CERATINA
pas simples, comme le dit Lepeletier, mais profondément bifides à toutes les paires de pattes des deux sexes.
Un signe très-caractéristique du genre, c'est que les jambes postérieures sont armées, dans les deux sexes, d'une petite dent aiguë au côté externe, à peu près au bout du premier tiers de la longueur, là où la jambe commence à s’élargir. M. Gerstäcker dit que cette conformation existe dans toutes les espèces d'Europe et d'Afrique, et dans les nombreuses espèces d'Amérique qu'il a examinées, mais qu'il ne l’a pas rencontrée dans deux espèces des Indes orientales, de Ceylan et de Java, les C. œænea, Fabr. (vraie), et smaragdula.
Les Cératines sont surtout de la moitié méridionale de l’Europe et paraissent y être représentées par un assez grand nombre d'espèces, encore imparfaitement connues. Les Indes orientales et les îles qui en dépendent par la faune, la Chine, l'Afrique boréale, médiane (?) et australe, les États-Unis, les Guyanes et le Brésil, sossèdent aussi ce genre, dont on peut bien évaluer les espèces décrites ou indiquées à une trentaine.
M. Gerstäcker divise en deux groupes les Cératines d'Europe :
A. Corps sans éclat métallique; jambes postérieures plus fortes extérieurement, avec élargissement presque anguleux, la seconde nervure récurrente débouchant le plus souvent près de lextrémité de la deuxième cellule cubitale ; palpes maxillaires régulièrement à quatre articles, chacun d'eux allougé ; males ayant de larges disques préhenseurs, ovales et fimbriés, à la base des cuisses postérieures, et le sixième anneau ventral de l'abdomen libre. Ce groupe renferme une espèce, C. cucurbitina, Rossi, ou albilabris, Fabr., noire, de 6 à 8 millimètres, ayant le clypéus et le labre ornés d’une tache d’un blanc d'ivoire, le chaperon et le labre entièrement blancs chez le mâle ; cet insecte est très-répandu géographiquement, d'Angleterre (?), des environs de Paris, de Nassau, où on le trouve en août, enlevant le pollen de la Centaurea paniculata, de Suisse, de tout le sud de l'Europe, de Sicile, de Rhodes, d'Algérie, d'Égypte et d'Asie Mineure.
B. Corps à reflet métallique; jambes postérieures faiblement élargies au côté externe; seconde nervure récurrente débouchant plus près du milieu de la seconde cellule cubitale; palpes maxillaires régulièrement de cinq articles; mâles dépourvus de disques préhenseurs à la base des cuisses postérieures et ayant le 7° segment de l'abdomen rentré du côté du ventre, par conséquent le 6 segment ventral non libre. L'espèce la plus importante de ce groupe à brillant reflet est le C. cœrulea, Villers, ou cyanea, Kirby, longue de 5 à 7 millimètres, d’un vert bleuâtre brillant, avec les ailes enfumées, violacées vers le bout. La femelle a le chaperon noir ainsi que les épaulettes ou points calleux ; chez le mâle, le clypéus et le labre sont maculés de blanc, et les points calleux sont ordinairement noirs comme chez la femelle. Parfois ils ont, dans les deux sexes, un petit point blanc ; dans les deux
sexes aussi, la base des jambes postérieures a un petit point blanc.
On rencontre C. cœrulea en Angleterre, fréquentant les fleurs de l'Echium vulgare; elle y est très-locale et s'obtient aisément, dit Fr. Smith, si on ramasse en hiver toutes les branches de ronce perlorées, dans les endroits où l'espèce a été vue en été; ce sont des sujets d’hibernation qu'on obtient. Il en est de même aux environs de Paris et dans toute la France, où existe cette espèce, qui est aussi de l'Allemagne jusqu'au nord, d'Italie, de Russie et de Suède. Cette espèce et Ia précédente se prennent daus le Languedoc sur les chardons, mais peu communes (Marquet).
Nous signalerons encore, à titre d'espèce française qu’on rencontre à Montpellier et à Hyères, C. egregia, Gerst., syn. chalcites, Germar, Giraud, de grande taille et d’un bleu splendide, atteignant 12 à 13"n,5 dans les deux sexes; C. callosa, Fabr., bleue, de 7"",5 à 8,5, ayant le clypéus et les callus huméraux tachés de blanc jaunàrre, du midi de la France, de Carniole, de Bavière et d'Autriche (rare en ces deux pays), des Grisons, de Portugal, d'Espagne, d'Italie, de Russie méridionale, d'Algérie. Cette espèce se distingue des C. cucurbitina et cœærulea, indépendamment de la couleur qui la sépare de la première espèce, en ce que la femelle offre au dernier ou 6° segment de l’abdomen une petite crête médiane longitudinale et le mâle une crête prononcée sur les segments 6 et 7, ce dernier prolongé et infléchi en dessous; ces crêtes manquent aux deux sexes de nos deux espèces les plus communes.
Mentionnons, parmi les espèces exotiques, la vraie C. œnea, Fabr., des Indes orientales, de Java, ‘de Ceylan, peut-être la même que la variété vtridis, Smith (catal. Brit. Mus.) et peut-être aussi viridis, G. Mén., pl. Lxx1, fig. 6, que cet auteur indique du Sénégal et qui serait réellement l'espèce indienne ou une variété. Cet insecte, long de 8 millim., est d’un vert bleuâtre, ponctué, avec une tache jaune au milieu de la face, touchant au labre, et une ligne jaune sur la partie externe des jambes antérieures et postérieures. Les ailes sont un peu obscures et les pattes noires avec le côté externe des cuisses antérieures vert. Une espèce voisine et aussi anciennement connue est C. smaragdula où maculata, Smith (catal. Brit. Mus.), de couleur verte, des Indes orientales et de Java.
Réparons un oubli en terminant les Anthophorides. La petite espèce de Xylocope du midi de la France, X. cyanescens, Brullé, assez fréquente dans le Bas Languedoc, niche dans les tiges d'asphodèle et de roseau des marais. Voir à ce sujet et pour de nombreux détails de mœurs sur les Hyménopières du midi de la France un intéressant travail de M. Marquet : Aperçu des insectes Hyménoptères, térébrants, fouisseurs et mellifères qui habitent une partie du Languedoc. Toulouse, 4875, br. in-8°.
NOMADIDES. —- CHRYSANTHEDA. 765
Nowanines. — Cette sous-famille des Apides propres est formée de presque tous les genres d’Apiens dont les femelles sont parasites des nids, fait certain par l'observation directe pour les genres européens, seulement probable pour la plupart des genres exotiques à mœurs non vérifiées. Elle correspond aux Denudatæ des catalogues, en raison de l'absence de poils pollinigères chez les femelles, aux Cuculinæ de Latreile, par allusion aux mœurs analogues à celles des femelles des Coucous, chez les Oiseaux, dont les différentes espèces portent dans le nid de quelque petit Passereau leur œuf pondu sur le sol et introduit dans leur large gosier; elle se compose en partie des Mélectites de Lepeletier de Soint-Fargeau. Les amateurs des séries parallèles feraient volontiers deux groupes des Apiens nidifiants et parasites, le genre £Englossa en regard du genre Aglae, L. St-F., son parasite, les Anthophora vis-à-vis des Melecta, les Osmia correspondant aux Stelis, Panz., les Andrena aux Nomada, etc. Il faut être en défiance contre ces groupements toujours arbitraires, l'absence d’un caractère lié souvent, mais pas toujours, à une modification de mœurs n'ayant pas une importance capitale ; on doit chercherles groupements, nécessairement approximatifs quoi qu'on fasse, dans le plus grand nombre des caractères communs. Les rapports réels des groupes zoologiques sont en tous sens et ne peuvent se représenter que par des figures à trois dimensions, et non par nos classifications en tableaux plans.
Les caractères généraux des Nomadides sont les suivants, tiréssurtout des espèces européennes, les seules suffisamment étudiées jusqu'ici : corps souvent gros et court ; tête le plus souvent rétrécie derrière les yeux; antennes brisées, filiformes, le second article très-court; yeux grands, convexes, plus larges inférieurement ; ocelles le plus souvent disposés en triangle ; front le plus souvent élevé en avant et vertex généralement aigu au bord postérieur ; labre grand et libre, fléchi sous un angle droit ou aigu ; mandibules peu fortes, le plus habituellement à bout simple ; pronotum très-généralement avec le bord postérieur à troncature transversale perpendiculaire ; écusson ayant de grandes fossettes latérales profondes, souvent tuberculé où muni de deux dents; métathorax avec de grands stigmates en croissant ; ailes inférieures ayant un petit lobe basal, n'atleignant pas le milieu de la cellule humérale ; ailes supérieures avec un stigma distinct, le plus souvent grand, la nervure transverse ordinaire le plus souvent située avant la fourche du cubitus, munie quelquefois de deux cellules cubitales complètes (Phileremus, Latr.), habituellement de trois; pattes intermédiaires largement distantes ; hanches postérieures presque triangulaires ; jambes postérieures arrondies, dépourvues de brosse et de patelle basale, le métatarse postérieur peu dilaté, crochets tarsaux avec une pelote distincte, courbés à la base, ayant chez les femelles une grande dent aiguë, moindre chez les mâles où elle n’atteint pas le bout ; abdomen orné de peinture jaune ou de taches de villosité blanche, les segments dorsaux
2? à à bordéssur les côtés, le deuxième plus long que le troisième, le cinquième, chez les femelles, ayant le plus souvent le bord postérieur muni d'une pubescence soyeuse, courte et serrée.
GENRES PRINCIPAUX
CHRYSAN THEMA, Perty, — Corps glabre presque en entier ; tête assez grande et assez courte; antennes beaucoup plus courtes que la tête et le thorax réunis, filiformes ; yeux très-grands, subréniformes ; trois ocelles distincts, en triangle ; labre carré supérieurement, cilié en avant ; mandibules carénées vers le bout, ce bout obtusément tridenté intérieurement; mächoires très-longues et trés-étroites, pareilles aux palpes labiaux; lèvre inférieure très-longue, filiforme ; palpes labiaux de la longueur de la lèvre, les deux premiers articles très-longs et filiformes, les deux apicaux très-petits et latéraux; prothorax très-court, presque entièrement caché sous le mésothorax ; écailles assez grandes, squamiformes; écusson proéminent, transverse, grand, tuberculeux de chaque côté; ailes antérieures avec une cellule radiale grande et allongée et trois cubitales complètes, dont la deuxième et la troisième recoivent une nervure récurrente ; pates antérieures petites, les postérieures très-allongées et épaissies; Jambes antérieures munies au sommet d’une épine fourchue et d’un appendice membraneux ; jambes intermédiaires ciliées en dedans, munies au sommet d’une épine aiguë ; jambes postérieures et premier article des larses dilatés au sommet, plans et pubescents en dedans, un peu convexes extérieurement; abdomen triangulaire.
Ce genre, qui comprend (catal. Brit. Mus.) cinq à six espèces d'un beau vert doré brillant, était autrefois confondu avec les £Euglossa et appartient aux Guyanes, à la Colombie, au Brésil, au Vénézuéla. Il à été établi par Perty (1) pour le C. nitida, Perty. Nous représentons l'espèce la plus anciennement connue, le C. dentata, Linn., pl. xx, fig. 2, longue de 20 millimètres, glabre, ponctuée, d'un vert brillant; l'écusson est large, avec un tubercule élevé de chaque côté, sans aucune carène au milieu. Les ailes sont d'un brun foncé à reflets bleus et violets vifs, colorées jusqu'à la base ; la langue est d’un tiers moins longue que le corps.
Ce genre est rangé dansune famille formée très-principalement, sinon exclusivement, de parasites. Cependant il est peut-être nidifiant, car Perty dit de la femelle de C. nitida, qu'il a découverte dans les insectes rapportés du Brésil, que ses jambes postérieures ont la structure de celles d’une Abeille récolteuse ; mais a-t-il bien observé ? Le nom du genre veut dire Abeille d’or.
(4) Max. Perty, Delectus animal. artic. que in itin. per Brasilium colleg. Spix et Martius, Munich, 1830-1834, p. 147,
ACANTHOPUS, MELECTA. 767
ACANTHOPUS, Klug. — Antennes courtes dans les deux sexes; palpe labial de quatre articles, les deux articles apicaux petils ; palpes maxillaires obsolètes ou réduits à un petit tubercule; ailes supérieures ayant une cellule radiale et trois cellules cubitales, la première plus longue que les trois autres réunies, la première et la seconde cellule cubitale subcarrées, la troisième cellule cubitale recevant au milieu la seconde nervure récurrente, la première nervure récurrente s’unissant avec la seconde nervure cubitale transverse ; pattes postérieures allongées et densément pubescentes dans les deux sexes.
Ce genre, que Lepeletier de Saint-Fargeau regarde comme probablement parasite, est représenté par une magnifique espèce de Cayenne et du Brésil, l'A. splendidus, Fabr., pl. Lx1x, fig. 1, longue de 22 à 28 millimètres. Cet hyménoptère, anciennement connu, est figuré dans Coquebert (Ilustr. iconogr. ins., t. 1, pl. vr, fig. 6). Les antennes sont noires dans les deux sexes, la tête et-le thorax sont d’un vert changeant en violet, avec un beau reflet doré, revêtus de poils soyeux violets. Les ailes sont d'un brun rougeûtre, à reflet violet ou doré, selon la position, les pattes d'un vert violacé sombre avec des poils violets, les deux tarses postérieurs chargés de poils noirs ; le dessus de l'abdomen est d’un vert changeant en violet, avec un reflet brillant d'or, glabre, sauf que les côtés du premier segment ont une touffe de poils noirs ; le dessous de l’abdomen est noir, se changeant en violet. Dans quelques exemplaires la première nervure récurrente est reçue un peu en dedans de la troisième cellule cubitale, mais dans la forme typique elle parait unie à la nervure transverse.
Dans ce genre les pattes intermédiaires sont munies, à l'extrémité de la jambe, d’un appendice en forme de peigne ; l'extrémité de l’écusson a une bifurcation représentant de petits mamelons terminés en pointe, et, au bout de l'anus, sont deux petits mamelons pointus. Les antennes ont 12 articles chez les femelles, 143 chez les mâles, et, dans ce dernier sexe, il y a 2 appendices cornés, longs et pointus, à l'extrémité du labre. Les deux sexes ont peu de différences, l'abdomen raccourci et obtus au bout dans le mâle, pyriforme et allongé au bout chez la femelle. La teinte foncée des ailes empêche de voir, à l'œil nu, la trace des nervures (de Romand; Magas. de z00l., 1841 : Notice sur divers ins. Hymén. de la fam. des Mellifères, pl.1xvur, les deux sexes de l'A. splen didus, avec des détails anatomiques).
MÉLECTA, Latr. — Tête transverse, à peine rétrécie derrière les yeux; an tennes ayant le troisième article long; ocelles en ligne courbe sur le vertex ; face fortement élevée antérieurement ; labre grand; palpes maxillaires de 5 articles ; palpes labiaux de 4 articles, 4 trois fois aussi long que 2, 3 et A petits, placés sur le côté et vers le sommet du second article ; métathorax tres-court el perpendiculaire ; écusson élevé et prolongé, avec deux tubercules épineux dis-
tants sur les côtés; ailes supérieures à stigma linéaire, le limbe ponctué poilu,
la cellule radiale arrondie au sommet, trois cellules cubitales, la seconde trèsrétrécie du côté de la radiale; ailes inférieures armées d’une quinzaine de crochets, à lobe basal ovale, à nervure transverse longue et oblique, à bord supérieur dilaté vers le bout; jambes postérieures à épines dentelées au côté interne, celles des jambes intermédiaires simples, ongles des tarses antérieurs bifides ; abdomen ayant le premier segment retroussé à la base, les segments dorsaux ornés de taches postérieures subpubescentes d’un blanc de neige, le dernier segment dans les deux sexes muni d'une valvule dorsale.
Les Mélectes sont, par excellence, les parasites des nids des Anthophores, ei aussi des grosses espèces des Mégachiles. On les voit voltiger, pendant la chaleur du jour, le long des talus et des murs où celles-ei ont établi leurs demeures, et entrer dans les troncs qui en sont les orifices. Quand elles ont trouvé dans un nid une cellule approvisionnée, elles ressortent sur-le-champ, et, rentrant à reculons, vont pondre un œuf dans la masse de pollen imbibé de miel, qui deviendra la proie de la larve intruse. Quand la légitime propriétaire arrive pendant ce temps, tout embarrassée par sa charge de pollen, il s'ensuit une lutte, mais qui n'est jamais mortelle pour la Mélecte. D'après Lepeletier de Saint-Fargeau, elle parait cependant saisie d'effroi et disposée à fuir; quelquefois elle guette aux environs du nid la sortie de l’Anthophore. M. Fabre, dans ses études sur les Méloïdes des nids des Anthophores, assure même que les Anthophores se montrent pacifiques et débonnaires pour les Mélectes, devant cependant exterminer une partie des enfants de l'aveugle mère, qui périront affamés. Au contraire, qu'une Anthophore pénètre étourdiment chez sa voisine, ou se montre seulement à la porte, celle-ci se précipite avec fureur sur cette sœur inoffensive, capable de dérober à peine une gorgée de miel, Toutes deux, ivres de fureur, se mordent, se roulent dans la poussière du chemin, cherchant à se percer de l’aiguillon, et la mort d'une des deux peut se produire, surtout si elles combatient pour la possession d’un nid.
Les deux espèces de Mélectes les plus ordinaires, les M. luctuosa, Scop., et armata, Panz., comptent parmi les Hyménopières d'Europe les plus élégants, pour le noir de jais de leur corps taché de blanc de neige, fort dissemblables d'aspect des espèces nidifiantes dont ils sont les commensaux, fréquemment accompagnés dans leurs attaques par Chrysis ignita. On trouve souvent les larves de Mélectes dans les nids des Anthophores qu'on examine en automne. Il n'y a pas de différence appréciable de forme dans les larves qu'on rencontre dans le nid, seulement les unes sont d'un jaune orangé, ce sont celles des Anthophores, tandis que les larves des Mélectes sont blanches. Les Mélectes sont fréquemment attaquées par les Triongulins ou premières larves des Méloïdes, et on en observe quelquelois bien plus d'une douzaine adhérentes aux flancs du métathorax de chaque individu.
Les Mélectes ont un aiguillon fort long qui, dans sa plus forte érec-
MELECTA, CROCISA. 769
tion, se renverse sur le dos et ne peut piquer que les corps qui sont audessus de l'abdomen ; dans ce cas elles piquent violemment. Les mâles, privés d’aiguillon, semblent vouloir se défendre, en appuyant fortement les dents de leur écusson sur le doigt qui les saisit. Les Mélectes bulinent souvent sur les Labiées.
On connaît une quinzaine d'espèces de Mélectes, la plupart d'Europe et d'Afrique septentrionale (bassin méditerranéen), et plusieurs du Chili, région, comme on sait, qui reproduit beaucoup de formes européennes.
L'espèce qui remonte le plus au nord, la seule de Suède, est 44. luc- Luosa, Scop. ou punctata, Fabr., Latr., existant dans la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, la Morée (Brullé), le Danemark, la Russie, l’est et l’ouest de l'Algérie pendant le printemps et une grande partie de l’été (H. Lucas). Cet insecte est {rès-noir, la pubescence mêlée de noir et de blanc, l'abdomen ayant de chaque côté trois taches subcarrées d’un blanc de neige chez la femelle, quatre chez le mâle, celui-ci à poils blancs sur le mésonotum, les flancs, la base supérieure des tarses, la base dorsale du premier segment de l'abdomen, la valvule dorsale du septième segment excisée au bout. Cette espèce atteint 40 à 12 millimètres dans les deux sexes; elle est principalement parasite des nids des Anthophora retusa, intermedia, ete. La seconde espèce, ayant comme l’autre les ailes enfumées à léger reflet violet, également commuüne aux environs de Paris, paraissant plus tôt que la précédente, est M. armata, Panzer, moins septentrionale, de Grande-Bretagne, de France et d'Allemagne. Cette espèce, de 12 à 14 millimètres dans les deux sexes, est noire, à pubescence cendrée, avec les segments de l'abdomen ornés de chaque côté d'un point blanc ovale. Le mâle, qui offre le devant des quatre jambes postérieures garni presque en entier de poils blancs couchés, varie très-peu, et, quand il est élevé des cellules du nid'ou capturé très-récemment éclos, sa pubescence entière offre une teinte ocracée; la femelle, au contraire, présente de grandes et fréquentes variations, depuis le joli insecte tacheté de blanc du type jusqu’au noir total. L’espèce vit dans les nids des Anthophora pilipes, personata, Mig., retusa, ete. Citons encore M. plurinotata, Brullé, du midi de la France, de Morée, de Sicile, de Syrie, d’Espagne, des environs d'Oran en automne (H. Lucas).
CROCISA, Jurine. — Menton et labre à peu près d’égale longueur; palpes maxillaires de 2 articles; palpes labiaux de 5 articles, les deux apicaux petits, placés vers le sommet du troisième; paraglosses allongés, grèles; écusson déprimé, lamelliforme, prolongé en deux dents pointues ; ailes supérieures ayant une cellule radiale et trois cellules cubitales, la seconde resserrée du côté de la radiale, recevant la première nervure récurrente un peu au delà du
milieu, la troisième recevant la seconde nervure récurrente à son extrémité.
Les Crocises ont probablement les mœurs des Mélectes dont elles ont GIRARD, it, — 49
la réliculation alaire et beaucoup de caractères. On en compte une dizaine d'espèces, dont trois de la France surtout méridionale, à ailes supérieures rembrunies avec reflet violacé, qui sont: C. histrio, Fabr., noire, avec les écailles blanches ainsi que cinq points sur le corselet et les segments de l'abdomen ayant de chaque côté une tache triangulaire blanche, de sorte que l’insecte semble vêtu d’un habit d’arlequin, existe aussi aux Indes orientales, au Japon, en Russie, en Algérie ; C. scutellaris, Fabr., avec poils noirs et blancs par places, l'écusson noir, cilié de blanc, l'abdomen noirâtre, à léger reflet violet, les segments ayant de chaque côté une tache linéaire de poils blanes couchés, les pattes noires avec une tache blanche à la base des jambes, aussi d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, d’Albanie, de Sibérie, de Turquie, d'Algérie, de Ceylan ; Cette C. scutellaris, Fabr., que le D' Sichel (1) ne sépare pas de l'espèce suivante, est très-rare d'ordinaire aux environs de Paris, puisqu'il n'en peut recueillir que cinq ou six individus en six ans; une récolte accidentelle de seize sujets des deux sexes en fut faite en moins de quinze jours, dans l’été de 1852, au jardin botanique de l'Ecole de pharmacie de Paris, sur les deux seuls pieds de Lavandula spica (spic où aspic du commerce) qui y existaient, et, le jour où ces deux pieds furent défleuris, les Crocises, encore nombreuses la veille, disparurent sans retour.
C. ramosa, L. S.-F., est tachée d’une manière analogue à l'espèce précédente, les lignes blanches latérales des segments 1 et 2 de l'abdomen émettant chacune une branche perpendiculaire qui en fait des chevrons brisés, le dessous de l'abdomen avec trois points blancs. Outre le midi de la France, où elle est très-commune sur les Labiées, cette espèce est indiquée d’Albanie, des îles Canaries {Brullé), de l’est el de l’ouest de l'Algérie, au printemps et en été (H. Lucas).
Il y à de fort belles espèces exotiques de Crocises offrant une brillante couleur bleue due à des poils couchés, analogues aux écailles des ailes des Cépidoptères. Nous représentons (pl. 1xx, fig. 2) parmi elles C. nitidula, Fabr., var. pulchella, G. Mén., de Port Praslin (Nouvelle - Irlande), noire, avec le chaperon, les joues et neuf taches éparses sur le thorax d’un bleu de ciel brillant, des taches ou des lignes bleues sur les côtés des segments de l'abdomen. La variété figurée a la fascie basale du premier segment de l'abdomen largement interrompue au milieu, tandis qu'elle est entière dans le type. L'espèce se trouve aussi aux iles Philippines, à Amboine, à la Nouvelle-Hollande (Richmond River). Les autres espèces sont de Nubie, du Cap, de Port-Natal, de Chine, d'Australie (Hunter River). On n’en signale pas, jusqu'à présent, du nouveau continent.
(4) Sichel, sur la rarelé relative de certains Hyménoptères, et notamment sur la Mutilla incompleta et la Crocisa scutellaris (Ann. Sec. entom., Fr., 2° sér.. 1852, t. X, p. 561 à 571).
EPEOLUS. 771
EPEOLUS, Latr. — Tête transverse; ocelles en ligne courbe sur le vertex; yeux très-grands, convergents en avant; labre subcarré, muni de deux petits tubercules; mandibules simples ; palpes maxillaires d’un seul article ovale et petit; palpes labiaux un peu plus courts que la lèvre, les deux articles basilaires allongés, les deux apicaux petits et latéraux; paraglosses courts et lancéolés; écusson muni d’une dent de chaque côté; métathorax tronqué perpendiculairement; ailes supérieures ayant un stigma oblong, une cellule radiale allongéeovale et trois cellules cubitales complètes, la première à peu près aussi longue que les deux suivantes, la seconde très-rétrécie vers la radiale et recevant la première nervure récurrente un peu au delà du milieu, la troisième également très-rétrécie vers la radiale et recevant la seconde nervure récurrente un peu au delà du milieu; ailes inférieures ayant environ douze hamecçons, le lobe basal court, presque arrondi, la nervure transverse ordinaire courte et perpendiculaire ; épines des jambes intermédiaires et postérieures simples ; crochets des tarses simples ; abdomen avec taches pubescentes d’un blanc cendré, le premier segment dorsal retroussé à la base, le dernier ayant une aire dorsale distincte, et seulement cinq segments ventraux apparents.
Les Épéoles sont parasites des nids des Colletes et comptent une quinzaine d'espèces. Lepeletier Saint-Fargeau se contente de dire que les Épéoles sont les parasites des Anthophores et des Osmies, ce qui est sans doute très-accidentel, et sans donner aucun détail. Fr. Smith rapporte que le type du genre, l'E. variegatus, Linn., est une jolie petite mouche, abondante en diverses parties du Kent, du Surrey, du Hampshire et aussi en Écosse, espèce localisée partout où se trouve le Colletes Daviesanus, Kirby, des nids duquel elle est parasite, car on la trouve dans les terriers de cet Hyménoptère. L’Æ, variegatus paraît d'ordinaire aux premiers jours de juillet ; les mâles passent une grande partie de leur temps à se reposer sur les fleurs, souvent cachés entre les pétales, surtout sur les fleurs en capitules. Cette Épéole est d'habitude indolente et se laisse aisément capturer à la main; mais son aiguillon est trèsacéré. M. Thomson l'indique comme parasite des nids du Colletes impunctatus, Nyl., espèce septentrionale.
L'espèce des environs de Paris est l'E. variegatus, Linn., pl. Lxx, fig. 1, 4 a, antenne ; 1 b, labre ; 1 €, mandibule ; 1 d, mâchoire; 1 e, lèvre inférieure, avec palpes labiaux et paraglosses. La femelle, longue de 6 à 11 millimètres, est noire, la face couverte d'une courte pubescence d'un blanc argenté, le labre et les mandibules ferrugineux, les trois premiers articles des antennes ferrügineux, surtout en dessous, le corselet noir avec des lignes d’un blanc jaunâtre ou grisàtre, l'écusson trilobé, les deux lobes latéraux terminés par une pointe droite, les écailles, l’écusson et les pattes de couleur ferrugineuse, sauf les cuisses postérieures et intermédiaires noires en dessus, les ailes subhyalines, ayant le bord faiblement enfumé ; l'abdomen offre en dessus l’anus ferrugineux, et il est, pour le reste, noir, avec des bandes blanches de poils couchés, les
bandes des segments 1 et 2 interrompues au milieu, dissoutes en quatre taches aux segments postérieurs; en dessous ces segments sont ferrugineux vers la base et les bords des trois segments apicaux ont des bandes de pubescence blanche. Une variété femelle (probablement E. rufipes, Thomson) a les cuisses plus ou moins d’un roux testacé. Le mâle diffère de la femelle par les antennes et le labre ordinairement noirs, l'écusson toujours noir, les hanches, les trochanters et la base des cuisses ordinairement noirs. Cette espèce est d'Angleterre et d'Écosse, de France, d'Allemagne, de Danemark, de Suède, de Finlande, de Laponie, et aussi du cap de Bonne-Espérance. Elle varie beaucoup dans les deux sexes, et il est probable que c’est la seule espèce d'Europe, les deux autres espèces scandinaves que donne M. Thomson appartenant alors à des variations. Les autres espèces du genre ÆEpeolus sont de Russie, de Sibérie, des États-Unis, du Mexique, du Brésil et du Chili.
XOMABA, Fabr. — Tête transverse, aussi large que le thorax ; antennes géniculées, filiformes, à peu près aussi longues que le thorax; ocelles en triangle sur le vertex; labre transverse, presque subearré, infléchi au bout à angle aigu ; mandibules bidentées chez les femelles, simples chez les mâles et arrondies à leur sommet; palpes maxillaires allongés, de six articles, l’article basilaire petit; menton légèrement rétréci à la base, lèvre de la longueur du menton, cannelée et striée fransversalement, large, arrondie au bout; paraglosses ayant près du quart de sa longueur ; palpes labiaux un peu plus courts que la lèvre, de quatre articles continus, le premier plus long que les trois suivants réunis, les autres décroissants de longueur; écusson généralement bituberculé, sans épines ; mélathorax et premier segment de l'abdomen déclives; ailes également pubescentes, les antérieures ayant un assez grand stigma subovale, une nervure radiale simple, trois cubitales complètes, 2 et 3 recevant chacune une nervure récurrente; ailes inférieures armées de 6 à 12 hameçons, avec un lobe basal arrondi et la nervure transverse ordinaire courte et perpendiculaire ; crochets des tarses simples, sauf les crochets antérieurs du mâle profondément bifides, tous ceux de la femelle appendiculés à la base; abdomen orné de taches claires, et non pubescentes comme dans les genres Melecta et Epeolus, le cinquième segment dorsal de la femelle déprimé au bout, soyeux, le sixième tronqué, obtusément triquètre, le cinquième ventral aplani, fasciculé au bout de chaque côté de soies rigides ; le segment apical
des mâles aigu.
Les Nomades sont nombreuses en espèces, environ 90, dont plus de 50 en Europe, 25 en Suède (C. G. Thomson), 31 en France (Dours), en grande partie des environs de Paris.
Lepeletier de Saint-Fargeau savait seulement que les Nomades sont parasites des nids, mais ne les avait pas observées, car il soupçonne à tort qu'elles pondent dans les nids des Bourdons. On sait au contraire
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qu'elles ne fréquentent que les habitations d’Apiens solitaires des genres Andrena, Halictus, Panurgus, Colletes, Eucera, surtout des deux premiers. Fr. Smith a fait quelques observations, encore fort incomplètes, sur ces Apiens, constituant le genre le plus élégant pour la coloration qu'on trouve dans les Iles Britanniques, et qu'on y appelle vulgairement Mouches-Guêpes, en raison de la ressemblance de leurs vives couleurs avec celles des petites espèces de Vespiens. On ne connait guère autre chose que leur entrée dans les terriers des Andrénides et des Apides, et leur existence à l’état parfait dans les cellules des nids d’Apiens laborieux. Le plus probable c’est que la Nomade pond un œuf sur la provision amassée par la femelle travailleuse, puis ferme la cellule en dessus, de sorte que la mère rencontrant le même aspect de cellule close que si elle-même avait pondu, commence une nouvelle cellule pour sa prope progéniture. On capture en effet fréquemment des Nomades et des Mélectes offrant des paquets d’argiles attachés à leurs jambes postérieurs, et dans un genre d’Apiens parasite des nids, étranger à l'Angleterre, ies Crocisa, Jurine, on rencontre souvent des exemplaires avec ces paquets argileux ou terreux.
Quand on tombe sur un terrain où existent en abondance les terriers des Eucères, on voit par moments les mâles s’élancer en avant avec vélocité, puis tourner en cercle autour de Ja terre, repartant au loin par intervalles et maintes et maintes fois en rondes de gaité folätre. Pendant ce temps leurs industrieuses compagnes, dont toute l'existence est vouée au travail, reviennent aux logis chargées de provisions pour leur jeune progéniture. Quelquefois une Nomade parasite est entrée dans le nid. L'Eucère femelle reste à voler au dehors à courte distance, attendant patiemment que l'étrangère sorte du nid, et y pénétrant ensuite pour déposer son fardeau. Il faut remarquer ici quilyaune harmonie naturelle, comme ordonnée à l'avance, sans qu'aucune ressemblance fallacieuse puisse être invoquée. En effet l’'Eucère est un gros insecte couvert de pubescence sombre tandis que la svelte Nomade, à vives couleurs vespiformes et sans poils doit être promptement reconnue à l'éclat de sa parure. En observant au mois de juin une forte colonie d'Eucera longicornis, Fr. Smith vil qu'un grand nombre de Nomada sex-fasciata, Panzer, volaient avec les Eucères, entrant par moment dans leurs terriers et en sortant. Au mois d'avril de l’année suivante il déterra les cellules d'Eucères, à la profondeur de plus de deux décimètres, dans un sol d'argile dure, et en ouvrit un grand nombre. Il y avait beaucoup d’Eucères à l’état de nymphes, quelques-unes plus avancées à l'état parfait, les autres en larves immobiles. Dans une cellule étaient deux sujets, de N. sex-fasciata. Smith s'est efforcé en vain de découvrir des larves de Nomada. En diverses autres occasions des adultes de cette espèce de Nomade, ordinairement, deux par cellule, furent rencontrés dans les cellules d'Eucera, etune fois une paire de N. Marshamella, Schæffer, ou N. alternata, Kirby,
espèce allemande et anglaise. Quelques Nomades semblent spéciales à certaines espèces d'Andrènes et d’Halictes; ainsi N. varia, Panzer, parait borner ses attaques aux nids des Halictus rubicundus, Christ, et leucozontius, Schrank ; N. solidaginis, Kirby, à ceux d'H. fulvocinctus, Kirby, N. lateralis, Panzer est associé aux Andrena longipes, Smith et labialis, Kirby ; N. baccata, Smith à 4. argentata, Smith; N. germanica, Panzer à À. fulvescens, Smith; N. borealis, Nyl. à A. Clarkella, Kirby ou bicolor, L. St-F, non Fabr., enfin N. seæ-fasciata à Euceral longicornis. Ces spécialisations sont loin d'être générales et beaucoup de Nomades recherchent les nids d’Apiens variés, à la seule condition qu'ils puissent fournir une provision convenable de miel et de pollen pour leurs larves. Ainsi Nomada furva, Panzer, est parasite des nids d'Halictus morio, Fabr., æratus, Kirby, etc., et des Colletes fodiens, Fourcroy et Daviesanus Kirby, et une espèce de Nomade répandue dans toute l'Europe, N. ruficornis, Linn., ou flava, Panzer, fréquente les terriers des Andrena Trimmerana, Kirby, nitida, Foureroy, fulva, Schrank, varians, Rossi, Afzeliella, Kirby, atriceps, Kirby ou tibialis, Kirby, et les mêmes espèces sont aussi visitées dans leurs terriers par Nomada Lathburiana, Kirby, ruficornis, Linn., succincta Panzer et Marshamella, Schælfer ou alternata, Kirby.
On consultera, pour les Nomades d'Europe, un travail du D' Herrich- Schæffer, dans lequel il compte trente-deux espèces de ce continent dont treize nouvelles décrites pas lui (1).
Le nombre actuel des Nomades connues s'élève à près d’une centaine, dont plus de cinquante pour l'Europe. Il y a beaucoup d'espèces de l'Afrique septentrionale, particulièrement d'Algérie (H. Lucas); d'autres de Syrie, de Chine, des Indes, des îles Philippines, des États- Unis du sud et du nord, de la Nouvelle-Écosse, de la baie d'Hudson et de l'Amérique arctique. Les Nomades se rencontrent surtout au printemps contre les terrasses où nichent les Andrènes, et vivent sur les Euphorbes, les Menthes, la Verge d'or, les Symphytum, etc. D'après L. Dufour, les mâles se distinguent des femelles surtout par le dernier segment dorsal de l’abdomen, qui se prolonge en pointe mousse, tantôt entière, tantôt bifide, suivant les espèces.
Nous indiquerons seulement quelques éspèces communes de Nomada, existant aux environs de Paris: N. ferruginata, Kirby ou germanica, Panzer, espèces où domine la couleur ferrugineuse, la tête et le corselet noirs, à poils blancs, les antennes au moins en dessous et les mandibules ferrugineuses, le labre ayant dans son milieu une petite corne, l’écaille et les pattes ferrugineuses, sauf les hanches et les bases des cuisses noires, les segments de l'abdomen ferrugineux dessus et dessous,
(1) Herrich-Schæffer, Auseinandersetzung der europäischen Arten einiger Bienengattungen; Gattung Nomada; Zeitschrift für die Entomol, von E. Fr. Germar; 1, Leipzig, 1839, p. 267 et suiv,
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le premier noir à la base, tous les segments portant de chaque côté des poils couchés argentins ; commune sur les Labiées; des environs de Paris, d'Allemagne, de Suède, d'Angleterre ; N. succincta, Panzer, de 8 à 12 millimètres, dans les deux sexes, les antennes ferrugineuses, le premier article noir en dessus, jaune en dessous; sur le fond général noir se détachent en jaune, la bouche, le clypéus, trois macules le plus souvent cohérentes avec lui, le cou, les écailles, les tubercules huméraux, deux taches à l’écusson et au post-écusson (métathorax), six bandes à l’abdomen, la première le plus souvent interrompue, quelquefois continue, les pattes en partie; le mâle diffère en ce que la face a plus de jaune, les sept à huit premiers articles des antennes sont noirs en dessus, le sixième segment de l'abdomen jaune ; espèce commune aux environs de Paris, aimant les fleurs des ronces et des Eryngium, très-abondante dans toutes les parties de la Grande-Bretagne, de Suède, d'Allemagne, de Russie, d'Algérie (Lucas) ; N. ruficornis, Linn., ou flava, Fabr., de 8 à 18 millimètres à antennes entièrement ferrugineuses, ainsi que la bouche, le chaperon, les mandibules, le corselet à bandes et taches jaunes et ferrugineuses, l’écaille jaune, les pattes ferrugineuses, l'abdomen avec des taches et des bandes ferrugineuses ou jaunes, présentant les plus grandes variations de marqueterie, surtout chez les mâles; l'éclat de la coloration rousse varie considérablement, du profond rouge brique au rouge clair; les exemplaires à coloration obscure ont les ailes aussi de teinte plus sombre; les taches du métathorax de la femelle sont quelquefois oblitérées ou en, partie, celles de l’'écusson du mâle disparaissent fréquemment, et, dans une variété rare, les taches rousses sont remplacées par des jaunes; cette espèce, qui fréquente lesterriers d'un grand nombre d’Andrènes, est peut-être la plus universellement répandue du genre, commune aux alentours de Paris, de toutes les parties des îles Britanniques, de toute l'Europe, d'Algérie et aussi de l'Amérique du nord et du Canada; N. sex-fasciata, Panzer, Jurine, se trouvant en avril et mai sur les murs en terre, de 12 millimètres dans les deux sexes, à fond noir; sont teintés de jaune citron la bouche, le tour des yeux, les écailles, deux points de l’écusson, les jambes et les tarses, les segments 1 à 3 de l'abdomen par une macule de chaque côté, les segments 4 à 6 par une bande complète, les antennes ferrugineuses, le prothorax sans tache; le mâle a les pattes jaunes et une variété offre le segment basal de l'abdomen immaculé; environs de Paris et France méridionale, Algérie, espèce très-locale dans le sud de l'Angleterre, avec Eucera longicornis, non au nord, d'Allemagne, de Suède, de Russie ; etc.
Mécacatzines. — Les Apiens qui composent cette tribu sont formés de nidifiants et de quelques espèces parasites des nids. Les premières espèces constituent essentiellement les Dasygastre de Latreille ou les Gastérolégides de Lepeletier de Saint-Fargeau. Les femelles n'ont pas
d'organes pollinigères aux pattes postérieures, à l'exception des brosses poilues qui existent à la face intérieure ou inférieure des métatarses ; le pollen, enlevé aux étamines, et retenu par les poils serrés et élagés qui occupent la face inférieure du ventre, celle-ci constituant comme une palette large et urique. Cest à le caractère biologique fondamental. '
Les autres caractères des Mégachilides sont les suivants : tête à face non élevée antérieurement, les tempes larges, le vertex à bord postérieur le plus souvent aigu, les yeux atteignant le plus souvent la base des mandibules; labre grand, subcarré ou oblong, caché sous les mandibules, celles-ci fortes, ayant le sommet dilaté et tronqué obliquement, et le plus souvent, armé de plusieurs dents ; palpes maxillaires courts, de deux à quatre articles ; langue allongée et palpes labiaux ayant les deux premiers articles allongés ; pronotum à bord postérieur largement émarginé jusqu’au callus huméral; métathorax court, le plus souvent perpendiculaire ; ailes supérieures munies de deux cellules eubitales complètes, la seconde recevant les deux nervures récurrentes, le stigma, le plus souvent, petit et court; ailes inférieures à lobe basal court, n'atteignant pas ou à peine le milieu de la cellule humérale ; pattes postérieures peu longues et peu distantes, à cuisses et trochanters sans flocon pollinigère, à jambes sans patelle, les antérieures ayant, le plus souvent, un crochet au bout externe ; ongles des tarses sans pelote ou n'en ayant qu'une petite et souvént sans dent chez les femelles ; abdomen épais, le premier segment retroussé à la base, et muni souvent d’une impression linéaire médiane transverse, les derniers segments des mâles presque toujours crénelés, dentés, excisés de diverses manières.
La nidification des Mégachilides est assez variable selon les genres de cette famille. Les femelles des uns sont des maçonnes à divers degrés ; chez d’autres elles creusent des trous en terre ou dans ie bois, ou utilisent des tuyaux convenables, se contentant de les revêtir à l'intérieur des feuilles ou de pétales coupés, ou de duvets de divers végétaux. Les cellules du nid ont toujours plus ou moins la forme d'un dé à coudre, ou d’un petit cylindre creux fermé par une voûte surbaissée à l’un de ses bouts, la matière de ces cylindres variant. Dans le genre Chalicodoma les nids offrent ces cellules agglomérées en un demi-sphéroïde plus ou moins grossier, formé de mortier, c’est-à-dire de terre mêlée de petits cailloux et agglomérée par une salive visqueuse, formant une masse collée à un rocher, à une muraille ou à une tige d'arbre; le plus souvent les cellules des Mégachilides sont placées bout à bout, et constituent un cylindre plus ou moins courbe, composé de dés dont la voûte convexe de chacun ferme l'ouverture du précédent, chaque cellule recevant un œuf et la provision de miel et de pollen; les femelles du genre Osmia placent ces cellules façonnées en terre gâchée dans les cavités les plus diverses, creusées par elles ou appropriées, celles des