‹ Les insectesChapitre 39 sur 119 · V. — HYDROPSYCHIDES · texte numérisé non relu

V. — HYDROPSYCHIDES

Cette famille présente des antennes minces, tantôt plus longues, tantôt plus courtes que les ailes, le premier article plus court que la tête et coniforme. Les ocelles manquent ou sont au nombre de trois. Les palpes maxillaires, de cinq articles dans les deux sexes, le dernier aussi long que les autres réunis, filiforme, à peine pubescent, multiarticulé, en forme de fouet. Les ailes supérieures ont la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (radius) fourchue; les ailes postérieures, aussi larges que les précédentes, sont pliées au repos. Les couleurs grisâtres dominent chez les adultes, dont les ailes sont fréquemment tachetées. La femelle est sans oviscapte, Les larves abondent dans les eaux courantes, et vivent dans des retraites fixes constituées par des pierres ou des débris végétaux assemblés par des fils de soie, ou parfois dans un simple réseau soyeux entouré de vase; les unes ont des branchies externes, dont les autres sont dépourvues. Les nymphes, sans cocon protecteur spécial, passent la phase immobile de leur existence sous les abris où vivaient les larves.

MACRONEMA, Pictet. — Pas d'ocelles; antennes fines, extrêmement longues, environ deux fois comme le corps. Second article des palpes maxillaires plus long que le premier ; le dernier article en forme de filament enroulé, plus long que les quatre autres réunis; palpes labiaux ayant le dernier article mince et

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allongé. Corps et ailes allongés. Pattes intermédiaires de la femelle dilatées ; éperons des jambes 2, 2, 4. ,

Ce genre exotique établit un. passage, qui manque dans les Phryganiens d'Europe, entre les Leptocérides et les Hydropsychides. En effet il a le port, les ailes, les antennes des Léptocérides, mais les palpes des Hydropsychides, ce qui le fait ranger dans cette famille, d’après l'importance de ce caractère. La première espèce décrite (1) est le M. lineatum, Pictet, long. corps 13 millim., long. des antennes 27 millim. C’est un très-élégant Phryganien, ayant la tête, le thorax et l’abdomen d’un gris d'ardoise foncé, les pattes et les palpes fauves, les longues et fines antennes annelées de brun et de fauve ; les ailes antérieures d'un fauve uniforme assez foncé, avec une bande sinueuse transversale et argentée aux deux tiers de leur longueur, et l'extrémité orangée, brillante, bordée en dedans d'un léger liséré argenté, les nervures fauves, très-peu marquées; les ailes inférieures translucides, d’un brun uniforme, avec des reflets irisés ; de la province de Bahia, au Brésil. Une autre espèce, du même pays, est le H. rubiginosum, G.-Mén. (pl zx, fig. 8; 8 a, palpe maxillaire; 8 b, palpe labial), long. du corps11 millim., envergure 84 millim. Le corps est noirâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; les pattes pâles, les antennes très-longues et brunes; les ailes demi-transparentes, d’un brun ferrugineux, avec l'extrémité des supérieures obscures, les inférieures plus pàles, surtout vers l'angle anal. La plupart des autres espèces, qui sont nombreuses, du genre Macronema, appartiennent au Brésil, au Venezuela, à la Guyane, à Cuba, au Mexique, aux États-Unis du Sud, et l’une d'elles, M. zebratum, Hagen, remonte jusqu'au Canada. Il en est d’autres du nord de la Chine, de Madagascar, de l'Australie, et une de la Sibérie, du bassin de l'Amour.

HYDROPSYCHE, Pictet. — Antennes très-fines, le plus souvent plus longues que les ailes; ocelles manquant. Second article des palpes maxillaires long. Ailes à cils courts; la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (radius) fourchue aux ailes supérieures ; les ailes inférieures plus larges à la base que les supérieures, pliables, Jambes intermédiaires de la femelle comprimées, élargies ; éperons 2, 4, 4. — Larves pourvues de branchies externes.

Les espèces de ce genre ont les pattes sans épines, à part les calcars ou éperons mobiles, et sont fort difficiles à distinguer. Le type, commun dans la plupart des régions de l'Europe, trouvé en Algérie par M. H. Lucas, au début de mars, aux environs de Philippeville, sur les bords

(1) F. 3. Pictet, Description de quelques nouvelles espèces de Névroptères du nvusée de Genève (Mém. Soc, de phys. et d'hist. natur. de Genève, 1836, t, VII, p. 399, 1 pl.).

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de l’Ouad-Safsaf, est l'A. atomaria, Pict., ayant 10 millim. de long. La tête est d'un brun noirâtre, ainsi que les palpes; les antennes, très-minces, sont fauves annelées de brun; le thorax et l'abdomen d’un brun noirâlre en dessus, fauves en dessous ; les pattes fauves ; les ailes supérieures grises avec de petites taches grises, le bord externe marqué de points alternativement fauves et gris; vers le bord interne on voit quelques taches fauves, pâles et peu distinctes. Les ailes inférieures sont grisätres, translucides et sans taches. La larve à la tête brune, avec un disque parabolique portant quatre taches orangées; le prothorax subcarré et brun, les deux autres segments thoraciques bruns, bordés de noir; l'abdomen, à anneaux peu distincts, d’un vert grisâtre, muni de houppes respiratoires composées chacune de. trois filets centraux qui portent les autres comme les barbes d'une plume. Le dernier anneau est allongé, et l'on voit sortir au-dessous d’une petite cou ronne de poils quatre filets tenant au canal intestinal et dont l'extrémité estquelquelois noire ; en dessous naissent deux forts pédicules velus, qui portent à leur extrémité interne un crochet, et à l’externe un bouquet de poils. La nymphe a les antennes longues, l’abdomen dépourvu d'organes respiratoires externes, et le dernier anneau terminé par deux appendices écailleux. Elle vit dans une retraite de pierres assemblées par des fils de soie formant parfois un tissu considérable ; pour la nymphose elle se construit une demeure mieux elose, à concavité interne demi-ellipsoïdale, les pierres réunies semblant au dehors un simple amas de graviers, ce sac sans ouverture étant collé sur une large pierre. La nymphe, pour éclore, perce l’une des extrémités du sac et nage vers un endroit sec. Une autre espèce commune en Europe, se trouvant aux environs de Paris, est l’H. nebulosa, Pict., de 12 millim. de long, ayant la tête et Le corps noirs, Les cuisses noirâtres, les pattes et les antennes fauves, les ailes supérieures d’un brun roussâtre ou fuligineux, aspergées de petites taches d’un jaune doré plus ou moins visibles, quelquefois peu nombreuses, d’autres fois un peu confluentes.

PHILOPOTAMUS, Leach. — Antennes grosses, plus courtes ou à peine plus longues que les ailes; trois ocelles. Palpes maxillaires grands, à articles 1 et 2 très-petits, 3 beaucoup plus grand que 4 ; le dernier article des palpes labiaux grêle, plus long que les deux premiers réunis. Branche antérieure du secteur du radius fourchue à l'aile supérieure ; ailes inférieures seulement un peu plus larges que les supérieures, à peine repliables. Jambes médianes de la femelle sans élargissement, éperons des jambes 2, 4, 4. — Larves à stigmales, sans branchies externes.

Nous prendrons comme type de ce genre. une espèce qui vit surtout dans les eaux claires des Alpes, du Jura, des Vosges, existant aussi en Angleterre, en Corse, etc. : c'est le P. scopulorum, Stephens, ou montanus, Pictet, long. du corps 12 millim., représenté pl. zxrv, fig. 7. Cette

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belle espèce a la tète et le corps noirs, ainsi que les palpes et les antennes; les paltes fauves; les ailes supérieures brunes, ornées de laches jaunes arrondies, nombreuses et serrées, les plus grandes le long des bords, les ailes inférieures grises ; en outre la femelle a le dessus de la tête et du thorax couvert de poils fauves. La larve a la tête longitudinalement subrectangle, d’une couleur orangée brunâtre; le prothorax de même couleur, encadré de noir, rétréci en arrière ; ïe reste du thorax et l'abdomen à anneaux assez distincts, d’un blanc brunàtre, sans filets respiratoires, avec des poils rares ; les pattes sont fauves, ainsi que les bases écailleuses des crochets du dernier segment abdominal, La nymphe a l'abdomen terminé par deux crochets mous dans le màle et par une pièce oblongue dans la femelle. La larve se fabrique une maison en petites pierres appuyées sur une pierre plus grande, et la nymphe y séjourne, en sortant à la fin de son existence pour donner l'adulte en juillet,

PSYCHOMIA, Latr, — Antennes assez longues ctépaisses, peu amincies au bout ; pas d’ocelles, Premier article des palpes maxillaires court ; 2, 3, 4 presque égalément longs ; 5 en fouet, beaucoup plus long que 4, mais jamais plus long que tous les autres pris ensemble. Aïle supérieure très-étroite, presque pointue, avec la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (radius) non four chue ; aile inférieure étroite, non élargie en arrière à la base, non pliable, linguiforme à l’extrémité, ayant au milieu du bord antérieur un petit élargissement anguleux; les deux ailes pourvues de longs cils au bord postérieur. Nombre des éperons des jambes 2, 4, 4. Femelle pourvue le plus souvent d’un oviscapte.

Le type est une petite espèce voltigeant le soir, s'éloignant souvent beaucoup des eaux, comme les autres espèces du genre : c’est le P, gracilipes, Curtis, ou annulicornis, Pict.; le corps long de 3 millim.; la tête brune, avec les yeux noirs et les palpes bruns, les antennes trèsjoliment annelées de brun et de fauve clair; le thorax brun en dessus, fauve sur les côtés; les pattes fauves; les ailes supérieures brunes, irisées, un peu velues, avec le bord antérieur légèrement fauve, les inférieures grises et très-velues, Commun dans presque toute l'Europe en mai, juin, juillet, d'Angleterre, des environs de Paris, etc.

M. Mac Lachlan, adoptant l'idée de M. Brauer, a séparé des Hydropsychides, pour en constituer la famille des OEstropsides, un certain nombre de genres, la plupart tropicaux, offrant le plus souvent les palpes tout à fait rudimentaires, réduits à des tubereules presque imperceptibles, quelquefois articulés, mais très-petits et cachés dans la cavité du dessous de la tête; quelquefois développés et pareils à ceux des Hydropsychides, mais grèles et débiles (Amphipsyche) ; les femelles ont les jambes et les tarses intermédiaires énormément dilatés. Cette famille a un genre de Sibérie, c'est-à-dire subeuropéen, le genre Amphipsyche, Mac Lachl.

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