frottement de l'abdomen contre les élytres soudées ou accolées, qui remplissent l'offlce d'une voûte vibrante. Les Trox et les genres voisins du même groupe ne peuvent contracter leur corps en boule. D'autres genres du même type peuvent rentrer leurs pattes sous le corps, replier la tête horizontalement en dessous, et incliner le corselet à angle avec les élytres, de manière à présenter l'aspect d'une boule. Ils se rattachent au genre Acanthocerus , Mac Leay, et, à part deux espèces de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Calédonie, sont tous américains.

Ici se termine l'examen rapide des Scarabées de terre dont le régime, sauf l'exception du genre Lethrus, si anomal encore sous d'autres rapports, se compose de matières organiques diversement décomposées. Ils formeraient à eux seuls la première section des Scarabéiens, adoptée par les entomologistes les plus modernes et fondée sur les stigmates abdominaux, si un dernier groupe, de mœurs toutes différentes, vivant sur les fleurs, ne s'y rattachait forcément par le même caractère anatomique, tandis que l'aspect et les habitudes les associent à certains genres de l'autre section. On ne peut conserver dans les classifications certains rapports sans en rompre d'autres ; c'est une imperfection nécessaire et inhérente à toutes nos tentatives pour représenter approximativement les groupes naturels à liaisons variées et multiples, qui semblent défier toute coordination absolument exacte.

Nous devons faire remarquer que toutes les larves connues des Scarabéiens étudiés jusqu'ici ont les mâchoire^ à deux lobes (Bousiers,

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A[)hodies, Géotrupes, Trox), et qu'au contraire celles des genres qui suivront ont les mâchoires à un seul lobe (Scarabées, Hannetons, Trichies, Cétoines). Il faut malheureusement ajouter que le trôs-petit nombre de ces larves encore étudié ne laisse pas à la précision de ce caractère toute la certitude désirable.

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