SCARABÉES DES ARBRES ET SCARABÉES DES FLEURS
La première section comprend encore un groupe de Scarabéiens qui présente les caractères généraux suivants : Antennes de neuf ou dix articles, avec la massue de trois. Labre et mandibules cornés, à découvert, celles-ci munies d'une lame membraneuse interne ; lobes des mâchoires inermes, l'externe parfois filiforme et très-long; languette membraneuse, bilobée. Tarses très-allongés, à crochets égaux, grêles et simples. Six segments ventraux à l'abdomen, tous libres. Les insectes en question ont les jambes antérieures dentées en dehors et les autres inermes. Leur taille est moyenne, leurs téguments minces, de couleurs variées. Ils sont remarquables parleur villosité plus ou moins prononcée. L'abdomen n'est qu'imparfaitement recouvert par les élytres, souvent subpointues et déhiscentes à l'extrémité, et laissant le pygidium à découvert. Les espèces de ce groupe sont américaines ou asiatiques, avec certaines du bassin de la Méditerranée. Les différences sexuelles sont nulles ou peu prononcées, les mœurs très-mal connues et les métamorphoses ignorées.
GENRES PRINCIPAUX
GliAPIlVRUfS, Latr. — Antennes de dix articles ; la massue grosse, ovale, paraissant solide et non lamelleuse, carie premier article, concave, emboîte fortement les deux autres. Dessus du corps à poils fins, couchés ; poitrine velue ; côtés de l'abdomen et pygidium très-velus. Pattes longues et robustes; cuisses postérieures très-grosses, surtout chez les mâles, arquées ; tarses beaucoup plus longs que les jambes. ,
Les Glaphyres ont des couleurs uniformes, bleues, vertes, dorées, bronzées. Ils se trouvent surtout sur le pourtour méditerranéen, de la Sibérie méridionale au nord de l'Afrique. Ils préfèrent les montagnes aux plaines, et vivent sur les fleurs, principalement celles des Chardons, où ils aiment à s'enfoncer. Nous citerons : le G. Serratiilœ, Fabr., de l'Andalousie et de l'Algérie; le G. rufipennis, Gory, rapporté d'abord de la Perse par Olivier, existant aussi en Syrie (pi. xxvi, fig. 1; 1 a, tête en dessus ; 1 b, mâchoire et palpe ; 1 c, mandibule vue de profil ; 1 d, mandibule vue du dos). Cette espèce est d'un brun violacé, avec pubescence du dessous du corps et du pygidium jaune, à corselet ponctué, à côtés parallèles, plus long que large. Quinze espèces.
/j30 COLÉOPTÈRES. — SGARABÉIElNS.
AIUPHICOMA, Latr. — Antennes courtes de dix articles^ le premier très-renflé et très-velu au bout, à massue comme celle des Glaphyrus. Corps hérissé de poils fins, longs et dressés. Élytres submembraneusus, minces, plus ou moins déhiscentes à l'extrémité, offrant des poils couchés et en bandes longitudinales. Tarses grêles et très-longs.
Le corps très-poilu et la faible consistance des élytres des Amphicomes les font facilement reconnaître : ils semblent entourés d'une chevelure ; leurs couleurs, ordinairement métalliques, sont très-variées. Les Amphicomes ont près de vingt espèces dans l'Asie occidentale et le pourtour méditerranéen ; elles abondent en Syrie, en Turquie, en Grèce, vivent sur les fleurs, multiplient beaucoup et couvrent souvent au printemps de vastes espaces. Le genre Amphicoina a été subdivisé par M. E. Blanchard en Amphicoma, Latr., pour les espèces à mandibules fortement dentées au côté interne et à lobe externe des mâchoires très-long et pointu, et Psilodema, E. Blanch., pour des espèces moins nombreuses, à mandibules sans dents, à lobe externe des mâchoires court et tronqué, à élytres très-acuminées et aiguës en arrière. Nous citerons l'J. mêles, Fabr. {Psilodema), très-commun en Algérie et dans toute la Barbarie, à corps allongé, cuivreux, avec le corselet garni de poils jaunes, et les élytres bleuâtres, revêtues d'une pubescence cendrée; VA. bombylîformîs, Pall. (pi. xxvi, fîg. 2), de la Russie méridionale, du Caucase, de la Turquie, de la Grèce; 1'^. Lasserrei, Germar, de Grèce, Syrie et Caucase (pi. xxvi, fig. 3, tète en dessus ; 3 a, antenne ; 3 b, labre ; 3 c, lèvre inférieure et palpes ; 3 d, mâchoire et palpe; 3 f, mandibule; 3e, jambe antérieure et tarse; 3^, tarse antérieur très-grossi; 3 h, ses crochets).
AliTHIPHA, Latr. — Antennes robustes, de dix articles, à massue serrée, à feuillets libres. Corps allongé, peu velu. Élytres oblongues, peu convexes. Pattes longues et faibles.
Ce genre est établi sur deux espèces d'Italie, dont la première s'étend dans l'Allemagne méridionale : c'est 1'^. abdominalis, Fabr., à corselet vert, à élytres rougeâtres (pi. xxvi, fig. Zi ; Ua, tête en dessus ; k b, antenne; hc, jambe et tarse antérieur du mâle). D'après M. Ghiliani, cette espèce vole en abondance dans les clairières des bois, en mai et juin, et les femelles ont l'habitude de s'enfoncer dans le sol, où les mâles vont à leur recherche. L'autre espèce est VA. Carceli, Cast., d'un vert bronzé, à reflet cuivreux sur le corselet et les bords des élytres, et d'un bronze obscur en dessous. Elle se trouve notamment dans la campagne de Rome : ainsi, dans la seconde quinzaine de mai, dans les bois qui avoisinent le lac d'Albano. Le corps est presque glabre en dessus et moins poilu que chez VA. abdominalis. Les Anthypna sont moins velus que les Amphicoma.