MYRMICA
une cellule cubitale et une discoïdale ; le second article du pédicule est inséré sur la face supérieure du premier segment d’un abdomen cordiforme, aplati en dessus, bombé en dessous, et que la Fourmi tient relevé en marchant jusqu'au-dessus de sa tête. L'espèce du midi de la France, des Landes, de la Gironde, de Suisse, très-commune en Italie et en Algérie, est le C. scutellaris, Oliv., à ouvrière et femelle ayant la tête et le thorax d’un rouge vif, l'abdomen brunâtre, le mâle noirâtre ou brunâtre. Les ouvrières, très-robustes et très-hardies, se défendent en mordant, en piquant avec l'abdomen relevé et en inondant leur ennemi de venin; elles se suivent à la file, exploitant les arbres et les buissons à la recherche des Pucerons. Les grandes fourmilières de cette espèce se trouvent dans les vieux murs en ruine, les Chênes verts, les Oliviers, les Figuiers, les Peupliers. Le genre Crematogaster a de nombreuses espèces dans les régions chaudes des deux mondes. Les espèces brésiliennes font des nids sur les branches des arbres, ressemblant à une perruque, ce qui leur a valu le nom de tétes de nègre. Leur aspect extérieur est celui de guëêpiers des arbres; mais si l’on enlève la couverture du nid, l'intérieur est tout différent, car ils se composent d'une multitude de ramifications recourbées et enchevôtrées, conduisant toutes aux chambres et galeries intérieures.
Le genre exotique et américain Eciton, Latr., à palpes maxillaires de deux articles et labiaux de trois, présente des ouvrières de deux sortes, avec les yeux très-petits, obsolètes dans quelques espèces, le corselet inerme, l'abdomen petit et ovale. Les grands sujets ont la tête trèslarge, armée de mandibules allongées et recourbées. Les morsures des Eciton et leur aiguillon sont cruels, si l'on attaque une de leurs colonies sans précaution. Une des espèces les plus communes, de la Guyane et du nord du Brésil, estl'£. hamatum, Fabr. (syn. curvidentatum, Latr.) pour les grandes ouvrières. C’est la Fourmi Palicour ou de visite de la Guyane française. Les expéditions des ÆEciton rappellent celles des Fourmis de visite de la côte d'Afrique. Leurs légions grimpent sur les arbres et fouillent tous les amas de végétaux morts disséminés sur le sol. Une véritable panique saisit le monde entomologique à l'apparition de ces Myrmicides carnassiers : les Araignées, les larves de Blattes si nombreuses sous les feuilles mortes, prennent la fuite devant la rapide armée qui s'avance en quête de butin. Les chenilles, les larves de Diptères sont pour les Eciton une proie aisée ; ils mettent aussi en pièces les Guêpes et les lourdes espèces du genre Formica. Une immense colonne se meut dans une direction, avec des colonnes ramifiées qui s’y rattachent, en quête de butin dans divers sens. Des éclaireurs et des avertisseurs vont et viennent sur les côtés de la colonne, font communiquer les colonnes partielles avec la colonne principale, transmettant des renseignements, commandant la retraite si un ennemi vient troubler le corps d'armée. Les soldats, bien reconnaissables à leur grosse tête globuleuse blanche, ne portent rien dans leurs mandibules et trot-
tent en serre-files sur les flancs de l'armée, frappant çà et la le sol à coups de tête, dans les inégalités de la route. Ils sont dans la proportion d'environ 5 pour 100 des petites ouvrières, qui portent des larves et des nymphes. Bates rencontra une de ces expéditions faisant une étape temporaire sous un amas de feuilles mortes dans un grand chemin, Il bouleversa ce nid : les petites ouvrières enlevèrent rapidement les amas d'œufs, de larves et de nymphes ; beaucoup d’autres, parmi lesquelles un nombre considérable de soldats à grosse tête, attaquèrent Bates avec une sorte de férocité furieuse. Les Eciton sont des Fourmis carnassières, agiles et intelligentes, comme le montrent leurs attouchements fréquents d'antennes. Ils voyagent continuellement à la recherche du butin et ne nidifient pas; la ponte des femelles et les soins à donner aux larves ont lieu dans les halles, qui se font le plus souvent dans un trou d'arbre, un creux en terre, etc. Bientôt tout disparait et le voyage reprend. M. C. Bar (1)a vu, à la Guyane, une colonne d'Eciton obligée de traverser la légion des OŒEcodoma en activité de marche avec les feuilles coupées qu'elles portent. Au moyen d'ouvrières cramponnées au sol par leurs longues pattes et sur lesquelles montèrent plusieurs étages d'insectes, les ÆEciton formèrent deux murs à 5 ou 6 centimètres l’un de l’autre ; la marche des OEcodoma fut ainsi rompue, et la file des Æciton passa triomphalement entre ces deux murailles vivantes.— Consulter : Fr. Smith, Descriptions of some species of Brazilian Ants belonging to the Genera Pseudomyrma, Eciton and Myrmica, with Observations on their economy, by H. W. Bates (Entom. Soc. of London Trans., 1852-56, IT, p. 156-169, et Newmann Zoologist, 1855, XIE, p. 4604).
DACETON, Perty. — Ouvrière : Tête très-large et déprimée, profondément échancrée en cœur postérieurement. Yeux très-proéminents, ovales-globuleux ; pas d’ocelles. Antennes très-éloignées à la base, insérées dans une fovéole profonde ; le scape grêle, courbé, presque de la longueur d’un flagellum filiforme de dix articles. Mandibules plus longues que la moitié de la tête, droites, se touchant presque, à bout recourbé, bidenté, décussé, Pattes allongées, à cuisses subelavées, les ongles des tarses robustes, avec une dent à la base. Premier nœud du pétiole abdominal bi épineux au bout et en massue, le second mutique et convexe. Abdomen ovale-acuminé, avec le premier segment très-grand, les autres resserrés, se rétrécissant peu à peu en pointe; aiguillon court.
D'après l’aspect et la structure, le genre Daceton a probablement des mœurs très-féroces, Le type est le D. armigerum, Latr., de la Guyane et
(4) C. Bar, Note controversive sur le sens de l’ouïe et sur l'organe de la voix chez les Insectes, contenant de curieux détails sur les Eciton humatum et OŒcodoma cephalotes de la Guyane (Ann. Soc. entom. de Belgique, 1873, t. XVI, Compt. rend. des séances, p. Cv).
DACETON, ATTA, ETC. 1019
du Brésil (pl. Lxxv, fig. 2), dont la couleur varie du roux jaunûâtre au brun testacé; les yeux noirs, longs de 13 millimètres; la tête large postérieurement de 4; le prothorax avec une dent bifurquée de chaque côté, le métathorax avec deux épines simples, le mésothorax contigu au prothorax et mutique.
Le genre Atta, Fabr. (syn. Aphænogaster, Mayr) présente des palpes maxillaires de 4 ou 5 articles, labiaux de 3, les antennes de 12 articles (13 chez les mâles), les trois derniers en massue; l'aire frontale profondément empreinte; le pronotum et le mésonotum plus ou moins hémisphériques; le thorax contracté en dessus entre le mésonotum et le métanotum et présentant le métathorax tout entier beaucoup plus bas que le prothorax; les éperons des jambes médianes et postérieures simples ; les ailes des sexués, aussi longues que le corps,ont une cellule radiale et trois cubitales, L’ouvrière varie beaucoup en taille et en forme. Il en est à petite têté, avec mandibules dentées ; d’autres bien plus grosses, presque de la taille des femelles et plus grandes que les mâles, ont une énorme tête dure, avec des mandibules indistinctement dentées : c'est une transition au soldat. La partie antérieure du corps, plus haute que la postérieure, donne à ces ouvrières, hautes sur pattes, un aspect particulier ; leur aiguillon très-petit ne leur sert presque à rien. Les deux principales espèces d'Europe et de France sont des Fourmis moissonneuses fort nuisibles dont nous avons décrit les mœurs. Elles se suivent à la file et ne recherchent pas les Pucerons. L’A. structor, Latr. (syn. lapidum, Fabr.) est très-poilu et rugueux, taille de 3 à 9 ou 10 millimètres, les ouvrières et les femelles variant du jaune terne au brun noirâtre; les mâles noirs, avec les bouts de tous les appendices d’un rouge jaunâtre dans les trois formes. Cette espèce vit dans des terriers creusés en terre, dans les fentes des rochers calcaires et des murs ; du tiers méridional de la France et de Suisse, remontant plus haut par places. Une espèce voisine plus foncée et de taille un peu. plus grande, est l’A. barbara, Linn. (syn. capitata, Losana), de l'extrême midi de la France, commune et très-nuisible en Italie et en Algérie, où j'essaimage des sexués a lieu en septembre et octobre. Les sociétés de cette espèce en Algérie ont un grand nombre d'individus et creusent de profondes galeries sur le bord des chemins. M. Roussel à reconnu qu'on la trouve en toute saison ; mais à un jour fixé, fin mai ou début de juin, le même pour tout un canton, on ne voit plus, à l’entrée des fourmilières, que des cadavres amoncelés, coupés par morceaux. Ces massacres sont dus à un Formicide, le Monocombus viaticus, Fabr., grande espèce à forte tête, qui court dans les chemins secs et arides pendant la plus intense chaleur du jour, en relevant son abdomen. Ce n'est que quelques semaines plus tard qu’on voit reparaître quelques sujets de l'A. barbara échappés à la destruction, devenant de plus en plus nombreux par éclosion de nymphes jusqu'en automne. Alors l’aspect extérieur de la fourmilière change. Des chaînes de travailleurs
s'établissentet vont chercher au loin des débris de plantes sèches, capitules de Trèfle, aigrettes de Composées, bractées, etc. Tout cela est accumulé en monceau autour de la fourmilière, et, à la première pluie d'hiver, ces matériaux apportés à l'entrée la ferment et protégent les habitants contre les rigueurs de la saison.
L'Amérique tropicale présente des Fourmis voisines des Attes et exclusivement phytophages, constituant le genre OEcodoma, Latr., dont la principale espèce, très-commune aux Guyanes et au nord du Brésil, est l’ OE. cephalotes, Linn. (syn. migratoria, de Geer, M®° Mérian, Seba). L'espèce, privée d'aiguillon, sans doute rudimentaire, est abondante dans les plantations et porte à la Guyane le nom de Fourmi manioc, car elle mange les graines de cette plante alimentaire. Elle creuse sous terre de vastes fourmilières, dont la position est indiquée par un monticule de terre de couleur plus claire que le sol voisin et dont l'entrée, plus éloignée, est reliée à la fourmilière par des canaux souterrains. D'immenses armées de butineuses sont occupées sans relâche à dépouiller de leurs feuilles tous les arbres, surtout les espèces cultivées ; des ouvrières, au moyen de mandibules en biseau implantées dans une tête énorme, coupent les pétioles des feuilles, qui tombent à terre comme de la pluie; d’autres ouvrières les découpent alors en morceaux et les emportent, cheminant sous des morceaux de feuilles souvent dix fois plus grands qu’elles, ou emportant de petites branches. Bientôt l'arbre dépouillé ressemble plus à un balai qu'à un arbre, dit Me Sybille Mérian (1). Les feuilles sont amoncelées dans des dômes de terre et servent à nourrir les OEcodomes, ainsi que des morceaux de fruits et des graines. Les ouvrières qui vont aux champs sont six fois plus petites que les soldats, et celles qui restent dans les terriers dix fois plus petites ; toutes ces ouvrières manquent d’ocelles. Les soldats, de taille énorme, ont des mandibules avec des dents noires. Ils ne coupent pas de feuilles et ne vont pas aux provisions, se tenant d'ordinaire à l'intérieur de la fourmilière. Si l'on trouble celle-ci en enfonçant un bâton dans les trous d'entrée du terrier, on voit sortir ces gigantesques soldats, dont le corps a une structure spéciale, et dont la très-grosse tête porte un ocelle au milieu du front, ce qui fait tout de suite penser à des Cyclopes qui émergeraient de leurs souterrains. Ils gardent l'entrée des trous, comme des sentinelles, les mandibules écartées. En juin, juillet, août, ont lieu de grandes migrations, causées par le manque de nourriture. La troupe des OŒEcodomes, que suivent des bandes de divers oiseaux, semble, au premier aspect, se mouvoir en tous sens et avec confusion ; mais on reconnait que la masse entière s'avance assez lentement, dans une direction donnée. Les soldats, qui ne portent rien, courent sur les flancs des corps de troupe, pressant la marche des ouvrières. Tous
(4) Lund, Lettre sur les habitudes de quelques Fourmis du Brésil, adressée à M. Audouin (Ann. sc. naturelles, 1831, t. XXIHIT, p. 113).
CRYPTOGERUS. 1021
les insectes qui se trouvent sur le passage des OEcodomes sont emportés.
CRYPTOCERUS, Latr, — Tète plus ou moins aplatie en dessus, subcarrée, les côlés en bandes aplaties, cachant en tout ou en partie les yeux. Antennes épaissies, reçues au repos däns un profond canal étendu de leur base au vertex, en dessus des yeux. Labre transverse, son bord antérieur fortement émarginé. Palpes maxillaires de cinq articles, labiaux de trois. Ailes supérieures des sexués avec une cellule radiale et deux cubitales. Pédicule de l'abdomen à deux nœuds; cet abdomen ovale chez les mâles, oblong-ovale chez les femelles.
Les Cryptocères sont des Myrmicides des Guyanes et du Brésil, de Colombie, de Bolivie et du Mexique. Leurs mœurs sont très-différentes de celles des autres Formiciens. Il en est qui vivent dans les branches creuses des arbres et tombent en abondance si on les brise, mordant alors les hommes qui sont au-dessous, car leur aiguillon nul, ou rudimentaire, ne pique pas. Ces Fourmis ont un genre de chasse isolé et solitaire, se tenant au repos sur les feuilles, immobiles pendant de longues heures, les pattes repliées sous le corps, guettant à l'affût les insectes qui passent à la façon des Araignées.
Si l’on inquiète les Cryptocères, ils fuient en courant de côté, comme les Araignées-crabes, et se cachent sous les feuilles. Nous représentons, pl. zxxv, fig. 3, l'ouvrière de l’espèce la plus anciennement connue, le C. atratus, Linn. (syn. quadridens, de Geer), entièrement noire, à tête quadridentée, des Guyanes et du Brésil. On consultera pour ce genre curieux et les genres annexes : Fr. Klug, Genre Cryptocerus, Fabr. dans les Æntomologisch Monographien, in-8°, Berlin, 1824, p. 199, dix espèces décrites. — Fr. Smith, À List on the Genera and Species belonging to the family Cryptoceridæ, with Descriptions of new Species, etc. (Soc. entom. of London Trans., 1862-63, t. [, p. 407-416).
En terminant les Formiciens, il est indispensable de mentionner uii très-curieux genre producteur de miel et appartenant au Mexique, le genre Myrmecocystus, Wesmael, ayant le premier segment abdominal avec un nœud, les mandibules triangulaires et très-dentées. On ne connaît que les ouvrières de l'espèce nommée W. melligerus, Llave (1), qui sont de deux sortes. Les unes ont l'aspect ordinaire des Fourmis; les autres, incapables de mouvement, demeurent accrochées et serrées les unes contre les autres à la voûtedes fourmilières souterraines de l’espèce. Leur abdomen, très-gonflé, de la grosseur d’une groseille ou d'un petit grain de raisin, est transparent comme du cristal, sans qu'il reste
(4) H. Lucas, Observations sur les Busileras, ou Fourmis à miel du Mexique (Revue et Magas. de z00!,, juin, 1860, p. 269-280).
trace des segments, de sorte que ces Fourmis ressemblent à de petites bouteilles sphériques dont le goulot serait représenté par la tête et le thorax (pl. Lxxv, fig. 12). Ces Fourmis portent au Mexique les noms de Busileras, de Hornigas mieleras où mochileras, c'est-à-dire Fourmis à miel ou Fourmis à poche. Le miel que renferme cet abdomen vésiculeux est d’un goût agréable ; les enfants déterrent les fourmilières de l’espèce et sucent les gros abdomens sucrés, fpuis rejettent le reste. Par un raffinement, le thorax et la tête arrachés, on les sert comme friandise sur une assiette. M. de Normann a observé que ce miel est ensuite dégorgé dans des réservoirs spéciaux, qui rappellent les alvéoles à miel construits en cire par les Abeilles et les Mélipones, en matière papyracée par les Guêpes. |
Les ouvrières paraissent avoir aussi une élaboration de miel chez le Crematogaster inflatus, Smith, de Singapore et de Bornéo (pl. rxxv, fig. 13). Le réceptacle en est très-probablement dans une grosse poche ballonnée, qui constitue le métathorax de cet insecte. Ce singulier appareil est muni d’un petit orifice circulaire à l’angle postérieur latéral de chaque côté, par lequel se fait une double exsudation de fluide saccharin. Sur les sujets secs des collections, des particules cristallines sont visibles à ces orifices, et fréquemment en outre sont répandues sur toute la surface du renflement. C’est probablement là un aliment préparé par l'insecte pour ses larves.
On a signalé deux Fourmis de l'Amérique méridionale préparant en faisant leur nid une sorte d’amadou végétal précieux pour étancher le sang. L'une est Formica spinicollis, Latr., trouvé par de Humboldt près du fleuve de l’Orénoque ; l’autre, d'espèce voisine, est F. fungosa, Fabr., qui construit, à Surinam, son nid avec les poils feutrés des Bombax.
La bibliographie des Formiciens est considérable. Nous nous contenterons de citer les travaux d’une importance capitale :
1° Classification : Latreille, Essai sur l'histoire des Fourmis de la France, Brives, 1798; Histoire naturelle des Fourmis, Paris, 1802.— W, Nylander, Adnotationes in Monographiam Formicarum borealium Europæ (Acta Soc, scient. Fennicæ, Helsingfors, 1848, t. Il, fase. 3, p. 875), et Additamentum Adnot. Formic. boreal. Europæ, p. 1041 ; Sällskapets pro Fauna et Flora Fennica Fürhandlingar, 1847, t. 1, p. 289; Synopsis des Formicides de France et d'Algérie (Ann. sc. natur., Zoor., 4° série, 1856, t. V, p. 51). — Arn. Fürster, Hymenopterologischen Studien, t. 1, 1850. — G. Mayr, Beiträge zur Kenntniss der Ameisen (Verhandl. zool.-bot. Vereins in Wien, 1853, Abhandl. p. 101); Formicina austrianu, 1855, V; Die Europæischen Formiciden, Wien, 1861, bei Gerold; Formicidarum Index synonymicus (Verhandl. zool.-botan. Vereins in Wien, 1863), et Neue Formiciden (même recueil, 1870). — Schenck, Beschreibung Nassauischer Ameisenarten (Jahrbüchen des Vereins für Naturkunde in Hersogthum Wiesbaden, 1852). — Roger, Beiträge zur Kenntniss der Ameisenfauna des Mitiermeerlän-