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PHRYGANÉIDES

Les caractères de cette famille sont en grande partie ceux que nous indiquerons pour son genre fondamental. Le corps de ces grands Phryganiens est robuste, avec les pattes fortes, plutôt courtes que longues, la jambe et le tarse munis de courtes et fortes épines, l’article terminal avec une plantule développée. Les ailes sont ordinairement courtes et larges, très-obtuses, et, en beaucoup de cas, couvertes d’une pubescence courte et dense, la paire postérieure largement pliée, la frange apicale et interne très-courte et à peine visible. Les nervures sont épaisses ; dans la paire antérieure la cellule discoïdale est toujours fermée, ordinairement longue et étroite. IL n’y a pas de cellule médiane, et les deux premiers secteurs apicaux partent du coin supérieur. Les cellules basales sont au nombre de quatre, l’externe très-longue, et les nervures qui les forment portent un poil long et dressé. Chez le mâle, il y a neuf cellules apicales, avec les fourches 1, 2, 3 et 5 présentes ; chez la femelle, la fourche 4 existe aussi quelquefois, quoique généralement petite. A la paire postérieure d'ailes la cellule discoïdale est plus petite et plus triangulaire. Le mâle à sept cellules apicales et seulement les fourches apicales 1, 2, 5 présentes ; mais chez la femelle, il y a souvent huit cellules apicales, et alors la fourche 3 est présente, quoique petite.

L'abdomen est épais, avec le neuvième ou dernier segment presque toujours visible, quoique quelquefois très-étroit, la pénultième offrant ordinairement une longue frange de poils forts et jaunâtres. La forme des appendices anaux est très-variable, et il est probable que la paire intermédiaire manque. Chez le mâle, il y a presque invariablement une plaque allongée et polie partant du milieu du dernier segment dorsal : c'est la couverture du pénis ; au-dessous de celle-ci, et plus ou moins caché, est ce que M. Hagen regarde comme les valves ou le fourreau du pénis, souvent avec une paire d'épines : mais M. Mac-Lachlan n'est pas certain que cette pièce ne soit en réalité une partie propre au pénis même, et que le vrai fourreau ne soit représenté par les épines accompagnantes.

Les larves des Phryganéides habitent les eaux tranquilles, comme les étangs, les lacs, les marais, les flaques d’eau. Elles fabriquent des étuis cylindriques avec de petits morceaux de feuilles, ou des fibres disposées en spirale, ou avec de petites pierres. L'étui d'une larve à toute sa taille est presque de même diamètre à chaque bout ; mais, pour la jeune larve, il est plus petit vers l'extrémité anale, et l'habitant coupe cette partie, afin de l'ajouter à l'autre bout (Mac Lachlan). Ces fourreaux sont ouverts aux deux bouts, et les larves ont probablement le pouvoir de s'y retourner. Les adultes, qui comptent parmi les géants de la tribu ou du sous-ordre des Trichoptères, restent cachés pendant le jour dans les herbes et les fissures des écorces des arbres, et à l’entrée

. de la nuit s’envolent avec une certaine lenteur. Leurs espèces n'habitent que les régions septentrionales de la terre, et les plus remarquables sont boréales, ou, ce qui revient au même, des hautes montagnes. On a beaucoup de peine à trouver des caractères génériques pour leurs espèces peu nombreuses.

PHRYGANEA, Linn. — Antennes aussi longues ou un peu plus courtes que les ailes, robustes, l’article basal fort, mais comparativement court ; ocelles toujours présents. Palpes maxillaires de quatre articles chez le mâle, cinq chez la femelle, semblables en structure dans les deux sexes, seulement légèrement pubescents, presque cylindriques, l’article basal court, le terminal obtus; palpes labiaux petits, le troisième ou dernier article ovoïde, concave et creusé en cuiller par-dessous. Ailes antérieures couvertes d’une pubescence dense, comme un feutre, le sommet (surtout chez les femelles) souvent un peu prolongé ; une nervule transverse oblique entre la costale et la sous-costale vers le bout terminal. Éperons des jambes toujours 2, 4, 4 dans les deux sexes.

On peut ajouter quelques caractères pour les espèces européennes. Ainsi les fourches apicales 1, 2,8 et à existent chez le mâle à l'aile antérieure, 1, 2, 3, 4 et à chez la femelle (sauf P. minor où 4 manque) ; aux ailes postérieures le mâle offre les fourches 1, 2 et 5, et la fourche 3 s'ajoute chez la femelle (sauf P. minor), et les exceptions ne sont pas rares où cette fourche 3 est anormalement absente dans ce sexe. M. Brauer indique comme il suit le caractère alaire distinctif, à savoir que la branche postérieure du cubitus de devant est simple dans l'aile antérieure du mâle, fourchue chez la femelle. Une des espèces les plus communes est le P. striata, Linn. (pl. zxiv, fig. 11, tête vue de face ; A a, labre ; 11b, mâchoire et palpe ; 1e, lèvre et ses palpes) ; long. corps, 43 à 21 millim.; envergure, 86 à 57 millim. Les antennes sont brunes, annelées de noir ; le thorax et l'abdomen d’un brun de poix. Les ailes supérieures, larges, à bord arrondi, sont d’un fauve un peu marbré par un mélange de petites taches plus obscures, et cette couleur devient plus foncée dans le voisinage du bord interne de l'aile ; elles sont, chez la femelle, pourvues d’une courte ligne longitudinale noire interrom-

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pue et de deux points blancs. Quand les ailes sont au repos, la partie qui couvre l'abdomen constitue une tache claire, en forme de triangle allongé, entourée de toutes parts de brun, et les nervures sont fauves. Les ailes inférieures sont larges, transparentes et irisées; les pattes fauves et les épines noires. Les larves ont la tête et le thorax bruns, avec une bande longitudinale noire sur le premier segment thoracique et des points noirs sur les deux autres; des pattes courtes et brunâtres ; l'abdomen fauve, avec des sacs respiratoires peu nombreux. Les fourreaux sont d'abord formés de feuilles, puis de pierres. Lors de la nymphose, la larve augmente beaucoup son fourreau avec des pierres plus grosses et le ferme; puis elle s'enfonce verticalement dans la vase qui forme le fond du ruisseau, de sorte qu'on n'apercoit plus que les dernières pierres par lesquelles l’étui est fermé. Il a fallu pour cela que la larve se retourne dans l'étui, passe sa tête et ses pattes par le petit bout, qui sera le plus bas, et creuse un trou ; après quoi elle reprend sa position ordinaire (Pictet). Cette espèce est commune dans toute l'Europe en juin et juillet, sauf probablement l'Italie et l'Espagne ; on la cite de Turcomanie et de Sibérie, jusqu'à la latitude de 70 degrés. Une espèce caractérisée et plus grande est P. grandis, Linn., long. du corps 45 à 21 millim., envergure @ 40 à 52 millim., Q@ 46 à 62 millim. Les antennes sont ochreuses, annelées de brun; le thorax et l'abdomen d’un jaune brunätre, les pattes annelées de brun. Les ailes antérieures de la femelle ont un fond gris cendré et comme feutré, avec une bande longitudinale médiane noire, à déchirure souvent dilatée et deux points ronds blancs, et quelques stries noires antérieures avant le sommet et postérieurement à la base ; les marques noires peu accusées chez le mâle, à ailes grises et bien plus petites, les ailes postérieures grises, lisérées de noir aux bords externe et postérieur, le long des nervures. Cette espèce se trouve au bord des étangs, à la fin du printemps et au début de l'été, dans toute l'Europe, sauf l'Espagne et l'Italie, et manque aussi dans le nord de l'Asie. Une espèce plus petite, commune dans toute l'Europe, manquant pareillement en Espagne, Italie et Sibérie, est P. varia, Fabr., long. du corps 10 à 17 millim., envergure 27 à 34 millim. Les antennes sont annelées de fauve et de noir soyeux éclatant; le thorax couvert de poils gris et noirs, chatoyants, à reflet verdâtre, les côtés du thorax et les pattes d’un jaune brun, celles-ci annelées de noir; les ailes antérieures à fond d'un gris jaunâtre, avec des taches d’un noir bleuâtre, nombreuses sur les bords de l'aile, et deux grandes subcarrées au bord interne, et plusieurs points blancs; les aies postérieures d’un gris blanchâtre avec bordure nébuleuse noirûtre. La larve a l'abdomen coloré de vert luisant, avec deux filets respiratoires par anneau rejetés en dehors et flottants, comme chez les Sialis. Le fourreau, bien plus large que la larve et qu’elle abandonne aisément (autre passage aux Rhyacophiles à abris fixes), est formé de brins d'herbes aquatiques coupés d’égale grandeur et constituant en long une spirale

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(ort régulière. Au moment de la nymphose, la larve ferme les deux bouts de ce tube cylindrique avec des brins d'herbes et de racines de toute étendue; ces fourreaux, réguliers, sont ordinairement accrochés avec la larve aux plantes aquatiques, et parfois sont flottants. Citons en dernier lieu une petite espèce, P. minor, Curtis, dont le corps a de 6 à 9 millim., l'envergure 18 à 26 millim., à corps d'un roux brunäâtre ; les ailes d’un gris un peu doré, aspergées de jaunàtre et de blanchâtre, ayant comme trois bandes très-larges, plus brunes. Cette petite espèce est du centre et du nord de l'Europe, sauf la partie boréale, et doit être plus commune qu’on ne le croit.

Un genre voisin des Phryganea est le genre Neuronia, Leach, constitué par un assez grand nombre d'espèces, qui sont surtout des régions boréales de l'Europe et de l'Amérique. Les ailes sont presque dénuées de pubescence et plus ou moins luisantes, paraissant presque nues, les antérieures larges et courtes, très-obtuses, avec les fourches apicales 4,2, 5 et 5 existant dans les deux sexes, et aux postérieures, 1, 2 et 5 chez le mâle, 8 s'ajoutant chez la femelle, La branche postérieure du cubitus antérieur, dans l'aile supérieure, est égale dans les deux sexes, non fourchue à l'extrémité. L'espèce type est N. reticulata, Linn., ayant le corps de 11 à 16 millim. de long, suivant le sexe et l'envergure de 26 à 39 millim. Le corps avec les antennes, les palpes et les pattes sont noirs, sauf les jambes postérieures d’un brun jaunâtre ; les ailes antérieures d'un brun jaune, tachetées de noir en forme de grille, les postérieures de même couleur, tachetées de noirâtre surtout au bord. Cette espèce est d'Allemagne, d'Autriche, de Suède, de Laponie, du nord de la Russie, ete., et n'a pas encore été observée en France ni en Angleterre. Une seconde espèce importante est N. phalænoides, Linn., ou daurica, Fischer de Waldheim, dont le corps est long de 20 à 24 millim., et l’envergure de 60 à 68 millim. La tête et les antennes sont noires, le corps noiratre, les pattes d'un cendré roussâtre ; les ailes à fond roussâtre, les supérieures avec un grand nombre de taches d’un noir brillant comme de l’acier, les inférieures ayant le bord postérieur et trois ou quatre grandes taches sur le bord costal d’un noir violet. Cette grande et magnifique espèce est propre aux régions seplentrionales de l'Europe et de l'Asie, et ne parait pas dépasser à l’ouest le Danemark. D’après Kolenati, elle se trouve aussi en Turcomanie et dans le Caucase. On l’observe parfois en nombreuses migrations dans la Prusse orientale, car cet msecte a un vol soutenu et élevé. Kolenali a également vu ces amas voyageurs à Saint-Pétersbourg, et à trouvé dans le Caucase de nombreuses ailes provenant de sujets mangés par les oiseaux et les chauvessouris,

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