MEGACHILE
internes chez les femelles, parfois 3 chez les mäles, leur base prolongée duns ce sexe en dent à l'angle inférieur, les joues avec une fossette densément lanugineuse, avec une lame floconneuse supérieure, et recevant le prolongement de la mandibule. Palpes maxillaires de 2 articles, le basilaire très-court et subglobuleux, le second grêle et cylindrique; lèvre cylindrique, longitudinalement cannelée et pubescente, les palpes labiaux à peu près de sa longueur, de 4 articles, les deux premiers allongés, 3 et A petits et en massue, placés sur le côté et vers le sommet du second article. Écusson également arrondi au bord postérieur, ne dépassant pas un mélathorax perpendiculaire et mutique. Ailes à limbe ponctué-poilu, les supérieures à stigma linéaire, à cellule radiale subarrondie au bout, sans trace d’appendice, les inférieures à nervure transverse ordinaire presque perpendiculaire, armées d'environ 16 hameçons. Ongles des tarses sans pelole, sans dent subapicale chez les femelles, mais avec un prolongement basal spiniforme, bifides chez les mäles ; les hanches antérieures de ceux-ci très-souvent armées d’un éperon droit ; les tarses antérieurs parfois dilatés. Abdomen peu convexe en dessus, subexcavé à la base, avec brosse pollinigère en dessous chez les femelles. Abdomen es mâles n'ayant que 4 segments ventraux égaux apparents, le sixième dorsal muni audessous du milieu d’une crête transverse arquée, crénelée ou denticulée, le plus souvent incisée au milieu, le bord apical infléchi et armé, le plus souvent, de 4 dents distantes ; le septième segment d'ordinaire apparent et élevé trian-
gulairement.
Les Mégachiles comptent plus de cent cinquante espèces dans le Catalogue du Bristish Museum; c’est un genre répandu sur toute la terre, de la Laponie au cap de Bonne-Espérance, en Chine, au Japon, aux Indes, dans l'archipel de la Sonde et des Moluques, la Tasmanie, l'Australie (16 espèces), l’île de France, et dans le nouveau monde, de la baie d'Hudson et du Canada aux diverses provinces qui composent le vaste empire du Brésil.
Les mâles du genre Mégachile présentent des différences spécifiques fort nettes, mais il n’en est pas de même des femelles, qui sont difficiles à distinguer, et il est nécessaire de faire choix de sujets de belle conservation, les couleurs de la pubescence s’effaçant de bonne heure par l'exposition à la lumière.
Ces Hyménoptères sont ceux que Réaumur nomme Abeilles coupeuses de feuilles, en raison de l'habitude de toutes leurs espèces de couper les feuilles fraiches de certains arbres ou arbrisseaux pour former un enduit intérieur, doux et lisse, aux tubes qu'elles creusent ou qu’elles approprieut pour le dépôt de leurs œufs et de la pâtée des larves. Le plus souvent les Mégachiles creusent dans la terre, le sable ou le mortier des murs, de longs terriers obliques et cylindriques, s’éloignant peu de la superficie du sol, de 50 à 50 centim. environ; parfois elles creusent leurs galeries dans les vieux arbres ou les poteaux pourris, c’est-à-dire dans le bois friable. Chaque espèce parait avoir un végétal préféré, sinon
exclusif, pour le revêtement interne du tuyau : ainsi le Rosier et l'Églantier pour le type de nos pays, M. centuncularis, Linn., le Poirier, le Charme, la Bourdaine, le Saule, etc., pour d’autres espèces. Les personnes qui passent la belle saison à la campagne ont souvent remarqué dans les jardins, dans les haies, à la lisière des bois, des feuilles offrant des entailles circulaires ou elliptiques, comme à l’emporte-pièce, tellement régulières, qu'une couturière habile et munie de fins ciseaux aurait peine à les imiter. C’est l'œuvre des mandibules d'une ou plusieurs Mégachiles, qui sont venues demander à l’arbuste la tenture de leurs nids. La femelle n'emploie jamais la feuille entière ; on peut dire qu'elle garde en elle une idée géométrique d’aire et de courbure, car le morceau qu’elle coupe varie d’étendue et de forme, suivant le vide qu'il faut remplir. Elle abandonne quelquefois une entaille commencée pour en faire une autre de forme et d’étendue différentes, paraissant s’apercevoir d’une première méprise. La pièce, reconnue bien convenable, est saisie, un peu courbée en deux par les six pattes de l’Apien, et transportée au vol vers le nid. La femelle entre en terre ou dans le creux d'arbre avec son fardeau. Si l’on veut étudier la construction du nid, il faut écarter la terre avec précaution, surtout quand le nid est récentet que les feuilles intérieures ont encore leur mollesse. On voit qu'elles sont courbées cylindriquement contre les parois, et se maintiennent en cette forme non-seulement par leur élasticité naturelle, mais parce que l’intérieur de chaque morceau de feuille roulé est occupé par une masse de pâte de pollen mêlé de miel, dans laquelle est déposé un œuf. La terre ou le bois friable étant dégagé, on voit à nu un tube formé d’une série de dés de feuilles emboîtés, de sorte que la voûte du premier de ces dés est appliquée contre le fond du tube de terre ou de bois, que celle du second bouche l'entrée du premier, celle du troisième l'entrée du deuxième, etc. Le fond de chaque cellule est un godet formé de trois morceaux de feuilles coupés en ovale. Enfin l'entrée du dernier alvéole est fermée par quelques morceaux de feuilles arrondis recouverts de terre ou de débris ligneux. D'après Fr. Smith, les Megachile Willughbyella, Kirby, et ligniseca, Kirby, recherchent les arbres détériorés, les poteaux et les barreaux de bois, dans lesquels ces insectes façonnent leurs tunnels, sans paraître choisir jamais d'autre matière. I a vu M. maritima, Kirby, construisant son nid dans le bois pourri; mais à Sandown-bay, à l'île de Wight, où cette espèce est abondante, elle creuse ses terriers dans les falaises. M. centuncularis, Linn., choisit parfois un vieux poteau ou un tronc avarié, ou bien le mortier ramolli d’un vieux mur, ou enfin fait des trous en terre. Smith a élevé cet insecte de cellules obtenues dans chacune de ces situations. Une espèce qui constitue parfois de grandes colonies, M. circumcincta, Kirby, établit toujours ses terriers sur des talüs ou des levées de terre, et Smith a trouvé la rare espèce M. argentata, Fabr., construisant ses nids dans des bancs de sable de la côte anglaise méridionale.