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APIS. — ORIGINE DE LA CIRE

et de sécrétion. Telle n’était pas l’opinion des anciens auteurs, qui, voyant sur un grand nombre de végétaux des sécrétions cireuses, croyaient que les Abeilles se bornaient à récolter la cire toute faite, surtout dans le pollen, se bornant à la pétrir avec leur salive. Mais, après la découverte de la sécrétion sous-abdominale des plaques cireuses, Huber entreprit de rechercher si la cire préexistait dans leurs aliments et ne faisait que traverser leurs corps pour aller s’accumuler dans des poches spéciales, ou bien si elle était créée par ces insectes aux dépens des matières sucrées qu’ils rencontrent dans le nectar des fleurs. Des ruches furent renfermées captives dans une chambre, et les Abeilles nourries exclusivement au miel sans pouvoir récolter au dehors du pollen, l'expérience ayant une durée assez prolongée pour que touie provision préexistante de pollen eût le temps de s’épuiser, et jusqu’à cinq reprises on obtint des gâteaux de cire très-fragiles et d'un blanc parfait ; au contraire, les Abeilles nourries exclusivement au pollen ne présentèrent plus de cire sous leurs anneaux. Les mêmes produits, c’est-à-dire des rayons de cire très-blanche, construits, furent obtenus avec les insectes exclusivement nourris au sucre, et Bretonneau obtint de pareils résultats.

Ces expériences importantes n'avaient pas reçu le contrôle de l’analyse chimique; il fallait, en effet, s'assurer de la proportion de matière grasse pouvant se trouver dans le miel alimentaire, et de celle qui existait dans le corps des insectes soumis au régime saccharin, en comparant ces quantités au poids de cire produite ; examiner ensuite si, dans le cours des expériences, les animaux n'avaient pas maigri, car la graisse du corps peut être absorbée et produire les sécrétions comme le font les aliments eux-mêmes. C’est après ces examens préliminaires seulement qu’on est en droit d'affirmer que la cire est bien réellement formée aux dépens du sucre fourni, ou bien si elle a été recueillie préalablement sur les plantes et tenue en réserve à l’intérieur du corps des insectes, ainsi que cela paraît avoir lieu pour la graisse qui s’'accumule en si grande quantité autour des viscères de la plupart des larves, et qui disparaît ensuite dans la période d’abstinence pendant laquelle s'achève la métamorphose complète.

Les expériences furent reprises, d’une manière plus scientifique, par MM. Dumas et Milne Edwards (1). Les Abeilles, séquestrées et nourries d'abord à la cassonade seule, ne donnèrent qu'une quantité de cire trop faible pour qu’on pût tirer une conclusion ; mais il n’en fut plus de même par un nourrissement au miel pur. La matière grasse due au miel ou se trouvant déjà dans le corps des Abeilles étant, en moyenne, de 05r,0022 par ouvrière, la quantité de cire produite dans le cours de

(4) Compt. rend. de l'Acad. des sc., Note sur la production de la cire des Abeilles, 1848, t, XVII, p. 531.— Ann. sc. natur. Zool., 2° série, 1843, t. XX, p. 174, même mémoire.

l'expérience fut de 02,0064, et il restait encore dans l’intérieur du corps, tant en cire qu’en graisse ordinaire, 0gr,0012; enfin la balance attestait qu'il n’y avait pas eu d'amaigrissement. On peut donc dire que la production de la cire constitue une véritable sécrétion animale, et qu'elle existe sous l'influence d’une alimentation formée exclusivement de miel pur.

Du moment qu'il est prouvé que la cire est due aux matières sucrées ingérées par les Abeilles, on s’est préoccupé du rapport de celle-ci au miel, c’est-à-dire du poids de miel nécessaire pour produire, par les fonctions combinées de digestion et de sécrétion, un poids donné de cire. Les nombres de MM. Bumas et Milne Edwards résolvent la question, au point de vue scientifique, de la transformation du sucre en corps gras, mais non sous le rapport industriel, car des Abeilles séquestrées ne sont pas du tout dans les conditions naturelles d'animaux vivant en liberté, prenant leur exercice normal et choisissant leurs aliments. S'il est certain que ce n'est pas au pollen que les Abeïlles empruntent la cire, il n’en est pas moins vrai, comme l’a reconnu M. de Berlepsh, que ces insectes pouvant butiner librement le pollen font bien plus de cire, car ils sont plus vigoureux et se portent mieux; il estime qu'il faut 10 à 12 parties de miel pour fournir une partie de cire. M. Gaurichon porte cette quantité à 5; MM. Collin et Vignole seulement à trois, par les temps les plus favorables à la grande récolte et les ruches à l'air libre; au contraire, d’autres apiculteurs ont élevé ce rapport à 25 ou 30. Ces énormes divergences montrent toute la difficulté de la question. Pour apprécier exactement le rapport du miel à la cire formée, les observateurs n'ont jamais tenu compte, entre les ruches mises en expérience, de la quantité très-variable de couvain élevé, qui amène une différence dans la consommation du miel et aussi des différences de température, influant beaucoup sur l'élaboration de la cire. La grande quantité de miel dépensée pour faire la cire explique cette opinion qui prédomine chez les mobilistes, qu'il faut, comme profit pratique, sacrifier la cire au miel, bien que celui-ci se vende beaucoup moins cher, et donner aux Abeilles des cadres avec rayons de cire vidés de miel, ou des bâtisses, c’est-à-dire des ruches où il n'y a plus que des gâteaux sans miel. On les oblient aisément quand on à des ruches faibles; il est plus profitable d'en chasser les insectes; puis, au lieu de les tailler, de faire lécher par les Abeilles du rucher le peu de miel resté dans les alvéoles, et d'y jeter ensuite un fort essaim qui se hâte, sans faire de cire, de déposer le miel dans les magasins tout faits qui lui sont offerts.

La cire des Apis mellifica et ligustica fond entre 63° et 64° centigrades, se ramoilissant à partir de 35°; sa densité est à peu près celle de l'eau, 0,966. Elle est insoluble dans l’eau, très-soluble dans les graisses et les huiles, la benzine, le sulfure de carbone. Par la distillation sèche se produisent plusieurs acides (acétique, palmitique, etc.), un grand nombre de carbures d'hydrogène (paraffine, mélène, ete.), de l'éthylène et

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