LIMNOPHILIDES
La famille des Limnophilides est très-nombreuse en espèces, qui
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n'ont pas été réparties en moins d'une trentaine de genres. Les espèces communes sont les mieux connues des Phryganiens par les entomologistes, et leurs larves sont bien familières aux pêcheurs à la ligne comme amorces. La famille est très-répandue en Europe, et confinée, comme la précédente, dans les régions boréales et tempérées de l'hémisphère nord, s'étendant à peine vers le sud pour quelques espèces, jusqu’au tropique boréal ; mais, comme c’est le cas pour des groupes spéciaux d'autres ordres, les Limnophilides reparaissent en petite quantité dans l'extrême sud de l'Amérique méridionale, quelques espèces étant re. connues habiter le Chili et les îles Falkland. }
Les antennes sont aussi longues, et rarement plus longues ou un peu
plus courtes que les ailes, d'une épaisseur modérée, avec l’article basal
bulbeux. Il y a toujours trois ocelles. Les palpes maxillaires sont de trois articles chez le màle, de cinq chez la femelle, à peine pubescents, l’article basilaire court; — les palpes labiaäux petits, l’article terminal souvent concave. Les pattes sont généralement longues, les éperons des jambes variant beaucoup en nombre, les antérieures en étant dépourvues ou n'en ayant qu'un seul apical, et les intermédiaires n’en ayant jamais plus de trois, les jambes et Les tarses ordinairement avec de fortes épines.
L’abdomen est généralement court et robuste ; le neuvième segment dorsal rarement, sinon jamais, visible chez le mâle, le bord du huitième souvent prolongé. Les appendices du mâle sont assez constants dans leurs caractères généraux, c'est-à-dire offrent ordinairement une paire supérieure petite, une paire d’appendices intermédiaires lancéolés et une paire d'inférieurs allongés. Entre ces derniers est placé le pénis, qui est d'habitude court et cylindrique, et ordinairement accompagné d’une paire de valves, souvent bifides ou pectinées. Dans la femelle le neuvième segment abdominal est presque toujours visible, également par ses arceaux du dos et du ventre. En dessus il est généralement accompagné d'une paire d'appendices pubescents, et en dessous d'eux il y a d'ordinaire une pièce tubulaire testacée, ouverte en avant. Sur la surface du huitième segment ventral se trouve l’écaille vulvaire, généralement trifide, consistant en deux lobes latéraux et un lobe médian, plus ou moins en forme de langue.
Les ailes sont ordinairement amples, et seulement légèrement pubescentes, mais quelquefois avec une pubescence dense et épaisse ; la membrane peut aussi être verruqueuse avec de longs poils dressés, plus fréquents sur les nervures (Chætopteryx, Westwood). Normalement, la nervation est semblable dans les deux sexes. Sauf pour une ou deux formes aberrantes, la cellule discoïdale est toujours fermée aux ailes antérieures, et il n’y a pas de cellule médiane, La nervure médiane (radius) est, le plus souvent, un peu recourbée dans la région du pterostigma. Il y a neuf cellules apicales, et les fourches 4, 2, 8 et 5 sont présentes. Les ailes postérieures sont bien plus courtes et plus larges
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que les antérieures, et largement pliées au repos. La portion ovale est ordinairement bien développée et la cellule discoïdale fermée (sauf le second groupe des genres). Il y a huit cellules apicales et les fourches 1, 2, 3, 5 présentes. M. Mac Lachlan divise les nombreux genres des Limnophilides en deux groupes. Le premier a la cellule discoïdale fermée dans toutes les ailes, à une ou deux exceptions, et la sous-costale de l'aile antérieure se conjoint peu à peu à la costale, tandis que, dans un second groupe qui n’a que trois genres, cette sous-costale se termine brusquement vers le milieu, à une nervule transverse entre la costale et la médiane (radius), et la cellule discoïdale reste ouverte à l’aile postérieure.
IL y à quelques genres anomaux : ainsi les genres Thamastes, Anomalo- . pteryx, Enoicyla, ce dernier à femelles aptères, fonctionnellement du moins; Neophylaæ, des États-Unis, de Californie, de l'Orégon, à nervation normale pour les ailes antérieures, en partie oblitérée aux postérieures, et aussi avec des caractères abdominaux exceptionnels.
Les habitudes des larves sont aussi variées que les conditions de l’élément dans lequel elles habitent; quelques-unes ne peuvent vivre que dans une eau dormante, d’autres seulement dans les torrents. Les fourreaux sont toujours libres, et les matériaux employés extérieurement sont de toutes sortes et de toutes longueurs, les plus curieux étant ceux qu'ornent extérieurement des coquilles, souvent avec le mollusque vivant. Le genre Enoicyla offre cette anomalie biologique que ses espèces vivent ordinairement en larves dans la mousse, sur les racines d'arbres fortement éloignés de l’eau. Ces larvés de Limnophilides ressemblent d'une manière générale à celles des Phryganéides, et, comme elles, n'ont pas de filaments respiratoires en houppes ; mais elles manquent au prosternum, entre les pattes antérieures, d’un organe, d'usage inconnu, offert par les larves de Phryganéides : c'est une corne mince, terminée en pointe et un peu recourbée, vue et décrite par Réaumur.
LIMNOPHILUS, Burm., ou LIMNEPHILUS, Leach. —- Aïles antérieures allongées et généralement plutôt étroites, avec le bord costal un peu arqué et le bord apical plus ou moins obliquement tronqué, à pubescence généralement faible, la tache fenestrée et lPespace anastomosé ordinairement bien marqués, et aussi, dans le plus de cas, le pterostigma. Ailes postérieures excisées seulement légèrement du sommet; la quatrième cellule apicale généralement beaucoup plus étroite à sa base que la seconde, limitée par une nervule transversale perpendiculaire à son diamètre, ou pointue; le premier secteur apical chez le mâle, quelquefois avec une barbe d’épais poils en dessous. Éperons des jambes 1, 3, 4 dans les deux sexes. Segments ventraux 6 et 7 chez le mäûle, 5 et 6 chez la femelle, ayant fréquemment une petite dent au milieu, placée au centre ventral de la fausse suture. Valves du pénis ordinairement fourchues.
Presque toutes les espèces de ce genre ont, à différents degrés, une
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tache pâle, plus ou moins nettement rhomboïdale vers le milieu de l'aile antérieure. Ce genre est représenté d’une manière abondante et remarquable en Europe, au nord de l'Asie et au nord de l'Amérique, et bien loin aussi sur ce continent, car il renferme les espèces connues de Limnophilides du Chili et des îles Falkland. La plus grande partie des espèces fréquente les eaux dormantes, et quelques-unes, en petit nombre, les torrents ; ce sont les eaux basses des marécages qui en produisent le plus.
L'espèce type est le L. rhombicus, Linn., la Phryyane panachée de Geoffroy, long. du corps 40 à 17 millim., envergure 81 à 42 millim., se trouvant fréquemment en juin et juillet près de Paris, commune dans toute l’Europe, non trouvée encore dans son extrême sud, s'étendant dans la Sibérie orientale et le Turkestan, se retrouvant au Canada, à la baie d'Hudson, au Groenland. La tête et le thorax sont rougeûtres, les antennes et les palpes pâles, les poils dorés et épars, les pattes d’un testacé rougeàtre, les épines noires, l'abdomen roussâtre en dessus, pâle en dessous, souvent verdâtre sur le vivant. Les ailes antérieures sont plutôt larges, considérablement dilatées à la portion apicale, souvent luisantes, la couleur du fond variant du jaune-paille au testacé ; la tache fenestrée blanchâtre large et oblique, dont la forme change de l’ovale irrégulier au rhombe, bordée de brun rougeâtre en avant et en arrière comme par un coup de pinceau essuyé, avec des taches de la même couleur dans les cellules subapicales et au bord extérieur, le fond des cellules apicales clair, le bord postérieur de l’aile brunâtre, les nervures unicolores d’un jaune brun; les ailes postérieures sont hyalines, avec les nervures et les pointes jaunâtres. La larve est une des plus belles et des plus grandes du genre. La tête est fauve et porte trois taches noires, la frontale en Y, les latérales formant un X par leur réunion ; les anneaux thoraciques fauves, encadrés de noir, avec des taches triangulaires noires; les pattes grandes, fauves, tachetées de noir ; l'abdomen fauve, avec de nombreux filets respiratoires rosés. Les fourreaux ont toujours les matériaux plus ou moins transversalement disposés et flottent dans les eaux calmes et vaseuses des fossés qui bordent les routes et des étangs, ou sont attachés aux plantes, ou en paquets les uns aux autres, en juin, fermés de grilles pour la nymphose. Les tiges de plantes d'eau, les débris de feuilles, les mousses, plus rarement les pierres et les coquilles, sont les matériaux employés.
Le L. flavicornis, Fabr., long. corps 40 à 44 millim., envergure 26 à 36 millim., a le corps brun, la tête rougeâtre, annelée de brun pâle; les pattes fauves, les épines des jambes antérieures d'un brun jaune, celles des autres noires; les ailes antérieures d’un gris jaune pâle, presque hyalines, avec des taches irrégulières d’un brun noir, en forme de réseau, vers le bord postérieur et dans les cellules apicales, lesquelles taches sont souvent très-pâles, les nervures tantôt plus claires, tantôt plus foncées et parfois teintes différemment dans la même aile ; les ailes
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postérieures hyalines, avec le premier secteur apical du mâle pourvu d’un fort renflement noir au milieu ; l'abdomen est d'un gris verdâtre -sur le vivant, l'extrémité anale du mâle avec deux appendices supérieurs en forme d'écailles larges, subcarrées, un peu échancrées à l’extrémité, ayant de petites dentelures au bord interne, et, plus intérieurement et entre eux, deux appendices divariqués styliformes. Cette espèce est commune dans tout le nord et le centre de l'Europe, et aussi le Caucase. Elle abonde dans les étangs aux environs de Paris, où elle paraît toute l'année. Les fourreaux des larves offrent la plus grande diversité de matériaux, plus ou moins en travers, bois gros ou minces, feuilles, mousses, pierres, etc., et aussi des coquilles, tantôt d’une seule espèce de Mollusques, tantôt de plusieurs espèces mêlées. On y trouve aussi attachés des élytres de Coléoptères aquatiques et des fourreaux d'espèces plus petites de Phryganiens, encore munis de leurs habitants. Les larves de cette espèce sont en réalité de la plus complète indifférence pour le choix des objets servant à construire les fourreaux, car on trouve à côté les uns des autres des étuis de toutes les matières. Le L. lunatus, Curtis, ou lunaris, Pict., Burm., est ure espèce très-variable, plus petite que L. rhombicus et lui ressemblant, très-commune au printemps près de Paris, employant à ses fourreaux toutes sortes de matériaux herbacés ou ligneux, mais toujours avec disposition longitudinale; les larves vivent dans les eaux stagnantes, soit attachées aux plantes, soit flottantes. On la trouve dans toute l'Europe, et elle s'étend du nord de la Perse au centre de l'Asie, sans avoir encore été trouvée en Sibérie. Le corps, la tête, les antennes sont d’un brun plus ou moins rougeûtre ; les ailes supérieures étroites, comme tronquées ou presque échancrées au bord postérieur près de l'extrémité, roussâtres, variées de brun roux et de taches transparentes, le bord antérieur pâle, sauf une tache brune à la région du pterostigma ; la tache fenestrée médiane plus étroite et plus longue que chez L. rhombicus et un peu sinuée ; enfin, vers l'extrémité de l’aile une demi-lune blanche, entourée d'une série de taches brunes, formant un croissant dont la convexité est en avant ; les ailes inférieures sont transparentes et sans taches.
Le L, vittatus, Fabr., est une petite espèce dont le corps a de 6 à 10 millim., l'envergure étant de 17 à 24 millim. Le corps est d’un brun jaunâtre, gris en dessus, les antennes testacées ; les ailes supérieures fauves, avec une bande longitudinale brune interrompue et s’élargissant beaucoup au bord externe; les ailes postérieures jaunâtres à l'extrémité, avec le pterostigma brunâtre. L'espèce existe aux environs de Paris, et est commune en Europe, du commencement de l'été à la fin de l'automne, trouvée en Sicile et dans l'Asie Mineure, mais non en Sibérie. Elle offre ce caractère de nervation que la cinquième cellule apicale n’atteint pas l'anastomose dans l'aile antérieure ni dans l'aile postérieure. Le L. griseus, Linn., long. corps 6,5 à 11,5 millim., envergure 49 à 28 millim., présente les antennes d’un brun noir, finement
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annelées de blanchâtre, la tête et le thorax couverts de poils noirs en dessus, les palpes rougeûtres ; les pattes fauves, avec la pointe des jambes et les articles tarsaux noirâtres ; les ailes antérieures grises, tachetées de blanc et de brun, ce dernier caractère surtout en arrière et extérieurement; les nervures teintées en partie plus claires, en partie plus foncées, et une tache d’un brun noir au pterostigma, qui peut manquer, et n'être tout au plus qu'une partie un peu plus foncée; les ailes postérieures hyalines, d'un gris pâle à l'extrémité, avec nervures brunes. Cet insecte, assez commun en France, parait exister dans toute l'Europe, sauf en Espagne, se trouve en Islande, en Sibérie, en Asie Mineure et dans le Caucase. Quoiqu'il ne soit pas très-commun en Angleterre, il y est très-abondant par places, surtout dans les endroits incultes et forestiers. Son existence dans le nord de l'Amérique, ainsi au Groenland et dans l'Amérique russe, n’est pas certaine, car le nord de ce continent a plusieurs espèces très-voisines.
STENOPHYEAX, Kolenati. — Ailes antérieures le plus souvent avec un bord costal arrondi, le bout dilaté, arrondi ou parabolique, ordinairement larges, le plus souvent tachetées ou striées; la quatrième cellule apicale de l'aile postérieure presque aussi large en dedans que la seconde, et limitée intérieurement par une nervule transversale oblique. Éperons des jambes 1, 3, 4 dans les deux | sexes; appendices supérieurs du mâle petits. — Les autres caractères analogues à ceux des Limnophilus.
Nous citerons le S. pilosus, Pict., long. corps 10 millim. £, 14 millim. Q, long. aile antér. 14 millim. o, 20 millim. @. Cette grande espèce a le corps d’un brun jaune, les yeux noirs, les antennes fauves, de la longueur des ailes ; le thorax ayant deux taches brunâtres ; les pattes fauves, avec quelques épines courtes et noires ; les ailes supérieures fauves, finement tachetées de gris mat jusqu'au bord postérieur, la bande costale seule unicolore ; les ailes postérieures hyalines, irisées, les nervures d'un brun jaune. La larve (pl. 1x1v, fig. 10; 10 a, dans son étui) est agréablement variée de jaune et de noir. La tête et le thorax sont fauves, pointillés de noir. Le prothorax et le mésothorax ont des taches très-marquées de cette couleur; le métathorax a quatre points, d'où partent des poils; les pattes fauves, pointillées de brun; l'abdomen jaune, avec des filets respiratoires peu nombreux. La nymphe est d’un jaune-citron quand elle vient de se former, puis devient fauve, et, quand elle est près de donner l'adulte, offre les fourreaux alaires bruns ; elle a les mêmes sacs respiratoires que la larve, et ses trois derniers anneaux sont fortement ciliés de poils noirs. Les larves se font des étuis cylindrico-coniques, un peu arqués, composés de ‘pierres, de débris de tuiles, etc.; elles vivent sur le gravier du fond de l’eau, et se tiennent volontiers sous les pierres. Elles bouchent vers la fin de juin l'ouverture antérieure, ou la plus large, de leur étui, avec des pierres
55! . NÉVROPTÈRES,
de toutes formes, en général plus grosses que celles des parois. La nymphe sort du fourreau et va éclore au milieu de juillet. L'espèce est commune en Suisse et dans une grande partie de l'Europe, rare en Autriche, vivant dans les ruisseaux d’eau claire et courante. Le S. nigricornis, Pict., offre Les yeux et les antennes noirs, la tête et le thorax bruns en dessus, les ailes supérieures larges, d'un fauve grisâtre avec quelques taches blanches peu visibles. La larve a la tête et le prothorax d’un brun marron uniforme, le reste du thorax plus clair avec quel- ‘ques taches noires, les pattes courtes et fauves, l'abdomen d'un fauve grisâtre, avec des filets respiratoires peu nombreux. C’est aussi une espèce se construisant des fourreaux avec de très-pelits débris de pierres, minces et friables, et l'adulte paraît au commencement de l'été:
ENOICYLA, Rambur. — Antennes peu amincies à l'extrémité, presque fiiformes, de la longueur des ailes, celles-ci ayant les deux nervures postérieures des aréoles discoïdales réunies en un seul rameau qui se divise ensuite, presque glabres. Éperons des jambes 0, 2, 2 dans les deux sexes. Ailes de la femelle réduites à de simples écailles (du moins pour les espèces d'Europe). Larves terrestres.
M. Mac Lachlan, d'accord avec Rambur pour les mâles, dit que les sujets des deux sexes, soumis au microscope, ne lui ont jamais offert d'éperons aux jambes de devant, de sorte que la formule de beaucoup d'auteurs 1, 2, 2 est inexacte. Le type de ce genre singulier est une petite espèce qu'on trouve assez communément dans les bruyères et les herbes de nos bois, en octobre et novembre. C'est l'E. pusilla, Burm., ou syloatica, Rambur, à corps noir, à antennes noires, pubescentes; à palpes roux, à dernier article noir ; les pattes jaunes, avec les bouts des articulations noirâtres ; les ailes assez longues, médiocrement larges, ciliées plutôt que frangées, ayant une légère teinte jaunâtre, avec des nervures épaisses, brunes et un peu ciliées, la membrane presque glabre; la région anale ayant supérieurement chez le mâle deux pointes comprimées, divergentes, redressées, et deux valves inférieures larges, arrondies, ciliées. Rambur, qui n'a connu que les mâles et qui ignorait l'état subaptère des femelles et les larves vivant dans les mousses humides des forêts, s'étonne à tort qu'une si petite espèce puisse se transporter si loin des lieux aquatiques. Le genre a quelques autres espèces en Europe, et M. Hagen en décrit sept pour l'Amérique du Nord.
IL, — SÉRICOSTOMATIDES.
Les Phryganiens de cette famille manquent d’ocelles, et ont des palpes maxillaires le plus souvent très-pubescents ou poilus et fort
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dissemblables dans les deux sexes, ceux de la femelle de einq articles, ceux du mâle de deux et plus probablement trois, courts et recourbés en haut vers le front, parfois collés au front, élargis en cuiller, et formant par leur réunion un museau ou masque qui cache la face. La tête est poilue en dessous, les antennes plus courtes que les ailes; celles-ci, couvertes de poils serrés, ont la cellule discoïdale de l'aile antérieure le plus souvent fermée, et les deux branches du secteur de la nervure médiane de l'aile antérieure fourchues ; les ailes inférieures souvent petites et peu plissées. Dans tous les genres les jambes antérieures ont deux éperons.
Les insectes de cette famille sont en général lourds, volent peu et mal ; leurs grosses antennes, le plus souvent noires, et les palpes des mâles les font aisément reconnaitre. Les larves ont de courts filets respiratoires en touffes, les pattes postérieures courtes, la tête et le prothorax ordinairement seuls écailleux, les autres anneaux du thorax de la même consistance que ceux de l'abdomen. Toutes les espèces décrites par Pictet ont des fourreaux coniques plus ou moins recourbés et composés de sable ou de petites pierres. Les larves paraissent affectionner les eaux courantes, et les adultes s'éloigner peu du bord.
SERICOSTOMA, Latr. — Premier article des antennes plus court que la tête, poilu; dernier article du palpe maxillaire du mâle grand, ovale, concave en dedans, convexe en dehors, relevé et collé contre le front, formant comme un casque avec son congénère. Palpes maxillaires de la femelle longs, velus, un peu redressés, avec le second article plus long que les autres; palpes labiaux de trois articles, subégaux et peu velus dans les deux sexes, à peu près de la longueur des maxillaires chez les mâles, n’atteignant pas l'extrémité de leur second article chez les femelles. Pattes sans épines sensibles. Ailes couvertes de poils serrés ; la cellule apicale de l’aile antérieure n’allant pas en dedans jusqu’à la base de la cellule discoïdale ; une nervule transversale entre la nervure médiane (radius) et son secteur, la cellule discoïdale ouverte dans l'aile postérieure. Éperons des jambes 2, 4, 4.
Nous signalerons comme type de ce genre le S. Spencei, Kirby, plus connu sous le nom de collare, Schrank. Les palpes maxillaires du mâle forment en s’accolant un véritable masque, contenant dans leur cavité un duvet roussâtre, recouvrant la tête jusqu’à la base des antennes, et dont l'extrémité, nue et amincie, s’avance entre elles. Le corps et les antennes sont noirs (long. du corps, les ailes fermées, 42 à 44 millim.);. la tête et Le corselet, chacun marqués en dessus, surtout chez la fe-melle, d'un faisceau de poils d’un jaune vif; les ailes supérieures sans taches, d'un brun un peu irisé, avec quelques poils dorés produisant un effet chatoyant, ciliées de poils brunàtres, les inférieures grises et ciliées ; les pattes d’un fauve doré, brunes à la base. La larve se recon-
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nait facilement à la couleur sur l'abdomen d’un jaune-citron, ainsi que sur les deux derniers anneaux thoraciques, la tête et le prothorax étant d'un brun marron, ce dernier avec une ligne plus claire au milieu, les pattes fauves. La nymphe du mâle offre les palpes maxillaires en masque concave, des filets respiratoires courts et peu nombreux, et se termine par deux pointes molles. Elle sort en juillet de l'étui fermé par des pierrailles. L'espèce est d'Allemagne, de Suisse, de France, etc.
Un genre très-voisin, Notidobia, Stephens, nous présente une espèee très-commune aux bords des ruisseaux des environs de Paris, dès le mois de mars : c'est le N. ciliaris, Linn., ou atrata, Fabr., ayant le corps et les antennes noirs, la tête hérissée de longs poils noirs ; les ailes supérieures arrondies, grises et couvertes de petits poils noirs qui fofment au bord des pinceaux et de petites taches peu visibles sur le disque, sablées à la partie antérieure, surtout vers le bord, de petites marques blanchâtres arrondies; les ailes postérieures moins foncées ; les pattes noires, avec les jambes et les tarses postérieurs jaunes.
C'est à la famille des Séricostomatides que se rattache un genre trèscurieux, Connu surtout par les singuliers fourreaux de ses larves, le genre Helicopsyche. Ceux-ci sont formés de très-petits grains sableux réunis par une sorte de ciment et enroulés en hélice, soit plane, soit hors du plan. Ils ont souvent été décrits, dans les auteurs de malacologie, comme des espèces de coquilles des genres Helix, Physa, Valvata, etc. (1). On les a rencontrés dans presque tous les pays, et surtout dans les régions tropicales; on les cite particulièrement d'Europe, de l'Amérique du Nord, de la Nouvelle-Zélande. La collection du Muséum possède deux de ces petits fourreaux trouvés au Mexique, près d’Orizaba, par M. Sallé, et probablement de deux espèces; l’un de ces fourreaux ressemble, à s'y méprendre, à une coquille de jeune Helix, ou plutôt de Carocolle. L'espèce d'Europe, dont l'adulte est encore à décrire, se trouve le long des ruisseaux en Suisse, en Portugal, en Italie, en Corse. M. Mabille a ramassé dans ce dernier pays ces fourreaux pierreux en abondance sur les parois des ruisseaux, sans parvenir à les faire éclore ; ils sont turbinés de diverses manières, et parfois presque droits. Nous remarquerons que ces fourreaux pierreux héliciformes marquent une analogie de plus entre les Phryganiens et les Lépidoptères, car on trouve en bien des endroits, notamment près de Paris, à Lardy, à Bouray, sur la tour de Poquency, des fourreaux pierreux turbinés, placés sur des pierres {rès-sèches de grès ou de calcaire, d'une Psychide, qui est l'Epichnopteryx helicinella, Herr, Seh., très-difficile à faire éclore, comme les Helicopsyche européens.
(4) H. Hagen, Ueber Phryganiden-Gehaüse, in Stettin entomol. Zeilung, 1864, p. 123.
LEPTOCERUS. 557 ; IV.— LEPTOCÉRIDES.
Cette famille, qui correspond aux Mystacides de Pictet, n'a pas d'ocelles et offre les antennes en soies, minces, plus longues que les ailes, et parfois, dans les petites espèces, quatre ou cinq fois plus longues que le corps. Les palpes maxillaires sont allongés, poilus, de cinq articles dans les deux sexes, le dernier article court, cylindrique, mobile. Les ailes supérieures sont allongées et étroites, avec quelques nervules transversales, les inférieures très-pliées ou au contraire non pliables ; la femelle sans oviscapte. Les espèces de cette famille sont en général d'aspect allongé, les ailes fermées, et sont fréquentes au bord des eaux tranquille, à la surface desquelles elles voltigent le soir. Les larves se font des fourreaux mobiles, d’un fort tissu soyeux mêlé de petites pierres et de sable, minces et allongés, et certaines se distinguent par des pattes postérieures très-allongées ; leurs filets respiratoires sont courts et naissent par touffes en dessus et en dessous des lignes latérales de l'abdomen.
LEPTOCERUS, Leach. — Antennes beaucoup plus longues que les ailes, trèsfines, extrêmement longues chez les mâles. Palpes maxillaires à longs poils. Ailes postérieures plus larges que les antérieures, les unes et les autres couvertes de poils serrés, et, particulièrement les postérieures, ciliées à la base; dans l'aile antérieure, il n’y a que la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (>adius) qui soit fourchue ; la branche postérieure est simple, mais la cellule discoïdale est fermée. Éperons des jambes 2, 2, 2,
Nous signalerons comme une des espèces typiques le L. bifasciatus, Oliv., dont la tête, le corps et les pattes sont d'un noir brillant, les antennes annelées de noir vif et de blanc très-pur ; les pattes grisâtres, annelées de blanc, avec les tarses blancs, annelés de brun; les ailes supérieures noires, brillantes, ayant chacune quatre ou cinq taches blanches, dont deux sur le bord interne forment, en se réunissant avec celles de l’autre aile, quand l’insecte est au repos, deux bandes transversales blanches; vers l'angle du bord antérieur on trouve encore deux ou trois taches blanches, parfois peu visibles ; les ailes inférieures grises et obscures. La larve a la tête et le thorax d’un jaune pâle, avec un cercle de points noirs sur la tête, les anneaux du thorax bordés de noir et avec des poils de la même couleur ; les pattes jaunes, avec des poils noirs, les postérieures très-longues; l'abdomen verdâtre, les filets respiratoires courts et rares. Elle vit dans les eaux courantes et se fixe aux pierres ; elle est difficile à trouver, à cause de sa petitesse et de la couleur de l’étui qui se confond avec le sable. L'adulte, très-commun dans la plus grande partie de l'Europe, se trouvant près de Paris, vole
en septembre au-dessus des eaux à surface calme. Le L. bilineatus, Linn., est une espèce voisine, à corps noir, les palpes et les antennes brunes, celles-ci faiblement annelées de fauve, les pattes fauves, les ailes brunes avec trois points blancs. Le L, albifrons, Linn., a la tête et Le corps noirs, les antennes annelées de blanc et de noir, une tache blanche entre les yeux, les pattes grises, les ailes supérieures brunes avec trois bandes blanches interrompues. Ces deux espèces sont de France et de la plus grande partie de l'Europe.
Un genre très-voisin est le genre Wystacides, Latr., réduit à peu d'espèces par les auteurs modernes. Les palpes sont très-hérissés de poils; le nombre des éperons des jambes est0,2,2,et le bord costal des ailes postérieures porte, sur presque toute sa longueur, de nombreuses petites épines en crochet, qui probablement s'entrelacent avec de semblablessur le bord inférieur des ailes antérieures. Nous citerons le M.nigra, Linn. (pl. zuiv, fig. 9, son palpe maxillaire), espèce des environs de Paris, de la plus grande partie de l'Europe, et aussi des États-Unis, dont l'adulte vole en abondance au mois de juin sur les bords des fleuves et rivières; la larve vivant dans les eaux courantes, renfermée dans un étui composé de débris et de sable et y ajoutant quelquefois des brins de bois considérables. L'insecte est long, avec les ailes fermées, de 8 millim., et ses antennes atteignent 16 millim.; le corps est noir, les yeux d’un rouge vif sur le vivant ; les antennes noires, avec les moitiés basales des articles d’un blanc de neige, l’article basilaire roux; les pattes jaunâtres, les intermédiaires blanches, les tarses tachés de brun ; les ailes supérieures d'un noir bleuâtre très-brillant, les inférieures noirâtres. Une espèce voisine, de mêmes dimensions, ayant aussi les antennes près de trois fois aussi longues que le corps, est le MW. atra, Pictet, en entier d’un noir mat, sauf les antennes légèrement annelées de blanc ; les ailes noires, légèrement irisées, sans taches, les inférieures presque aussi foncées que les supérieures; les yeux noirs sur le vivant. La larve, qui ressemble beaucoup à celle de l'espèce précédente, est mince, d’un fauve très-clair, avec des taches noires en X sur la tête et les deux premiers anneaux du thorax ; ie métathorax avec-deux points noirs; Fabdomen fauve, avec les filets respiratoires très-petits ; les pattes fauves, tachetées de noir, les postérieures très-longues. Elle se fabrique un étui mince, composé de débris et de grains de sable, et a coutume d'y ajouter des brins de bois longitudinaux ; elle habite le fond boueux des ruisseaux, là où le courant est faible, étant difficile à découvrir, car l’étui ressemble à un fétu de paille. Pour la nymphose elle se fixe à un appui solide, et l'adulte vole en septembre.
SETODES, Rambur. — Antennes deux ou trois fois aussi longues que le corps de l’insecte, ayant le premier article grand et très-épais. Ailes antérieures étroites, avec la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (radèus) fourchue, la branche postérieure simple; ailes postérieures (rèssétroites, en
ex
SETODES, MACRONEMA.
forme de lancettes, non pliables, ayant la frange aussi large qu’elles. Nombre des éperons des jambes 0, 2, 2.
Ces insectes au repos ont un aspect tout à fait linéaire. Les espèces les plus répandues sont le S. interrupta, Fabr., et Le S. lacustris, Pict. Cette dernière pelite espèce a 6 millim. de long les ailes fermées, et les antennes 10; elle est d’un fauve pâle, avec les yeux noirs, les antennes et les pattes claires, les ailes antérieures fauves, ayant au bord postérieur et au bout quelques taches, formées par des poils bruns les inférieures transparentes, sans taches, ciliées de longs poils rares. On trouve communément près de Paris plusieurs espèces de Setodes, volant le soir le long des rivières, et se tenant cachées pendant la journée dans les buissous et sur les feuilles des arbres. Parmi elles est le S. punctata, Fabr., d'un roussâtre pâle, avec les antennes blanches annelées de brun, l'abdomen verdâtre et les pattes blanchâtres ; les ailes supérieures sont jaunes nuancées de parties presque transparentes, avec des séries longitudinales de points d’un blanc subargenté, et quelquefois plusieurs points bruns sur le bord postérieur ; les ailes inférieures presque blanches.