VII. — OEDÉMÉRIDES
Antennes de onze ou douze articles, presque toujours filiformes et grêles. Tête géni'ralement en museau rétréci, mais sans cou brusque. Corselet plus élroit que lesélylres, presque toujours rétréci à sa base et non exactement continu aux élytres; écusson assez grand. Élytres généralement de consistance peu solide, souvent atténuées en arrière et déhiscentes. Abdomen de cinq segments libres en dessous (six chez quelques mâles : ex. Calopus). Tarses à crochets toujours simples. Corps allongé et svelte. Avec les Mordellides et quelques Méloïdes non vésicants, ce groupe constitue les Sténoptères de C. Duméril.
Les Œdémérides vivent en larves, soit dans le bois de différents arbres, sur lesquels l'adulte se tient parfois dans la même attitude que plusieurs Cérambycidcs au repos, soit dans la tige de plantes herbacées. On les trouve parfois à l'état adulte sur les bois morts dans lesquels ont vécu leurs larves, et le plus habituellement sur les fleurs. Quelques espèces ne viennent s'y poser qu'au crépuscule ou même pendant la nuit. Us sont répandus partout. Les Calopus et Ditylus sont des contrées froides ou montagneuses; lesOEdemera, et surtout les A7<cerc?es, vivent de préférence dans les lieux humides et marécageux ; les Stenostoma, au contraire, se trouvent dans les parties chaudes et arides de l'Europe, dans les terrains sablonneux, où ils paraissent vivre sur les Erynghim.
GENRES PRINCIPAUX
C.%l,OPl'S, Fabr. — Antennes insérées dans l'échancrure des yeux, à peu prî'S de la longueur du corps chez les mâles, atténuées à l'extrémité, un peu comprimées et assez fortement dentées, simples et beaucoup plus couiies chez les femelles. Corps très-allongé, parallèle.
Ce genre est fondé sur un insecte très-rare, existant dans toute l'Europe, mais des hautes montagnes seulemeni, dans les régions méridio-
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nales de ce continent. Il vit dans les troncs des arbres résineux, et Linnseus l'avait pris pour un Longicorne, d'aprùs la forme du corps et la longueur des antennes. Les palpes maxillaires, très-longs, ont leur dernier article en grand triangle, el les élytrcs, allongées, sont arrondies à l'extrémité. Il est de grande taille, d'un fauve brunâtre, avec trois faibles côtes sur les élytres. G"est le C. serraticornis, Linn. (pi. xlv, fig. 5, mâle ; 5 a, tête vue en dessus). Il y a deux autres espèces du Nouveau- Mexique et du Texas.
DITYLU^, Fisch. —Corps oblong, très-épais. Antennes de onze articles; tête saillante en museau court; yeux oblongs, réniformes. Palpes maxillaires assez courts, à dernier article élargi et arrondi ; mâchoires à lobe externe coudé et longuement cilié.
La seule espèce européenne du genre se trouve surtout à l'orient du continent, Grèce, Allemagne, Russie et Sibérie. C'est le D. lœvis, Fabr., entièrement d'un bleu d'acier foncé et vivant dans le bois (pi. xi.v, fig. 6; 6 a, tête vue en dessus).
Les autres espèces de Ditylus (dix en tout) sont du Caucase, des Canaries, de Madagascar, de l'île Saint-Vincent, des Étals-Unis, du Canada.
CEBtK'ïlKilA, Oliv. — Corps allongé, peu convexe, pubescent. Mâchoires à deux lobes ciliés et inermes avec palpes à dernier article coupé obliquement. Cuisses postérieures très-renflées et arquées chez les mâles. Élytres assez longues, rétrécies en arrière, isolément subulées et recouvrant imparflùlement les ailes chez les mâles. Tar.«es à pénultième article subbilobé et tomentcux en dessous.
Les (Edémèressont de l'ancien continent, en général de couleur métallique, parfois brillants ou tachetés de jaune, parfois très-sombres, avec les élytres un peu côtelées el de couleur pareille ou différente de celle du corps. La faille est médiocre. L'extrémité de rabdomen est plus saillante chez les mâles. Leurs larves vivent dans le bois décomposé, qu'elles creusent de galeries. Leur description s'applique à toutes celles des Œdémérides. Elles ont des rapports marqués avec les larves des Ccrambyciens, comme aussi une partie des genres du groupe avec les adullcs de celte tribu. Le corps est allongé, charnu, plus ou moins villeux, élargi en avant, rétréci en arrière. Elles sont aveugles (ce cantctôre ne paraît pas général), ont des palpes maxillaires de trois articles, des palpes labiaux de deux, des antennes de quatre. Les segments du thorax, munis de petits écussons cornés, sont larges, portant des pattes médiocres de cinq pièces. Le caractère le plus curieux est la présence, aux segments abdominaux, de bourrelets charnus sur les côtés, et en dessous d'un nombre variable, selon 4es espèces, de tubercules charnus, avec couronne de petites épines, comparables aux fausses pattes des chenilles de Lépidoptères. Ces larves subissent la nymphose dans une
OEDÉMfiRIbKS. — NACORDES, STENOSTOMA. 631
collule à l'extrémité de leur galerie. Les nymphes sont poilues, et offrent des papilles, des tubercules, des saillies charnues, avec deux tubercules coniques et divergents au bout du dernier segment. Nous représentons le mâle de VOE. Podagrariœ, Linn. (pi. xlv, fig. 7 ; 7 a, mâchoire et palpe, 7 fc, tarse postérieur). Cette espèce, de toute l'Europe et du Caucase, se trouve aux environs de Paris, surtout sur les Ombellifères. Elle est d'un noir bronzé, à élytres fauves, à cuisses pâles, de 8 à 10 millimètres : c'est la Cantharide fauve n° li de Geoffroy. Citons encore ÏOE. nobiiis, Scop.,ou OE. caTu/ea, Linn., de l'Europe, du Caucase, de l'Algérie, bleu violacé, de 8 à 10 millimètres, avec antennes noires et les élytres à trois lignes longitudinales saillantes : c'est la Cantharide à grosses cuisses n° 3 de Geoffroy; et VOE. marginata, Fabr. ou subulata, Oliv., de toute l'Europe, à corps noir, à élytres d'un jaune pâle clair, entourées d'une ligne noire. 11 faut remarquer que les grosses cuisses postérieures des mâles ne permettent pas à ces insectes de sauter, car leur corps est trop long, trop linéaire. Les Œdémères ont une trentaine d'espèces, toutes d'Europe, surtout méridionale, de Sicile, de Barbarie.