APIS, ORGANES SEXUELS
Sur la lentille et sur son enveloppe se trouvent cinq ou sept anneaux bruns et courbés, qui firent appeler cet organe pièce à cinq bandes par Swammerdam.
Ce sont des tubercules hérissés de poils raides, qui empêchent le sortie du pénis en érection dans le vagin et aidant à sa rupture. Audessus de ces appendices sont placés deux sacs membraneux, en forme de cornes, plus ou moins boursouflés d'air, et ayant leurs ouvertures particulières communiquant à l'extérieur, Ge sont les pneumophyses ou vessies aérifères de L. Dutour, les appendices creux et pointus de Swammerdam, paraissant exclusivement propres aux mâles du genre Apis. Dans l'état d'affaissement ces pièces sont plus ou moins coudées sur elles-mêmes et déprimées ; mais, quand elles sont enflées et bien développées, elles deviennent dures et rénitentes, et prennent la forme de cornes divergentes droites ou courbes, dont la pointe, dirigée en. arrière, présente différents degrés d’inflexion. Si elles se dessèchent dans cet état leur enveloppe conserve la forme et prend une consistance papyracée ou mieux de pelure d’oignon. Dans le cas de turgescence de l’appareil génital, on trouve parfois des faux-bourdons où ces vessies forment une saillie extérieure par le bout de l'abdomen et constituent là comme une double hernie, qui peut rentrer au gré de l’animal, Le spermatophore est un corps en forme de poire qui distend la partie supérieure du pénis en forme de bulbe. Un fait très-curieux accompagne l'expulsion de ce spermatophore fécondant, e’est Le retournement des parties du pénis, à la façon d'un prolapsus du rectum. Le pénis gît lâchement dans la cavité du ventre, où il n’adhère au corps qu'au bord de l’orifice sexuel. Il se comporte comme un doigt de gant à moitié retourné, dont Le bout sera chassé graduellement et retroussé, si on enfle d'air la portion supérieure, puisqu'on la comprime. On obe serve très-bien tout ce mécanisme de la manière qui suit.
Si l'on examine le bout de l'abdomen de l’Abeille mâle, on voit qu'il est très-obtus et un peu courbé en-dessous, de sorte que son ouverture est inférieure. Elle est ronde, assez grande, fermée par deux panneaux latéraux obtus, velus en dehors, et, en avant, par une lame transversale, dépendante du dernier segment ventral de l'abdomen, Qu'on exerce alors une pression graduellement ménagée sur les vrganes internes, on voit d’abord sortir de cette ouverture une sorte de tête vésiculeuse arrondie (masque de Réaumur), toute velue extérieurement et grisâtre, Les pneumophyses se présentent ensuite, se déroulent, s'enflent par l'introduction de l'air, et la tête vésiculeuse se trouve placée en avant de leur base. La verge se montre alors et à nu; mais, au lieu d'être droite et dirigée en avant, comme elle se montrait au repos dans son fourreau, elle à éprouvé une inversion qui porte son bout en arrière et la courbe en arc.
Le même renversement s'opère lors de la copulation et c’est alors
que les séries de poils épineux dressés s'opposent à la rétraction. La force qui le détermine est la pression que le faux-bourdon exerce sur l'appareil sexuel par une contraction violente des muscles de l’abdomen. Le pénis renversé présente, l’une après l’autre, au dehors la section terminale, la médiane et le bulbe, et c'est alors que le spermatophore est délivré et déchargé. Plus l'abdomen est plein et distendu, plus l’organe sexuel est chassé facilement. Or les trachées sont très-gonflées d'air quand l'insecte prend son vol puissant à la recherche de la femelle féconde, ce qui augmente beaucoup la pression exercée sur les parois latérales de l'abdomen. C'est pourquoi le coïtne peut s’accomplir qu'au vol, et le retroussement obligé du pénis ne lui permet pas de s’opérer sur des insectes posés à plat. Cela explique qu'Huber n’ajamais pu voir d'accouplement entre le faux-bourdon et la mère vierge, ren- . fermés ensemble dans une boîte. Au repos, les trachées étant désenflées, la pression serait insuffisante pour le complet renversement de l'organe copulateur mâle, indispensable à la délivrance du spermatophore et à son introduction dans la cavité vaginale et dans la spermathèque de la mère.
Si on coupe brusquement la tête à un faux- role au repos, une excitation nerveuse considérable détermine une contraction violente et convulsive de l’abdomen, avec expulsion et renversement de l'organe ; mais celui-ci reste incomplet. La seule section terminale du pénis avec ses cornes vient au dehors, le bulbe n’est jamais ni ébranlé ni expulsé, et par suite il n’y a pas délivrance ni décharge du spermatophore.
Il est probable que l’organe avec ses annexes n’est pas extravasé librement avant le coït, mais seulement après que le bout de l'abdomen est inséré dans la cavité vaginale, de sorte que le renversement successif se produit dans cette cavité, en même temps qu'une turgescence considérable. Les portions internes doivent suivre le renversement de l’organe, et le conduit éjaculatoire s’y prête par son élasticité, qui lui permet un grand allongement. Après la rupture de l'organe sexuel, il arrive souvent que le fragment arraché de ce conduit ressemble à un filament ou à un fil blanc, et pend hors du vagin de la mère, signe de copulation consommée.
Ce que nous venons de dire n’est pas seulement vrai pour les fauxbourdons, élevés dans les cellules normales de leur sexe et issus d’une mère fécondée, mais pour tous indistinctement. Ceux sortis d'œufs de mères non fécondées ou bourdonneuses sont aussi parfaitement développés et aussi pleinement virils que les autres. JI en est de même des faux-bourdons élevés par accident dans une cellule maternelle, et que les ouvrières recherchent pour les tuer avant leur sortie, des petits faux-bourdons nains élevés occasionnellement dans des cellules d’ouvrières, et des faux-bourdons provenant d'œufs d’ouvrières fertiles. C'est ce que Leuckart a bien constaté pour des faux-bourdons nés d'une ouvrière italienne fertile, et qui donnèrent, avec des mères noires, des