CALOPTENUS
l'Afrique boréale et australe, et l'Amérique septentrionale, sur les montagnes et les collines insolées, arides, pierreuses, et dans les régions sablonneuses, de juillet à septembre. Il y a de grandes variations de taille et de coloration dans la même espèce. Ces insectes ont un aspect spécial dû à leurs cuisses postérieures en général courtes et grosses, et à leur corps épais et trapu. En volant, les mâles produisent une sorte de léger sifflement.
L'espèce principale et très-nuisible, de l’Europe, est le C. italicus, Linn., ordinairement jaunâtre ou roussâtre, parfois même brun, les élytres avec des bandes mal définies de brun tacheté, subpellucides vers le sommet, les ailes transparentes, à fines nervures brunâtres, le disque interne d'un rose tendre, les cuisses postérieures ponctuées de noir, rouges en dessous, les jambes postérieures rosées, à épines noires au bout. La femelle varie de 27 à 31 et même 40 millim.; le mâle, beaucoup plus petit, de 12 à 16 millim., a des cerques recourbés, longs de 6 millim., d'un jaune luisant, creusés en cuiiler en dedans, dépassant l'abdomen, forceps pour l’a:couplement. Sa plaque subgénitale est conique et dressée, les valvules de la femelle courtes. Le mâle, soit seul, soit en compagnie d’autres mâles ou de femelles, exécute des mouvements vibratoires des deux pattes postérieures à la fois, pendant la moitié ou le tiers d'une seconde. La femelle répond au mâle en glissant parfois, et sur peu d'étendue, ses pattes postérieures contre les élytres; ces mouvements stridulatoires des deux sexes ne sont pas accompagnés d'un son sensible. La corne droite du prosternum est déjà bien apparente chez les nymphes.
Le Caloptène italique vit en troupe dans beaucoup de localités de l'Europe australe et moyenne, dévastant souvent les Luzernes, les vignobles, etc. Il subsiste en Andalousie jusqu'en hiver, parfois si nombreux, qu'à chaque pas on en fait lever des centaines (Rambur). Il est très-commun, en été et en automne, en Algérie, dans les lieux herbus, et causa de grands ravages en 1845. Des exemplaires de la collection Dejean étaient étiquetés par Latreille comme tombés à Rome en très-grande quantité. Cette espèce, d'après Solier, est celle qui fit le plus de désastre en 1805 dans les communes du territoire de Marseille. Elle est commune dans la Charente (H. Delamain), et remonte, en France, en individus isolés, jusqu'aux environs de Paris, parfois très-abondante en certaines années. Audinet-Serville dit lavoir capturée une fois en grande quantité au Champ de Mars, à Sèvres et à Saint-Cloud. On la prend tous les ans à Lardy. Elle fréquente les vignobles près de Fribourg en Brisgau, de Ratisbonne et de Vienne, vit en Silésie supérieure, près de Berlin dans les prés secs, en Saxe, en Russie méridionale, en Sibérie.
L'espèce présente un certain nombre de races australes : ainsi le C. siculus, Burm., de l'Italie inférieure, de la Sicile et de Madère, fauve, concolore, à ailes beaucoup plus pâles; le C. marginellus, Aud.-Serv., moins commun en Algérie que le type étalicus, à lobes latéraux du
pronotum bordés de jaune en dessous, à élytres unicolores, immaculées, avec une bande jaune contre la nervure anale; le €, cerasinus, Aud.- Serv., probablement d'Afrique ; le C. barbarus, Costa, à ailes rouges, plus pâles vers le sommet, bien plus grand que le type italicus, puisque les femelles peuvent atteindre 45 millimètres, mais offrant des passages pour la taille. Cette variété habite la Barbarie, les îles de la Grèce, les terres d'Otrante et de Bari, la Basilicate, la Calabre ultérieure, etc. En 1809 et dans les années suivantes, elle fit invasion en grandes troupes obscurcissant le soleil dansles provinces méridionales du royaume de Naples.
L'Amérique du Nord présente aussi des Caloptènes (17 espèces) et plusieurs fort nuisibles. Le C. spretus, Uhler, est une espèce migratrice et désolant les cultures, à élytres et ailes dépassant l'abdomen d’un tiers, à épine prosternale robuste, du nord au sud, du lac Winnipeg au Texas, et de l’est à l’ouest jusqu'aux bords du Missouri et à l'Iowa, en Nevada. Le C. femurrubrum, Burm., est une grosse et forte espèce, très-analogue à la précédente, et un des Acridiens les plus communs des États-Unis. Il varie beaucoup de coloration, du gris avec de l’olivâtre sali au brun, les élytres d'un brun-olive au brun pourpré obscur, les ailes diaphanes, les yeux larges et très-proéminents, les élytres et les ailes généralement un peu plus longues que l'abdomen. On le rencontre du Canada au golfe du Mexique et de l'Atlantique aux montagnes Rocheuses, peut-être même aux rivages du Pacifique. Le C. bivittatus, Uhler, paraît habiter toutes les parties des États-Unis, sauf la Californie.
ACRIDIUM, Geoffroy. — Corps grand, allongé, cylindrique ou subcomprimé, Tête à côte frontale convexe entre les antennes et à trois carènes; yeux oblongs, proéminents; antennes longues, filiformes; pénultième article des palpes plus court que le dernier. Pronotum comprimé, surtout antérieurement et prolongé en arrière sur la base des élytres, à crête médiane plus ou moins forte et plus ou moins incisée, à angles huméraux postérieurs un peu gonflés ; prosternum muni en avant d’une corne droite ou courbée, épaisse; élytres et ailes parfaitement développées. Pattes antérieures robustes, les hanches de la première paire ayant en dessus une dent courte, plane, triangulaire, courbée ; cuisses postérieures plus courtes que l'abdomen, médiocrement épaissies et dilatées à la base ; jambes à épines grêles et distantes ; tarses longs, à pelotes écailleuses, à ample arolie entre les ongles. Abdomen subcomprimé, caréné en dessus, à tympan muni en arrière d’un limbe corné subvoûté ; plaque suranale des deux sexes, courte ou allongée, et cerques grèles, presque subulés; plaque subgénitale du mâle parfois tridentée au sommet.
Dans ce genre, comme chez presque tous Les Acridiens, les mâles sont plus petits et plus grêles que les femelles ; les espèces se trouvent en Europe, en Afrique et en Amérique, et appartiennent en partie aux
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insectes migrateurs qui dévastent les campagnes. Il parait n'exister qu'une espèce en Europe, peut-être deux, appartenant à un groupe d’Acridium propre à l’ancien continent, ayant la carène dorsale peu élevée dans toute son étendue, les cerques de forme ordinaire, la plaque subgénitale des mâles triangulaire, longue, pointue, tricuspidée. C'est l'A. tartaricum, Linn., ou lineola, Fabr., Oliv., ces noms convenant à deux variétés, plus probablement qu'à deux espèces. Le corps est d'un jaune ferrugineux ou cendré, poilu, long chez le mâle de 55 à 47 millimètres, de 39 à 58 chez la femelle, çà et là maculé de brun ; le pronotum rugueux; la crête médiane incisée de trois sillons, tantôt incolore (tartaricum), tantôt rousse ou testacée (lineola); la corne du prosternum droite et conique ; les élytres et les ailes beaucoup plus longues que l'abdomen, les premières subpellucides, nébuleuses par de nombreuses strioles et nervures ferrugineuses; les ailes pellucides à nervures brunes, avec une grande ombre arquée, brune ou d’un noir bleu sur le disque et rembrunies vers le sommet. Les pattes antérieures sont ferrugineuses (tartaricum) ou d'un bleu cendré parsemé de brun (lineola) ; les cuisses postérieures jaunes en dehors avectaches brunes, concolores en dedans (tartaricum) ou bleuâtres et sanguines en dessous (/ineola); les jambes postérieures ainsi que les tarses d’un jaune ferrugineux à épines jaunes, noires au bout (tartaricum), où bleuàätres, à épines blanches, noires au bout (lineola). Les cerques du mâle sont longs et courbés, ceux de la femelle courts, les valvules supérieures de la femelle fortement crochues.
Cette espèce existe peut-être aux Indes orientales (Germar); elle se trouve en Égypte, dans le Levant, et se vend cuite sur les marchés de Bagdad, en Algérie (Lucas), où elle est très-commune toute l'année sur les Agaves, en Italie et en Sardaigne, en Espagne, en Portugal, en Dalmatie, en Hongrie, dans le Tyrol, en Allemagne, même près d’Erlange, en septembre, dans les prairies, mais très-rare, en Provence, où Solier la cite parmi les Acridiens nuisibles ramassés dans les chasses. D'après Erichson, elle émigre souvent, ce que disait déjà Latreille, qui parlait de ses ravages dans les champs. Rambur, au contraire, nie la migration pour l’'Andalousie et d'autres parties de l'Espagne ; il dit que cet Acridien ne se trouve pas à terre, ni en troupe comme la plupart des espèces voyageuses, mais habite isolément sur les arbres. Si quelqu'un s’approche de l'arbre où il gîte, il s'envole avec un frémissement, presque à la façon d'un oiseau, mais toutefois ne vole pas loin.
Un autre groupe d’Acridium a la carène dorsale faible et les appendices abdominaux des mâles de forme caractéristique, larges, en façon de palette quadrilatère, avec la plaque subgénitale un peu prolongée, échancrée au bout, On y range la plus terrible espèce de ce genre funeste, l'A. peregrinum, Oliv., long dans les Les deux sexes de 65 à 70 millimètres, ordinairement d’un jaune vif, avec beaucoup de lignes et de points ferrugineux; les élytres, dépassant l'abdomen, sont jaunes
et opaques à la base, ainsi qu'au bord antérieur, translucides ensuite et chargées partout de taches noirâtres, carrées, d’opacité variable: les ailes sont amples et transparentes, brillantes, teintées de jaune aux bords interne et antérieur et à nervures jaunes ; le dessous du corps est brunâtre et luisant, les pattes jaunes, les épines des jambes postérieures noires au bout. En Algérie, ainsi qu’en Palestine et dans les autres régions de l'Orient parcourues par Olivier, une variété de cette espèce a toutes les parties jaunes remplacées par une couleur rougeâtre. C’est en parcourant la Syrie (1), avec son compagnon Bruguières, qu'il distingua spécifiquement cet insecte pour la première fois, et fut témoin deux fois de ces migrations, récit précieux, car il émane d’un savant habitué aux observations précises : « Il est difficile d'exprimer l'effet que produisit en nous la vue de toute l'atmosphère remplie de tous les côtés et à une très-grande hauteur d’une innombrable quantité de ces insectes, dont le vol était lent et uniforme, et dont le bruit ressemblait à celui de la pluie; le ciel en était obscurci et la lumière du soleil considérablement affaiblie. Dans un moment, les terrasses des maisons, les rues et tous les champs furent couverts de ces insectes, et dans deux jours ils avaient presque entièrement dévoré toutes les feuilles des plantes. J'ai trouvé cette espèce en Égypte, en Arabie, en Mésopotamie et en Perse. » En effet, la zone d'habitation de l’Acridium peregrinum est considérable, s'étendant en Asie, de la Chine à la Syrie, et comprenant tout le nord de l'Afrique jusqu'au Maroc et au Sénégal, sans que l’on connaisse encore les limites méridionales. M. H. Lucas, qui à étudié l'espèce en Algérie, a reconnu qu'elle offre cinq mues, lestrois premières aptères, la première cinq jours après la sortie de l'œuf, la seconde six jours après la première, la troisième huit jours après la seconde; puis, au bout de neuf jours, paraît la quatrième peau, et l’insecte est alors en nymphe avec les rudiments d'ailes. Enfin, la cinquième mue, où l'état parlait arrive dix-sept jours après, en tout quarante-cinq jours après la sortie de l'œuf. Il est clair que cette durée se rapporte au climat de la localité, et doit varier avec les conditions thermiques, et peut-être aussi le nombre de mues.
Dans un groupe d’Acridium américains, formé d'espèces où la plaque subgénitale des mâles est courte, entière, obtuse au bout, et Les appendices abdominaux de forme ordinaire, se trouve l'A. tarsatum, Aud.-Serv., du Brésil (pl. Lx, fig. 9, femelle, long de 30 millimètres &, et 40 millimètres ®), très-jolie espèce variée de vert, de jaune et de rouge, à longues élytres vertes et étroites, à ailes transparentes et azurées, à pattes d’un noir verdâtre, avec de larges anneaux jaunes, et les tarses ayant le premier et le troisième article plus ou moins complétement rouges.
Les Acridium se rencontrent dans le continent de l'Amérique du Nord et surtout dans les régions méridionales, manquant dans l'Amérique
(4) Olivier, Voyage dans l'empire othoman, l'Égypte et la Perse, t, IL, p. 424. Paris, Agasse, an IX,
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britannique et sur les rives du Pacifique. Nous citerons, comme espèce nuisible des États-Unis du Sud, l'A. rubiginosum, Harris, ou damnificum, Sauss., de couleur uniforme, d'un rouge ferrugineux clair, les élytres opaques et sans taches, les ailes transparentes, à nervures noiïrâtres, très-abondant dans les bois de Chênes du Marzÿland, en Tennessee ; l’A. alutaceum, Harris, et l'A. emarginatum, Uhler, deux espèces trèsvoisines, la seconde des régions de l’ouest (Colorado, Nebraska, Dakota) ; l'A. americanum, Drury, d'un brun rougeûtre avec une légère teinte vermillon, une raie jaune s'étendant du vertex sur le pronotum, la suture des élytres fermées et jusqu’au bout de l'abdomen, les élytres rougetres à la base avec de larges taches brunes, les ailes transparentes, les pattes d'un rouge vermillon étincelant, espèce répandue dans tous les États du Sud.
M. S. Scudder a formé le genre Tropidacris pour de grands Acridium des régions tropicales de l'Amérique, dont le type qui remonte jusqu'au Texas, est le T. dux, Drury, espèce gigantesque de 420 millimètres de long et de plus de 190 millimètres d'envergure, commune au Brésil, verte, le pronotum rugueux avec une crête à pointe noire, les élytres vertes veinées de jaune, les ailes rouges et vertes au bout, bordées postérieurement de brun, et tachées de brun sur les nervures.
Audinet-Serville a établi le genre Ommexecha pour des Acridiens de l'Amérique méridionale, vivant en troupes, marchant plutôt qu'ils ne sautent, et rongeant les feuilles de diverses plantes. Les deux sexes ont des organes alaires souvent plus courts que l'abdomen. M. E. Blanchard (Monogr. du genre Onmmexecha, in Ann. Soc. entom. Fr., V, 1836, p. 603) a adjoint à ce genre des espèces de l'ancien continent, ainsi d'Égypte et d'Australie. Le prosternum est tantôt muni d'une petite épine, tantôt mutique, et parfois son bord antérieur s'avance en un rebord saillant qui cache un peu la bouche, ce qui est un caractère de Tetticide.
Le genre américain Monachidium, Aud.-Serv., qui a des espèces dans la partie la plus méridionale de l'Amérique septentrionale, et qui est surtout des régions tropicales de l'Amérique du Sud, forme la transition aux genres qui vont suivre. Le prosternum offre au milieu une petite * saillie pointue; les antennes, longues pour des Acridiens, car elles ont presque deux fois la longueur de la tête et du pronotum réunis, sont grêles et 4 articles cylindriques. Le pronotum, grand et rebordé tout autour, a sa partie centrale élevée et comprimée, en façon de capuchon, et le bord postérieur s’avance un peu en pointe sur les élytres, celles-ci, ainsi que les ailes, plus longues que l'abdomen. Letype estune superbe espèce de Cayenne, le M. Lunum, Linn. ou flavipes, Aud.-Serv., de 68 millimètres de long sur 120 d'envergure, noire avec le bout des cuisses, les jambes et les tarses d’un rouge vif, ainsi que le bout de l'abdomen et le bord de ses derniers segments ; les antennes jaunes, le capuchon du corselet d’un jaune obseurci, parfois noirâtre; les élytres
noires avec cinq fortes bandes jaunes transverses, les ailes d’un beau bleu violet à reflet métallique.
Les derniers genres des Acridides ont les antennes acuminées, à articles distincts, et le front plus ou moins avancé, en forme de cône obtus.
Un premier groupe, représenté dans les deux mondes, les Xiphocerini, a les antennes subprismatiques, à articles plats. Le genre qui nous intéresse le plus, car il est européen, est celui des :
PAMPHAGUS, Thunb., où PORTHETIS, Aud.-Serv, — Corps en général volumineux et glabre. Tête forte, avec cône frontal sillonné: antennes avec la plupart des articles aplatis; yeux médiocres, suborbiculaires; trois ocelles très-petits. Pronotum très-comprimé, avec carène médiane en crête plus ou moins aiguë, subarquée. Élytres et ailes parfois bien développées chez les mâles et nulles chez les femelles, le plus souvent abortives et lobiformes dans les deux sexes. Pattes robustes, les postérieures assez courtes ; cuisses larges, jambes épineuses. Abdomen grand, épais, à carène dorsale élevée, à appen= dices courts et plats.
Les espèces de ce genre habitent la partie la plus méridionale de l'Europe sur les rivages la Méditerranée et l'Afrique boréale et australe. Le P.dentatus, de Geer, commun au cap de Bonne-Espérance, a la femelle d'environ 80 centimètres, tout à fait aptère, à gros corps ramassé, hérissé de pointes et de tubercules, mélangé de gris et de brun verdâtre. Elle est figurée par Stoll et par Rœsel (/ns., t.IL, pl. 6, fig. 2), ce dernier sous le nom de elephas ; le mâle, plus petit, a des élytres brunâtres, bien plus longues que le corps, ainsi que les ailes, transparentes et enfumées. Une autre espèce, le plus gros Acridien d'Europe, est le P. elephas, Linn., ou numidicus, Poiret, ou marmoratus, Burm. La femelle atteint 65 à 70 millimètres, le mâle restant beaucoup plus petit et moins robuste. Dans les deux sexes, le corps est d'un beau vert en dessus (brunâtre ou roussâtre sur le sec), d'un jaune-citron en dessous; les deux sexes n'ont que de petites élytres coriaces, réticulées, écailleuses et . ovales, dépassant à peine le premier segment abdominal ; les ailes nulles, peut-être en étroit rudiment chez le mâle. A l'insertion des anneaux de l'abdomen, de la tête, du corselet et des pattes, on remarque, si l'insecte est étiré, des taches de feu d’un rouge vif, peu visibles si l'animal est immobile et au repos. On trouve cette espèce en Sardaigne, en Sicile, dans le sud de l'Italie, en Calabre ultérieure, en juin et juillet, mangeant. avidement le Chardon à foulon; elle est très-commune dans toute l'Algérie, peu agile, à démarche lourde, dans les lieux frais, ombragés, herbus, en mai, juin, juillet. Le mâle, beaucoup plus rare et beaucoup plus petit que la femelle, n'a que 48 à 50 millimètres. Malgré
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sa grande taille et l'abondance des femelles, l'insecte n’est pas nuisible. Une variété, au lieu d’être d’un vert vif, est d’une belle teinte de rouge violacé : c'est le Gryllus numidicus cruentatus de Poiret, dont le corps est couvert de grandes taches rouges nuancées, de sorte qu'on croirait au premier abord que cet insecte est ensanglanté et déchiré par des blessures, les pattes et les antennes seules étant un peu vertes.
Poiret (1) nous a laissé de curieux détails sur les mœurs de cette grosse espèce qu'il nomme Gryllus numidicus. La larve de cet insecte paraît vers la fin de septembre et passe l’hiver. Elle est d'une couleur terreuse et jaunâtre, ce qui la distingue de l'adulte, en outre de son défaut d'organes alaires et de son épiderme simplement membraneux, n’acquérant sa dureté qu'à l’état parfait. À mesure que cette larve grossit, elle change de peau ; sa couleur jaunâtre prend des teintes plus foncées. A l’état de nymphe, en avril ou mai, elle verdit un peu, et les rudiments élytraux se montrent. Quand le froid est vif, la larve se retire dans le sable, où elle reste sans mouvement et sans appétit; mais, dès que le temps se radoucit, elle reparait dans les campagnes, s’attachant aux bourgeons des arbres et aux jeunes plantes, qu'elle dévore avec avidité. C'est en juillet et en août que la femelle pond ses œufs, à la façon de l’Acridium peregrinum, en introduisant verticalement dans le sable son abdomen jusqu'au corselet, et en développant ses anneaux, de manière à rendre son gros corps effilé en pivot, afin qu’il puisse pénétrer plus facilement dans ce sol mouvant. Dans cetétat, elle acquiert près de 160 millimètres de long, dont près de 110 sont tout à fait enfoncés dans le sable. Les œufs sont pondus en masse, sous l'aspect d'un paquet cylindrique, arqué, d'environ 25 millimètres de long, sur moitié de large ; ils sont tous serrés, collés ensemble par une glu noirâtre, qui forme, avec le sable dont elle est mélangée, un mastic trèstenace. La femelle reste dans cette position pendant plus de huit jours, et expire enfin sur sa famille. Environ deux mois après, lorsque le sable, échauffé par le soleil, a développé les germes des œufs, les jeunes larves paraissent; mais, avant de sortir de leur retraite, elles attendent que leurs forces puissent fournir à leurs excursions. Elles ont soin de choisir, pour leur première sortie, un temps doux et un beau soleil,
On trouve encore, en Algérie et dans le midi de l’Europe, d'autres Pamphages, mais de beaucoup plus petite taille. Ainsi le P, nigro-punctatus, Lucas, en juin, près de Constantine, retrouvé en Sicile par M. E. Blanchard. Sa taille est moitié de celle de la grande espèce; sa conformation est analogue pour les organes du vol rudimentaire; le corselet non dentelé sur les bords, les écailles élytrales d'un rougeâtre sombre; tout le reste du corps d’un brun fauve avec de petits points
(1) Abbé Poiret, Voyage en Barbarte, ou Lettres écrites de l’ancienne Numidie, pendant les années 1785 et 1786, avec un Essai sur l’histoire naturelle de ce pays. Paris, 1789, t. [, p. 311,
noirs. Le P. hespericus, Rambur, près d'Oran et en Andalousie, sur les collines, à marche lente, à saut très-rare ; Le P. monticola, Rambur, d'Espagne, en août, etc. Les Pamphages se rapprochent des Truxales par les antennes et le cône frontal, mais s’en distinguent d'après leur forme épaisse, leurs élytres et le dernier article des palpes maxillaires, plus long que le précédent.
Le genre Tropinotus, Aud.-Serv., de l'Amérique méridionale, du Cap, d'Australie, offre le corselet cymbiforme ou en nacelle renversée élevé en crête médiane, comme chez les Pamphages, et prolongé en une pointe médiane aiguë, s’avançant beaucoup sur les élytres; chez les X'iphocera, Latr., des régions chaudes de l'Amérique méridionale et du Mexique, les antennes vont en s’effilant de la base à l'extrémité; enfin les Akicera, Aud.-Serv., de l'Afrique centrale, à élytres rudimentaires ou nulles chez les femelles, ont les derniers articles des antennes brusquement plus étroits que les autres. Les Trybliophorus, Aud.-Serv., de l'Amérique méridionale, dernier genre à antennes subprismatiques, se séparent des précédents par la forme singulière des articles des palpes maxillaires, dont les deux derniers sont très-élargis et le dernier de figure arrondie et spatuliforme.
Un second groupe, les Phymatini, C. Thomas, offre encore les antennes grosses à la base et finissant en pointe, mais ayant des articles non plus comprimés, mais arrondis, de manière à constituer une antenne sétiforme ; leur sternum est fort large.
On comprend dans cette subdivision, le genre Pœkilocerus, Aud.- Serv., ou Dictyophorus, Thunb., formé d'espèces des Indes orientales, d'Egypte, du Cap, offrant un corselet lisse ou presque lisse, les antennes souvent annelées, les élytres tachetées de rouge ou de jaune, les ailes rouges, vertes ou roses; le genre l’hymateus, Thunb., Aud.-Serv., à corselet tuberculé, à élytres et ailes de la longueur de l'abdomen, ornées de taches jaunes ou rouges, constitué par des espèces de l'Afrique australe ; le genre Rhomalea, Aud.-Serv., à antennes longues et filiformes ; à articles cylindriques ou obconiques, à pronotum grand, unicaréné au milieu, prolongé un peu en arrière au-dessus d’élytres plus courtes que l'abdomen, du Mexique et des Etats-Unis du Sud; le genre Teratodes, Brullé, des Indes orientales, à antennes courtes et épaisses dont les articles sont subégaux en longueur. Ce genre est très-curieux par une énorme crête qui s'élève sur le milieu du pronotum, en forme de capuchon médian aigu. Le pronotum, prolongé sur les élytres et un peu en avant, ressemble d'aspect au corselet des Membraces (Hémiptères homoptères, Cicadiens); les élytres ont au plus la longueur de l'abdomen. Le type est le T, monticollis, Brullé, grande espèce d’un vert jaunâtre, à pronotum tuberculé, sa carène centrale bordée de jaune, les élytres chagrinées, les ailes transparentes, d’une teinte jaunatre,
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SECONDE DIVISION. — TETTICIDES.
GENRES PRINCIPAUX
METTIX, Fisch. de W. (mieux que TerRix, Latr,, nom mal fait). — Corps trèsfinement granuleux. Tête à vertex déprimé, unicaréné, sans fovéoles ; antennes ténues, filiformes, à articles cylindriques peu distincts ; yeux globuleux, saillants, trois ocelles distincts ; palpes assez courts, filiformes. Pronotum trèsgrand, scutelliforme, tricaréné, étroit antérieurement, s’élargissant ensuite, puis prolongé postérieurement en triangle rétréci, atteignant ou dépassant l'extrémité de l'abdomen. Prosternum mutique, recouvrant une partie de la bouche, comme une mentonnière; pectus large, transverse, arqué. Élytres très-courtes, rejetées latéralement en écailles coriaces et ovales; ailes hyalines, souvent irisées, à nervures fines, se cachant sous le pronotum prolongé, tantôt plus courtes que lui, tantôt aussi longues et dépassant l'abdomen, Jambes épineuses avec de fortes épines terminales aux postérieures ; cuisses postérieures fortes, convexes, tuberculées; tarses grêles, sans arolie entre les crochets. Abdomen comprimé, caréné; cerques des deux sexes ténus, subulés, aigus ; plaque subgénitale du mâle cymbiforme, dressée en pointe au delà de l’abdomen, et pénultième segment ventral du mâle grand ; valvules de la femelle triquètres, denticulées, granuleuses et poilues.
Les Tettix n'offrent pas de passage aux Acridides. Leur caractère le plus saillant est le pronotum prolongé, de sorte que la longueur de chaque espèce se compte depuis le sommet du vertex jusqu'à la pointe extrême de ce pronotum. Cette forme rappelle les Scutellérides (Hémiptères hétéroptères). Le tympan abdominal parait manquer. Les pièces buccales sont robustes : Le labre large, suborbiculaire, les mandibules fortement dentées en dedans, les maxilles à mando aigu et denté, la lèvre inférieure à lobes externes larges. Les Tettix sont de petits insectes, probablement dépourvus de stridulation, très-vifs à sauter, volant rarement; les mâles sont plus courts et plus petits que les femelles ; certaines espèces exotiques sont de plus grande taille que les Teftix d'Europe. Les deux espèces communes en France (T. subulata et bipunctata) se trouvent dans les jardins, au bord des bois, au milieu des feuilles sèches, dans l'herbe, les mousses, sur les routes, et surtout dans les endroits exposés au soleil et où la végétation est clairsemée. C'est en septembre et octobre qu'elles sont le plus fréquentes; mais on les rencontre dès le mois de juillet, mêlées à beaucoup de nymphes, et quelques individus qui hivernent reparaissent en avril et en mai, Le genre existe en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique, Aucun genre ne présente plus de difficulté pour les déterminations spécifiques que celui des Tettix, Si l'on n’a sous les yeux que les exemplaires lypes,
on se croit. certain des espèces; mais l'examen de nombreux sujets montre des formes intermédiaires, et la coloration, énormément variable, présente en outre les mêmes modifications dans plusieurs espèces, ainsi dans les deux espèces fondamentales ; en outre, les espèces ont les mêmes habitudes et se trouvent souvent ensemble dans les mêmes localités. Il ne reste guère, pour établir des caractères séparateurs, que la courbure et l'élévation de la crête dorsale du thorax, et la longueur relative du prolongement du pronotum et la longueur et l'ampleur des ailes en rapport avec l'organe précédent.
Le T. subulata, Linn., le Criquet à corselet allongé de Geoffroy, de 10 millimètres chez le mâle, 12 à 13 pour la femelle, est le plus allongé des Tettix d'Europe. Le corps est étroit et finement granuleux; les antennes ont 14 articles. La couleur du corps varie du brun au gris, au testacé, parfois avec le dessus du pronotum blanc, ou ayant une bande blanche de chaque côté ou des points noirs. Le pronotum est très-acu miné et subulé au bout, et s'étend bien au delà de l'articulation de la cuisse avec la jambe postérieure, atteignant parfois la base du tarse. Les élytres sont en écailles réticulées de 2 millimètres environ ; les ailes très-amples, ayant quatre ou cinq fois le diamètre du thorax, transparentes, irisées, brunâtres au bord antérieur et atteignant presque le bout du pronotum. Les pattes sont de la couleur du corps, les quatre premières annelées de brun et de testacé. L'espèce, avec ses races, habite toute l'Europe, depuis Naples et la Grèce jusqu’à la Laponie, et de l'Espagne et la France jusqu'à la Russie, fréquentant les lieux humides, surtout au printemps. IL est très-probable que des races sont formées par les T, depressa et acuminata X.., Bris. de Barn., ayant les trois carènes du pronotum plus élevées, la stature plus courte, plus large et plus épaisse, le dos déprimé près des angles huméraux, les jambes antérieures onduleusement bordées. Le T. depressa, Pris, se trouve en Turquie, près de Naples, en Dalmatie, en Provence, dans les Pyrénées, et remonte par places bien plus au nord, ainsi près de Paris. D'après M. de Sélys-Longchamps, on peut établir sous le nom d’attenuata une race pour des sujets plus fréquents en Belgique que le type subulata, et chez lesquels le prolongement du pronotum atteint à peine le bout des cuisses postérieures, les ailes arrondies, ayant à peu près trois fois le diamètre du thorax. Enfin, il y a une race exclusive aux régions méditerranéennes, le T.meridionalis, Rambur, qui se rencontre en Andalousie en hiver, dans les parties humides des montagnes près de Malaga, et en mars et avril sur les pentes arides près d'Alger (H. Lucas), à Naples, en Sicile, en Dalmatie, en Égypte, en Corse, en France près de Toulon et de Nice. Cette variété est le plus souvent brune ou d’un gris brun, ou d’un gris cendré, parfois presque totalement blanchâtre en dessus; les deux sexes ont une tache brune, en triangle ou en trapèze, de chaque côté près de l'épaule, et avant elle le dos est parfois orné chez le mâle d’une large bande fauve transverse. La carène médiane offre souvent
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des taches alternatives noires et blanches. Le corps est plus court que chez subulata, les yeux plus globuleux, le pronotum plus dilaté aux épaules et moins prolongé, les élytres plus courtes et plus fortement réticulées, les ailes plus étroites.
La seconde espèce, plus courte cet plus large que la précédente, le T. bipunctata, Linn., le Criquet à capuchon de Geoffroy, de 6 à 8 millimètres S', de 8 à 11 millimètres ®, varie encore plus pour la taille, la couleur et le dessin que l'espèce précédente, passant du brun noir au testacé par le roux, et mélangeant ces nuances. Aussi les auteurs ont établi un nombre considérable de variétés sur-les sujets de la Suède et de la Laponie. Les antennes ont douze articles ; le pronotum, qui ne dépasse pas les cuisses postérieures, est souvent marqué de noir aux épaules, et a la carène médiane bien saillante, presque tranchante, occupant toute sa longueur; on voit presque toujours, de chaque côté de cette carène, à la hauteur des cuisses postérieures, un point noir, de grandeur variable, qui a fait donner le nom à l'espèce. Les élytres sont très-courtes, ovalaires, à peine réticulées, les ailes transparentes et brunâtres, bien plus petites que chez T.subulata, ayant à peu près le double du diamètre du thorax. Les pattes sont annelées de gris et de brun, et l'abdomen obscur, Cette espèce habite presque toute l'Europe, depuis la Grèce et l'Italie inférieure jusqu'à la Laponie, et de l'Angleterre à la Russie. Rambur ne la cite pas dans ses Jnsectes de l’Andalousie. On indique une race obscura, Hagenbach, plus rare que le type en Belgique. A la fin de juillet se rencontrent quelques individus, qui sont plus épais, plus robustes et plus déprimés que le type, ayant quelque analogie avec depressa, Bris. de Barn., dans l’autre espèce.
La plus petite espèce d'Europe, si espèce il y a, est le T. Shranckii Fisch. Fr. (pl. Lx, fig. 9, extrémité de l’abdomen de la femelle, avec la partie postérieure du pronotum prolongé). Sa taille n’est que de 4 à 5 millimètres o', et 6 à 7 @; les côtés du thorax sont unilobés et non bisinués, les élytres et les ailes rudimentaires; chez les jeunes sujets à téguments mous, d’un millimètre et demi seulement, il y a déjà des rudiments d'ailes, comme on le voit en échancrant latéralement le pronotum. Beaucoup d'auteurs pensent que cette espèce n'est qu'une nymphe de T. bipunctata; on la trouve dans toute l'Europe, y compris le royaume de Naples, la Sicile et l'Espagne, dans les Bruyères et aux lisières des champs avec Les espèces précédentes, du premier printemps à la fin d'octobre,
Les Tettix paraissent des espèces peu fixées, très-favorables aux opinions des partisans de la variabilité spécifique. M. de Sélys-Longchamps est porté à admettre, par analogie avec certains Stenobothrus à individus exceptionnellement développés, que les divers Tettix d'Europe ont des individus à prolongement prothoracique et à ailes bien complets, tandis que d’autres, par arrêt de développement, ont ces parties plus courtes : ainsi T. subulata aurait pour race écourtée
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attenuata; T. depressa aurait acuminata pour race plus développée. T. meridionalis offre aussi des sujets des deux dimensions; et enfin T. obscura serait peut-être une forme accrue de T!. bipunctata, tandis que T. Shranckii, à téguments durs indiquant l’état adulte en serait au contraire un arrêt de développement très-précoce. En Algérie existe aussi une espèce à élytres et ailes très-petites, rudimentaires, de7 millimètres 9, de 9 millimètres ©, très-commune partout, en mars et avril, dans ies lieux frais, humides et couverts d'herbes : c’est le T. bracnyptera, Lucas et Bris. de Barn.
Les États-Unis ont une douzaine d'espèces de Tettiæ, et il y en a quatre du Mexique et de l’île de la Trinidad. Le genre Tettigidea, S. Scudder, diffère des Tettix par une forme robuste et grossière, une tête large, surtout en arrière, et en pente vers le bas du front, l’arête moyenne du front plus proéminente, les antennes de vingt-deux articles cylindriques et non aplatis. La forme batracienne est encore plus accusée dans le genre Batrachidea, Audinet-Serv., du Brésil, des Etats-Unis du Sud, des terres chaudes du Mexique, à ailes fort courtes et rudimentaires, à extrémité du pronotum subdescendante et ne dépassant pas le bout de l’abdomen, d'aspect massif et compacte, à large tête à yeux plus distants, avec une crête au sommet de la tête.
M. H. de Saussure divise les Tetticides en deux groupes, les terrestres, qui sont les Tettix et quelques genres annexes, et les aquatiques. Ces derniers sont formés par le genre Scelymena, Aud.-Serv., composé de Tetticides de Ceylan et de Java. Le corps est plus allongé que chez les Tettix, le dos plat avec une carène faible, le pronotum prolongé très-loin en arrière et dépassant même les tarses postérieurs quand les pattes sont étendues ; sa surface est rugeuse et il est bordé d'arêtes vives. Les élytres sont très-petites, latérales, rugueuses et cornées ; le processus du pronotum recouvre des ailes très-longues, transparentes et brillant de reflets irisés, bleuâtres, verdâtres, violets, Le caractère important des pattes est l'absence d'épines au bord postérieur des pattes de derrière, ce qui est lié au genre de vie. Leurs arêtes, simplement tranchantes, sont élevées en forme de lance membraneuse, et le premier article des tarses postérieurs est tridenté en dessous, Les mœurs singulières du genre Scelymena ont été observées à Ceylan par M. A. Humbert, sur les S. Crocodilus, Sauss. et S, Gavialis, Sauss. Les Scélymènes vivent sur les bords des ruisseaux et des étangs, se posant sur les pierres et s'élançant fréquemment dans l’eau, en sautant sur les pattes de derrière et en voletant au moyen de leurs grandes ailes membraneuses. Elles touchent l’eau sans se mouiller et reprennent leur vol, en partant de la surface liquide comme point d'appui, ce qui est sans doute en rapport avec la dilatation fréquente du premier article des tarses postérieurs. Ces insectes semblent, du reste, ne pas craindre de s'immerger complétement; ils sautent
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dans l’eau aussi bien qu’à la surface, et il est probable que leurs jambes postérieures à bords membraneux, et le premier article des tarses postérieurs, quand il est dilaté (S. Gavialis, Sauss., et S. producta, Aud.-Serv.), leur servent de nageoires. Les Scélymènes aiment aussi à se rafraichir dans les filets d’eau quicoulent le long des rochers ; on les trouve souvent cramponnées au roc et entièrement recouvertes par le courant, ayant l'air de prendre un bain.
260 NÉVROPTÈRES.
ORDRE
DES
NÉVROPTEÈERES
Nous conservons, dans un ouvrage élémentaire et destiné à la vulgansation de l'Entomologie en France, l'extension que les auteurs de ce pays donnent à l’ordre linnéen des Névroptères. Ainsi que nous l’avons déjà fait pressentir, il serait d'une meilleure philosophie naturelle de ne pas conserver un véritable groupe de résidu, de rattacher aux Orthoptères les Termitiens et les tribus annexes, les Libelluliens et Éphémériens, qui en sontla dégradation, et les Perliens. Ces premières tribus de Névroptères, à vie terrestre en totalité, ou aquatique dans les premiers états, ont des métamorphoses incomplètes. Les tribus qui forment pour Huxley les vrais Névroptères ou Neuroptères comprennent des genres d'insectes à métamorphoses (il y a un passage sous ce rapport par les Raphidia et Mantispa où la nymphe demeure agile), et constituent plusieurs tribus, les Raphidiens, les Panorpiens, les Hémérobiens, enfin les Phryganiens, dont les auteurs anglais font un ordre sous le nom de Trichoptères, forment la fin des Névroptères. Ils ont des métamorphoses complètes, la nymphe, toutefois, devenant mobile au moment de se changer en adulte. On comprend, d’après cette classification tout à fait hétérogène, que nous ne pouvons donner de caractères généraux pour les Névroptères. Nous dirons seulement que ce sont des insectes à quatre ailes membraneuses, le plus souvent nues et pourvues ordinairement de nombreuses nervules transversales. Quand les pièces buccales des adultes ne sont pas atrophiées, au moins en grande partie (Éphémériens, Phryganiens), elles sont broyeuses, courtes, analogues à celles des Orthoptères dans une certaine mesure. L'étude anatomique et biologique sera indiquée pour chaque tribu.
Outre les ouvrages généraux, on consultera les NévrorrÈres de Rambur (Suites à Buffon, Paris, Roret, 18/42).
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