APIS, ARCHITECTURE
lipones et es Bourdons, bien plus profondes que les cellules ordinaires d'ouvrières ou de faux-bourdons, remplies de miel précipitamment dégorgé du jabot. Enfin près des parois de la ruche la forme des cellules est d'ordinaire altérée par le manque de place ; ilen est de même souvent des premières rangées de cellules, par lesquelles les abeilles commencent les gâtaux et qu'elles ne tardent pas à détruire. D'habitude les premiers gâteaux sont des sortes d'ébauche, de figure elliptique, et où la plupart des cellules près des bords n’ont pas la profondeur normale, mais des profondeurs décroissantes jusqu'à la tranche. Les ouvrières semblent pressées de construire et de se débarrasser de leur cire, et régularisent ensuite ces premiers gàteaux. Ce sont comme des amorces pour le gâteau complet et régulier. Les apiculteurs ont su imiter ce fait naturel et déterminent la construction de gâteaux dans la direction qu'ils veulent, ainsi dans des cadres ou des boîtes disposées à l'intérieur des ruches, en collant à la partie supérieure des morceaux de gâteaux ou des gaufres de cire, à facettes hexagonales, très-employées à certaine époque en Allemagne et en Suisse.
Les cellules à larves d’ouvrières ont une profondeur normale de 12 millimètres. Elles sont fermées par un couvercle de cire jaunâtre, qui est d'abord bombé et finit par devenir plat dans les derniers jours de l'incubation de la nymphe, de sorte que l'épaisseur du gâteau à couvain operculé est alors de 24 millimètres. Il en est de même pour les gateaux à miel de conserve, dont les cellules sont fermées par un opercule blanc et plat. La profondeur normale de la cellule à faux-bourdon est de 15 millimètres. Quand il est operculé (seul cas où la mesure des épaisseurs de gateaux soit exacte) comme l'opercule du faux-bourdon reste très-bombé et d'une flèche de 2 millimètres environ, le gâteau à cellules de mâles offre alors une épaisseur de 34 millimètres, à partir du pôle d’un opercule.
La largeur maximum desnÿmphes et des adultes qui en proviennent est sensiblement celle de la cellule qui est exactement remplie par le corps de la nymphe, et en rapport direct avec l'apothème ou rayon du cercle inscrit. On trouve des ouvrières de diverses tailles, bien que provenant des cellules qui ont originairement des dimensions exactement pareilles. On assure ordinairement, dans les traités d'apicuiture, que les petits sujets proviennent d'œufs pondus dans de vieilles cellules, rétrécies par l'accumulation des coques successives des nymphes, de sorte que les ouvrières, gnées dans leur développement, naissent petites. Les apiculteurs américains ont reconnu, au contraire, que ces petites abeilles sont des races, au même titre que les individus affectés de nanisme dans nos animaux domestiques. De très-vieux rayons peuvent donner de grosses abeilles, de sorte qu'il n’est aucunement nécessaire de renouveler fréquemment les rayons des ruches et qu'on peut continuer à remeltre les anciens rayons vidés deleur miel par l'extracteur à force centrifuge. On a fait pondre à certaines reines leurs
œufs dans de grandes cellules récemment construites et on à eu de petites abeilles.
J'ai vu à Bordeaux, chez M. Drory, des ouvrières de taille ordinaire écloses dans de grandes cellules de mâles, qui avaient seules été données à la mère à un moment où elle était dans une période de ponte d’ouvrières. Il y a des expériences contradictoires où la mère, dans ce cas, n'a produit que des faux-bourdons.
Les faux-bourdons présentent des sujets de petite, de moyenne el de grande taille, IL est très-possible qu'il y ait aussi de ce côté des cas de races spéciales; cependant l'explication adoptée, et paraissant conforme à l'expérience habituelle, est Ia suivante, Les premiers, qui sont rares, proviennent d'œufs de mâles déposés, par diverses causes, dans des petites cellules à ouvrières ; les seconds, qui sont plus communs, naissent dans ces alvéoles intermédiaires qui servent de raccord, sur un même gâteau, aux cellules des deux apothèmes; enfin les fauxbourdons de grande taille, qui forment la majorité considérable des mâles, sont dus aux larves développées dans les grandes cellules hexagonales.
Des apiculteurs ont cru à un rétrécissement de la cellule de mâle, lorsqu'une ouvrière devait y naître par un œuf déposé contre l’ordinaire. Ils ont cé trompés par ce fait que l'ouvrière, plus petite que le faux-bourdon, décalotte moins l'opercule en étlosunt que ne le fait celui-ci, de sorte que le rebord restant de l’opercule semble un épaississement de la paroi de la cellule; mais, en enlevant ce rebord, on voit que la cellule de mâle a gardé son ampleur normale. Cela est en rapport avec ce fait que la vue de la grandeur de la cellule n’entraîne pas obligatoirement le sexe de l'œuf pondu.
- La construction des cellules dont nous venons de parler nous oblige d'abord à examiner la production de la cire, qui en est la malière constitutive, et le rôle varié des ouvrières dans la ruche. Beaucoup d’apiculteurs, d’après Huber, admettent une division du travail, qui ne paraît pas sans nombreuses exceptions. On croit que les plus jeunes Abeilles, ét celles de la moindre taille, sont destinées aux fonctions de nourrices, ue sortent pas ou peulde la ruche, etse consacrent à l'élevage du couvain, que d’autres, souvent plus grosses, les plus âgées selon certains auteurs, sont les cirières et architectes, sortent de la ruche, butinent au dehors lé miel, le pollen et la propolis, et, rentrées à la ruche, construisent lés édifices.
On a longtemps cru, en voyant les Abeilles ouvrières dégorger dans les cellules le miel, léché par la lèvre inférieure et recueilli dans le jabot, que la cire avait une origine externe analogue. En effet, la cire est très-répandue dans les plantes, forme la fleur des prunes, le glacis des feuilles de chou, etc., et le pollen contient de la cire. Aussi Swammerdam, puis Maraldi, eurent l'opinion que les Abeilles la récoltaient au dehors et ne faisaient que la malaxer, Réaumur reconnu que sa pro-