DEFINITION
sans nourriture, mais où les parties bien visibles de l'adulte sont enveloppées d'une simple membrane : ainsi chez les Coléoptères. On appelle chrysalides les nymphes des Papillons, à peau plus consistante, laissant les parties moins distinctes : ce nom, ou celui d'aurélie, vient des taches dorées ou argentées et dues à de l'air intercalé qu'offrent alors quelques espèces. On a quelquefois désigné par le mot fève ces mêmes états, quand l'aspect est brun et terne. Les pupes sont ces nymphes d'un nombre considérable de Diptères, où les parties sont cachées sous une peau opaque qui est celle de la larve épaissie. Enfin vient l'état adulte ou parfait, dans lequel l'insecte est apte à la reproduction, et pour lequel il serait à désirer qu'on eut adopté le nom d'image [imago de Linnseus), signifiant que l'animal, dégagé des enveloppes qui masquaient son type, ofTre la véritable représentation de son espèce. Ce qui montre avec quelle prudence les métamorphoses doivent entrer dans la caractéristique des ordres des Insectes, c'est que les Insectes inférieurs, sans métamorphoses, sauf peut-être des mues, doivent se regarder comme des larves avec organes générateurs, et que, dans des ordres à métamorphoses, tels que les Orthoptères et les Hémiptères, certains genres, par arrêt dans le nombre des mues, demeurent toujours ou à l'état de larve ou à celui de nymphe, avec un développement exceptionnel de l'appareil génital, permettant la reproduction de l'espèce.
Bien que la classification des Insectes doive terminer cette introduction, il est cependant indispensable , pour éviter toute obscurité aux lecteurs étrangers à l'entomologie, d'établir en quelques mots les principaux ordres des Insectes. Sans cela de continuelles confusions nuiraient à l'étude générale des fonctions. Les Coléoptères sont essentiellement caractérisés par l'existence de deux paires d'ailes, dont les supérieures dures et coriaces servent d'étuis ou d'élytres aux inférieures membraneuses : tels sont les Carabes, les Cétoines, les Hannetons, les Coccinelles, etc. Les Orthoptères, également à quatre ailes, ont les étuis supérieurs bien moins complets, moins résistants, constituant des pseudélytres : ainsi les Forficules ou Perce-Oreilles, les Grillons, les Mantes, les Sauterelles, les Criquets, etc. Les Névroptères ont les quatre ailes membraneuses : par exemple, les Libellules ou Demoiselles, les Hémérobes, les Phryganes, etc. Dans ces trois premiers ordres, les adultes et les larves sont broyeurs, c'est-à-dire coupent et mâchent avec leurs pièces buccales des aliments plus ou moins solides. Viennent ensuite des Insectes lécheurs ou suceurs, du moins à l'état adulte, se nourissant de substances visqueuses ou limpides. On y distingue les Hijménoptères à quatre ailes membraneuses et nues, comme les Abeilles, les Bourdons, les Guêpes, les Fourmis, les Ichneumons, etc. ; les Lépidoptères à quatre ailes membraneuses, mais couvertes de petites écailles, ressemblant à une farine colorée : ce sont les Papillons de jour et de nuit ; les Hémiptères, tantôt à ailes supérieures ou hêmélytres à demi coriaces du côté de la base, comme les Punaises des bois et des eaux, tantôt à quatre
ailes membraneuses, comme les Cigales ; les Diptères n'olfranl, à la première apparence, que deux ailes membraneuses : ainsi les Cousins, lesTipules, les Taons et l'immense légion des Mouches.
Enfin, en négligeant des groupes très-secondaires, nous réunirons provisoirement sous le nom d'Aptères ces Insectes dégradés, totalement privés d'ailes, ou ne gardant que d'inutiles vestiges, comme les Poux et les Puces.
§ H. — Étude anatoinique et pliys^iologique des fonctions.
On sait que les tissus élémentaires des animaux constituent par leur assemblage les divers organes, et qu'on donne le nom de fonctions au\ rôles accomplis par ces organes dans l'évolution vitale. En vertu de la distinction la plus nette que l'esprit puisse concevoir entre les animaux et les végétaux, on partage les fonctions en deux grandes classes, végétatives et animales. Les premières, communes aux deux règnes, sont les grandes fonctions de nutrition., conservant la vie de l'individu, et de génération, assurant celle de l'espèce. Les secondes, plus élevées, spéciales aux animaux doués du mouvement volontaire et de la sensibilité, sont celles de locomotion et de relation, mettant l'être vivant en rapport avec le monde extérieur.