VI. — RAYACOPHILIDES
Les Phryganiens de cette famille ont trois ocelles; les antennes de grandeur médiocre, pas plus longues que les ailes; les palpes maxil- Jaires à cinq articles dans les deux sexes, le dernier article pas plus long que le précédent et non en forme de lanière ; les ailes postérieures à peine pliables et pas plus larges que les antérieures ; l'abdomen souvent terminé par des appendices cornés. Les Rhyacophilides comprennent de nombreuses espèces, très-difficiles à reconnaitre par leur petitesse et leurs couleurs ternes et sans taches distinctes, très-communes sur les bords des rivières el des ruisseaux. Les larves, dont les unes ont des branchies externes qui manquent à d’autres, vivent toutes dans les eaux courantes, et toujours sous des abris fixes formés de petites pierres liées par des fils soyeux, la nymphe s’entourant en outre d'un cocon étroitement adapté à elle, fermé et comme papyracé.
RHYACOPHILA, Pictet. — Palpes maxillaires ayant les deux articles basilaires égaux et très-courts, les trois autres plus longs et égaux entre eux; palpes labiaux avec les deux premiers articles courts, le troisième presque aussi long qu'eux. Aïles antérieures et postérieures presque égales, à cils courts, à cellule discoïdale ouverte. Patles médianes de la femelle sans élar-
gissement ; nombre des éperons des jambes 3, 4, 4. Abdomen du mâle épineux en dessous.
Nous prendrons comme type du genre une des plus grandes espèces, le R. vulgaris, Pict., de Suisse, d'Autriche, etc., dont le corps atteint 12 millim. La tête, le corps, les pattes et les antennes sont fauves et sans taches, celles-ci courtes et minces ; les ailes supérieures sont d'un fauve transparent, avec les nervures de la même couleur et des points bruns abondants, surtout sur le bord interne et postérieur ; ce bord interne offre en outre une grande tache triangulaire jaune, bordée de brun, qui, lorsque les ailes sont fermées, forme avec celle de l’autre aile une tache rhomboïdale. Les ailes inférieures sont transparentes et sans taches, La larve a la tête étroite et jaune, avec trois taches noires; le protherax petit et jaune, les deux autres anneaux du thorax et ceux de l'abdomen mélangés de vert et de pourpre, bien séparés les uns dés autres et portant des houppes respiratoires de couleur pourpre, à l'exception du dernier, qui est terminé par quatre crochets dentelés en dessous ; les pattes sont fauves. Cette larve vit sous les pierres, et se fait, avant la nymphose, un fourreau demi-ellipsoïde, accolé à une pierre plate, formé de pierrailles liées par des fils de soie. La nymphe est entourée d’un cocon ovoïde, sans ouverture, d’un brun marron, d'autant plus opaque qu'il est plus ancien. Cette nymphe, molle et délicate, est d'un vert uniforme, sans branchies externes, terminée, chez le mâle,
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par un double appareil de crochets. Pour éclore, elle coupe et le cocon et l'abri pierreux, et va se fixer hors de l’eau. Une seconde espèce à signaler est le À. torrentium, Pict., de Suisse, d'Autriche, de Corse, etc., de grande taille, le corps ayant 16 millim.; la tête brune; le thorax noir en dessus, brun en dessous; les antennes annelées de fauve clair et de foncé; les ailes supérieures grises, tachetées de fauve et de brun, avec une tache rhomboïdale blanche sur la commissure des ailes; les pattes fauves.
VIT. — HYDROPTILIDES.
Cette famille est formée de très-petits insectes faciles à confondre avec des Microlépidoptères. Les antennes sont épaisses, pas plus longues que les ailes. Les palpes maxillaires sont de cinq articles dans les deux sexes, le dernier en forme de fouet, plus long que le quatrième, les autres petits et fortement poilus. Il y a de la difficulté au sujet du nombre d’arcles chez le mâle, car M. Brauer est dans le doute et M. Meyer-Dür n'en admet que quatre, ce qui lui fait placer les Hydroptilides à la fin des Inœquipalpides, et c'est en cela seul que sa classification diffère de celle de M. Mac Lachlan, qui les range au contraire à la fin des Phryganiens à palpes maxillaires égaux en nombre dans Les deux sexes. Les ailes des Hydroptilides sont très-étroites, en forme de lancettes, les inférieures non pliées, couvertes aux deux paires de poils abondants. Les jambes antérieures sont sans éperons.
Ces petits insectes se ressemblent beaucoup pour la taille, la couleur, les habitudes, Ils volent fréquemment le soir, sont attirés par les lumières, sautillent et sont dificiles à saisir. Les larves vivent dans des étuis plats, mobiles, en forme de rein ou de graine, ouverts aux deux extrémités par une simple fente, de sorte que, lorsque la larve se retire à l'intérieur, l'étui se referme de lui-même. Ces fourreaux sont formés d'une soie solide et de quelques petits grains de sable. Ce qui frappe quand on retire ces larves du fourreau, c’est la grosseur de leur abdomen, très-gonflé par rapport au reste du corps, d’un vert clair, terminé par de forts crochets ; les pattes sont petites, et il n’y a pas de branchies externes. Pour la nymphose, la larve fixe l’étui aux pierres du ruisseau, et les ouvertures s'en referment.
HYDROPTILA, Dalman., — Dernier article du palpe maxillaire grêle et en fouet. Ailes longues, étroites, pointues, à très-longs cils. Jambes postérieures ciliées; nombre des éperons des jambes 0, 3, 4 chez le mâle, et 0, 2, 4 chez la femelle. Extrémité de l'abdomen de la femelle pointue; fourreaux mobiles, membraneux, graniformes.
Une des plus grandes espèces, de Suède, d'Angleterre, d'Autriche, de Suisse, etc., est l'H. tineoides, Dalman, ainsi nommée parce qu'elle res-
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semble à une petite Tinéide, Elle vole en juin, et le corps a en longueur 3 millim., et l'aile antérieure 3 millim. La tête et le thorax sont d’un brun gris, le vertex et le mesonotum couverts de poils blancs. Les ailes antérieures sontnoirätres, avec les cils brunâtres et gris, une tache à la pointe, deux au bord postérieur et deux bandes transversales blanches, en tout quatre bandes peu distinctes; les ailes postérieures hyalines, avec les cils d’un brun gris; les jambes et les antennes pâles, d’un brun jaune ; l'abdomen d'un brun jaune pâle en dessous, avec des anneaux brillants d’un éclat soyeux. La larve, renfermée dans un étui réniforme brun, a latête et le thorax bruns et grèles, avec des pattes très-petites de la même couleur; l'abdomen, vert, est très-enflé, surtout aux anneaux 5,6, 7. Les anneaux 3, 4, 5, 6, ont en dessus une petite plaque écailleuse brune, et le dernier terminé par deux crochets courts et robustes.
Une seconde espèce plus petite, des eaux courantes de la Suisse, est l'A. flavicornis, Pict. (pl. Lxiv, fig. 42, son antenne), différant de l'espèce précédente par les antennes, qui sont d’un fauve uniforme, et par l'absence de la tache de poils blancs entre leurs bases ; les ailes supérieures sont de même grisätres et ont des points blancs, formant seulement deux bandes ; la bande de l'aile est blanchâtre et les pattes fauves. La larve a le thorax et la tête plüs larges que dans l'espèce précédente, et d'un fauve clair, ainsi que les pattes. Les anneaux dilatés de l'abdomen sont verts et sans pièces écailleuses en dessus. Le fourreau est, comme pour la première espèce, aplati et ouvert par une fente, mais à sa partie postérieure il est rétréci et terminé par une pointe mousse. Le genre ydroptila a trois ou quatre espèces en Europe et trois dans l'Amérique du Nord (Hagen).
ERRATUM.— Page 314, à propos de N. vartegata, au lieu de pl. Lxvu, fig. 7, lisez fig. 9.— Page 336, note : L. Dufour, Larves des Libellules, etc., au lieu de tome XVIIL, lisez tome XVII, 1852.
NOTES