POMPILUS
les côtés de la face, et, le plus souvent, les mandibules et l'extrémité anale blanchâtres, de France, du sud de l'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, de Suède.
Le prétendu parasitisme de ces deux genres, dans les nids de Pompilides, selon Lepeletier S'-Fargeau, a été démenti par les observations de Shuckard (1), de MM. Westwood (2) et Fr. Smith (3). Ils ont reconnu que les Pogonius fouissent dans le sable ou dans le bois des nids qu'ils approvisionnent d’Araignées, celles-ci, surtout les Clubiones, étant aussi le gibier du Pompilus petiolatus, Vand. Lind. (femelle de l'Agenia punctum), qui construit des cellules en terre maçonnée analogues à celles des Pélopées. M. Smith ajoute même que ses observations ne lui fournissent aucun exemple avéré de parasitisme dans la tribu des Hyménoptères fouisseurs, c'est-à-dire dans nos tribus des Crabroniens et Sphégiens.
Le D' Giraud (4) a constaté que le Pogonius hircanus, Fabr., nidifie dans les tiges de la Ronce, mais préalablement creusées par des Odynères, comme on le reconnait à des restes de coques terreuses; il nourrit ses larves d'Araignées du genre Salticus ; elles se filent des coques opaques, d’un gris terne, assez serrées, et l’évolution complète ne dure qu'un mois. Le P. variegatus approvisionne son nid de Thomisus (Aranéides), qu'il traîne à terre, saisis par les mandibules. M. Marquet a vu la femelle de cette Are rare, près de Toulouse, chassant aux Araignées sur les talus des chémins. L’Agenia punctum traine des Drassus ou des Clubione au pied des vieux murs, et se construit dans leurs crevasses un nid d'environ un centimètre cube, en terre glaise pétrie, mode de nidification très-différent des Pogonius.
Parmi les Pompilides exotiques se rencontre un genre magnifique,
celui des Pepsis, Fabr., qui compte plus de cinquante espèces, principalement de ee du Sud, des Antilles, du Mexique, des Indes (Singapore), du Cap, d'Afrique, des États-Unis. Tantôt les ailes des grandes et belles espèces de Pepsis sont en partie ferrugineuses, non transparentes, avec le reste noir, parfois à reflet bleuâtre ou violacé, ou bien entièrement noires avec reflets bleus ou violacés, ou bien ont des parties transparentes: les colorations de ces riches ailes sont dues à des écailles, à peu près comme chez les Lépidoptères. Les couleurs du corps sont le noir, le bleuâtre avec ou sans reflet, le vert métallique, etc. Ce sont surtout le Brésil et les Guyanes qui fournissent les Pepsis, orne-
(4) W. E. Shuckard, À /ew Oéservations upon the habits of the indigenous aculeate Hymenoptera, suggested by M. de St-Fargeau's Papers, etc. (Trans. Soc. Entom. of London, 1834-1836, t. I, p. 52).
(2) O0. Westwood, Note sur les habitudes de certaines espèces d'Hyménoptères fouisseurs (Ann. Soc, entom. France, 1836, t. V, p. 297-302).
(3) Fr. Smith, Observations on the Economy 0f Pompilus punetum, and other Hymenoptera (Trans. Soc. Entom. of London, 1854-1856, t. II, p. 41 à 43),
(4) Hyménopt. de la Ronce (Ann. Soc. entom. France, 1866).
ment des collections par leurs éclatantes couleurs et leur grande taille elle atteint 40, 50 et jusqu'à 70 millim. Beaucoup de voyageurs rapportent que le long aiguillon des femelles de ces grandes espèces cause une piqûre très-douloureuse : cette sensation sur les organes humains est, comme nous l'avons dit, un caractère des Pompilides. Nous possédons en Algérie un représentant de ces splendides Hyménoptères dans un genre, en grande partie tropical, détaché des anciens Pepsis, sous le nom de Pallosoma, L. S-F. (syn. Mygnimia, Smith) : c'est le P. barbarum, L. S-F., long de 26 millim., mêlé de noir et de ferrugineux, à ailes ferrugineuses, avec le bout noir à reflet violet; de l’est et l'ouest de l'Algérie, des environs d'Oran, du cercle de la Calle, etc., en mai et juin.
Nous engageons à consulter pour les Sphégides et Pompilides, H. Burmeister, Ueber die Poinpiliden und Sphegiden des la Plata-Gebietes (Stettin entomol. Zeitung, 1872, p. 230).
TRIBU DES SCOLIENS,
Les Scoliens sont des Hyménoptères porte-aiguillon, solitaires, dont les mâles comme les femelles sont toujours ailés. Ce caractère doit être donné d’abord, parce qu'il rapproche cette tribu des Fouisseurs propres (Crabroniens et Sphégiens) et la sépare nettement de la tribu suivante, les Mutilliens, offrant les mâles parfois faciles à confondre avec ceux des Scoliens. Le corps de ceux-ci est généralement robuste; les antennes assez épaisses, souvent fusiformes, formées d’articules serrés; les yeux souvent échancrés; le labre saillant; la tête de la femelle munie d'ocelles distincts; les écailles alaires le plus souvent grandes; les pattes courtes, assez robustes, avec des cuisses arquées vers leur extrémité et comprimées.
La plupart des auteurs ne séparent pas les Scoliens des Sphégiens, bien que les caractères anatomiques externes soient déjà suffisants pour motiver une distinction. Ce sont surtout les mœurs qui nous déterminent à l’établir, d’après ce que l’on connaît pour quelques espèces des divers groupes de Scoliens. Ce sont toujours des insectes privés de la faculté de nidifier et de transporter des proies pour leurs larves carnivores. Il en est qui sont fouisseurs, en ce sens qu'ils fouillent la terre avec des instruments pareils à ceux des Crabroniens et Sphégiens, mais dans le but de trouver des larves enfouies pour la nymphose, sur lesquelles leurs femelles iront pondre : ce sont les Scoliides. Dans l’autre famille des Scoliens, qui est formée des Sapygides, les instruments fouisseurs sont nuls ou faibles, et les femelles sont de véritables parasites carnassiers des nids d'Hyménoptères mellifiques, dont les larves doivent servir de nourriture à leurs larves.
SCOLIIDES. 981
SCOLIIDES.
Antennes de la femelle sensiblement plus courtes que la tête et le thorax pris ensemble. Palpes maxillaires courts, composés d'articles presque semblables. Pattes robustes, très-épineuses ou fortement ciliées, à cuisses arquées près des genoux.
SCOLIINES.
Antennes assez épaisses, insérées inférieurement. Yeux atteignant la base des mandibules. Hanches intermédiaires distantes. Bout des jambes intermédiaires avec deux calcars très-inégaux et de nombreuses épines. Nervulation des ailes supérieures variable.
La nervulalion des ailes, malgré ses difficultés synonymiques (1), établit les meilleurs caractères des Scoliines, qui correspondent au grand genre Scolia de Fabricius et du Catalogue du British Museum. Une courte cellule radiale se continue en ligne droite avec la première cubitale. A celle-ci s’adosse obliquement une seconde cubitale triangulaire, avec laquelle la troisième cubitale, quand elle existe, forme un angle. Les sous-genres ont été établis d'après la présence de trois cellules cubitales ou de deux seulement.
Les mâles des Scoliines, plus petits que les femelles, offrent le cachet d'une grande infériorité, avec les caractères de la ponctuation et des poils rarement bien développés, de sorte que les espèces fondées sur les mâles seuls sont souvent erronées. Parfois les mâles sont presque identiques aux femelle:, parfois au contraire très-différents, avec des ailes autrement colorées, et même pouvant avoir une cellule cubitale de plus que chez la femelle (Elis texensis et villosa). La couleur des ailes des femelles aide à leur groupement en collection d’après trois types : 4° ailes plus ou moins translucides, entièrement brunes avec reflets violets ou verdâtres (Scolia hirta); 2 ailes transparentes ou ferrugineuses dans leur moitié basale, brunes avec reflets violets dans leur moitié terminale; 8° ailes entièrement transparentes ou ferrugineuses. Les mâles ont les ailes beaucoup plus claires que les femelles, ou même incolores dans toute leur étendue.
Il y a environ 300 espèces de Scoliines répandues dans tous les continents. Ce sont des insectes aimant la chaleur, manquant complétement dans la zone froide, ainsi en Europe, dans le nord de la France et de l'Allemagne, dans la moitié septentrionale de la Russie, aux îles Britanniques et aux pays scandinaves. Le genre Scolia domine surtout dans l’ancien monde : en Europe, et en général dans les pays septen-
(1) De Romand, Tableau de l'aile supérieure des Hyménoptères. Paris, 1839,
in-4°,
trionaux, les Scolia sont bien plus nombreux que les Elis, et le sousgenre Triscolia fait défaut dans les deux Amériques. Au contraire les Elis ont leur plus forte manifestalion dans le nouveau monde, et les Trielis n'ont que deux espèces en Europe. Les quatre sous-genres existent en Australie, et les Scoliines sont représentées dans toutes les grandes îles chaudes.
On consultera pour l'étude des Scoliines : Guérin-Méneville, Voyage de la Coquille, t. I, 2° part., 1° division, p. 246 et suiv.; Dictionn. pittor. d'hist. natur., 1838. — Burmeister, Bemerkungen bei den Arten der Gattung Scolia (Halle, 1854), tirage à part avec modifications, extrait des Abhandlungen der naturf. Gesells. zu Halle, 1853, h° fase, — H. de Saussure, Mélanges hyménoptérologiques (Genève, 1854, in-A4°); Description de diverses espèces du genre Scolia (Ann. Soc. entom. Fr., 1858, p. 194-197); Description d'une série d’Hyménoptères nouveaux de la tribu des Scoliens (Stettin entomolog. Zeitung, 1859, p. 171); Hyménoptères divers du musée Godeffroy (Stettin entomolog. Zeitung, 1869, p. 55) (des genres Discolia et Dielis). — H. de Saussure et J. Sichel, Catalogus specierum generis Scolia (sensu latiori), avec plusieurs Appendix (Genève et Paris, 1864). IL est fâcheux que les auteurs de ce beau travail paraissent avoir voulu seulement complaire aux étiqueteurs de collections, et qu'ils aient omis, comme à dessein, les diagnoses entières et détaillées des genres, l'anatomie externe et interne, et surtout l’étude des mœurs, d’un intérêt capital. Ce n’est pas en imitant les Curculioniens de Schœnherr qu'on fait de la véritable science entomologique.
GENRES PRINCIPAUX
SCOLIA, Fabr. — Corps assez long et robuste. Tête très-grosse dans les femelles; yeux échancrés; ocelles en triangle sur le vertex. Chaperon grand et voüté. Antennes des mâles longues et fusiformes, celles des femelles de moitié plus courtes, recourbées à l'extrémité (sur le sec) et composées d'articles courts trèsdistincts, le second article découvert. Mandibules tridentées dans les mâles, dépourvues de dents, très-grandes et très-arquées dans les femelles. Palpes très-courts et filiformes, de trois articles. Thorax cylindroïde. Ailes supérieures offrant une cellule radiale et deux ou trois cellules cubitales, non en ligne droite, la troisième petite, quand elle existe, et une seule nervure récurrente ; deux cellules discoïdales seulement. Pattes robustes, avec les jambes munies de fortes épines, de forme ordinaire aux jambes postérieures. Abdomen long, arrondi latéralement, l’anus des mâles terminé par trois épines.
Le genre Scolia, ainsi réduit, compte dix espèces de France dans le catalogue Dours, et il y en a probablement davantage; il a été divisé en deux sous-genres, Triscolia et Discolia, par MM. de Saussure et Sichel.