III. — CHRYSOPIDES
Nervures subcostale et médiane séparées ; premier secteur presque parallèle à la nervure médiane, brisé.
Le nom donné à cette famille par les entomologistes vient de la belle couleur des yeux des espèces à l’état vivant, qui sont brillants d'un éclat doré ou rouge ou vert. Aussi, dans les langues des divers peuples, on appelle vulgairement ces insectes Yeux d'or. Par la disposition des nervures des ailes, le principal genre de cette famille, Chrysopa, Leach, se relie aux genres Hemerobius, Linn., et Drepanopteryæ, Burm., par les genres Sisyra, Burm., et Polystæchotes, Burm., et son affinité au genre Osmylus, Latr., se fait par le genre Apochrysa, Schneider. C'est dans le genre Chrysopa qu'on trouve le premier développement régulier des cellules discoïdales et de l'aire cubitale (dépendant de la nervure discoïdale ou inframédiane, ou cubitus, Burm.), encore étroite, qui se perfectionne chez le genre Osmylus, et manque dans les Hémérobiides. Nous ne poursuivrons pas les analogies plus éloignées avec les Mantispa et les Nemoptera.
Le corps des Chrysopides est plus ou moins grêle ; la tête plus ou moins bombée au vertex, sans ocelles, à antennes sétacées, à articles subcylindriques, égalant la longueur du corps ou la surpassant du double, tandis que les antennes des Hémérobiides sont moniliformes. Les ailes iuférieures sont un peu plus courtes que les supérieures, la subcostale parallèle à la médiane restant séparée jusqu’au bout de l'aile et ne l'y rejoignant pas; les nervures simples entre la costale et la sous-costale ; deux secteurs simples issus de la nervure médiane près de la base de l'aile, entre lesquels sont placées obliquement des cellules discoïdales oblongues, à quatre ou à cinq angles, formées par deux, trois ou quatre séries de nervules en gradins, simplement fourchues à la fin ; la nervure discoïdale (cubitus) ou parallèle au premier secteur, ou s’en écartant, et formant avec lui une aire cubitale étroite, remarquable par une
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seule série d’aréoles ou quinquangulaires ou sexangulaires ou quadrangulaires ; les tarses ont les crochets ou dilatés à la base ou simples.
Les œufs sont placés sur une longue tige fine élastique. La larve est allongée, fusiforme, parfois déprimée, offrant de chaque côté six ocelles placés en cercle ; sur les côtés des trois segments du thorax et sur ceux des sept segments abdominaux se trouve une verrue portant quelques poils soyeux, plus ou moins fins, sur un petit capitule terminal, ou dépourvue de capitule. La nymphe ressemble beaucoup à l'adulte, comme chez tous les Hémérobiens, et reste gisante {rès-recourbée dans une petite coque, solidement tissée de fils de soie, placée entre les feuilles des arbres ou les fissures des écorces.
CHRYSOPA, Leach, — Tête conique en avant, un peu allongée, à vertex plus ou moins convexe ; autennes sétacées, égalant la longueur du corps ou plus grandes, jusqu’au double, les articles à sommet orné de deux poils soyeux opposés entre eux; dernier article du palpe maxillaire comprimé au bout, tronqué, parfois acuminé ; ailes postérieures un peu plus courtes que les antérieures ; espace costal des ailes antérieures rétréci à la base, sans nervule récurrente ; deux séries de nervules en gradins dans Faire discoïdale entre les deux secteurs de la nervure médiane ( radius); nervure discoïdale {cubifus) formant avec le premier secteur du radius une aire cubitale étroite, surtout composée d’aréoles quinquangles, rarement quadrangles ; troisième cellule cubitale divisée par une nervule sécante, qui, ou recourbée s'ouvre dans le premier secteur du radius, ou droite se joint à la plus voisine cellule cubitale ; pattes simples et courtes, premier article du tarse le plus long, le dernier ayant au bout deux longues soies et deux ongles grêles, très-recourbés au sommet, tantôt simples, tantôt dilatés à la base, ayant entre eux une pelote cordiforme; abdomen de neuf segments, 2 et 3 un peu plus longs que les autres, cylindrique, subcomprimé sur les côtés. — Larves aphidivores ou coceivores, vivant à Pair sur les plantes, à peu près glabres ou poilues, offrant latéralement des verrues piligères, directement ou sur un capitule terminal. — OEufs portés sur de longs et grêles pédicules.
Le corps des Chrysopes, long et plus ou moins grêle, n’a que quelques poils courts sur le prothorax, les pattes et l'abdomen, et un faisceau de longs poils au bout de l'abdomen, autour de l'anus et des parties sexuelles. La couleur la plus habituellede ce corps est le vert, passant du blanc verdâtre par le jaune verdâtre jusqu'aux plus belles teintes bronzées et jusqu'au vert d'herbe; la couleur jaune, variant du verdâtre au brun, est moins fréquente, et, plus rare encore, la couleur brune. On trouve réunies les couleurs jaunes, orangées, rouges, brunes, noires, dans les diverses parties du corps et dans ses points, lignes, bandes et taches.
Les antennes, insérées sur le front, entre les yeux et rapprochées, diffèrent parfois de longueur suivant le sexe, toujours plus longues
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chez le mîle; elles sont formées de 70 à 100 et plus articles, le premier le plus long, le plus épais et en massue, le second le plus court, conique, le troisième plus long que le second, cylindrique, un peu épaissi vers le sommet, les autres allant peu à peu en s'amincissant et se raccourcissant vers le bout de l'antenne, mais pareils de forme; du troisième à l’avant-dernier, ces articles sont munis au sommet de deux poils soyeux distants et opposés, les autres ayant trois ou cing séries de poils subtils très-couris. Les yeux sont placés postérieurement sur les côtés de la tête, grands, proéminents, gl buleux, d'un vert magnifique ou d’un rouge doré ou parfois d’un brun métallique sur le vivant, après La mort d’un bruu verditre le plus souvent, ou bruns ou noirs, mais conservant rarement quelque éclat métallique. Le labre est coriacé et transverse, tantôt entier et arrondi en avant, tantôt émarginé en avant, muni de courtes franges; les mandibules trigones-allongées sont robustes, cornées, recourbées, très-aiguës au sommet et avec une petite dent et quelques poils très-fins à la partie interne; elles ne dépassent pas le labre. Les maxilles, un peu plus longues que les mandibules, offrent un stipe portant deux lobes, l’un interne et ovale, l'externe où galéa plus long, composé de deux parties, dont la supérieure et la plus longue est allongée et quadrangle, chaque lobe ayant au côté interne de longues et épaisses franges: les palpes maxillaires sont sétacés, longs et grêles, de cinq articles, portant de courts poils épars et de longueur éroissante, 4 et 2 plus courts, 8 et 4 subégaux.
La lèvre, insérée sur un court menton {ransverse et subrectangle, est pelite, presque orbiculaire, rétrécie en avant, portant un prolongement mobile subrectangle et des poils courts, entourée de deux palpes labiaux de trois articles croissants de longueur, le 3"°, comme le 5e du palpe maxillaire, fusiforme, obliquement tronqué au sommet ou acuminé, ces articles portant de courts poils épars.
Le prothorax est aussi large ou un peu plus large que la tête, plat en dessus, semi-cylindrique, le pronotum le plus souvent subcarré, parfois moitié, pariois Le double plus long que large, avec un sillon transversal au milieu; le mésothorax quadrangle offre un mésonotum grand, triangulaire et un petit écusson ; le métathorax, plus court, a le métanotum composé de deux parties trapézoides, et un postécusson convexe, “oblong-quadrangle.
Les quatre ailes membraneuses, plus longues que le corps, s'appliquent sur lui en forme de toit lors du repos; elles sont hyalines, très-rarement tachées, les nervures le plus souvent de la couleur du corps, ces ailes, très-richement irisées par réflexion resplendissantes de couleurs vertes, rouges, bleues, violettes, rétrécies vers la base, les supérieures elliptiques, les inférieures parfois plus cunéiformes, arrondies au sommet ou plus ou moins visiblement acuminées, deux ou trois fois plus longues que larges aux deux paires, frangées, à nervures ténues, peu poilues.
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La disposition des nervures de l'aile inférieure est la même qu'à la supérieure, avec la côte très-droite de la base au ptérostigma et la 2e ou 3"° nervure cubitale simple.
Les pattes sont marcheuses, lantôt grèles, tantôt plus renflées et alors plus courbes, pareillement distantes entre elles, revêtues çà et là de poils courts, les antérieures les plus courtes, les moyennes un peu plus lonzues, les postérieures les plus longues.
L'abdomen chez les mâles est plus grêle et partout d’égale épaisseur, obliquement tronqué au bout, un peu plus épais chez les femelles, un peu rétréci avant le milieu, s'atténuant peu à peu au bout. Le dernier segment porte l'anus, et, placés sous lui, les organes génitaux; les organes sexuels du mâle forment un renflement, fendu au milieu, renfermant le pénis et remarquable à l'extérieur par deux crochets cornés très-courbes; vers ce renflement une écaille coriacée, comme une valve, est tournée du bas vers le haut, ayant une forme coch éaire, creusée, munie d’une pointe aiguë recourbée en haut et vers l’intérieur; les organes sexuels externes de la femelle consistent dans une simple fente, s’ouvrant au milieu d’un petit renflement visible sous l'anus. Un oviscapte était inutile, d'après la manière dont s'opère la ponte.
L'anatomie interne des Chrysopes adultes, étudiée d'abord par Ramdohr et Marcel de Serres, a été complétée par les travaux de L. Dufour (op. cit. Saw. éir. 1841, p. 600) sur les Chrysopa vulyaris, Schn., et italica, Rossi, espèce du midi de l'Europe et de taille double de la précédente, et de H. Loew (Linnœæa entomol. Posen, 4848, p. 376) sur C. vulgaris, Schn. Le tube digestif des Chrysospes est entouré à son début par un appareil salivaire compliqué, consistant essentiellement en un canal unique débouchant dans la tête, puis se divisant en deux canaux traversant tout le thorax, se recourbant chacun en anse vers l'extérieur et remontant en sens inverse, ensuite se divisant en touffe de rameaux simples, bifides ou multifides, entrelacés entre eux, et même avec ceux du côté opposé. Le canal alimentaire est court et droit, trèssensiblement de la longueur du corps de l’insecte. L'æsophage, avec quelques fissures transverses, s'élargit peu à peu et aboutit à un grand jabot ovoïde, à plis transverses qui s'effacent quand il est rempli d’aliments; à sa partie inférieure est une panse latérale (estomac de succion des auteurs allemands), jaunâtre, à parois assez épaisses et contractiles, lancéolée et froncée si elle est vide et contractée, ellipsoïdale ou ovale pointue, avec paroi lisse, quand elle est en plénitude. Après le jabot vient un petit gésier globuleux, marqué autour de son orifice antérieur de huit traits bruns subtrianguluires, indices d'une valvule intérieure formée d'autant de lames ou de plaques calleuses. L’estomac se sépare du gésier par une contracture annulaire peu profonde. Il est allongé, cylindroïde, renflé inférieurement, muni de fibres circulaires, à surface lisse ou à peine légèrement pointillée, sans les granulations
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de l'estomac des Fourmilions. A sa base s’insèrent isolément les canaux de Malpighi (S d'après L. Dufour, 6 d’après Loew), longs, flexueux, entrelacés dans la graisse et les trachéoles, et dont les bouts flottants, dirigés en arrière, se replient en peloton autour de l'intestin.
L'intestin grêle a en longueur la moitié de l'estomac; sa paroi est robuste, avec fibres longitudinales. Il commence par un renflement musculeux peu apparent, et en offre un autre, plus apparent, au milieu; il est suivi d’un court rectum, ayant à sa base deux paires de boutons charnus, hémisphériques et bien saillants.
Le système respiratoire, formé de trachées tubulaires, n’a rien de spécial; on peut signaler deux trachées qui suivent le tube intestinal dans toute sa longueur de chaque côté et s'y fixent par de nombreux rameaux courts et grêles: chacune d’elles s’envoie un fort rameau au jabot qu'elle suit jusqu'à l'extrémité de lx panse.
Le système graisseux participe d'ordinaire de la couleur du corps de l'insecte vivant, plus ou moins vert ou jauhe verdâtre, selon les sujets, chez C. vulgaris, et, dans d'autres espèces, souvent jaune en partie et richement bronzé.
Les testicules des mâles sont séparés et varient de forme selon les espèces, ceux de C. vulgaris, où perla de la plupart des auteurs, sont d'un beau jaune, en forme de trois plis spiralés de grandeur décroissante, remplis de spermatozoïdes jaunàtres, en fils très-fins, sans renflements. De chaque testicule part un conduit déférent droit, un peu renflé à l'origine, réuni à son congénère pour constituer un court canal éjaculateur entouré à sa base de très-courts vaisseaux appendiculaires, avec des vésicules de diverses formes. Chez la femelle, les deux ovaires séparés offrent chacun un faisceau de dix à douze gaines ovigères, multiloculaires, allongées, unilatérales, insérées au côté externe du calice et convergentes per leur bout effilé, de manière à venir s'attacher au ligament suspenseur commun qui se fixe dans le thorax. Les ovules, chez C. vulgaris, sont d'abord blancs, puis deviennent verts ou jaunes, selon la couleur des sujets qui les renferment. La couleur des œufs est verte chez les types verts de ©. vulgaris, C. chrysops, septempunctata et abbreviata, imitant parfaitement celle de l’insecle ; on n'a pas suffisamment observé si, dans les espèces d’une couleur autre que la verte, ainsi C. italica et capitata, les œufs se conforment aussi à la couleur du corps. Les calices se réunissent en un oviducte commun, court et assez large, portant un réservoir de semence impair, en forme d’une grande vésicule subovale, brièvement pétiolée. Il y a deux appareils annexes, l'un binaire, formé de deux vésicules oblongues, cylindroïdes, aboutissant dans une cavité commüne et qui est sans doute une glande sébifique, donnant l'enduit de la coque des œufs, l’autre unique, très-compliqué, se terminant par deux arbuscules d'utricules ovoïdes ou oblongues, probablement destiné à fournir la matière glutineuse qui formera le pédicelle des œufs, car ceux-ci, soit
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dans les calices, soit dans l’oviducte, ont l'aspect ordinaire, sans support pédicellé.
Les œufs, quelques jours après la ponte, perdent leur couleur, blanchissent, et laissent voir distinctivement, comme un corps opaque, l'embryon qui deviendra la larve. Il a été l’objet d'études récentes par M. Packard, et comparé à celui de divers insectes et particulièrement des Libelluliens (1).
Le système nerveux des Chrysopes n’est pas également conformé chez les diverses espèces, de sorte qu'on ne peut pas arbitrairement supposer que celui qu'on a observé chez l’une d'elles, puisse convenir à une autre. Voici ce qu'il présente de commun chez plusieurs espèces étudiées par M. Loew. Le ganglion cérébroïde est grand et bombé, et les filets qui le rattachent au ganglion prothoracique sont très-longs ; immédiatement après leur naissance dans le ganglion cérébroïde ils se recourbent en dehors en un faible renflement, laissant entre eux une petite ouverture pour le passage de l’æsophage, ce qui constitue un petit ganglion céphalique sous-æsophagien. Les trois ganglions du thorax sont rapprochés l’un de l’autre, de sorte qu'entre eux les filets nerveux de connexion sont à peine plus longs que ces ganglions euxmêmes. Le ganglion du prothorax a une conformation particulière : il est tronqué en avant, et cela résulte de ce que les deux très fortes paires de nerfs qui en partent, prennent naissance à ses angles antérieurs et se dirigent en avant plus que d'habitude ; les ganglions du mésothorax et du métathorax gardent la forme arrondie ordinaire, et la naissance des nerfs qui en partent est normale. Les ganglions abdominaux sont petits et reliés entre eux par des connectifs très-délicats ; les antérieurs sont beaucoup plus rapprochés que les suivants, la distance des deux derniers très-petite, et le dernier un peu plus grand que les autres. On ne trouve qu'une paire de nerfs partant de chacun de ces ganglions abdominaux, sauf du dernier qui en présente trois. Chez plusieurs espèces, les filets nerveux qui rattachent entre eux les ganglions thoraciques sont fortement renflés vers leur extrémité postérieure. On ne remarque pas de renflements de ce genre dans C. vulgaris; on n'y aperçoit pas non plus de nerfs partant de ces filets même de réunion, tandis que d’autres espèces offrent dans le thorax un nerf assez fort partant de chaque côté de chacun de ces connectifs.
Les larves des Chrysopes ont le corps étroit, longuement prolongé, déprimé, seulement un peu bombé en dessus, plan à la partie inférieure, fusiforme, composé de treize segments bien distincts, y compris la tête, seule cornée, les autres segments mous. Toute la surface supérieure du corps est couverte le plus souvent de poils. M. Schneider distingue deux types dans les larves connues : dans l’un, le corps parait
(4) The embryology of Chrysopa, etc., American naturalist, vol. V, september 1871.
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lisse, et les élévations verruciformes placées sur les côtés des segments, sont directement recouvertes de poils sétacés courts, peu nombreux ; chez les autres, ces verrues portent un capitule proéminent, orné d'un faisceau d'une douzaine de poils sétacés, plus longs et rigides. La tête est petite et cordilorme, portée sur un cou distinct. Le labre ne se sépare pas du bord antérieur de la tête; les mandibules cornées sont crandes, beaucoup plus longues que la tête, courbées, peu à peu rétrécies, acuminées au bout, très-excavées et fendues au côté intérieur en manière de tistule; les maxilles cornées, un peu plus courtes que les mandibules, de même forme, tronquées obliquement au bout, sont appliquées contre les mandibules par leur partie interne, et les deux organes, étroitement joints par leurs bords, forment un appareil fistuleux, propre à la succion, offrant un petit trou sur l'extrémité des mandibules prolongées et où tinissent les maxilles ; ces maxilles descendent plus du côté de la tête, s'approchant du labre et articulées avec lui à la base; les palpes maxillaires manquent. La lèvre, située entre les branches inférieures des maxilles, est transverse, trapézoïde, garnie de quelques poils courts et insérée postérieurement à un menton oblong, munie latéralement de palpes labiaux sétacés, de quatre articles, plus courts que le tiers des mandibules et maxilles soudées.
Les yeux petits, semi-globuleux, sont au nombre de six de chaque côté, disposés en cercle, les deux postérieurs les plus petits, placés sous les mandibules, aux angles proéminents de la tête. Les antennes sont sétiformes, égalant en longueur les mandibules, placées sur le front en avant des yeux et entre eux, trimères, ayant le premier article court et épais, le second plus court, plus ténu, le dernier, sans articulations visibles, formant une soie sublile, terminée en pointe.
Le prothorax forme le plus long segment du corps, divisé en trois bourrelets par des incisions transverses; le premier un peu plus large que la tête, le second et le troisième surtout encore plus larges, et au milieu du bord latéral de chaque bourrelet une verrue piligère, de l'un ou l’autre type selon les espèces; le mésothorax, plus large et plus court que le prothorax, et le métathorax, un peu plus large et plus long que le segment précédent, n'offrent de chaque côté pour l’un et l’autre qu'une grosse verrue piligère ; ils sont aussi partagés par des sillons transverses formant des bourrelets. Les pattes, insérées sous les trois segments du thorax, sont courtes, fines, cylindriques, un peu comprimées sur le côté ; les jambes plus grèles et plus longues que les cuisses, surtout à la paire postérieure ; les tarses très-courts, d’un seul article, que dépasse par dessous une longe soie rigide née du bout de la jambe ; à l'extrémité du tarse sont deux petits ongles simples, recourbés, ayant entre eux une pelote, comme une petite lame longuement pétiolée et finissant en triangle.
Le premier segment de l'abdomen est à peu près des mêmes longueur et largeur que le métathorax, mais manque des élévations ver-
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ruciformes sur chaque côté; le second segment est plus large et un peu plus long, le troisième le plus large de tous, puis les autres de largeur graduellement décroissante, de sorte que le huitième est petit, trèscourt, comme cylindrique et que le neuvième et dernier, le plus petit de tous, ressemble à une petite verrue oblongue; les six premiers offrent des bourrelets formés par des sillons transverses, les trois derniers sont lisses ; chacun, du second au septième inclusivement, a sur le côté une élévation verruciforme ornée d’un faisceau de poils, ou portant un capitule, muni de poils rigides plus longs, comme au thorax. Le dernier segment, qui est en même temps un pseudopode servant à porter le corps en avant, renferme l'anus et l'organe destiné à fournir les fils de soie du cocon.
La nymphe du genre Chrysopa présente déjà la forme de l'insecte parfait, sauf que les ailes ne sont indiquées que par de courts rudiments..Elle repose courbée dans la coque, de sorte que le bout de l'abdomen touche presque la bouche. Le corps paraît couvert de poils épars, et sa couleur est pâle au début, jaunître ou jaune verdûtre. La tête inclinée en dessous, petite et proéminente comme chez l'adulte, à pièces buccales saillantes et brunes, porte un labre subrectangle, arrondi en avant et aux angles, du moins pour les espèces où il garde cet aspect chez l'adulte; les mandibules sont courbes, à bout bidenté et peu proéminent, avec trois petites dents au bord interne ; les maxilles, non soudées aux mandibules comme chez la larve, à deux lobes poilus sur un stipe et à palpes maxillaires sétacés et de quatre articles (organes nouveaux) ; la lèvre arrondie, subcordiforme, à courts poils, avec des palpes labiaux courts, trimères, portés sur un torus stipitiforme. Les yeux sont semi-globuleux, comme chez l'adulte, et de couleur ferrugineuse ; les antennes se recourbant en $ à la partie supérieure, placée en dessus des rudiments alaires, de sorte que leur pointe regarde l'extérieur, sont insérées sur le front, entre les yeux, sétiformes, subégales au corps en longueur, offrant plusieurs articles bien distincts, le premier le plus long et le plus épais, le second non moins
“épais, mais beaucoup plus court.
Le prothorax est semi-cyliudrique, à bords latéraux un peu inclinés en dessous, le mésothorax et le métathorax plus larges que le prothorax et portant les fourreaux des ailes; ceux-ci ont presque la moitié de la longueur du corps, sont glabres et appliqués sur les côtés, les fourreaux des ailes postérieures un peu en dedans et en dessous de ceux des antérieures; les pattes sont courtes, à articles peu nettement distincts ; la jambe un peu plus longue que la courte cuisse, les tarses pentamères, le premier et le cinquième article les plus longs, les ongles petits, peu courbés, simples, sans pelote entre eux, qui ne se formera qu'après la dernière mue. Ces pattes sont appliquées au corps, les postérieures tout à fait cachées sous les rudiments des ailes, les médianes et les antérieures apparentes par les jambes, les antérieures
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allant jusqu'aux yeux, les tarses visibles au bord extérieur de l'aile, et la suivant presque jusqu'au bout. L’abdomen est cylindrique, de neuf segments, un peu comprimé sur les côtés, à organes sexuels non apparents.
Les Chrysopes à l’état adulte, nommées parfois Demoiselles terrestres par une analogie de formes, assez éloignée toutefois, avec les petits Libelluliens, sont des insectes généralement lents, restant souvent immobiles ou marchant sur les feuilles et les rameaux des plantes, très-vraisemblablement pour chercher leur nourriture, et choisissant loujours pour se reposer la face intérieure des feuilles. Dans le vol, qui est lent et court, elles agitent les ailes à la façon des papillons ; elles aiment l'ombre et restent en repos pendant la chaleur du jour; mais aux heures du matin et du soir jusqu’au crépuscule, et aussi par les temps couverts, elles semblent joyeuses et voltigent très-souvent. Timides en raison de la lenteur de leurs mouvements, elles se laissent aisément capturer, et ne paraissent pas avoir d'autre moyen défensif que l'odeur fétide, excrémentitielle, persistante, qu’elles répandent quand on les touche, très-forte surtout chez C. chrysops ; nous rappellerons à ce propos la sécrétion d'odeur très-désagréable des Coccinelles (Coléoptères), autres aphidiphages. Les Chrysopes habitent dans les arbres et les buissons des jardins et des bois, surtout ceux qui sont couverts de Pucerons, de Psylles, de Coccides, très-souvent sur les rosiers et diverses espèces de tilleuls et de saules, sur le prunellier, le chène, le sureau noir, le prunier, le poirier, etc. Au contraire, les Conifères si fréquentés par les véritables Hemerobius, le sont peu par les Chrysopa.
Ces insectes ne sont pas sociaux, ce qui est le propre des carnassiers ; si on les trouve parfois rapprochés et en certain nombre, toujours restreint du reste, c’est en raison de l’agglomération des insectes dont se nourrissent leurs larves, el probablement aussi les adultes. La forme des pièces buccales et la brièveté de leur tube digestif sont en rapport avec un régime animal, probablement des Pucgrons ou autres petits insectes. On a vu que des C. vulgaris, enfermées dans un flacon,. suçaient avidement de l’eau sucrée, et ce fait, rapproché de celui de l'Osmylus maculatus capturé à la miellée, laisse supposer queles Chrysopes aiment les sucs doux des plantes, peut-être aussi Les sécrétions des Aphidiens.
On n'a pas observé leur copulation, mais on connaît comment s'opère la ponte des œufs. Sur une plante habitée par les Pucerons, aliment futur des larves, la femelle, tâtant la place avec ses antennes, choisit un rameau, un pétiole ou un limbe de feuille, très-rarement un fruit. Puis elle reste en place, les antennes en mouvement, et secoue son abdomen en trémulation, à mesure qu'un œuf arrive à la sortie; ensuite, ‘le bout de l’abdomen étant exactement appliqué à la plante, elle lance de sa vulve une matière tenace, inhérente à la surface placée
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en dessous, et, relevant son abdomen en haut, faconne cette substance en un fil ténu, élastique, durcissant aussitôt à l'air, et au bout duquel adhère l'œuf sorti de la vulve ; pour cela, la femelle hausse encore un peu plus son abdomen et l'œuf demeure fixé sur sa tige. Ces filets ont une longueur variable selon la grandeur des espèces, ordinairement de 10 à 45 millim., parfois jusqu à 25. La femelle réitère le même manége à chaque œuf pondu et en dépose ainsi douze à quinze de suite. Si le lieu est bien choisi et si elle n'est pas troublée, la ponte se termine en une heure environ; mais elle peut durer plusieurs heures si la femelle est dérangée ou si l'endroit ne lui parait pas tout à fait convenable. C’est ce qui explique comment tous les œufs sont parfois en bouquets sur une seule feuille ou sur un seul pétiole, ou, au contraire, posés çà et là isolément; cela dépend du choix d'une place plus ou moins favorable, et du repos ou du trouble de la femelle pendant la ponte. On ne saittrop à quoi sert le filet basilaire, si c’est pour soustraire l'œuf aux insectes ennemis, ou pour le mieux exposer à l'air et à la chaleur.
Les anciens auteurs connaissaient ces œufs, fixes sur des tiges grèles et blanches, à peine de la grosseur d'un cheveu, ayant toutes les directions, rarement droites, d'ordinaire un peu courbées, mais ils les prenaient pour les végétaux; quand l'œuf est éclos et que sa sommité est ouverte, on dirait des espèces de fleurs ou de cupules, analogues aux organes de fructification de certaines mousses, et l'on a gravé ces productions dans les Éphémérides des Curieux de la nature, comme des petites fleurs très-singulières ayant crû sur une feuille de sureau.
Ces œufs sont oblongs, ovales, acuminés au bout inférieur, plus plats à l’autre, et leur longueur varie, selon les espèces, de 1 millim. à 4,5 millim., avec un diamètre d’environ moitié. À peu près une semaine après la ponte, la larve, parvenue à son développement, rompt le bout supérieur obtus de l'œuf, muni d'un opereule orbiculaire, et d'abord recourbée, les paîtes repliées, sort peu à peu de la coque. Le bout anal dégagé, elle commence à s'étendre, à se servir de ses pattes et à agiter ses antennes et ses pièces buccales, auparavant immobiles. La coque abandonnée et forces prises, les larves se projettent au dehors par un véritable saut, en courbant le bout de l'abdomen sur leur dos, puis le débandant, elles tombent ainsi sur les feuilles où abondent le plus d'aliments.
Ces larves, que Réaumur nomme lions des Pucerons, d'après leur régime et leur analogie de formes avec les lions des Fourmis, sont trèsvoraces, et, aussitôt sorties des œufs et encore molles se jettent résolument sur les proies vivantes dont elles veulent se nourrir. Elles sont souvent assez nombreuses sur le même arbre ou arbuste, de même que les larves de Coccinelles, mais, pas plus qu’elles, ne vivent en société, car elles s’attaquent quand elles se rencontrent, jusqu’à ce que la plus forte ou la plus heureuse remporte la victoire. Elles ne vivent pas seu-
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lement de Pucerons, de Psylles, de Kermès et de Cochenilles, mais aussi de larves de Mouches et de Coléoptères et de petites chenilles. Schneider, qui les a élevées en captivité depuis l'œuf jusqu'à la nymphose, leur donnait des mouches récemment tuées, dont elles suçaient joyeusement les sucs. Les larves des Syrphes (Diplères), émules de celles des Chrysopes pour la chasse aux Pucerons, sont pour elles de très-redoutables ennemis, car, cachées entre les Pucerons, elles saisissent et sucent de la même manière les larves des Chrysopes sans défiance, à la recherche de la même nourriture, Si on élève des larves de Chrysopes, il faut avoir bien soin, quand on leur apporte des feuilles chargées de Pucerons, de ne pas y laisser de larves de Syrphes, qui détruisent bientôt toute l'éducation.
Les larves de Chrysopes marchent lentement et en avant, en se servant du dernier segment abdominal comme d’un pied, mais les mouvements de leurs corps, grâce à ses nombreuses incisions transverses, sont vifs, agiles et variés. La tête surtout, ainsi que les pièces buccales et le prothorax, s'agitent continuellement de côté et d'autre, à la recherche de la proie. Dès qu'elle est à portée, la larve ouvre ses mandibules, et, par leurs pointes, comme avec une pince, perfore l'animal saisi, de sorte que les fins orifices des pinces buccales entrent dans ses parties internes ; cela fait, la larve suce longtemps tous les sucs jusqu’à ce qu'il ne reste qu'une peau vide, qui, abandonnée par les mandibules, est rejetée en arrière, par une rapide projection de la tête et des pinces. I y a certaines espèces, ainsi C. chrysops, où, de même que pour les larves du genre Hemerobius, la larve se recouvre sur le dos des peaux vides et sèches des Pucerons qu’elle a sucés, comme flereule s'était couvert et fait un trophée de la peau da lion qu'il avait vaincu et tué. Ces larves, dans leur instinct de protéger ainsi leur peau molle contre l'action siccative de l'air, peuvent se servir d’autres substances que des peaux vidées, ainsi de flocons de soie arrachés à des cocons, ou de ratissures de papier. Les parcelles qui forment la housse du corps ne liennent ensemble que par un entrelacement grossier, et n'adhèrent au corps qu'en s'emboilant entre les interstices et les rugosités des anneaux. Quand la tête à brusquement lancé en arrière la peau ou le flocon saisi entre les mandibules, elle se renverse sur le dos, et presse les uns contre les autres les objets mous qui sont tombés sur les premiers anneaux, de manière à les faire glisser peu à peu jusqu'aux derniers. On peut alors la comparer à un chef sauvage portant à sa ceinture les scalps de ses malheureux adversaires. Si on lui enlève cette belliqueuse couverture, elle sème le carnage autour d'elle, ét, en quelques heures, s'est refait une nouvelle loilette de dépouilles opimes. Ce ne sont pas ces opérations seules qui attestent la grande facilité de mouvement de la tête des larves de Chrysopes : si on les couche sur le dos, elles se relèvent très-aisément par une culbute, en retournant la tête, jusqu'à ce qu'elle soit entre le dos et le plan sur lequel le dos est posé.
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Une larve de Chrysope à tout son développement paraît pouvoir manger en un jour vingt pucerons el même plus, mais une mouche suffit à une demi-journée et même à une journée. La larve semble très-courageuse quand elle attaque une proie, menaçant l'ennemi de ses mandibules écartées; mais elle bat en retraite devant un adversaire trop robuste. On trouve en France ces larves à divers degrés de croissance de juin à septembre et même plus tard, ce qui est en rapport avec plusieurs générations annuelles, car l'évolution complète de la larve, depuis sa sortie de l'œuf, ne demande que deux à trois semaines. On est peu renseigné sur leurs mues, soit pour leur nombre, soit pour le procédé suivant lequel elles s'opèrent. Schneider a seulement trouvé quelquefois de fines peaux blanches rejetées par les larves qu'il élevait en captivité.
La larve à toute sa taille, se préparant à la nymphose, recherche un lieu propice, soit dans une feuille enroulée ou pliée, soit dans une fissure d’écorce, soit, pour peu d'espèces, entre les feuilles aciculaires des Pins. Elle se tisse avec la filière anale une petite coque de soie blanche, ovale-oblongue, plus rarement sphéroïdale, dont la grosseur est très-faible, 3 à 4 millim. en diamètre, eu égard à l'extension de l'adulte ; c’est à peine la dimension d’un gros pois pour les plus grandes espèces. La larve plie en cercle son corps très flexible, pour opérer la filature avec une agilité surprenante; le corps éntier change de place en glissant sur l'enveloppe sphérique ébauchée, à la façon de la roue d’une meule. La période nymphale est de deux à trois semaines en été et d'environ huit mois en cas d’hibernation, car les larves de la dernière génération, qui filent leurs coques en septembre ou même en oct bre, passent l'hiver en nymphes, le corps des larves de nos pays étant trop mou pour supporter le froid de la mauvaise saison; on ignore tout à fait ce qui se passe à cet égard pour les larves dans les régions tropicales.
La nymphe, d'abord très-pale, se colore peu à peu, de sorte que les couleurs propres à l'adulte apparaissent de plus en plus, ce qu’on voit bien à travers le tissu pellucide de la coque. Au moment final, la nymphe coupe avec ses mandibules, ou par l'expansion du corps, le bout supérieur de la coque de soie et l’ouvre en forme d'opercule orbiculaire. Elle sort, au moyen de ces pattes devenues libres, la région antérieure du corps, encore lâche et mou, et, au dehors de la coque, reprend ses forces et rejette la dernière pellicule qui enveloppe l'adulte; ily a Rà nne différence importante d'avec la très-grande majorité des Lépidoptères, où l'adulte se fait dans le cocon. La peau de la tête et du thorax est bientôt rompue en dessus par les agitations du corps; l'insecte sort aussitôt sa tête, ses antennes et ses pattes du fourreau cutané, enfin, les agitations continuant, les ailes et l'abdomen. L'insecte délivré se repose dans un lieu propice, et les parties de son corps, jusqu'alors molles, durcissent. Les ailes blanches et courtes prennent
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rapidement leur accroissement, puis s'ornent de leur belle transparence et de la riche variété des couleurs de l'iris. Les teintes pâles du corps et des nervures deviennent peu à peu plus foncées et plus vives, les peintures rouges, jaunes ou noires de la tête et du thorax se furment, ainsi que celles visibles dans les nervures des ailes, à peine apparentes dans l'adulte récemment sorti de la nymphe, et parfaitement nettes au bout de plusieurs heures après la dernière transformation. La peau rejetée est une membrane, très-tendre et très-fine, de couleur blanche ; mais l'enveloppe des pivces buccales, un peu plus solide, est d'une belle couleur fauve. Dans la partie du thorax où les fourreaux des ailes étaient fixés, on aperçoit en dedans, de chaque côté, des fils très-fins, au moyen desquels la peau de la nymphe était attachée à l'image incluse.
Le genre Chrysopa est répandu dans tous les pays de la terre, et compte environ cent trente espèces, dont deux fossiles de l’époque tertiaire. M. Hagen en cite une quarantaine d'espèces d'Europe et trente-sept de l'Amérique du Nord (H. Hagen, Synopsis ofthe Neuroptera of north America, Washington, Smithsonian institution, 1861, p. 211). Je ne crois pas qu'on ait encore rencontré ce genre à la Nouvelle- Zélande. Les Chrysopes européennes, surtout des plaines, sont aussi des montagnes, et ont, le plus souvent, deux apparitions dans l’année, parfois plus (C. vulgaïis, Schn.). On peut dire que ce sont des insectes fort utiles pour nos cultures, et pas assez communs malheureusement, Il est bon, non-seulement de respecter toutes les espèces des jardins et des bois, mais même de les introduire, de même qu'il faut le faire pour les Coccinelles, sous les châssis, dans les serres, dans les jardins entourés de murs élevés, afin de diminuer la multitude des Aphidiens et des Cocciens, qui nous sont si nuisibles. On devra consulter spécialement pour l'étude de ce genre : G.T.Schneider, Symbolæ ad monographiam generis Chrysopæ, Leach, Vratislaviæ (Breslau, 1851, en latin), et un travail un peu plus ancien : Wermael, Notice sur les Hémérobides de Belgique (Bull. Acad.royale de Bruæelles, t. VIT, n° 4), qui a l'avantage de donner à très-peu près les espèces des environs de Paris.
Schneider établit deux divisions dans l'étude descriptive des espèces du genre Chrysopa, étude souvent fort difficile en raison de synonymies multipliées. Nous figurons quelques détails anatomiques empruntés à une espèce d'Égypte, pl. zxvnt, fig. 5, mâchoire très-grossie ; 5 a, et 5 b, antenne.
La première division contient les espèces offrant le labre entier au bord antérieur, c'est-à-dire non émarginé, Dans une première section, le second article de l'antenne n'est pas tacheté, et un certain nombre d'espèces ont toutes les nervures des ailes de la même couleur. A ces espèces appartient C. vittata, Wesm. (Hemerobius proæimus de Rambur), ou alba, Panzer, Olivier, espèce d’un joli vert, avec une bande jaunâtre parcourant la tête et tout le dos, longueur 47 millim., variant
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au reste avec le sexe, les antennes courtes et fauves, les ailes étroites, acuminées, ayant toutes les nervures d’un vert pâle, de nombreuses nervules en gradins, en deux séries rapprochées, parallèles, les franges de la côte et des nervures très-courtes et noires. La larve est de couleur soufrée, ayant sur la tête en dessus deux courtes lignes divergentes, et postérieurement deux lignes parallèles noires, les yeux noirs, les mandibules et les antennes fauves, les pattes d’un beau jaune de soufre, le milieu du prothorax, le mésothorax, le métathorax et les côtés de l'abdomen subfauves, les élévations latérales chargées de courts poils fauves, et sans capitules proéminents. Cette espèce, moins commune que la suivante, est de toute l'Europe et de Sibérie, des plaines et des montagnes, sauflesrégions très-septentrionales comme la Laponie; elle a une première apparition en juin et juillet, et une seconde génération en août et septembre. L'espèce la plus répandue est le C. vulgaris, Schn., ou perla des auteurs (non Linn.), longueur 9 à 10 millim., d'un beau vert dans le type, le thorax et l'abdomen ayant une bande médiane jaunâtre. Les antennes sont fauves, et une bande: sanguine se trouve de chaque côté de la tête avant les yeux. Les ailes sont étroites, acuminées, à franges des nervures noires. On rencontre cette espèce pendant toute l’année, des plaines et des montagnes, dans toutes les régions de l'Europe, excepté la Laponie, et aussi en Asie Mineure (Loew), et en Sibérie, et, probablement par importation, en Afrique, au cap de Bonne-Espérance, à l’île de France, au Brésil. On peut dire que cette espèce, avec les sujets d’hibernation, peut être capturée toute l’année, et même en Sicile, en plein air, hiver comme été; elle doit avoir trois générations dans l’année, car on la trouve d'avril à la fin d'octobre, puis les sujets cherchent des abris contre le froid et passent l'hiver dans les maisons, les hangars, les amas de broussailles, les creux d'arbres, etc. En battant les bois en novembre et même décembre, on fait tomber en grand nombre des individus engourdis au milieu des feuilles sèches. La troisième génération, celle d'automne, que l’on fait tomber comme on vient de le dire, présente de nombreuses variétés, le vert du type et toutes les transitions aux teintes suivantes: jaune verdâtre, jaunâtre ou subfauve avecstrie brune sur les côtés de la tête, même couleur avec les flancs carnés ou sanguins, ainsi que le front et une partie du vertex, pâle carnée, avec les bord dorsaux de couleur sanguine ou brune, les nervures des ailes d'un carné pâle. Cette dernière variété est le C. carnea d'Évans et de Stephens. La larve, longue de 13 millim., est de couleur citron, les mandibules et les antennes d’un ferrugineux vif, la tête remarquable par deux lignes obliques rouges en avant et deux lignes rouges, courtes et parallèles, en arrière, les yeux noirs, une ligne médiane fine, et, contre celle-ci, de chaque côté, une bande bordée de taches, d'un rouge terne, parcourant tout le corps, etteinte d’une couleur violette sur les côtés du mésothorax et du métathorax, les élévations verruciformes des côtés
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jaunes, dépourvues de capitule proéminent, ornées de longues soies brunes, les pattes d'un vert blanchâtre, plus obscures au sommet des cuisses et à la base des jambes.
Dans un autre groupe de la première section, les nervures des ailes, surtout les transversales, sont peintes en partie ou en totalité d'une couleur brune ou noire, les palpes sont fuligineux soit unicolores soit annelés de plus pâle, la tête et parfois le thorax remarquables par des points, des bandes ou des lignes bruns, ou fuligineux, ou noirs. Nous citerons C. septempunctata, Wesm., avec sept points ou stries noirs sur la tête, le corps vert, les nervures d’un vert vif, un large ptérostigma diffus vert, certaines nervures transverses noires; longueur 11 à 13 millim. Cette espèce est de toute l'Allemagne, des plaines et des montagnes, se trouvant en Silésie de juin à septembre sur les tilleuls et les pruniers; en Italie en août, en France près de Montpellier, et sans doute ailleurs, en Belgique, en Sibérie. Le C, aspersa, Wesm., longueur 8 à 11 miltim. (Hemerobius prasinus, de Rambur) est d’un vert pâle, à palpes fuligineux, les deux articles pénultièmes annelés de fauve au sommet, un point noir sur la tête entre les antennes, et une strie noire de chaque côté sur la joue, des points noirs sur le thorax pouvant manquer en tout ou en partie, la plupart des nervules transverses noires à chaque bout et toutes les nervules en gradins noires. Une variété, C. ventralis des auteurs anglais, a le ventre couleur de poix, sauf le segment anal. Le C. aspersa est de plusieurs régions de l'Europe, notamment d'Allemagne, assez commun en juin et juilletsur les tilleuls, les chênes et d’autres arbres, en France, près de Fontainebleau, et certainement ailleurs, dans l'Italie supérieure, etc.
Dans une seconde section du premier groupe, le deuxième article des antennes offre un anneau de couleur brune ou noire. Il y a des espèces ayant toutes les nervures des ailes unicolores et la tête remarquable par des points noirs. Ainsi le C. abbreviata, Curtis, se trouve dans la plupart des régions de l'Allemagne, de juin à octobre, sur les rosiers des jardins, sur les tilleuls, etc.; en Angleterre, en Belgique, en France, près Paris, dans l'Asie Mineure. Cette petite espèce, de 7 à 40 millim. de longueur, est d'un joli vert, à palpes fuligineux, les articles 3 et 4 annelés de pale, le premier article de l'antenne épais, avec un point noir à la partie interne, un point noir entre les antennes, d’autres de chaque côté sur le vertex, sur les joues et sur l'occiput, une petite strie arquée antérieurement à la base de chaque antenne et une grande strie arquée à côté sur le verlex, une ligne transverse noire sur le prothorax, et des points noirs sur les côtés du thorax, les ailes courtes, larges, arrondies au sommet, à nervures vertes, à longues franges noires, les ongles des tarses simples. Des variétés s'établissent par l'absence partielle de points noirs. Une variété remarquable, peut-être une espèce, est le C. phyllochroma, Wesm., ou pusilla, Brauer, d'Europe et de Sibérie, manquant du point noir
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interne du premier article de l'antenne, de la strie arquée postérieure du vertex et de la ligne médiane noire transverse du pronotum, les bouts des nervules subcostales, les origines des postcostales et quelques nervules cubitales en entier, noirs. Une autre section du même groupe offre les nervures transverses des ailes en partie brunes ou noires, la tête et le plus souvent aussi le thorax remarquables par des taches rouges et noires, tantôt les ailes non tachées, les ongles dilatés à la base ou simples, tantôt les ailes tachées. C'est ce dernier cas que présente une charmante espèce, le C. elegans, G. Mén., du Brésil, à ailes maculées de ferrugineux. surtout avec quatre grandes taches arrondies au bout de chaque aile, à corps jaune avec abdomen maculé de noir, le mé othorax et le métathorax noirs.
Une autre série d'espèces montre toutes les nervures transverses des ailes noires en totalité, le corps remarquable par des points et des macules fuligineux ou noirs. Une espèce très-commune de ce groupe est le €. chrysops de presque tous les auteurs, ou perla, Linn., ou reticulata des auteurs anglais, longueur 14 à 20 millim., le corps de couleur d’airain, à tête plus pile, avec palpes fuligineux, les deux pénultièmes articles pâles au sommet, une tache noire au bord antérieur du labre, une tache et une strie noires de chaque côté de la tète, les yeux d'un beau vert, chatoyants d'or sur le vivant, d'un vert bleu et non brillants sur le sec, les antennes de la longueur du corps ou un peu plus longues {@œ'), les deux premiers articles d’un vert jaune pâle, le second largement annelé de noir, les autres d'un brun fauve, un anneau noir entourant la base de chaque antenne et se joignant à un anneau noir sur le vertex, des taches noires sur les trois segments du thorax, les ailes larges, sans aucune nervure longitudinale noire, à longues franges noires, les pattes d'un vert pâle, avec poils noirs, tarses fauves et ongles bruns, l'abdomen noir en dessus et vert en dessous chez le mâle, maculé de noir chez la femelle. Une variété présente les deux premiers arceaux supérieurs de l'abdomen du mâle noirs en partie, une autre l'abdomen bronzé en dessus, les segments noirs seulement à l’origine. Le C. chrysops est très-commun dans toute l'Europe, dans les régions de plaine et de montagne, existe en Sibérie et semble être la seule Chrysope de la Laponie (Zetterstedt). Cette espèce paraît dans nos climats de la fin de mai en juin et juillet, puis, par une seconde génération, en août et septembre. La larve, longue de 10 à 14 millim. jusqu'au bout des mandibules, et ayant 2®%,5 daus sa plus grande largeur, offre Le corps épais, subvoûté, avec les mandibules presque quatre fois plus longues que larges. La couleur est grise, enfumée sur les côtés du thorax et de l'abdomen; les verrues des segments sont grises, ornées de longs poils enfumés, la tête jaunâtre avec une courte ligne noire médiane en avant, et en arrière deux courtes lignes droites, émettant deux linéoles obliques noires, les mandibules, les palpes et les antennes bruns. De juin et juillet, et une seconde génération en sep-
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tembre et octobre sur les buissons, surtout les rosiers; les larves d’automne donnent des nymphes qui hivernent.
La seconde division des Chrysopes de Schneider présente le labre plus ou moins émarginé ou échancré en avant. La section la plus importante de cette division possède des antennes égalant le corps en longueur, et le dépassant quelquefois, brunes ou noires, sauf les deux premiers articles vivement colorés, le corps le plus souvent robuste, épais, avec le prothorax plus large que long, les nervures des ailes unicolores, le corps fuligineux, excepté la tête et le prothorax. Nous figurons de ce groupe l’Hémérobe à tête jaune ou C. capitata, Fabr., pl. zxvu, fig. 4, longueur du corps 12 millim. La tête est orangée, à vertex très-voûté, à palpes fauves avec le dernier article fuligineux, les antennes un peu plus courtes que les ailes, avec les deux premiers articles orangés ou fauves, les autres passant du fuligineux au noir, les yeux sur le vivant d’un vert bronzé à reflet métallique, le prothorax quadrangle, orangé, étroitement fuligineux sur les côtés, le reste du corps d'un fauve fuligineux. Les ailes sont hyalines et irisées de violacé, les supérieures subarrondies au bout, les inférieures subaiguës, ioutes les nervures fuligineuses à franges noires, de longs ptérostigmas d’un brun fauve au bout des ailes des deux paires, les nervules en gradins de la première série formant un arc sur l'aile supérieure et non parallèles aux nervules de la seconde série, tandis que les deux séries sont parallèles au contraire sur l'aile inférieure; les pattes sont fauves, variées de brun à la paire postérieure, les tarses bruns, à ongles simples, peu courbés, bruns. L'abdomen est fuligineux, avec les deux derniers segments d’une couleur plus vive, orangés ou fauves. Cette espèce est rare, et principalement des localités montagneuses sur les pins, comme la plupart des vrais Hemerobius, et contrairement à la majeure partie des Chrysopa, en Silésie de juin à juillet, par places, ainsi qu'en diverses autres régions de l'Allemagne; en Belgique, en Angleterre, très-probablement en France, dans les localités appropriées. Nous engageons les jeunes amateurs à rechercher cette espèce si tranchée.
On a détaché des Chrysopes proprement dites plusieurs genres comprenant des espèces exotiques. Le genre Apochrysa, Schn., fondé sur l'Hemerobius leptaleus, Rambur, du cap de Bonne-Espérance, offre les antennes rapprochées, plus lorigues que le corps, dont les articles, à poils courts, manquent des deux soies écartées visibles au sommet de chaque article des Chrysopa; les ailes sont richement irisées, toutes deux arrondies au sommet, les supérieures elliptiques, sublancéolées, beaucoup plus larges que les inférieures, celles-ci cunéiformes, lancéolées, étroites à la base, presque égales en longueur aux supérieures. La nervation est fort différente de celle des Chrysopa, la côte de l'aile antérieure très-recourbée en haut vers la base, l’espace costal égal et large, l'aire subcostale très-large, l'aire cubitale étroite, mais parfaite (elle est imparfaite dans le genre Chrysopa et les autres genres
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annexes), l'aire discoïdale très-large, remplie d’aréoles cbliques quadrangulaires, deux, trois ou quatre séries de nervules en gradins entre les nervules obliques. Outre l'espèce type, cilons À. stigma, Girard, de la Nouvelle-Calédonie {1}, à corps jaune, à antennes extrêmement longues, l'abdomen se terminant par un grand élargissement spatuliforme, une tache circulaire brunâtre vers le milieu du disque de l'aile supérieure, les pterostigma de l'aile inférieure bruns et bien limités; quelques autres espèces de Ceylan, d'Amboine, d'Australie, des îles Nicobar, du Para, du fleuve des Amazones et une fossile. Le genre Ankylopteryx, Brauer, présente l'espace costal dilaté à la base, l'aire cubitale imparfaite, les ailes arrondies au sommet. Il ne comprend que des espèces de l’ancien monde, de Mozambique, de Chine, de Tasmanie, des Indes, des Moluques, de Ceylan, de Sumatra. L'espèce très-caractérisée de ce pays, trouvée à Padang, est l’A. trimaculata, Girard (Ann. Soc. entom. Fr., 1859, t. VII, p. 167), offrant à l'aile antérieure un pterostigma noiràtre, en demi-cercle, et, presque en ligne droite avec lui, deux taches brunes, l'une vers le milieu du disque, l’autre contre le bord inférieur de l'aile.
Le genre Hypochrysa, Hagen, avec l’espace costal étroit à la base, l'aire cubitale imparfaite, la subcostale jointe à la costale avant le sommet de l'aile, les ailes arrondies au bout, renferme deux espèces, une d'Europe, H.nobilis, Heyden, et une du Cap.Le genre Belonopteryæ, Gerstäcker, présente l'espace costal étroit à la base et au milieu, l'aire cubitale imparfaite, les ailes aiguës au sommet; une seule essèce du Brésil. Asa Fitch, enfin, a établi le genre Meleoma pour deux Chrysopes de l'Amérique du Nord, ayant les antennes très-écartées à la base, avec une corne frontale intermédiaire.
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La petite famille des Conioptérygides est encore fort peu et fort mal connue, en raison surtout de la faible taille des espèces qui, avec quelques Hemerobius, constituent véritablement des Micronévroptères, chaque ordre d'insectes ayant ses nains comme ses géants. Un grand attrait s'attache, pour les jeunes entomologistes, à ces minuscules espèces, où ils ont grande chance de faire des découvertes. Ces chétifs insectes, sans doute uniquement en raison de leur taille, ont été rapprochés des Psociens par certains auteurs, ainsi Burmeister, ainsi Rambur, ce dernier faisant toute réserve, et apercevant déjà des caractères très-différents, avec une sagacité que l'avenir a justifiée. En effet, l'existence de métamorphoses complètes, et de larves à pince de succion vivant très-
(1) Maurice Girard, Aan. Soc, entom, de France, 4° série, 1862, t. Il, p. 997.
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probablement des plus petits Aphidiens, mettent ces insectes dans la tribu des Hémérobiens, à côté des Hemerobius et Chrysopa. Is ne comprennent encore que deux genres, offrant de commun des antennes moniliformes, pas d’ocelles, les ailes n'ayant qu'un petit nombre de nervures longitudinales et surtout transversales, et pas de pterostigma, le corps et les ailes couverts d’une pulvérulence blanchâtre. Leur tête est très-molle, et la dessiccation produit sur elle des excavations. Ils vivent principalement sur les arbres et les buissons. Au repos, les ailes sont fléchies et enroulées autour du corps.
CONIOPTERYX, Haliday, — Tête orbiculaire, déprimée sur le front, à cou distinct ; yeux globuleux, écartés, aux angles antérieurs de la tête ; antennes de la longueur du corps et plus longues, à nombreux articles pubescents, le basilaire le plus gros, le second oblong, les suivants globuleux, devenant graduellement ovales en s’approchant du sommet, le terminal allongé, conique. Labre semi-circulaire ; mandibules subtrigones, aiguës au sommet, avec une dent arrondie sur le côté; mâchoires petites, à deux lobes recourbés, l’interne linéaire, l’externe membraneux, arrondi, avec palpes de cinq articles, les quatre premiers subégaux, le cinquième très-long et grêle, sublancéolé ; menton subcarré ; palpes labiaux de trois articles, À et 2 subovales, 3 très-large et trèsgrand, ovale comprimé, Thorax court, gibbeux, tuberculé ; ailes non ciliées avec quelques nervures transversales, formant trois cellules discoïdales pour chaque aile, subégales en grandeur chez les femelles, les postérieures raccourcies, lobiformes et demi-rudimentaires chez les mâles. Pattes antérieures les plus courtes, postérieures les plus longues, à jambes comprimées, plus longues que les cuisses, excepté à la première paire; ‘les tarses courts, à articles 1 le plus long, 2 et 3 obtrigones, 4 court et bilobé, 5 très-grêle et en massue, avec crochets recourbés et aigus. Abdomen court, en long ovale.
On consultera, pour ce petit genre : J. Curtis, British Entomology, 4834, t. XI, p. 598, et pl. 528. On connaît un petit nombre d’espèces d'Europe, dont la principale est C, tineiformis, Curtis, d'un gris perle avec poudre blanche, les antennes de la longueur du corps, d'environ vingt-cinq articles, l'abdomen ochreux ; long. du corps, 2 millim.; long. aile antérieure, 8 millim.; commun en juin en Angleterre, dans le Norfolk et à New-Forest, sur les arbres, surtout les Conifères, en Autriche dans les montagnes, sur les Pins, et dans les prairies du Danube sur les arbres ordinaires, assez fréquent de juillet à septembre, etc. La larve a été découverte par Haliday, errante sur les arbres d'août à octobre, ressemblant par les caractères généraux à une larve d’Hemerobius, rosée avec une large tache noirâtre sur le dos, et de larges taches blanches inférieures de chaque côté. Une autre espèce est le C. psociformis, Halid., long. du corps environ 1,5 millim., et envergure 8 millim., d'un blanc de perle, les antennes deux fois plus longues que le corps, de quarante articles subocreux, les ailes blanches et irisées,
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les antérieures très-amples; trouvé dans le Norfolk, sur Le Trifolium glomeratum. Citons encore une espèce de l'Amérique du Nord, le C. vicina, Hagen, long jusqu'au bout des ailes fermées de 4 millim., avec envergure de 6 millim., de Washington; une espèce de Ceylan, C. cerata, Hag., et une fossile des succins.
Asa Fitch a établi le genre voisin Aleuronia, différant des Coniopteryæ par des yeux réniformes et des ailes ciliées, où les nervures transversales sont à peu près absentes. Une espèce, 4. Westwoodi, A. F., des États-Unis, en juin et juillet, n'ayant que 2,5 millim. de longueur jusqu’au bout des ailes,
Nous terminerons les Hémérobiens par l'étude de deux familles aberrantes, que nous désignerons d'après les noms de leurs genres fondamentaux, Nemoptera et Mantispa.