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CHALICODOMA. HER

Heriades, Spinola, le plus souvent dans les trous des troncs d'arbre où ont vécu les larves de Coléoptères xylophages, une simple cloison en mortier suffisant alors pour séparer une loge avec l’œuf et la pâtée ; le genre Chelostoma, Latr., loge ses œufs dans les tuyaux de chaume qui couvrent les habitations villageoïses, ou dans les tiges mortes et creuses de diverses plantes herbacées, avec un cloisonnement analogue; enfin d’autres Mégachilides ne se servent plus que de salive visqueuse pour agglutiner des séries de dés composés de feuilles ou de pétales coupés (genres Megachile, Anthocopa) où pour garnir des tuyaux creusés dans la terre ou le bois avec des duvets de plantes, ainsi le genre Anthidium.

Comme pour tous les Apiens nidifiants, la postérité des Mégachilides estassujettie aux attaques de nombreux ennemis ; des parasites déposent leurs œufs dans la cellule approvisionnée par la mère industrieuse, et il en sort une larve vivant de la même nourriture que l'enfant légitime ; tels sont principalement pour les Mégachilides les genres Cæœlioxys, Dioxys et Stelis, Panzer. Des carnassiers viennent pondre des œufs d'où naitront des larves voraces se repaissant des larves du nidifiant et du parasite; ainsi les Chrysis et les Hedychrum (Chrysidiens), pondant dans l’alvéole encore ouvert, les Leucospis et autres genres voisins (Chalcidiens) introduisant l’œuf au moyen de leur longue tarière, dans le nid déjà complet et fermé. Enfin on trouve dans les nids des Mégachilides, du moins dans ceux des espèces maçonnes, des larves du genre Trichodes (Coléoptères), provenant d'une ponte par la mère dans l’alvéole encore ouvert, et Réaumur a observé qu’une larve de ce genre peut détruire à elle seule plusieurs larves de l’Apien, ayant la faculté de percer les cloisons qui séparent les alvéoles.

GENRES PRINCIPAUX

CHALICODOMA, L. S'-F. — Ocelles en ligne courbe sur le vertex; antennes des deux sexes à peu près de même longueur ; mandibules quadricarénées, à peine quadridentées ; palpes maxillaires de deux articles; troisième article des palpes labiaux inséré sur le côté du second; radiale arrondie à l'extrémité qui porte un commencement d’appendice, les deux cubitales fermées subégales ; crochets des tarses simples dans les femelles, bifides dans les mâles ; abdomen assez convexe en dessus; anus des mâles denté.

Les Chalicodomes sont par excellence les Abeilles maçonnes, ainsi que les appelle Réaumur. Elles ne se contentent pas de maçonner l'intérieur de cavités faites ou choisies par elles, comme les Osmies, les Hériades, les Chélostomes , mais font le nid en entier au moyen de mortier agglutiné par une salive visqueuse, choisissant une exposition méridionale, et le fixant ou contre un mur, ou sur la tige d'un végétal. On observe dans presque tous les villages des environs de Paris les nids de

C, muraria, Fabr., appliqués contre la façade des maisons; quelquefois aussi ils adhèrent à des pierres ou à des rochers. Tous ont à peu près la forme d’un demi-sphéroïde, et tiennent fortement à la pierre sur laquelle ils sont construits; ils ne le sont jamais sur le plâtre ni sur le mortier. Pour les enlever il faut employer un ciseau bien acéré et donner un fort coup de marteau sur le bout du manche. Le mortier de la Chalicodome devient immédiatement très-dur par sa seule dessiccation, opposant souvent plus de résistance à l'outil que la pierre à laquelle il est collé. La surface extérieure du nid est un peu raboteuse. Il contient ordinairement à l'intérieur six à huit alvéoles, d’un mortier bien plus fin et à parois internes très-lisses, chacun d'environ 25 centimètres de longueur. La solidité de ces nids est telle qu'ils subsistent plusieurs années, et bien que, placés dans l’eau, ils finissent par s’y délayer, la pluie glisse dessus et les altère peu.

C'est environ en six semaines qu'est terminée la construction d’un pareil nid, qui est cependant un ouvrage pénible pour un petit insecte, si on y joint son approvisionnement en miel et en pollen dans chaque alvéole. Aussi les femelles qui éclosent les premières se hâtent, après leur fécondation, de nettoyer et de réparer ceux des anciens nids devenus vides par la sortie des insectes à l’état parfait, qui ont conservé leur solidité et leur adhérence à la pierre, et elles s’en disputent quelquefois la possession.

Les moins favorisées sont obligées de commencer de nouveaux nids et de les terminer en entier.

Quand la larve provenant de l’œuf pondu dans chaque alvéole muni d'aliments, a atteint tout son développement, elle se file une coque soyeuse qui ne tient par aucun endroit aux parois de l’alvéole et ne le remplit pas complétement. Elle y devient nymphe au commencement de l’automne, et insecte adulte environ six semaines après ; mais celui-ci passe l'hiver engourdi, et ne sort du nid pierreux qu’au début du printemps. Pour percer la dure enveloppe qui l’emprisonne il dégorge une salive aqueuse, et, à mesure qu'il a ainsi détrempé une partie du mortier, il la détache avec ses mandibules, et arrive ainsi à l'air libre pour remplir Les fonctions qui lui sont assignées.

Une espèce du midi de la France, d'Italie et de Sicile, C. Sicula, Rossi, construit un nid qui ne diffère du précédent que parce qu'il est sphéroïde et adapté autour d’une branche,

Le genre Chalicodoma, manquant an nord de l'Europe, et qui ne comprend que quatre à cinq espèces, a pour type une espèce qui est trèscommune en France, des environs de Paris jusqu’au midi, et se trouve aussi en Espagne, en Portugal, en Italie, en Albanie et en Algérie (H. Lucas), C. muraria, Fabr., qui butine en mai et juin sur les lotus, les menthes, etc.

La femelle se prend fréquemment au début de l'été dans les rues des villages voisins de Paris, ramassant la terre fine qui lui sert à nidifier

(Réaumur, Mém. 3, t. VI, pl. vu, fig. 13, 15, 16). Longue de 16 à 18 millimètres, elle ressemble à une petite Xylocope, noire, à poils noirs, sauf ceux de la palette ventrale qui sont ferrugineux, ainsi que ceux des jambes et des tarses ; les ailes sont en entier brunes et à reflets violets, un peu moins obscures vers le bout. Le mâle, long de 12 à 14 millimètres, et beaucoup moins large, diffère notablement d'aspect, en ce que ses poils sont ferrugineux sur la tête, le corselet et le dessus des trois premiers segments de l'abdomen, et entièrement noirs à toute la face ventrale du corps et sur le dos des trois derniers segments de l’abdomen et de l'anus. Les ailes sont transparentes de la base aux deux tiers, le bout légèrement enfumé et à reflets violets. Ce mâle, qu'on capture beaucoup plus rarement que la femelle, a le sixième segment entier sur les côtés.

Les parasites de C. muraria dans diverses régions sont Stelis nasuta, L. St.-F., et, plus rarement, Dioxys cincta, Jurine et pyrenaica. L. St.-F., qui n'est probablement qu'une variété de l'espèce précédente.

À Hyères, à Montpellier se prend le C. nobilis, Dours (Revue et magas. de.Zool., 1873, p. 25), espèce découverte par M. Lichtenstein et dont le mâle offre le dernier segment abdominal sinué sur les côtés, et l'anus armé de six dents de chaque côté. L'extrême midi de la France présente aussi C. Sicula, Rossi, également d'Italie, de Sicile, des îles Canaries (Brullé), d'Algérie (H. Lucas). Citons encore C. canescens, Brullé, des îles Canaries, C. rufitarsis, L. St.-F., d'Algérie, et C. semi-vestita, Fr. Smith, des Indes. On consultera pour les mœursde la Chalicodome des murailles: Goureau. Notes pour servir à l'hist. des Abeilles maçonnes et à celle de leurs parasites ; Ann. Soc. entomol. Fr., première série, IX, 1840, p. 117. Il est question dans ce travail des nids et du développement de la Chalicodome et de l'Osmie bicolore, avec une erreur de détermination qui a amené l’auteur à croire à deux espèces de Chalicodomes près de Paris.

OSMEA, Latr. — Tête à tempes le plus souvent gonflées; antennes à second article plus court que le troisième, celles des mâles notablement plus longues que celles des femelles; ocelles presqu'en ligne droite sur le vertex; yeux glabres; mandibules à bout aigu, à 3 dents chez les femelles, 2 et plus rarement 3 chez les mâles; palpes maxillaires de 4 articles, le dernier parfois très-petit; palpes labiaux de 4 articles insérés bout à bout, le premier d’ordinaire beaucoup plus court que le second; écusson très-rarement muni d’une dent latérale et dépassant très-rarement le postécusson; ailes supérieures à stigma petit, ayan! une radiale arrondie à son extrémité, sans vestige d’appendice ; jambes antérieures ayant le plus souvent le bout armé extérieurement d’un crochet, les ongles des tarses avec une pelote distincte, bifides chez les mâles, sans dent chez les femelles ; abdomen ayant le premier segment dorsal en partie retroussé à la base et terminé, le plus souvent, en arrière par une impression linéaire, les segments ventraux de la femelle ayant une brosse épaisse, ceux du mâle le plus souvent dissemblables de forme,

Les Osmies femelles ont ordinairement la tête très-large et subcarrée et les ocelles placés en avant sur le vertex en courbe légère; les mâles ressemblent d'habitude aux femelles mais sont plus grèles, avec les antennes plus longues et l'abdomen parfois armé de dentelures à son extrémité. Lepeletier St.-Fargeau et Dours ont établi des divisions artificielles commodes pour classer en collection les nombreuses espèces européennes du genre Osmia, suivant que les femelles ont le chaperon cornu où mutique, et, dans ce dernier groupe plusnombreux, en espèces ayant la brosse ventrale ferrugineuse ou d'un rouge fauve, ou bien blanchâtre ou enfin noire, M. C. G. Thomson a proposé l'établissement de sous-genres fondés sur des caractères plus nombreux et tirés des deux sexes.

On compte plus de cinquante espèces d'Osmies dont 45 d'Europe et d'Algérie, d’après le catalogne général du British Museum, 1854; les autres espèces sont d'Égygte, de Port-Natal, de la baie d'Hudson, des États-Unis du nord et de la Floride.

Les Osmies proprement dites sont maçonnes, et ont parfois sur le chaperon deux ou trois cornes, qui paraissent leur être de quelque usage dans la construction de leur nid. Moins complétement maçonnes que les Chalicodomes, elles cachent ces nids dans la terre, les creux d'arbres, les branches sèches perforées par elles, les fentes des murs, et, par le lait d'adaptation fréquent chez les Apiens, les trous des portes ou autres boiseries des maisons, les pailles des toitures de chaume, les roseaux creux, etc. Ces nids sont toujours bâtis avec des parcelles de mortier que l’'Osmie femelle va chercher quelquefois très-loin du lieu où elle les construit, et qu’elle humecte avec une liqueur gommeuse qu'elle rend par la bouche. Au fond d'une cellule la femelle place une quantité de pâlée suffisante pour la nourriture d’une larve, dépose son œuf dessus et bouche la cellule avec le même mortier qui a servi à la construire. La pâtée se compose d’un mélange de pollen et de miel.

Un fait fort intéressant pour l’histoire générale des mœurs des Osmies, et observé dans des localités très-différentes, c'est qu'elles choisissent parfois pour nidifier des coquilles vides d’Helir, dont elles maçonnent l'intérieur. Ce fait, rapporté pour la première fois par Latreille, et probablement pour 0. bicolor, Schrank, a été confirmé par les observations de Robineau-Desvoidy. Il a trouvé près de Paris des nids d'Osmies dans les Helir aspersa (le Colimaçon des jardins) et nemoralis (la Livrée rubanée). Une première espèce (mal déterminée) ferme la bouche de la coquille par une sorte d’opercule, constitué par une lame de carton composé de débris de végétaux réunis par un suc gommeux, provenant de la salive de l’insecte ; sous ce couvercle est une cavité remplie d’un miel jaunâtre, au milieu duquel est la larve apode de l'Osmie. Il y a souvent, soit sur les côtés de cette première loge, soit immédiatement au-dessous, d’autres cloisons papyracées, et quelquefois successivement

jusqu’au fond de la spire, dans la coquille d'H. aspersa, dix ou douze autres loges bien circonscrites, pareilles et sans vides; dans les coquilles d'H. nemoralis, qui sont plus petites, il n’y a que quatre ou cinq cellules. L'autre espèce, qui est l'O. bicolor, construit spécialement son travail de gésine dans la coquille d'H. nemoralis, mais avec d'autres matériaux. On y trouve constamment de petits graviers, ou des fragments, soit calcaires, soit siliceux, au nombre de quatre ou cinq couches successives, séparées entre elles par autant de cloisons ou de lames de carton, et c’est au fond seulement qu’on découvre une ou deux cellules au plus, contenant chacune également du miel jaunàtre et une larve.

Robineau-Desvoidy, qui avait recueilli une centaine de ces nids hélicicoles, reconnut que les larves, avant de se changer en nymphes, filaient un cocon d’une soie plus ou moins blanche ou jaunàtre. Plusieurs coques étaient occupées par plus de deux cents petites larves parasites, qui devinrent nymphes sans filer de cocons et donnèrent naissance à des Æ£ulophus (Hymén., Chalcidiens). Une autre espèce, O. aurulenta, Panzer, a été trouvée en Normandie, par Aubé, façonnant trois ou quatre loges avec de la terre dans la spire de l'A. nemoralis, et M. Spinola a signalé le même mode de nidification pour une espèce de Sardaigne, d'Algérie et d'Égypte, l'O. ferruginea, Latr.

En Angleterre Fr. Smith a observé que les O, bicornis, Latr. et aurulenta, Panz., choisissent parfois pour nidifier les coquilles des Helix hortensis et nemoralis. Les coquilles vides de ces colimacons sont trèsabondantes et posées, à demi cachées, sous les gazons, les mousses, les plantes basses. Le nombre des cellules varie ordinairement de quatre à six, selon la longueur de spire de la coquille choisie, à partir du fond. À chaque œuf sa provision de pollen et de miel pour la larve, et une cloison formée de matière végétale arrachée. La coquille remplie est fermée à la bouche par un couvercle où entrent, avec de petites boulettes d'argile, du menu bois et des pierrailles, ces matières étant fermement cimentées par la salive glutineuse de l'insecte. Smith remarqua qu'une Osmie femelle avait choisi pour nidifier une coquille adulte d’Helix aspersa, espèce dont la spire est beaucoup pluslarge que celle des Æ, nemoralis et hortensis. Cette ampleur dépassant le diamètre d’une seule cellule, le petit architecte, modifiant ses habitudes, sut placer transversalement deux cellules accolées.

En Algérie, mêmes habitudes des Osmies; Lepeletier Saint-Fargeau rapporte qu'il reçut d'Oran des coquilles des A. vermiculata et pisana renfermant les nids de deux espèces d'Osmies, et chacune avec une dizaine de cellules construites à l’intérieur de la spirale avec de la bouse de vache mêlée de terre ; la couverture fermant la coquille était un peu bombée et renforcée de plusieurs petites pierres plates. La matière était beaucoup plus dure que ne le serait un mélange fait par nous de bouse et de terre gâchées ensemble, ce qui prouve que l'Osmie y ajoute une sécrétion propre à donner de la solidité à son ouvrage. M. H. Lucas

a trouvé en avril près d'Oran l'O. ferruginea, Latr., établissant ses cellules dans les coquilles des Helix cespitum el coriosula et du Bulimus decollatus et VO. œnea, Linn., ou cærulescens, Linn., espèce rare en Algérie, du cercle de La Calle et des environs d'Alger, se servant des coquilles vides du Bulimus decollatus et des Helix cespitum, coriosula et hieroglyphicula, en revêtant souvent d’une belle couleur verte la partie externe de ces diverses coquilles, sans doute pour tromper ses nombreux ennemis et protéger, par ce moyen, sa progéniture.

Le D° Giraud rapporte (1), à propos de l’industrie d’'Osmia bicolor, que dans une excursion faite, à la fin de mai, à Baden, près Vienne (Autriche) il vit cet insecte transportant des fragments secs des tiges d'herbes et de feuilles aciculaires de Coniferes, pour les déposer en tas pyramidal, au pied d’un chêne. La petite pyramide, haute d'environ quatre centimètres, que construisait cette femelle servait à protéger une coquille d'Helix Austriaca, dans laquelle elle avait placé son nid. La coquille était fermée, à une certaine distance du bord, par un couvercle de matière verte, encore fraiche, paraissant provenir de feuilles mâchées et pétries; son orifice était tourné du côté de la terre, précaution qui paraissait avoir pour but de protéger le nid contre la pénétration de l’eau. La coquille qui fut cassée en juin de l’année suivante, contenait une femelle d'O. bicolor, morte mais bien développée. On voit, dans cet exemple, que la mère n'a pas cru sa tâche terminée, quand elle a approvisionné et soigneusement fermé l’alvéole destiné à sa progéniture, et qu'elle a pris des précautions supplémentaires, en raison du danger auquel est exposée cette demeure d'emprunt, à la surface de la terre.

Les Osmies nichant dans les coquilles aux environs de Vienne ont offert comme parasite au D' Giraud Stelis phæoptera, Kirby, espèce assez vagabonde et fréquentant les nids de beaucoup d’Osmies, et, comme carnassier, une jolie espèce Chrysidien, Chrysis crulipes, Fabr.

Les Osmies s'épargnent fréquemment le travail de percement de la terre dure ou du bois, en cherchant soit des trous tout faits, soit une tige de plante creuse, de diametre et de profondeur convenables pour recevoir l’alvéole de mortier approprié à la taille de la nymphe. Si la profondeur permet d'en faire plusieurs à la suite les uns des autres, elles les construisent, sinon, après avoir employé le premier, elles vont chercher un autre trou également convenable; quelquefois elles ne faconnent qu'un seul alvéole dans un même trou. Fr. Smith, à propos des Osmies qui nidifient dans le vieux bois, comme ©. fulviventris, Panzer, et quelquefois O. rufa, Linn., ou bicornis, Latr., etc., dit que quand une femelle est descendue sur un poteau ou tout autre bois pro-

(4) Descriptions de plusieurs Apides nouvelles et observations sur quelques espèces connues; Verhandlurgen der Zool.-botan. Gesellschaft, èn Wien, 1861, t, XI, p. 447 à 470.

pice à son but, elle commence à former son tuyau, non pas en creusant en contre-bas, car elle pourrait-être incommodée par la poussière et les décombres qu’elle remuerait, mais travaille à partir du haut, pour éviter cet inconvénient. La première cellule est construite au fond du tube, puis une seconde, une troisième, etc., jusqu'au nombre voulu, et les larves ont la tête tournée versle haut. Les Osmies qui éclosent les premières sont celles des cellules de dessus, et ce sont des males ; les femelles sont plus tardives de dix à douze jours. Je crois qu'il doit se passer des phénomènes intimes, analogues à ceux de la reine Abeille, pour la formation d'œufs de mâles ou de femelles à pondre dans une cellule plutôt que dans une autre.

Les Osmies ont des Apiens parasites des nids, pondant des œufs d'où naitront des larves profitant de la pâtée de miel et de pollen préparée pour une autre progéniture. [ls appartiennent principalement au genre Stelis, Panzer. Ainsi Fr. Smith a observé le S. phæoptera, Kirby, entrant dans les terriers de l'O. cærulescens, et dans les galeries que creuse dans le bois pourri l'O. fulviventris. Les Stelis octomaculata, Smith et minuta, L. Duf. sont parasites des nids de l'O. leucomelana , Kirby. En outre des Hyménoptères pondent dans les nids des œufs d'où éclosent des!larves carnassières, dévorant celles des Osmies. Fr. Smith a vu sortir des cocons à nymphes de l'O. parietina, Curtis, petite espèce anglaise très-locale, nord de l'Angleterre et du sud de l'Écosse, une espèce de Chrysis nouvelle, voisine de C. Austriaca, Fabr. Un Chalcidien pentamère, le Monodontomerus dentipes, Boheman, dévore jes larves d'O. bicornis, etsort en grand nombre des cocons de cet Apien.

Nous citerons seulement quelques espèces très-communes du genre Osmia. Parmi celles à face cornue on rencontre de la Laponie à l'Italie et dans les îles Britanniques, l'O. rufa, Linu., syn; bicornis, Linn., Latr., etc., la plus abondante du genre, très commune dans tous les jardins des quartiers excentriques de Paris au début du printemps, butinant sur les fleurs précoces, surtout celles des arbres fruitiers. La femelle, de 10 à 12 millimètres, a une teinte noire, à reflet bronzé, avec l'a! domen couvert d’abondants poils d’un rouge fauve; la tête et le thorax sont noirâtres, le clypéus déprimé, ayant de chaque côté une longue corne dressée, parfois birameuse, les mandibules tridentées ; le mâle à le corps plus étroit, la face à poils blancs, le thorax cendré, le clypéus mutique, les mandibules à deux dents, l'abdomen ovale, à segments ventraux 2 et 4 prolongés semi-circulairement au bout, le segment 8 bifide, seulement apparent sur les côtés, l'anus entier et pointu, le métatarse postérieur mutique. Le beau brillant de cette espèce s'efface bientôt avec l'âge, et on trouve des sujets de toute teinte depuis ceux à abdomen rouge jusqu'aux exemplaires entièrement blanchis par l’insolation. Ses mœurs varient suivant les circonstances ; dans les contrées montueuses où sur les côtes de la mer, elle choisit les bords insolés des falaises ou le sable pour construire ses terriers ; dans les lieux cultivés, particulièrement

ceux où le sol est argileux, elle prend les arbres pourris, préférant les souches des vieux saules ; les larves, après avoir consommé la provision de miel et de pollen déposée par la mère, filent un cocon résistant d’un brun obscur, dans lequel elles demeurent à l’état de larves jusqu'en automne, époque à laquelle la majorité deviennent nymphes et bientôt arrivent à la forme parfaite sous laquelle elles hivernent ; il en est toutefois beaucoup qui passent l'hiver en larves. L'espèce confectionne aussi fréquemment ses terriers dans le mortier des vieux murs.

Parmi les espèces dont les femelles sont dépourvues de cornes au chaperon il faut citer O. bicolor, Schrank, Kirby, longue de 10 millimètres, noire, la tête et le thorax à poils noirs chez la femelle, l'abdomen et les quatre tarses postérieurs d’un fauve ferrugineux, le mâle avec l'abdomen subovale, le quatrième segment ventral tronqué au bout, lesixième segment abdominal entier, l'anus bi-épineux. Cette espèce ressemble à la précédente par la disposition des couleurs de sa pubescence, mais diffère par le corps non bronzé, le clypéus mutique de la femelle, l'abdomen moins poilu du mâle, ses antennes plus courtes, et la tête et le thorax à pubescence d'un roux cendré. On rencontre cette Osmie aux environs de Paris et dans toute la France, aimant à butiner sur les Labiées ; elle ne parait pas exister dans le nord de l’Angleterre , mais est commune près de Londres et de Bristol, et en divers points du comté de Kent; les mâles vagabonds sont fréquemment entièrement blanchis ; enfin l'espèce se trouve en Suède, en Allemagne, en Autriche et en Italie. De même qu'O. aureulenta, Panzér, qui lui ressemble, l'Osmie bicolore nidifie fréquemment dans les bancs de terre, formant en certains endroits, par son abondance, de véritables colonies; parfois au lieu de creuser, avec un grand labeur, des tunnels dans la terre durcie, cet Apien, manifestant une sorte d'intelligence, choisit des tubes tout formés, comme les pailles des toitures de chaume et beaucoup de roseaux creux, ou des coquilles vides d'Hélices à demi enfouies entre les plantes basses.

Dans les espèces à brosse ventrale des femelles blanchâtres se trouve O. leucomelana, Kirby, construisant ses cellules de ponte dans les tiges creusées de divers végétaux, comme le roseau, l'églantier, la ronce. C'est une petite espèce, de 6 à 7 millimètres, très-noire, mêlée de poils blanchâtres, les bords des segments de l'abdomen blancs de chaque côté, le ventre recouvert d’une laine d’un blanc cendré, les épines des jambes noirâtres ou brunes; le mâle a le corps brun, le scape des antennes épais, le dernier article aminci et courbé, et ceux qui le précèdent un peu sinueux en dessous. Souvent, pendant la vie, il enroule le bout de ses antennes, de façon à former un anneau complet, et même le commencement d’un second. Son sixième segment abdominal est sinué et denté sur les côtés, avec une fossette concave en dessus, et l’anus est entier. Le second segment ventral est armé d’un appendice lamelliforme. Cette espèce se trouve en Finlande, en Suède, en Danemark, et dans

toute la France da nord, de l’est et sud-est. Elle est très-rare et trèslocale en Angleterre, dans le Hampshire, près de Bristol et dans le comté de Kent. Fr. Smith l’a observée au mois de juin, entrant dans des branches mortes de Ronce; ayant ramassé en automne quelques-unes de ces tiges, il éleva en nombre les deux sexes.

Parmi les espèces dont la brosse ventrale de la femelle est noire, se rencontre l'O. cyanea, Fabr., ou cyanescens de plusieurs auteurs, peut-être œænea, Linn. Cette espèce, longue de 6 à 9 millim., offre le corps de la femelle en entier d’un bleu foncé à reflet violet, mêlé de poils blanchâtres, l'abdomen ayant en dessus des poils blancs au moins sur les côtés du bord inférieur des segments, et sous le ventre un épais duvet noir; le mâle est d’un bronzé foncé, à pattes noires, la pubescence de la tête et du corselet d'un roux souvent grisâtre, le sixième segment abdominal faiblement sinué, l'anus armé de deux petites épines. Cette espèce, qu’on trouve aux environs de Paris, aime à butiner sur les Chardons et les Ronces. La femelle varie beaucoup pour la taille et pour la couleur, étant parfois d'un bleu foncé et d’autres fois à peu près noire. C'est l'Abeille maçonne de de Geer {t. Il, p. 751, pl. xxx, fig. 23 ©, et pl. xxxur, fig. 1 Oo’). La femelle construit son nid avec de la terre sableuse, et le place habituellement dans l’anfractuosité d'une pierre, sur un mur, un talus, un rocher. Le D' Giraud l’a observée dans les nids de Chalicodoma muraria, dont quelques cellules étaient encore occupées par cette espèce, tandis que l’Osmie bleue s'était établie dans celles abandonnées par le premier constructeur. De là vient sans doute l'erreur de M. Goureau, qui a cru à deux Chalicodomes différentes aux environs de Paris. Cette Osmie choisit aussi quelquefois, pour nidifier, l’intérieur des tiges sèches de la Ronce. L'espèce est de France, de toutes les parties des iles Britanniques, de Danemark, de Suède, d'Allemagne, d'Italie, de Portugal, des îles Canaries (Brullé), d'Algérie (H. Lucas).

On consultera pour le genre Osmia : Gerstäcker (op. cit., Stettin entomolog. Zeitung, avec de nombreuses citations) ; les mémoires déjà cités de MM. L. Dufour et Perris (1840) et D' Giraud (1866), sur les insectes des tiges sèches de la Ronce; enfin D' Giraud, Mémoire sur les Insectes qui vivent sur le Roseau commun (Verhandlungen der Zool. botan. Gesellschaft in Wien, t. XIII, 1863); en outre, F. Morawitz, Apiens d'Allemagne (même recueil, 1872, t. XXII, p.355), pour quatre Osmies nouvelles.

Nous citerons encore, pour ceux qui désirent étudier complétement les Osmies : Descriptions of the British mason-Bees (Osmia, Panzer)... , with details of their economy (Newman Zoologist, 1844, t. IF, p. 787 à 748). — On the British Species of Hylæus, and economy of Osmia and Epeolus (Soc. of London Trans., 1845-47, €. IV, p. 29 à 35). — Note of te development of Osmia parietina and other British Insects (Entom. Soc. of London Trans., 1852-53, t. 81 à 85).

L'Osmie pariétine ou O. angustula, Zett., de Laponie, de Suède, du nord de l'Angleterre, dépose les balles de pollen où elle pond sur le

Co

bord d'une pierre. M. Fr. Smith a observé un nid de cette espèce trouvé dans les monts Grampians, près de Perth, et a constaté que le développement complet des sujets d'une seule ponte a duré trois ans,

ANTHOC@ePA, Aud.-Serv. et L. S'-F. — Mandibules tridentée. Palpes maxillaires de 4 articles; troisième article des palpes labiaux inséré sur le côté du second. Cellule radiale presque aiguë à son bout, sans appendice. Crochets des tarses simples dans les femelles, bifides dans les mâles. Abdomen convexe en dessus.

Ce genre ne comprend qu'une espèce qu'on treuve en Allemagne et en France depuis les environs de Paris jusqu'au midi du pays. Il semble former un anneau de réunion entre les Mégachiles et les Osmies. L'espèce type de l’Europe centrale est l’A. Papaveris, Latr., l’Abeille tapissiere Jde Réaumur, l’Andrène tapissière d'Olivier. Elle manque aux îles Britanniques, au Danemark et à la Suède, et remonte jusqu’en Belgique (Wesmaël). Cet Apien estencore plus recherché que les Mégachiles dans le choix de la tenture de ses nids, puisqu'il y emploie des morceaux de pétales de fleurs. Il creuse des terriers à peu près verticaux dans les chemins battus qui séparent les champs, chacun ne contenant qu’un alvéole avec l’œuf, le pollen et le miel. Une riche tenture de pourpreles revêt à l'intérieur, formée de morceaux flexibles des pétales du Coquelicot des champs de blé (Papaver Rhœas, Linn.). Les pièces du haut sont d’abord rejetées en partie sur les bords extérieurs du trou, comme une collerette éclatante qui trahit le berceau de l'Anthocope, puis rabattues en dedans et constituant au-dessus de l’alvéole une voûte qui est elle-même recouverte de terre. On peut dire que les enfants de l'Anthocope du Pavot méritent ce nom pompeux de porphyrogénètes que les Grecs du Bas-Empire donnaient aux fils de leurs empereurs, quand ils naissaient dans la pourpre, alors que leurs pères occupaient le trône de Constantinople, ce dernier reste de l'empire d'Orient. Il est peu de naturalistes s’occupant d'Hyménoptères qui n'aient remarqué, dans leurs excursions entomologiques, ce ruban circulaire d’un rouge vif éclatant, dans les chemins et les sentiers bien battus qui séparent et limitent les champs et les prairies.

L’A. Papaveris a, dans les deux sexes, de 8 à 10 millim. La femelle'est noire, avec des poils blanchâtres sur la tête et le corselet, les ailes un peuenfumées, les poils des pattes cendrés. L’abdomen présente en dessus le premier segment avec un faisceau de poils cendrés ou blanchâtres de chaque côté, les cinq autres et l'anus bordés inférieurement de poils blancs. Le mâle a les poils de la tête et du thorax un peu roussâtres, le sixième segment abdominal émarginé, denté sur les côtés, et l’anus bicuspide.

MEGACHILE, Latr, — Tête ordinairement aussi large que le thorax; yeux glabres ; ocelles en triangle sur le vertex. Mandibules robustes, ayant 4 dents

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