ANTHOPHORA
trigones, non émarginés intérieurement; antennes insérées au milieu du front,
beaucoup plus distantes entre elles que des yeux, à troisième article allongé et
en massue, presque plus long que le scape, le second globuleux, les autres filiformes ; labre subecarré, prolongé et arrondi antérieurement; mandibules en faucille; paraglosses courts et lancéolés ; palpes maxillaires de six articles, les deux premiers élargis en valves, les autres décroissants ; langue longue, pubescente, particulièrement vers le bout, dépassant les palpes d’un tiers; palpes labiaux de quatre articles, le basilaire trois fois aussi long que le second, les deux articles apicaux grêles, placés sur le côté et près du bout du second article, lequel est pointu au sommet. Ailes antérieures hyalines, sans stigma, à limbe large, ponctué, poilu, avec une radiale assez large, terminée par un appendice court, trois cubitales complètes, la première un peu plus longue inférieurement que la seconde, celle-ci rétrécie du côté de la radiale et recevant la première nervure récurrente, la seconde nervure récurrente unie avec la nervure apicale de la troisième cubitale, ou reçue un peu en dedans; ailes inférieures à nervure transverse ordinaire très-oblique, à lobe basal court, subovale, n’atteignant pas le milieu de la cellule humérale; jambes postérieures de la femelle très-poilues en dehors, munies d’une patelle basale, très-rarement chez le mâle; tarses postérieurs de la femelle à premier article longuement prolongé au sommet, orné d’un peigne à soies serrées, le second muni d’un pinceau de poils sur sa face dorsale au-dessous du milieu; ongles des tarses bifides, avec la dent médiane moins forte chez la femelle ; abdomen court, subovale, tantôt très-poilu, tantôt subpubescent et ayant des bandes régulières sur les bords apicaux des segments, le premier segment dorsal non bordé, les segments dorsaux 2 à 5 avec une impression latérale, le segment 6 de la femelle ayant une aire dorsale triangulaire élevée.
Les Anthophores sont des Apiens poilus assez massifs, ressemblant à de petits Bourdons, dont la longue langue villeuse s'introduit aisément dans les fleurs à corolle profonde, comme les Borraginées, les Labiées, les Personées, allant y puiser un nectar que d'autres Hyménoptères ne sauraient atteindre.
Près de Paris on commence à voir les Anthophores dès que les fleurs
paraissent et les espèces se succèdent jusqu'à la fin d'août. Le genre. n'offre que très-peu d'espèces, quatre à cinq: seulement, dans les [les ritanniques et le nord de l'Europe, aucune ne monte jusqu'en Laponie d'après Nylander, une seule jusqu’en Finlande (4. furcata, Kirby). Il est surtout répandu dans les régions chaudes ; environ quatre-vingts espèces existent en Europe, dont une trentaine pour la France et dans Le bassin méditerranéen, la plus grande partie de l'Europe australe, en Égypte, ea Syrie, un grand nombre dans la Russie méridionale et en Algérie ; environ une quarantaine d'espèces exotiques se trouvent dansles régions chaudes et tempérées de l'Afrique, de l'Asie, des deux Amériques et en Australie.
Les Anthophores ont les paraglosses rudimentaires et les mandibules
amincies, plus faibles que chez les Xylocopes, ne servant presque jamais à percer le bois. Les deux testicules du mâle sont réunis médianement dans un scrotum unique, chaque testicule ayant quatre capsules. La glande à venin de l’aiguillon des Anthophores offre un grand nombre d'appendices cœcaux. Ces insectes font leurs nids presque toujours dans la terre sablonneuse, sur les paroïs des sablières, sur les talus exposés au midi des chemins creux, semblant les rechercher d'autant mieux qu'ils approchent plus de la verticale.
Ce sont des galeries courbes dont le fond, par où sortira l'insecte naissant, se rapproche du sol, maçonnées en terre humectée de salive, ainsi que les cloisons séparant chaque œuf et la pâtée de la larve. Les Anthophores éclosent successivement à partir de la cellule du fond, chacun n'ayant qu'à crever le fond de la cellule du frère aîné. On trouve souvent des tuyaux d'Anthophores entre des pierres des murs de campagne dans le mortier de sable argileux qui les unit.
Nous prendrons comme type des espècesindigènes VA. retusa, Linn., syn. acervorum, Fabr., des Iles Britanniques, de France, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce, de Danemark et de la Suède méridionale (pl. xx, fig. 5, antenne du mâle; 5 a, id. de la femelle; 5 b, c, mandibules; 5 d, mâchoire ; 5e, lèvre inférieure, paraglosses, et palpes labiaux ; 5 f, patte postérieure du mâle). Les deuxsexes varient de taille de 14 à 18 millim. et se montrent en avril et mai. La femelle est d'un noir brunâtreet poilue, avec des poils d'un jaune fauve au labre, aux mandibules, sur les côtés en dessus des jambes et des tarses postérieurs, la brosse des métatarses d’un fauve doré, quelques poils ferrugineux mêlés aux poils des autres pattes, les ailes assez transparentes, à nervures noires ainsi que la côte, un peu enfumées seulement le long de la côte et vers le bout. Le mâle a les poils de la tête d’un blanc sale, une partie du chaperon et le vertex d’un jaune ferrugineux, tous les poils du thorax ferrugineux, les poils des pattes d’un roux pâle, avec des cils noirs aux tarses, les ailes transparentes, à nervures et côtes noires, les poils des premier et second segments de l’abdomen ferrugineux, les autres noirs méêlés de quelques poils ferrugineux, l'anus noir à poils noirs, les segments ventraux à poils noirs.
Cette espèce se trouve si abondante en certaines places qu'on dirait de véritables essaims, et nidifie dans les talus de terre, sur les parois des vallons et parfois perforant le mortier des murs des granges et des écuries; Fr. Smith dit que la plus grande partie des terrasses des falaises de l’île de Wight est criblée de ces nids. La femelle se tient à l'entrée, choquant de la tête les intrus, avec un bruit aigu et hostile. Des Apiens parasites, les Mélectes, viennent pondre dans ces nids des œufs d'où sortiront des Jarves mangeant la pâtée de celles de lAnthophore. Smith remarque que ces parasites apparaissent très-hâtivement au printemps aux premières fleurs sauvages, et en mars sur les Crocus des jardins, el qu'on continue à les trouver jusqu'au milieu de juillet. fl