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I. — HYMÉNOPTÈRES PORTE-AIGUILLON

Abdomen muni d’un aiguillon chez les femelles ou au moins de glandes anales sécrétant une liqueur acide, le dard étant avorté (Méliponites, Fourmis vraies). Oviducte non prolongé extérieurement en oviscapte (exception faite pour les Chrysidiens). Anus s’ouvrant largement horizontalement et terminant un cloaque ou cavité où s’abouche l'oviducte et qui reçoit momentanément l'œuf. Abdomen composé de cinq segments et de l'anus dans les femelles, ayant un segment de plus chez les mâles. Antennes de douze articles dans les femelles, de treize chez les mâles.

aux pièces céphaliques de divers Insectes mellivores (Ann. Soc. entom. Fr., 1864, p. 153, et Bull., 1866, p. xxxvI1).

(4) Il sera également utile de recourir aux ouvrages étrangers suivants : Dahlbom, Hyménoptera Europæ, præcipue borealia, etc., 2 volumes in-8°. Berlin, 1843-1845. — Fr. Smith, Catalogue of Hymenopterous Insects in the collection of British Museum, 1853-1858.

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TRIBU DES APIENS.

Antennes coudées. Lèvre et mâchoires ordinairement longues et composant une sorte de trompe ; lèvre inférieure plus ou moins linéaire avec l'extrémité soyeuse ; pattes postérieures des femelles conformées le plus souvent pour récolter le pollen des étamines, avec jambes élargies et creusées en cuiller, le premier article des tarses très-crand, comprimé, en forme de palette carrée ou de triangle renversé. Ailes étendues, non pliées, pendant le repos.

Les larves vivent toutes d'une pâtée de miel et de pollen, préparée par des femelles complètes ou incomplètes (ouvrières). La plupart d’entre elles construisent des nids divisés intérieurement en petites loges plus ou moins nombreuses, qui sont les demeures particulières des larves, séparées le plus souvent ou réunies (Bourdons). Il en est qui ne construisent pas d'habitations, mais s’introduisent dans celles d’autres espèces qui leur ressemblent beaucoup par les caractères de leur organisation et quelquefois aussi par les couleurs (Psithyrus). Ces femelles ont une postérité confondue avec celle de leurs hôtes et vivant du bien d'autrui, c’est-à-dire des provisions amassées pour les enfants légitimes du nid. Leurs larves sont de véritables parasites, dans le sens du mot antique, qui s'applique mal aux larves carnassières, provenant d'insectes d’autres ordres où d'Hyménoptères d’autres tribus, et qui dévorent, non la pâtée mielleuse, mais les larves tant légitimes que parasites du nid. On peut dire que tous les Apiens sont des insectes fort utiles pour l'homme, car en introduisant leur corps poilu dans les fleurs que nous cultivons, afin de récolter le pollen et le miel, ils concourent puissamment à les féconder, en apportant le pollen sur les stigmates. Il y a même des fleurs dont la fécondation serait impossible sans les Apiens, telles les Aristoloches à corolle tubuleuse renversée et pendante où les étamines se trouvent ainsi plus bas que le pistil. Un disque de nectaires, à la base de la fleur, attire les Hyménoptères mellifiques qui, pour les atteindre, frottent en passant les anthères et amènent au pistil les granules fécondants. La fécondation des Orchidées, à pollens glutineux qui adhèrent en une masse unique, exige aussi nécessairement le même secours. Longtemps les Vanilles, cultivées dans nos serres, demeurèrent infécondes, car nous n'avons pas l'Hyménoptère qui, au Mexique, assure leur reproduction. Des jardiniers de Hollande surent les premiers y suppléer par un artifice analogue, en y introduisant un pinceau de coton dans la fleur, et M. Rivière ayant perfectionné cette pratique en France, les Vanilles de nos serres chaudes produisent aujourd'hui leurs longues gousses délicieusement parfumées, Je suis persuadé que de nombreuses ruches d’Abeilles disséminées dans nos campagnes augmenteraient beaucoup la production en graines des

Cruciferes (colza, navette, etc.) et des Légumineuses des prairies artificielles. Les insectes ne paraissent pas utiles pour les céréales (froment, seigle, orge, etc.), car la fécondation de la fleur a lieu alors qu'elle est encore sous les glumes. Quand les étamines paraissent au dehors, elles sont sèches et ont accompli leur rôle, ce qui démontrait a priori toute l'inutilité du procédé de M. Hooïbrenck (1).

La réticulation alaïre est fort importante pour la classification des genres des Apiens; malheureusement les divers auteurs ne s'accordent pas sur les noms à donner aux cellules, ce qui cause de fréquentes confusions.

Pour la clarté des diagnoses, la nomenclature adoptée par M. Fr. Smith (op. cit. plus loin) doit être mise en concordance avec celle de Lepeletier de Saint-Fargeau et Brullé, de Jacquelin du Val (Genera des Col. d'Europe, introd.,t. 1, pl. vi), etdeM. E. Blanchard (Histoire natur. des Insectes, 1840). C'est cette dernière dont nous nous servirons, en raison de son emploi dans les ouvrages français fondamentaux que nous citons. La cellulé radiale (voy. p. 576) allant du stigma au bout de l'aile (il n'y en a qu’une chez les Apiens) et terminée par le bord antérieur de l'aile est la cellule marginale de Smith, les cubitales sont les sous-marginales de l’auteur anglais, les discoïdales restent les mêmes, enfin les postérieures sont ses cellules apicales. Parmi les nervures transverses, les plus employées dans la classification des Apiens, sont les nervures récurrentes, qui bordent latéralement la troisième cellule discoïdale et vont aboutir aux cubitales, et les nervures cubitales, limitant en haut les discoïdales et en bas les cellules cubitales, celle du milieu ou la nervure cubitale par excellence, réunissant par le haut les deux nervures récurrentes.

Les Apiens sociaux de notre pays (les mœurs des exotiques sont trop mal connues pour comprendre leurs espèces dans nos généralités) offrent tantôt des sociétés durables, à une seule femelle féconde (4pis), tantôt des sociétés annuelles, analogues à celles de nos Vespiens et de nos Formiciens, se dispersant et périssant en automne, et dans lesquelles coexistent en été plusieurs femelles fécondes (Bombus). Les femelles des Apiens nidifiants solitaires préparent le plus souvent leurs cellules dans la terre ou dans les trous des arbres et des murs. Elles creusent en terre des canaux profonds de la grandeur de la main ou même plus, au fond desquels elles façonnent les cellules destinées aux larves au moyen de particules de terre ou de ciment agglutinées et provenant du canal excavé (Scopulipèdes, partie des Dasygastræ), où bien au moyen d'une matière glutineuse (Colletes), ou enfin à l’aide de segments de feuilles ou de pétales coupés par les mandibules (Megachile, Anthocopa). La forme des cellules est toujours cylindro-conique et de la grandeur de l’insecte adulte. Elles sont remplies d’une dose de nourriture exactement cal-

(1) G. Bonnier, Du rôle des Abeilles dans la fécondation des fleurs. Rucher, 1875, p.176, 243, 205 ; Apiculteur, octobre et novembre, 1875.

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culée pour amener la larve à son entier développement et à sa métamorphose. Une fois les œufs pondus, il se passe de dix à onze mois avant la formation de l'adulte, et de même pour les parasites de ces nids, tandis que chez les Apiens sociaux cette évolution ne demande qu'un temps beaucoup plus court.

Outre les parasites, dont les larves vivent de la pâtée ainsi préparée pour d’autres, les Apiens nidifiants ont encore à craindre d’autres espèces d'insectes, non pas réellement parasites, mais carnassières, s’attaquant aussi aux larves des parasites; ainsi, parmi les Hyménoptères, les Mutillides et les Chrysidiens ; parmi les Coléoptères, les Clerus et Tillus ; parmi les Diptères, les Volucelles (Syrphides) pour les nids de Bourdons, et diverses Muscides (Tachines, Miltogrammes, etc.) plaçant leurs œufs dans les cellules où leurs larves doivent vivre et se développer. On voit aussi les Anthrax et les Bombylius (Diptères, Brachycères) entrer dans les nids de certains Apiens, par exemple des Antophores. Lepeletier de Saint-Fargeau suppose que c'est seulement pour rechercher le miel des cellules; il est vraisemblable qu’ils prennent ces voies souterraines bien plutôt pour déposer leurs œufs. Il doit y avoir quelque liaison entre les Tillus et les femelles de Mutillides, qu’on trouve également dans les nids des Apiens, et qui ont des analogies d'aspect et de couleur. L’entomologiste amateur doit rechercher les nids des Apiens solitaires, même les plus communs, et les élever pour obtenir des espèces souvent rares qui y vivent accidentellement.

Les larves d'Apiens, et aussi celles de la tribu des Euméniens, ont à redouter l’action meurtrière d’un curieux Acarien, c’est l’Heteropus ventricosus, Newport (4), fixé aux larves, offrant chez la femelle un énorme abdomen sphérique attaché à un corps cylindroïde à huit pattes, ces Acariens s’implantant par leur suçoir dans les tissus des larves et des nymphes d’Apiens. Cet abdomen ressemble à celui de la Chique ou Puce pénétrante et à celui des Tiquets, Acariens qu'on trouve fixés aux oreilles des chiens de chasse, des lapins de garenne, etc. Newport a trouvé cet Acarien ravageant les nids des Anthophora; M. Lichtenstein l’a vu deux fois détruire toutes les larves des Osmia et des Eumenes dont il élevait les nids. Je n’ai pas appris que cet Acarien ait été observé sur le couvain d’Abeilles où il causerait de grands dommages; il est à présumer que les ouvrières sont assez nombreuses et assez vigilantes pour lui donner la mort, s'il est apporté du dehors par quelque butineuse, à la façon dont les Apiens solitaires doivent probablement l’introduire dans leurs nids.

(1) G. Newport, Further cbservations on the Habits of Monodontomerus (a) ; with some Account of a new Acarus (Heteropus ventricosus) a Parasite in the nest of Anthophora retusa; Trans. of the linn, Soc. Londres, XXI (première partie), 1852, p. 95, pl. x, fig. 6, 7, 8, 9.

(a) Hymenoptère Chalcidien dont les larves vivent à l'intérieur de celles des Anthophores.

Lepeletier de Saint-Fargeau a séparé les Apiens en deux groupes, les nidifiants et les parasites des nids, privés des appareils collecteurs de la nourriture des larves. C'était attacher beaucoup trop d'importance à un détail anatomique secondaire et rompre toutes les affinités naturelles. La classification actuelle rassemble indifféremment nidifiants et parasites d’après l’ensemble des caractères communs. La ressemblance d’aspect est souvent fort grande. Qui ne voit raisonnablement la place des Psithyrus près des Bombus, des Stelis près des Heriades, des Nomada près des Halictus, etc.? Il est vrai qu'il ne faut pas généraliser dans ce sens, tant la nature semble aimer à se soustraire à nos formules générales, à dérouter notre esprit par la variété de ses complications; les Melecta ont les plus grandes différences d'aspect des Anthophora, dont elles hantent les nids en parasites.

Par une loi harmonique aisée à comprendre, les nidifiants ont une progéniture bien plus nombreuse que celle des parasites, qui sans cela dévorerait toute la nourriture et anéantirait l'espèce principale. En outre, il n'y a jamais qu'une partie des cellules occupée par les larves parasites. Enfin les espèces laborieuses sont plus multipliées que les autres. Ainsi W. Nylander, dans ss Apiens boréaux, compte 97 espèces nidifiantes contre 41 seulement parasites des nids.

La détermination spécifique des Apiens présente de grandes difficultés, surtout dans certains genres, parce qu'il n'y a peut-être pas de tribu d'Hyménoptères offrant des espèces plus voisines par la sculpture, les poils, la direction des nervures des ailes. Il arrive souvent qu'une pubescence serrée recouvre et cache les parties externes du corps, de sorte que les portions visibles restent d'un emploi incertain, pouvant tromper sur les caractères de couleur et de grandeur. En outre, la couleur noire de la pubescence devient souvent brune chez les individus plus avancés en âge, la rousse pâle ou cendrée, la jaune blanche, etc. ; on a fondé parfois des espèces supertlues sur ces différences dues à l’âge et surtout à l’exposilion au soleil. D’autres difficultés proviennent de la diversité des femelles et ouvrières avec les mâles (ainsi Chalicodoma muraria, etc.), de sorte qu’on ignore le plus souvent si on a deux espèces distinctes ou les deux sexes d’une même espèce, à moins de les avoir capturés dans le même nid ou surpris en copulation. Les mâles des espèces parasites ont souvent les mêmes caractères que ceux des nidifiantes, ce sexe ne récoltant pas, et de là de fréquentes incertitudes.

Nous engageons à consulter, pour la tribu des Apiens, les travaux suivants : Kirby, Monographia Apum Angliæ, Londres, 1502, 2 vol., comprenant l’ancien genre Apis de Linnæus, diagnoses en latin, texte anglais, avec figures sur bois fidèles et reconnaissables ; — Nylander, Adnotationes in eæpositionem monographicam Apum borealium ; — Helsingfors, Notiser ur Sällskapets pro Fauna et Flora Fürhandlinger Bihang till Acta Societatis Scientiarum Fennicæ,t.1, 1848, p.165 à282et Isis (analyse), 1848, p. 706. — Du même, même ouvrage ; Supplementum adnotationum in

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