‹ Les insectesChapitre 85 sur 119 · ANTHIDIUM · texte numérisé non relu

ANTHIDIUM

lactea, hieroglyphicula et alabastrites, coquilles qui se rencontrent surtout sous les pierres des ravins. Ces nids de VA. sticticum, Fabr., examinés en hiver, présentent la bouche de la coquille fermée par une sorte de mur de maçonnerie bien lisse à l'extérieur, formée de terre jaunâtre gâchée et parfois de fiente de chameau, mêlée à des débris de coquille, de forme quadrangle et occupant le centre de la bouche. A l’intérieur sont des cocons oblongs et courbes, en raison de leur attache contre la columelle, de 9 millim. de long, formés de couches superposées d’une soie très-fine et roussâtre ; il y en à un, deux ou trois par coquille, posés contre le côté interne de la spire. Le vide est comblé par de petits cailloux joints à quelques parcelles de terre, et sans doute les intervalles avaient été remplis par la mère prévoyante de la nourriture destinée aux larves. Les cailloux intérieurs, non tassés et rugueux, sont bien différents de la face externe de la bouche, lissée avec soin par l'insecte, sans doute pour détourner l'attention des ennemis. Ces cailloux de l'intérieur servent à empêcher le mur d'occlusion buccale d’être enfoncé par quelque choc du dehors, et à mettre à l'abri les petites larves, si cet opercule venait à être perforé par les insectes. Malgré les précautions prises contre eux, des ennemis parviennent à percer le mur de clôture et même les cocons, ainsi des Fourmis et un Tyroglyphus (Acariens); en outre un petit Chalcidien attaque la larve. Celle-ci, parvenue à tout son développement, est longue de 14 millim. et large de 7, inerte, courbée, entièrement d'un jaune clair, sauf les yeux, qui sont bruns, ainsi que l'extrémité des mandibules.

Le type du genre est l'A. manicatum, Linn. (pl. Lxx1, fig. 8 a, antenne du mâle; 8 b, labre; 8 c, mandibule du mâle; 8 d, mâchoire et son palpe; 8e, lèvre inférieure). C’est l’Abeille à cinq crochets de Geoffroy. Cette espèce est de la Suède méridionale, de Danemark, la seule du genre en Angleterre, très-abondante dans le district de Londres, mais devenant rare au nord, de toute la France, commune près de Paris, très-abondante dans le Midi sur les Labiées, jusqu'en septembre, d'Allemagne, de Suisse, d'Italie. La femelle, de 5 à 10 millim., est noire, à pubescence grisâtre, le clypeus arrondi au milieu, les écailles ayant une tache d’un jaune-citron; les ailes un peu enfumées, avec les nervures et un très-court stigma noirâtre; les pattes noires, avec les cuisses postérieures rousses au bout; les jambes munies d'une strie externe jaune pâle, les intermédiaires ayant un faible crochet au bout; l'abdomen à brosse ventrale d’un jaune pâle, les segments dorsaux à taches latérales d’un jaune-citron, formant une suite de bandes transverses, interrompues seulement au milieu du dos. Le mâle, beaucoup plus gros, de 10 à 16 millim. de long, a les côtés de l'abdomen munis de faisceaux de poils, le segment 6 ayant une grande épine courbe de chaque côté, le segment 7, ou l'anus noir, armé sur les côtés d'une épine noire arquée, son milieu portant également une épine noire,

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mais plus courte ; les pattes noires, les jambes et les métatarses à longs poils blancs externes, et jaunes à la base. La variation des taches jaunes chez cet insecte établit de nombreuses variétés, surtout chez les mâles, comme l'avait déjà reconnu Latreille (op. cit., p. 214). La variété B de l’4, manicatum femelle répond à l’A. maculatum de Panzer ; elle est rare en Angleterre et abondante en France, cù le type linnéen, commun en Angleterre, est au contraire rare. Dans cette variété, la bande latérale transverse jaune de chaque segment est interrompue au milieu, de façon à figurer deux taches sur chaque côté des anneaux 2 et 3, celles du premier petites, en forme de points. En Algérie, en lalie et dans l'extrême midi de la France (Montpellier, Hyères, Cannes), se rencontre l'A. sticticum, Fabr., à poils ferrugineux, ainsi que la palette ventrale, les ailes à nervures brunes, d’un brun roussâtre avec un reflet violet, l'abdomen à taches noires, le mâle ayant l’anus armé de trois appendices rouges, celui du milieu large et conique, les deux latéraux spiniformes. Nous représentons, pl. zxxi, fig. 8, l'A. diadema, Latr., ®, à poils d’un roux pâle, le chaperon, les joues et Le dessus des mandibules jaunes, comme chez l’A. manicatum; les poils du vertex et du corselet sont roux, l’écaille de l'aile jaune, avec un point noir mé- ‘dian; l’écusson noir, bordé postérieurement de quatre points jaunes, les ailes un peu enfumées ; l'abdomen noir, à tache jaune triangulaire de chaque côté du premier segment, les autres à bandes jaunes plus ou moins régulières ; la brosse ventrale blanche; les pattes noires, avec le dessus des jambes presque entièrement jaune. Le mâle, plus gros, a le sixième segment de l'abdomen profondément excavé au milieu par dessous, échancré de chaque côté à son angle inférieur et armé à son angle supérieur d’une épine forte et peu arquée. L'anus, à peine caréné, porte trois appendices, les latéraux en lobes larges, plats et obtus, celui du milieu en épine droite et noire, prolongement de la carène, un peu plus courte que les appendices latéraux. Cette espèce se trouve en Algérie, notamment près d'Oran. Latreille l'indique des environs de Montpellier, ce qui est exact, bien que Lepeletier de Saint- Fargeau reste dans le doute à cet égard, car le catalogue Dours la mentionne parmi les espèces françaises, et celui de M. Marquet la signale de Cette, mais très-rare.

Les Anthidies qui précèdent ont l’écusson inerme, ce qui arrive chez la plupart des espèces européennes; il en est au contraire quelquesunes qui ont les lobes latéraux de l’écusson prolongés en forme de dent. Nous citerons parmi elles l’A. oblongatum, Latr., se trouvant aux environs de Paris et dans le midi de la France, commun sur les Sedum près de Toulouse et de Cette. Les poils roux dominent en dessus; l’abdomen, à palette ferrugineuse, offre des taches et des bandes jaunes en dessus; les ailes enfumées avec un léger reflet violet; les pattes ferrugineuses, le dessus des jambes et tous les tarses jaunes. Le mâle porte de chaque côté du sixième segment abdominal une petite

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dent, et, sur son milieu, une petite épine. L’anus est noir, cordiforme, à lobes arrondis, un peu anguleux cependant à leur partie interne.

A consulter, pour les Anthidium : Fr. Smith, Descript. of the Brit. Species of Bees belonging to the gen. Chelostoma, Heriades, Ceratina, Eucera, Panurgus and Anthidium, with Observations on their economy (Newman Zoologist, 1846, t. IV, p. 1445-1454).

CŒxIOxYS, Latr. — Tête transverse, de la largeur du thorax ; ocelles en triangle sur le vertex ; yeux latéraux, allongés, recouverts de pubescence. Labre oblong, subrectangle, à bord subcrénulé; mandibules à trois dents. Palpes maxillaires très-courts et biarticulés ; palpes labiaux de quatre articles, les deux basilaires allongés, les articles 3 et 4 petits et placés latéralement au sommet du second; joues du mâle avec une fossette transverse sous les yeux, le plus souvent glabre. Thorax globuleux, l’écusson armé de deux dents de chaque côté; port-écusson et métathorax perpendiculaires. Ailes ayant le limbe trèslégèrement ponctué poilu, les supérieures à stigma distinct, mais non épais, avec une cellule. radiale allant en se rétrécissant du milieu jusqu’au bout, celui-ci arrondi et éloigné de la côte, et deux cellules cubitales complètes, la seconde recevant les deux nervures récurrentes près de ses angles; les ailes inférieures munies de 40 à 12 hamecons, Jambes intermédiaires et postérieures à épine simple; hanches antérieures avec un petit tubercule et armées d’un éperon chez les mâles; ongles sans pelote, simples, aigus et sans dent apicale chez les femelles, bifides au bout chez les mâles. Abdomen ovoïdo-conique, les six segments ventraux complets dans la femelle, le pénultième triangulaire, le dernier prolongé en pointe, tandis que le dernier segment dorsal du mâle est denté.

Les Cœlioxydes sont des Apiens parasites des nids, principalement de ceux des genres Megachile et Saropoda, Latr., voisin des Anthophora. Fr. Smith a fréquemment obtenu C. elongata, XL. S'-F., des nids de Megachile circumcincta, Kirby, et C. rufescens, L. S'-F., de ceux de M. Willugbyella, Kirby. Enfin une espèce nouvelle, C. umbrina, Smith, est sortie des nids de Saropoda bimaculata, Latr., espèce très-abondante

Sandown-bay (île de Wight), et C. conoidea, Illiger, ou Vectis, Curtis, est parasite des nids de Meyachile maritima, Kirby, dans la même localité. Les individus trouvés dans ces cellules étaient couverts d'une pubescence d'un jaune brunâtre pâle, et leur couleur devint cendrée quand ils eurent été exposés au soleil. Les espèces de ce genre sont de détermination difficile. W. Nylander a su trouver un bon caractère distinctif pour les femelles d’après la forme de la plaque inférieure du segment apical de l'abdomen, et sa longueur comparée à celle de la plaque supérieure; les mâles sont beaucoup plus difficiles à séparer, mais on peut tirer des caractères de la forme et de la situation des dents qui arment le segment apical.

Avec les découvertes récentes, on ne peut évaluer à moins de soixante les espèces de Cœlioxys, dont une quinzaine pour l'Europe. Certaines remontent jusqu'aux régions boréales; elles sont plus variées dans le midi de ce continent, et se trouvent aussi en Algérie, en Égypte, dans la Gambie, la Guinée, à Sierra-Leone, au Cap, à Port- Natal, aux Indes, à Ceylan, à la Guyane, au Para, au Brésil, à l’île Saint-Thomas, à la Havane, aux États-Unis, au Canada.

Nous prendrons comme type du genre une espèce commune près de Paris, le C.quadridentata, Linn., ou conica, Linn. (pl. Lxx1, fig. 10, mandibule ; 10 à, labre ; 10 b, mâchoire; 10 c, lèvre inférieure). Cet Apien, de 9 à 11 millim. de long, a des poils d’un blanc grisàtre. La femelle a la tête et le corselet noirs; les ailes sont subhyalines, enfumées au bout, à stigma el nervures noirs, les pattes noires et à épines noires. L’abdomen, noir et peu poilu, porte en dessus, de chaque côté du premier seement, une tache triangulaire blanche; le second segment offre une impression médiane transverse non interrompue, et les segments de 2 à 5 ont chacun une bande continue de poils blancs; le dernier segment dorsal a une petite carène médiane entière, et le même segment ventral est resserré avant le sommet en une pointe subovale. Le mâle diffère par la face, les joues et la poitrine couvertes de poils blancs, le cinquième segment sans épine de chaque côté, le sixième armé de six dents, ou de quatre épines, les latérales simples, les médianes bidentées. Cette espèce, très-répandue, est de France, d'Allemagne, d’Angleterre (rare), de Dañemark, de Suède, de Finlande, de Laponie, d'Autriche, de Russie, des Etats-Unis.

Nous citerons encore : C. rufescens, L. St-F., de 11 à 13 millimètres, offrant plusieurs variétés, se trouvant en Angleterre (commun), en France, en Allemagne, en Danemark, en Suède. La pubescence est ochracée ou grisâtre; les bandes 2 à 5 de l'abdomen @, ou 2 à 4 æ, sont continues et ochracées; les jambes antérieures terminées au bout par une épine; les ailes d’un brun hyalin, ayant le bord apical enfumé ; la plaque supérieure du sixième segment apical de la femelle lancéolée, la plaque inférieure pas plus longue que la supérieure, à bout anguleux obtus ou tridenticulé; le cinquième segment dorsal du mâle muni d'une petite épine latérale ; C. conoidea, Nliger, ou Vectis, Curtis, de 11 à 14 millim., de France, de Danemark, de divers comtés de l'Angleterre, de l'île de Jersey, de l'ile de Wight, en juillet, où l'espèce a été trouvée par Curtis, qui en a donné une très-bonne figure dans son British Entomology ; à pubescence cendrée, les jambes antérieures sans spinule apicale, toutes les bandes blanches de l'abdomen largement interrompues, le dernier segment ventral de la femelle à bout entier et obtus, le quatrième segment dorsal du mâle armé de chaque côté à une petite dent.

Nous représentons pl. 1xx1, fig. 9, une espèce exotique, C. rufipes, G.-Mén., mâle, long. de 10 millim., 9 « et 9 b, extrémité de l’abdo-

COELIOXYS, DIOXYS. — ANDRÉNIDES, 7197

men, de la Havane. Le duvet de la tête est d’un blanc jaunûtre ; le thorax bordé de blanc; les ailes hyalines, avec l'extrémité un peu enfumée; les pattes fauves, avec une ligne de duvet blanc au bord externe des cuisses et des jambes; l’abdomen noir, luisant, avec la base du premier segment et le dessous fauves, chaque segment bordé de blanc, dessus et dessous, la plaque anale supérieure du mâle armée de six dentelures réparties comme chez le C. quadridentata ou conica.

On consultera pour le genre Cœlioxæys : M. Spinola, Compte rendu des Hyménoptères recueillis par M. Fischer pendant son voyage en Egypte et communiqués par le D Waltl à Max. Spinola (Ann. Soc. entomol., Fr., 1838, t. VII, p. 437). Le genre Cæœlioxys y est mentionné (p. 451), pour trois espèces nouvelles d'Egypte, les C. rufiventris, decipiens, elytrura. — Kr. Smith, Descriptions on the British Species belonging to the genera Melecta, Latr., Epeolus, Latr., Cælioxys, Latr., and Stelis, Panzer (Newman Zoologist, 1845, t. HI, p. 1446 à 1155). — Arn. Fœrster, Eine Centurie neuer Hymenopteren : ueber die Gattung Cœlioxys, Latr., p. 266 et suiv. (Verhandlungen des nuturhistorischen Vereines der preussischen Rheinlande und Westphalens, t. X, Bonn, 1853). L'auteur de ce mémoire compte 26 espèces de Cœlioxys d'Europe, beaucoup de nouvelles, principalement d'Allemagne, de Hongrie el de l'Europe méridionale.

Un genre voisin du genre Cœlioxys, et comme lui parasite des nids, est le genre Dioxys, L. S'-F. Dans ce genre les yeux sont glabres, le labre allongé, parallèle, les palpes maxillaires très-courts et biarticulés, le second article ténu, l’écusson muni de deux dents, les crochéts tarsaux des femelles unidentés avant le bout; l'abdomen de la femelle offre six segments ventraux complets, le pénultième transverse et tronqué. Les autres caractères sont ceux des Cœlioxrys. Le genre Dioxys n'offre encore qu’un petit nombre d'espèces, principalement du midi de l'Europe et d'Algérie. Il en est une qu’on rencontre aux environs de Paris, le D. dimidiata, L. S'-F., de 10 millim., à tête et corselet noirs avec poils ferrugineux, les antennes noires, les ailes obscurcies avec un reflet violet, les nervures, la côte et l'écaille noires, les pattes ferrugineuses et à poils roux, l'abdomen ferrugineux et presque nu, n'ayant que quelques courts poils roux, surtout sur le premier segment. Nous citerons, parmi les espèces le plus récemment décrites, D. ardens, Gerst., d'Espagne, ayant le funicule des antennes, les écailles, les pattes et l'abdomen d’un rouge de cinabre, les ailes rembrunies, et les D. cruenta, Gerst., de Sicile, et pumila, Gerst., de l'ile de Rhodes : ces deux dernières espèces offrent les segments 1 à 5 de l'abdomen de couleur de sang.

S 2 — Andrénides en ÿénéral.

Le second groupe des Apiens solitaires, les Andrénides de Leaci, les Andrénètes de Latreille, correspond aux Wérolégides de Lepeletier

Saint-Fargeau, qui les subdivise en Panurgites, Andrénites (comprenant pour-lui les types Andrena et Halictus) et Collétides. Certains genres ont conservé tous les organes de récolte des Podolégides, les jambes postérieures poilues, ainsi que le premier article du tarse en dessus, sans préjudice de la brosse du dessous : ainsi les genres Panurgus, Panz., et Dasypoda, Latr. Les autres genres n’ont plus le métatarse pollinigère. Les autres organes de la récolte du pollen, plus multipliés que dans les autres groupes d’Apiens, sont placés sur les parties latérales du corps, et à la fois sur les hanches, la base des cuisses, les côtés de la base du premier segment de l'abdomen et les flancs du métathorax; ce sont des espaces nus, finement striés, ombragés de poils rangés sur leurs bords comme des cils et recourbés en voûte. Grâce à ces organes de récolte plus nombreux qu'ailleurs, on rencontre les femelles des Andrénides rentrant à leurs nids chargées de pollen entassé autour du milieu de leur corps, au point d'en être méconnaissables, et ces provisions prodigieuses ne paraissent pas en rapport avec leur nidification, qui ressemble en général à celle des autres Apiens solitaires.

Les Andrénides à pattes complétement pollinigères ont en outre la langue assez longue et presque linéaire; aussi beaucoup d’auteurs les laissent dans les Apides propres, mais reconnaissant toutefois leurs alfinités avec les Audrénides, en ont fait une sous-famille sous le nom d'Andrénoïdes, Latr., ou Panurgites, Newman, ou Panurgites, Westwood. Nous supprimerons, pour simplifier, cette sous-famille, ainsi que le fait M. C. G. Thomson. Les autres genres ont été rangés en deux divisions par M. Westwood : les uns, comprenant les types Andrena, Halictus, Nomia, Sphecodes, forment les Acutilingues, qui ont la langue assez courte, un peu aplatie, mais dilatée au bout en fer de lame; tandis que les Obtusilingues, qui ne renferment, en genres européens, que le genre Colletes, et un genre cru longtemps à tort parasite des nids, Hylœus ou Prosopis, offrent la langue très-courte, très-aplatie et cordiforme, à la façon de celle des Guêpes : c’est en effet une sorte de truelle servant à une nidification spéciale, à étaler, pour former les parois et les membranes de séparation des cellules, une salive visqueuse particulière, et non des matières empruntées à diverses parties des végétaux.

Les Andrénides acutilingues (types: Andrena et Halictus), qui ont une nidification autre que les Colleles, creusent les berceaux de leur génération dans la terre ou dans le mortier qui lie les pierres des murailles. Certaines espèces préfèrent les bancs de terrain léger, d’autres les sentiers durcis par le passage des piétons; l'exposition du midi est celle que les femelles adoptent le plus volontiers. La profondeur des terriers varie, ayant rarement moins de 160 millimètres, tandis que d'autres sont creusés à plus de 2 décimètres et demi. Le fond de chaque galerie est formé de petites cellules ovales où chambres, dans chacune desquelles la femelle place une petite balle, ordinairement de la grosseur

ANDRÉNIDES. 799

d’un pois de jardin, d'un mélange de miel et de pollen, de dimension appropriée du reste à la grosseur de l’espèce. Souvent, et comme pour économiser le temps, l’Apien, ayant déblayé le tube principal et consolidé ses parois, creuse une série de branchements latéraux ou petils tubes profonds de 25 à 40 centimètres, ayant tous leur entrée vers le fond du tuyau principal. Chaque tube latéral offre au bout une cellule remplie d’une dose de miel et de pollen suffisante à nourrir la larve sortant de l’œuf que la mère y pond; le petit tube est bouché avec des déblais et le superflu est repoussé au delà de l'ouverture du grand tube d'entrée. Ces nids branchus ou ramifiés, très-différents des nids à cellules unisériées des Anthophorides, s’observent notamment pour les Andrena fulvescens, Smith, et florea, Fabr., ou rubricata, Smith, et chez bien d’autres. La femelle ferme l'entrée de la galerie quand sa tâche est terminée.

Les Andrénides sont sujets aux attaques d'un grand nombre d’ennemis. Les Nomades, qui ressemblent à de petits Vespiens solitaires, semblent vivre avec eux en parfaite harmonie; leurs colonies coexistent en mélange amical, les travailleurs permettent aux parasites l’entrée de leurs terrains. Certains auteurs ont supposé que les larves du parasite éclosent plus tôt que celles du propriétaire légitime du nid, consomment leur nourriture et amènent leur mort par famine. Fr. Smith regarde cette hypothèse comme invraisemblable, parce qu'elle pourrait amener la destruction des espèces, ce qui est contraire aux lois naturelles. Il suppose que quand le parasite a déposé ses œufs dans les cellules approvisionnées, l'Apien constructeur les abandonne et procède à la construction d’un nouveau terrier.

Les larves des Andrénides sont souvent attaquées par les Stylops, appartenant aux Strepsiptères, ordre dégradé et satellite de celui des Coléoptères. Ces Stylops sont de petite taille, les plus grandes espèces connues n'excédant pas en longueur 6 millim. Les mâles sont aïlés et errants à l’état adulte ; les femelles, toujours aptères et vermiformes, ne quittent jamais le corps des Apiens.-Si l'on examine un grand nombre d’Andrénides, il est probable qu'on y trouvera des femelles de Stylops. Leur présence se reconnait par la sortie de leur tête et d'une portion de leur thorax hors de la surface supérieure des segments abdominaux, ressemblant à la pointe d'un petit bouton de couleur brune, ou plutôt à une écaille aplatie. Fr. Smith a observé le développement des Stylops en prenant un Andrénide, reconnu infecté comme nous venons de le dire, le plaçant dans une boite recouverte de gaze et le nourrissant avec des fleurs fraiches, du genre de celles que préfère son espèce. Il me semble plus simple d'y mettre du miel. Au bout de huit à dix jours, l'abdomen de lAndrénide semble comme couvert de poussière, qui, à une forte loupe, montre une multitude d’animalcules, paraissant sortis d’une fente transverse du thorax, et qui sont des larves de Stylops. Quand les femelles entrent

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daus les cellules, elles y déposent ces larves qui attaqueront les larves de l'Apien, ou bien elles les laissent sur les fleurs qu'elles visitent, de sorte que d'autres Andrénides les y recueillent et les transportent dans les nids. D’après le grand nombre des larves que produit une seule femelle de Stylops et qui s'élève à plusieurs centaines, et d'après la rareté des adultes, on doit conclure que presque tous périssent, probablement à l’état de larves, car il est rare qu'on trouve plus de deux Stylops sur le même Andrénide. Ils éprouvent tous leurs changements dans le corps de l'insecte, le mâle jusqu'à la transformation finale en insecte actif et ailé, la femelle, toujours apode, fixée pour la vie sur l’Apien qui la nourrit.

On peut rencontrer encore d’autres épizoïques sur le corps des Andrénides. Les premiers, de couleur orangée, longs d'environ 2 millim. et demi, sont des premières larves de Méloïdes. Il est probable que ces Triongulins se trouvent accidentellement sur les Andrénides, comme sur des Diptères ou des Coléoptères floricoles, mais qu'ils ne se développent pas dans leurs nids, en y subissant la série des hypermétamorphoses qui se produisent dans les terriers des Anthophorides. Outre ces larves, Fr. Smith signale sur les Andrénides l'existence d’autres épizoïques, de forme analogue aux précédents, mais d'un brun noir et de taille double. Ils s'attachent sur les parties les plus poilues des Apiens, comme le métathorax, et sur les côtés du thorax, au-dessous des ailes. Une grande obscurité, dit Fr. Smith, règne encore sur la place de ces animalcules. Sont-ce des larves, ou des insectes à l'étal parfait, comme le pense M. Kirby, qui les nomme Pediculus Melittæ ? I les a fréquemment observés en nombre considérable dans les fleurs de Ranunculus acris, plus de vingt parfois dans une seule fleur, vers le mois d'avril. Il a trouvé cet insecte sur diverses espèces d'Andrénides, ordinairement sur celles qui sont les plus poilues, comme Andrena fulva, Schranck, thoracica, Fabr., nigro-ænea, Kirby, et communément aussi sur Melecta armata, Panzer, et sur les Anthophora retusa, Linn., et pilipes, Fabr. G. Newport a fait voir que cet insecte n’est pas une larve de Weloe. Fr. Smith, en ouvrant des cellules d'Anthophora retusa, a trouvé deux spécimens vivants de l'hexapode aptère dans la même cellule que l'insecte parfait. Il est enclin à supposer que ce sont des insectes adultes, parvenus dans la cellule de la même manière que les Forficules, après avoir forcé l'entrée, en quête pareillement de nourriture à dévorer. Il se range, sous ce rapport, avec quelque doute cependant, à l'opinion de Kirby et L. Dufour. C’est en avril qu'il trouva les nids de l’Anthophore encore à demi engourdie, six semaines environ avant le temps normal de son apparition. Les insectes renfermés dans des boites présentèrent quelques jours après des spécimens vivants du Pediculus courant sur leurs corps. Si les aptères étaient des larves apportées par la mère à la saison précédente, ils auraient probablement subi des changements en même temps que leurs commensaux, de

ANDRÉNIDES. — PANURGUS. 501

l'œuf à l'adulte. Ils ne pouvaient avoir été introduits par les Antho- phores actuelles non encore sorties; il est donc probable qu'ils avaient pénétré dans le nid pour y manger le miel et le pollen, et s’y trouvaient au même titre que les Acariens qui infestent les nids de Bourdons, vivant de miel et de cire et y subissant les phases de leur développement. — Voy. Fr. Smith, Note of the Pediculus Melittæ 0f Kirby (Trans. Soc. entom. London, 1852-53, t. Il, p. 4 et 5.)

Nous diviserons les Andrénides en deux groupes: les Andrénides propres, comprenant les types acutilingues, Panurqus, Andrena, et les Halictides, renfermant des genres acutilingues, comme Nomia, Halictus et Sphecodes, et les genres obtulingues, Colletes et Prosopis.

ANDRÉNIDES PROPRES.

Tète offrant contre les yeux une impression frontale en forme de strie d’une pubescence soyeuse; clypeus non élevé; ocelles disposés en triangle. Labre court, muni d'une lamelle basale. Mandibules à bout bidenté. Pronotum sinué postérieurement en arrière de chaque côté, les épaules non proéminentes. Ailes supérieures avec un assez grand stigma, les inférieures à lobe basal grand, sinué et excisé inférieurement, atteignant presque ou dépassant à peine la nervure transverse ordinaire, la fourche du cubitus placée avant l'origine de la nervure marginale; épimères du mésothorax non séparés. Pattes postérieures pollinigères, les jambes dans les deux sexes munies d’une patelle ; les crochets tarsaux armés d’une dent et d’une pelote distinctes. Abdomen subdéprimé, le premier segment dorsal non retroussé ou à peine retroussé à la base, les segments 2 à 4 ayant une impression linéaire latérale courte ou nulle, le cinquième muni d’une frange épaisse. Corps sans éclat métallique.

GENRES PRINCIPAUX

PANURGUS, Panzer. — Tête généralement grosse, au moins aussi large que le thorax, les yeux presque divergents inférieurement ; antennes assez courtes, en massue fusiforme dans les deux sexes, à partir du froisième article. Langue longue et repliée au sommet dans le repos; les palpes labiaux de six articles grêles, linéaires, placés bout à bout, semblables à ceux des palpes maxillaires. Ailes supérieures avec une radiale courte, un. peu rétrécie à partir du milieu jusqu’au bout, celui-ci tronqué et portant un appendice, deux cellules cubitales complètes, égales, la seconde recevant les deux nervures récurrentes; ailes inférieures à lobe basal dépassant peu la nervure transverse ordinaire, la fourche du cubitus placée bien avant l’origine de la nervure transverse ordinaire. Femelles ayant les crochets tarsaux armés d’une dent près du bout, les jambes et métatarses postérieurs poilus de toutes parts, ces derniers longs.

Les insectes de ce genre, dont on ne connait que quatre espèces, qui se rencontrent toutes en France, ressemblent beaucoup aux Andrena et Halictus comme structure. Les femelles possèdent la brosse aux jambes et la frange apicale de l'abdomen, et leurs tarses sont analogues à ceux des Andrena, mais leur langue, longue et grêle, est repliée au sommet dans le repos. Leurs mœurs sont pareilles à celles des Andrènes, car ils creusent des terriers et déposent au fond une provision de miel et de pollen de la même manière. Les deux espèces communes près de Paris, aussi du nord de la France et d'Angleterre, sont des insectes d'été. Le P. Banksianus, qui est le plus répandu en Angleterre, forme de grandes colonies dans les sables retirés des landes de Bruyères et paraît en juillet. M. Fr. Smith a trouvé ses larves dans de petites cellules, à six pouces au-dessous de la surface, et a élevé les deux sexes; elles ne se changent en nymphes que vingt ou vingt-cinq jours avant d'arriver à l’état parfait. La seconde espèce, P. calcaratus ou lobatus, plus locale en Angleterre, mais très-abondante en certaines places, forme des colonies sur les dures bordures des chemins foulées aux pieds. Un Muscien (Diptères brachycères) vivement coloré de rouge, du genre Miltogramma, Meigen, entre fréquemment dans leurs terriers. D’après Smith, les Panurges ne paraissent pas fréquenter en Angleterre d’autres fleurs que celles du Myosotis épervière; en France, on les trouve souvent sur les Composées, surtout les Chicoracées.

Les Panurges travaillent d'habitude isolément, chaque femelle entrant dans un seul tube de terre, qu’elle approvisionne. Lepeletier Saint-Fargeau dit avoir vu, à Sézanne en Brie, des femelles qui semblaient concourir à une nidification en commun. Dans un sentier de jardin bien battu, un trou vertical d'environ 4 millim. de diamètre et d'à peu près 140 de profondeur était entouré par huit à dix Panurges femelles chargés de pollen, qui attendaient leur tour pour entrer dans le trou et s'y débarrasser de leur fardeau. Un fétu de paille introduit dans le trou en rapporta un peu de pâte de pollen mêlé de miel. Il est bien certain que ces insectes devaient creuser dans le trou commun des tubes latéraux isolés, un pour chacun.

On rencontre aux environs de Paris et dans toute la France le P. calcaratus, Scopoli, syn. lobatus, Panzer, Latr., (pl. Lxx1, fig. 4: 4 a, antenne de la femelle; 4 b, id. du mâle; 4 c, labre; 4 d, mandibule; ke, mâchoire et son palpe; 4 f, lèvre inférieure avec ses palpes ; 4 g; patte postérieure du mâle). Les deux sexes sont longs de 6 à 7 millim, La femelle est, en général, d'un noir de jais brillant et à peu près glabre, les antennes festacées avec la base et le bout noirs, Le métathorax est arrondi en arrière; les ailes, hyalines, à nervures d’un roux testacé obscur; les jambes postérieures et l’article basilaire des tarses ont une brosse dense de pubescence fauve, les épines et les articles apicaux dés tarses étant ferrugineux. L'abdomen est ovale, avec les

PANURGUS, DASYPODA. 803

bords des segments subdéprimés, la frange apicale brune. Le mâle ressemble beaucoup à la femelle, mais il a la tête beaucoup plus large que le thorax, quelquefois de moitié, les antennes à flagellum jaune en dessous, avec les articles crénelés, le sixième segment ventral de Pabdomen non émarginé au bout, avec une valvule à la base munie d'un tubercule. On le distingue surtout des autres espèces en ce que ses cuisses postérieures sont dilatées, avec un prolongement lobiforme obtus et comprimé vers la base, les jambes postérieures un peu courbées en dedans et comprimées-dilatées vers le sommet. On capture cette espèce en France, en juin et juillet, sur les fleurs des Composées. Elle est très-locale en Angleterre, en juillet et août, abondante par endroits dans le Kent, à l'ile de Wight, etc., fréquentant les fleurs de Myosotis épervière ; on trouve souvent, vers le soir, les mâles renfermés dans les fleurs, au nombre de trois ou quatre à la fois. L'espèce se prend aussi dans la Suède, la Finlande, le Danemark, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Algérie? Une espèce voisine et analogue, mais plus grande, de 9 à 41 millim., est le P. Banksianus, Kirby (syn. wrsinus, Kirb., ater, Latr.), noir brillant, subglabre, la frange ovale avec quelques poils ferrugineux, les pattes postérieures très-hérissées de poils fauves, avec les brosses de la femelle très-denses et plus pâles ; le mâle a les cuisses postérieures sans dents, le sixième segment ventral profondément émarginé au bout, le septième ayant sur le disque deux lignes élevées subcourbées. Cette espèce est de toute la France, sur les mêmes fleurs et aux mêmes époques que la précédente, butinant dans l'extrême midi sur les Galactites (Composées méridionales). Elle est beaucoup plus abondante en Angleterre que la première espèce, des Bruyères du Surrey, du Kent, du Hampshire, paraissant en juillet et août, non rencontrée dans le nord de l’Angleterre, ni en Ecosse; en outre de Suède, d'Allemagne, d'Italie.

Les deux autres espèces sont méridionales. Les mâles ont les hanches postérieures munies d’une épine, les jambes postérieures très-arquées, portant en dessous un long faisceau de poils. Le P, cephalotes, Latr., nommé ainsi en raison de la grosseur de la tête, surtout chez les mâles, se prend à Montpellier, à Hyères, sur les fleurs des Composées, principalement des Crepis, des Hieracium, et dans PE. et l'O. de l'Algérie, en juin (H. Lucas). Le midi de la France offre également le P. dentipes, L. S':F., remontant peut-être jusqu'aux environs de Paris.

Un genre voisin des Panurgus, d'après la plupart des auteurs, est le genre Dasypoda, Latr., remarquable par ses pattes postérieures allongées, avec les jambes et les métatarses couverts de très-longs poils pollinigères. L'espèce la plus commune, et fréquente aux environs de Paris, est le D. hirtipes, Fabr., insecte couvert d’une pubescence grisätre très-serrée, ayant l'abdomen de cette couleur chez le mâle, avec de longs poils aux bords de chaque segment, noir chez la femelle, portant quatre lignes transversales blanches et les pattes postérieures couvertes

de poils roussâtres. Cette espèce butine de préférence sur les Chicoracées et sur les Chardons; elle creuse dans les chemins des trous profonds, ainsi que les autres Dasypodes, et y apporte de très-grosses charges de pollen, en raison de ses poils de récolte grands et épais. L'espèce se trouve aussi en Suède, en Allemagne, et dans le midi de l'Angleterre (environs de Londres, comté de Kent, île de Wight, etc.). C’est peut-être, dit Fr. Smith, le plus bel Apien de ce pays, et la femelle, lorsqu'elle a sa charge de pollen, est d'un aspect assez singulier pour attirer l'attention de l'observateur le plus indifférent. Il y a quelques autres espèces de Dasypodes, presque toutes avec des noms qui indiquent la villosité des pattes, dans le midi de l'Allemagne et de la France, en Espagne, en Albanie, en Grèce, en Égypte et dans l'Afrique septentrionale.

ANDRENA, Fabr. — Tête aussi large que le thorax et souvent plus large chez les mâles ; la strie frontale de pubescence soyeuse, et qui est contre les yeux, assez large chez les femelles, peu serrée et plus étroite chez les males; antennes géniculées, avec le flagellum des femelles subelaviforme, fréquemment allongé et filiforme chez les mâles; un peigne de courts poils fauves placé en dessous contre l’insertion des mandibules, celles-ci souvent en tenailles allongées dans les mâles. Palpes maxillaires de six articles, le second le plus long; lèvre assez courte, un peu dilatée au bout en fer de lance, avec palpes labiaux presque aussi longs que la lèvre, de quatre articles placés bout à bout et décroissants de longueur ; paraglosses plus courts que la lèvre. Ailes supérieures ayant une cellule radiale terminée en pointe à la base ainsi qu’au bout, celui-ci serré contre la côte, trois cubitales complètes, la première presque aussi grande que les deux autres prises ensemble, la seconde subparallélogrammique, plus petite que la troisième, recevant vers le milieu la première nervure récurrente, la troisième rétrécie de plus de moitié vers la radiale, recevant vers le milieu la seconde nervure récurrente ; ailes inférieures ayant la fourche du cubitus placée peu avant l'origine de la nervure marginale. Trochanters postérieurs des femelles munis d’un flocon de poils pollinigères. Abdomen des mâles ordinairement allongé et lancéolé, celui des femelles allongé-ovale, quelquefois ovale, le cinquième segment abdominal ayant un espace triangulaire nu (pygidion) pour le jeu de l’aiguillon. Mâles de taille plus petite que les femelles.

Le genre Andrena est le plus nombreux que nous ayons en Apiens, comptant au moins 150 espèces, dont plus de 125 pour l'Europe, l'Algérie et les îles Canaries. Le catalogue de Dours en énumère 89 pour la France seule. M. H. Lucas en a relevé 32 pour l'Algérie; C. G. Thomson. 41 pour la Scandinavie; Fr. Smith, 68 des îles Britanniques, probablement avec des variétés élevées au rang d'espèces. On en indique d'Égypte, de la Géorgie (États-Unis du Sud), des États-Unis du Nord, de la Nouvelle-Écosse, de la baie d'Hudson, et sans doute beaucoup d’espèces exotiques sont encore inconnues. En Fragce, on recherchera les

ANDRENA. 805

Andrènes sur les Ombellitères, les Composées diverses, les Scabieuses, les Berberis des jardins, etc.

Le système nerveux des Andrena présente cinq ganglions abdominaux, dont le dernier est composé par coalescence de ganglions de la Jarve (Ed. Brandt).

Il y à beaucoup de difficultés dans la détermination des espèces du genre Andrena; il faut une étude attentive et une certaine pratique hyménoptérologique pour reconnaitre les mâles, très-semblables aux femelles dans beaucoup d'espèces. Les changements de couleur auxquelles les espèces sont sujettes sont aussi une grande cause d’incertitude. Les espèces de la division qui offre l'abdomen plus ou moins rouge sont très-inconstantes, les exemplaires de la même espèce étant très-vivement colorés dans une localité, pendant que, dans une autre, ils offrent une tendance à des couleurs assombries. Les espèces à pubescence fauve ou jaune changent beaucoup par suite de l'exposition à la lumière, les insectes d’un fauve brillant devenant entièrement gris ou cendrés. Il faut s'attacher à ne collectionner et à ne décrire que des sujets placés dans de bonnes et identiques conditions de fraicheur.

Le genre Andrena renferme, parmi ses nombreuses espèces, quelques espèces dont la nervation alaire s’écarte un peu du type le plus fréquent : la première nervure récurrente est reçue dans la seconde cellule cubitale vers la seconde nervure cubitale transverse, c’est-à-dire au delà du milieu. Il en est ainsi pour les espèces suivantes : Andrena pilipes, Fabr., varians, Rossi, helvola, Linn., fucata, Smith, Clarkella, Kirby, fulva, Schranck, lapponica, Zett., præcoæ, Scop., et var. Smithella, Smith (à pattes testacées), denticulata, Kirby, et argentata, Smith.

Pour la facilité des collectionneurs, les nombreuses espèces d’Andrènes d'Europe ont été divisées en groupes artificiels aisés à reconnaitre. Dans un premier groupe ayant l'abdomen rouge ou rouge et noir, nous citerons À. céngulata, Fabr.,ou albilabris, Panzer, des environs de Paris, des îles Britanniques, de Danemark et de Suède. Cette espèce, de 9 à 10 millim., à poils grisâtres, les flocons cruraux et la brosse blanchâtres ; l'abdomen épais, noir, très-ponctué, avec le bord apical du premier segment de l'abdomen et les segments 2 et 5 d’un fauve rougeâtre, de sorte que l’Apien semble porter une ceinture; le mâle a les joues blanchâtres, ainsi que le châperon, celui-ci avec un petit point noir de chaque côté, le sixième segment de l'abdomen profondément émarginé au bout, le septième à bout étroit, à peine émarginé.

Le groupe à abdomen noir, brillant et très-glabre, nous présente À. pilipes, Fabr. (syo. atra, Schranck, aterrima, Panzer), espèce de France et des environs de Paris, des iles Britanniques, de Finlande, de Suède, de Danemark, d'Allemagne, d'Autriche, d'Albanie, d'Italie, d'Algérie et des îles Canaries. La femelle, longue de 14 à 15 millim., est entièrement noire, avec l'abdomen presque nu, brillant d’un noir bleuàtre, les ailes enfumées et à reflet violet, byalines à la base, les pattes et

tarses à poils noirs, sauf le flocon crural, qui est blanc, ainsi que la partie antérieure de la brosse des jambes. Le mâle, qui n'a que 10 à 12 millim., offre le thorax hérissé en dessus de poils d’un gris blanchâtre, les poils des pattes entièrement noirs, la valvule ventrale étroite, émarginée au bout. Cette espèce est spéciale en Angleterre au comté de Kent, où elle est très-abondante en beaucoup de places; on voit fréquemment ses colonies construire leurs terriers dans les bancs verticaux de sable dur. Cet Apien aime beaucoup les têtes de Chardon, d'où il retire un pollen blane, qui lui donne, quand il en est chargé, une très-étrange apparence. Les deux sexes varient considérablement par la coloration des ailes : ainsi Kirby a créé son Melitta pratensis pour un mâle à ailes obscures d'A. pilipes.

Dans le groupe des Andrènes à abdomen brillant, noir ou d’un noir bleu, mais subpoilu, nous représentons les détails anatomiques d'une espèce des environs de Paris, et qui y est assez rare, À. nitida, Fourcroy (pl. Lxxt, fig. 2, antenne de la femelle; 2 a, antenne du mâle; 2 b, labre ; 2 ce, mandibule et son peigne poilu; 2 d, mâchoire et palpe; 2e, lèvre inférieure et palpes labiaux). La femelle, longue de 11 à 13 millim., est noire, avec des poils blanchâtres mêlés de quelques poils roux; la frange du dessus des cuisses, le flocon des trochanters postérieurs, sont blancs, ainsi que le dessous de la brosse, dont le dessus est brun, de même que la pubescence du dessus de toutes les pattes. Les ailes sont subhyalines, avec le bord apical d'un nuageux brunâtre, les nervures ferrugineuses. L'abdomen est ovale, brillant et très-délicatement ponctué, le second, le troisième et quelquefois le quatrième segment ayant sur le côté et sur le bord basilaire une tache de pubescence blanche; la frange apicale est brune. En dessous, les bords des segments sont frangés d’une pubescence blanche, Dans une variété extrême, dont on faisait autrefois une espèce séparée, les pattes sont d’un noir de poix, les jambes postérieures et tous les tarses ferrugineux, la brosse d’un fauve pâle, la frange apicale de l'abdomen fauve. Le mâle, de 10 à 12 millim., ressemble beaucoup à la femelle, la pubescence de la face plus blanche, les articles apicaux du flagellum de l'antenne légèrement testacés, les pattes à poils presque tous blancs, sauf ceux du dessous des tarses qui sont roux, l'abdomen plus allongé que chez la femelle et ayant une pubescence grise de chaque côté vers la base, et une petite pubescence d'un roux fauve vers le sommet. L’4. nitida est de toute la France et généralement distribué dans les îles Britanniques; c’est un Apien du début du printemps. les femelles recherchant les fleurs du Pissenlit (Taraæacum Dens-leonis), et s'y couvrant de pollen. A côté de cette espèce se place l’A. cineraria, Linn., de France et des environs de Paris, s’y capturant ordinairement sur les fleurs du Sisymbrium angustifolium, des îles Britanniques, de Finlande, de Suède, d'Allemagne, d'Italie et d'Algérie (L. S'-F. et H. Lucas). Cet élégant insecte, dit Fr, Smith, se trouve dans toutes les parties des îles Britanniques, pa-

ANDRENA. 807

raissant ordinairement en avril, et les mâles parfois dans a seconde quinzaine de mars; il aime à creuser ses terriers dans les sentiers battus, et est très-abondant dans les avenues de Hyde Park, commun dans Yorkshire en juillet. Cette espèce, dont la femelle atteint 14 millim: et le mâle 12, se reconnaît {tout de suite à son abdomen d’un noir bleu brillant, à son thorax blanc, avec une large bande médiane noire, les ailes enfumées, un peu irisées, hyalines à la base ; le mâle à ailes subhyalines, les joues, la poitrine, toutes les cuisses en dessous et les deux premiers segments de l’abdomen à poils blancs, cet abdomen moins bleu, le ventre frangé de blanc.

Un groupe d'Andrènes présente l'abdomen et le thorax très-poilus, avec poils noirs et fauves. On y range l'A. fulva, Schranck (syn. vestita, Fabr., Latr.), de France, des îles Britanniques, de Finlande, de Suède, du Danemark, d'Allemagne, d'Autriche, d'Italie, d'Algérie (H. Lucas). La femelle, longue de 11 à 13 millim., est noire, avec le thorax et l’abdomen hérissés en dessus d’une couche épaisse de poils d’un fauve doré, noirs en dessous. Le mâle, beaucoup plus petit, de 8 à 9 millim., ressemble peu à la femelle, et, si ce n’est qu’on les capture en accouplement ou dans les mêmes terriers, on ne saurait supposer qu'ils appartiennent à la même espèce. Il a la tête plus large que le thorax, le elypeus avec une longue pubescence d’un blanc d'argent et légèrement fauve en dessus, les mandibules allongées, arquées et armées à leur base d’une courte dent aiguë, le dessous du corps à pubescence fauve, ainsi que les pattes, celles de la femelle étant noires. Cet Apien printanier aime à fréquenter les fleurs de Pommier; il est commun aux environs de Paris, récoltant avec avidité le nectar et le pollen des fleurs du Groseillier épineux. La femelle est la plus belle du genre Andrena, et le meilleur moment pour capturer cette espèce paraît être de neuf à onze heures du matin, par les jours calmes de soleil. La belle couleur d'A. fulva s'efface bientôt par l’exposition au soleil; c'est pourquoi il faut se tenir en garde contre la première apparence. La femelle passe au jaune pâle et est sujette à avoir la pubescence enlevée en dessus par le frottement, pendant que le mâle devient en entier d'un gris blanchâtre. Nous citerons, à côté de cette espèce, A. Clarkella, Kirby (syn. bicolor, L. S-F., non Fabr.), espèce noire, poilue, ayant le thorax, la base de l’abdomen et les pattes postérieures fauves, l'abdomen, la tête, les autres pattes noires. Le mâle, de 9 à 10 millim., tandis que la femelle en a 12 à 13, a les mandibules sans dent et les jambes postérieures seulement rousses au bout. Aucun Apien n’a une plus vaste distribution géographique, de toute la France, rare toutefois dans le Midi, ainsi qu'A. pilipes, sur les Chardons, les Cratægus, ete., de toutes les parties des îles Britanniques, où il préfère les hauteurs, de Laponie, de Finlande, de Suède, de Danemark, d'Allemagne, et aussi d'Algérie (H. Lucas), et, dans le nouveau continent, de la Nouvelle-Écosse, C'est ordinairement le premier Apien qui paraisse

au printemps, quelquefois en février dans nos départements du Nord, d'habitude dans la seconde quinzaine de mars. On voit parfois voler les mâles avant que la neige ait entièrement disparu, et il faut chasser sur les chatons des Saules et des Noisetiers, si l'on veut trouver les deux sexes réunis. Fr. Smith à fréquemment retiré les deux sexes du même terrier et les a aussi observés en accouplement. La femélle est sujette à varier ; une forme septentrionale de l'espèce, de la Nouvelle-Écosse, d'Écosse, etc., a tous les segments de l'abdomen frangés d’une pubescence fauve.

Les derniers groupes d'Andrena sont les plus nombreux en espèces. L'un présente l'abdomen noir et poilu, avec les segments plus ou moins ciliés au sommet. On y range A. helvola, Linn., de France, d’Angleterre, mais locale, assez commun près de Londres à la fin d'avril ou au commencement de mai; de Finlande, de Suède, d'Allemagne, d'Italie. Cet Apien, de 10 à 11 millim., est noir, avec des poils d’un gris blanchâtre, le dessus du thorax et la base de l’abdomen d'un fauve roux, le labre ayant une grande lamelle, non émarginée au bout. Le mâle a la tête grande par la dilatation des tempes, les mandibules armées à la base d’une grande et large dent triangulaire (C.-G. Thomson, non Dours), les pattes étroites. La couleur de l'A. helvola s’affaiblit rapidement; quand l’insecte est frais, la pubescence de la base de l'abdomen est d’un riche fauve, qui contraste très-agréablement avec la teinte argentée des autres parties; le mâle devient bientôt entièrement d’un gris blanc par l'exposition à la lumière. Le dernier groupe des Andrènes d'Europe présente l'abdomen noir, avec les segments à sommet blanchâtre ou cendré ou ceinturé de roux. Nous n'y relèverons qu’une des plus petites espèces du genre, À. nana, Kirby, ou pygmeæa, Brullé, de 5 à 6 millim., noire, avec un petit nombre de poils blanchâtres, les antennes d'un testacé obscur en dessous vers le bout, le stigma testacé, l'abdomen avec les segments 2 à 4 très-finement ponctués, avec une dépression apicale polie. La femelle a la strie frontale pâle, la brosse d’un gris blanc, la lamelle du labre tronquée au bout, la frange anale d’un roux terne; le mâle a le troisième article de l'antenne un peu plus long que le quatrième, la tête brunâtre, avec la partie antérieure de la face ornée de poils d'un blanc de neige. Cette espèce, de taille réduite, est d'Angleterre, de Finlande, de Suède, et aussi de Grèce (Brullé); elle appartient également à la faune française, très-commune dans le midi de la France, sur les Chardons, les Cralægus ou Alisiers (Pomacées), etc. D'après Dours, on la capture sur les fleurs de Capsella Bursa-pastoris (Crucifères), plante qui abonde dans les terrains incultes, les décombres, etc.

Parmi les travaux les plus récents sur le genre Andrena, nous engageons à consulter : Dours, Hyménoptères nouveaux du bassin méditerranéen (Revue et Magas. de zoologie, 1871-1872, p. 293, 349, 896, 419, et 1873, p. 274 à 325). Outre le genre Andrena, qui en occupe une

AGAPOSTEMON. 809

grande partie, ce travail monographique s'étend aux genres Haliclus, Colletes, Prosopis, et comprend, dans les Apides, des espèces de Nomada, de Melecta, d'Osmia, de Tetralonia où Macrocera, et beaucoup d'espèces algériennes nouvelles du genre Eucera.

On peut consulter pour les Andrena d'Europe : Fr. Smith, Descriplions of British Bees belonging to the genus ANDREN:, Fabr. (Neiwman Zoologist, 4847, V, p. 1662-1670, 1732-1753, 1916-1931). — Schenck, Einige schwierige Andrena Arten (Sur quelques espèces difficiles d'Andrena) (Steltin entomol. Zeitung, 1870, p. 407).

AGAPOSTEMON, G.-Mén. — Tête subtriangulaire ; antennes allongées chez les mâles. Labre transverse et concave chez les femelles, prolongé en un lobe allongé, lequel est sublancéolé et étroitement frangé de forts poils plats; moitié apicale du lobe prolongée en une carène élevée, laquelle se transmet au loin dans une direction oblique au bord de chaque côté ; labre des mâles transverse, très-convexe et divisé au milieu par une légère rainure, prolongée au front en un lobe anguleux cilié par intervalles à son bord antérieur. Menton allongé, ayant chez les femelles plus de quatre fois la longueur de la lèvre; chez les mâles, lèvre ayant environ moitié de la longueur du menton ; paraglosses ayant à peu près moitié de la longueur de la lèvre. Palpes labiaux de quatre articles ; palpes maxillaires de six articles, l’article basilaire du palpe labial de la longueur des trois suivants, les maxiliaires ayant tous leurs articles à peu près d'égale longueur. Ailes comme dans le genre Halictus. Abdomen des femelles muni d’une fente anale. Pattes postérieures à cuisses très-renflées chez les mâles.

L'établissement du genre Agapostemon, détaché des Andrena, a été proposé par Guérin-Méneville, en raison des cuisses renflées des mâles, et ce genre, dit-il, est aux Andrènes ce que le genre Nomia est aux Halictes. Le type est l'A. femorale, G.-Mén., mâle, de la Havane (pl. Lxxt1, fig. 1), de 11 millim., à tête et corselet verts et luisants, finement ponctués, garnis de duvet blanchäâtre; les antennes noires, avec le devant du premier article jaune; le labre et la partie antérieure de la tête jaunes; les ailes hyalines, à bout légèrement enfumé; les pattes noires, diversement maculées de jaune, notamment avec une large tache de cette couleur à la base antérieure des larges cuisses de derrière ; l’abdomen noir, avec des reflets soyeux blanchâtres aux articulations des segments, et des poils blanchâtres clair-semés.

Ce genre contient six autres espèces également américaines, du Mexique, des États-Unis, de Californie. A côté de lui se place le genre Augochlora, Fr. Smith, dont toutes les espèces, au nombre d’une trentaine, sont d'un vert métallique brillant. Elles vivent dans les régions chaudes des deux Amériques, et certaines remontent dans l'Amérique du Nord jusqu'à la Nouvelle-Écosse.

En terminant les Andrénides vraies et avant de passer aux Halictides,

nous signalerons quelques travaux récents sur ces groupes d’Apiens : D' Ferd. Morawitz, Ein Beitrag zur Bienenfauna Deutschlands (Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in Wien, 1872, XXII, p. 355). Il décrit avec diagnoses latines 6 espèces nouvelles du genre Andrena et 4 espèces de Nomada, genre parasite du précédent, et 5 espèces nouvelles d’Halictus. — D' J. Kriechbaumer, Hymenopterologische Beiträge (même recueil, 1873, XXII, p. 49). On trouve dans ce dernier mémoire, avec diagnoses en latin, la description de 9 espèces nouvelles d'Andrena, de Palestine, de Sicile, de Rhodes, des environs de Trieste et de Turin, et trois Halictus nouveaux du Tyrol et d'Italie. Le mémoire de M. Morawitz comprend de nombreuses citations d'espèces nouvelles d’Apiens publiées antérieurement par lui dans les Horæ Soc. entomol. Rossicæ.

HALICTIDES.

Tête à vertex le plus souvent épais, arrondi postérieurement. Ocelles disposés en triangle ou en ligne courbe (triangle très-obtusangle). Front non gonflé antérieurement. Labre ayant la partie inférieure cachée sous les mandibules, Pronotum perpendiculaire, tronqué postérieurement, ayantle plus souvent les épaules en dent proéminente ; mésonotum prolongé antérieurement au milieu au-dessus du pronotum; mésopleures portant perpendiculairement une impression linéaire ; épimères bien séparées ; post-écusson horizontal. Aïles presque également pubescentes, les supérieures à stigma distinct, ayant la nervure basilaire remontant inférieurement plus ou moins en ligne courbe, les inférieures à lobe basal long, dépassant beaucoup la nervure transverse ordinaire. Hanches postérieures coniques. Crochets des tarses ayant en dessous une dent et une pelote distinctes. Abdomen offrant le premier segment non retroussé, bordé d’une impression linéaire latérale arquée.

Les Halictides présentent dans leurs divers genres européens des différences de réticulation alaire. Il en est dont les ailes supérieures n'ont que deux cellules cubitales complètes; dans le genre Rhophites, Spin., les jambes postérieures dans les deux sexes ont une patelle à la base, tandis qu’ils en sont dépourvus dans le genre Hylœus, Fabr., ou Prosopis, Illig., à corps subglabre, et qui fut regardé longtemps à tort comme parasite, surtout des Colletes. Les autres genres ont trois cellules cubitales complètes, les uns, Nomia, Halictus, Sphecodes, offrant, à ces mêmes ailes supérieures, la nervure basilaire remontant distinctement en ligne courbe, tandis qu'elle n'est que peu arquée dans le genre Colletes.

GENRES PRINCIPAUX

NOMEA, Latr. — Ocelles presque en ligne droite. Réticulation alaire semblable à celle des Halictus, la cellule radiale ayant le bout postérieur arrondi. Pattes

NOMIA. 811

postérieures des mâles renflées, arquées et munies d’appendices divers; jambes des femelles un peu arquées. Abdomen de même forme dans les deux sexes, ovale-elliptique, sans espace nu distinct sur le cinquième segment des femelles pour le jeu de l’aiguillon.

Les Nomies constituent un genre d'Apiens des régions chaudes, dont trois espèces cataloguées du midi de la France. Il y a depuis longtemps plus de vingt espèces décrites, réparties en outre sur le midi de l'Allemagne, l'Italie, la Grèce, l'Arabie, la Perse, l'Égypte, l'Algérie, les Indes orientales (plusieurs espèces), l’île de Ceylan, la Chine, l'Amérique du Nord, et il existait jusqu'à ces derniers jours dans les collections beaucoup d'espèces inédites. Ce sont des Apiens récoltants dont la lèvre est un peu plus longue que celle des Halictes. Les pattes postérieures des mâles ont une conformation particulière, leurs diverses parties ayant des appendices qui doivent être employés à retenir énergiquement l'abdomen de la femelle pendant la copulation. On trouve dans le midi de la France et en Italie N. diversipes, Latr., à antennes noires, testacées en dessous; le corselet noir, à poils roussâtres; l'abdomen noir, avec des bandes de poils blancs couchés; les pattes noires, à poils blanchâtres et roux mêlés, les deux paires postérieures ayant le bout des jambes et le métatarse jaune, les cuisses postérieures renflées, concaves en dessous, leur cavité garnie de longs poils blanes, les jambes renflées, arquées, offrant à l'extrémité un lobe assez large, pointu au bout, de couleur jaune ; les ailes sont transparentes, à sommet enfumé, le stigma et les nervures testacés, l’écaille alaire grande et testacée. Cette espèce est aussi d'Allemagne, de Suisse, du Tyrol, de Hongrie, d'Illyrie, de Sicile, d'Asie Mineure, de Russie méridionale. Nous représentons une espèce des Indes et de Java, N. crassipes, Fabr. (pl. Lxxr, fig. 8), femelle, de 10 millim., à tête noire, avec poils de la face argentés, les antennes noires en dessus, testacées en dessous; le thorax noir, avec deux bandes blanchâtres ainsi que le post-écusson; l’écaille alaire blanchâtre ; les ailes hyalines, à bout un peu enfumé, le stigma et les nervures d’un testacé pâle; les pattes noires, à poils roux, les jambes postérieures un peu arquées et les cuisses épaisses; l'abdomen noir, subglabre, brillant, les segments bordés de vert vif éclatant, avec reflet d’un bleu de ciel sous certaines incidences de la lumière. M. H. Lucas a décrit trois Nomies nouvelles d'Algérie, capturées sur les Chardons en juin, dans le cercle de la Calle, dans les bois du lac Tonga, en des lieux sablonneux.

Des travaux récents sont venus compléter nos connaissances imparfaites sur le genre Nomia. Le D' À. Gerstäcker a décrit 6 espèces d'Europe (1), qui sont, outre N. diversipes, Latr.: les N. difformis, Panzer, du

(1) Die Europaïschen Arten der Gattung Nora. Latr. (Sfettin entom. Zeitung, 1872).

midi de la France et de Hongrie; N. monstrosa, Costa, de Sicile, de Naples, de Calabre ; N. ruficornis, Spin., de Portugal, de Sicile, de Naples, d'Algérie, d'Asie Mineure, N. valga, Gerst., d'Andalousie; N, equestris Gerst., de l’île de Zante.

Les auteurs anglais décrivent plus de cinquante espèces nouvelles de Nomia exotiques. Ainsi Fr. Smith (Descriptions of new species of Bees belonging to the genus Nomia of Latreille in Entom. Soc, of London Trans., 1875, XV, p. 55, et Descriptions of new species of Indian aculeate Hymenoptera, p. 33) fait connaître des Nomies encore inédites des Indes orientales, de Java, de Sumatra, de Célèbes, de Chine, de divers points de l'Australie, du Nil Blanc, d'Égypte, de Gambie, de Port-Natal, d’Angola, de Sierra-Leone, de Brésil ou du Mexique. M. Westwood a complété ces recherches en décrivant 12 Nomies nouvelles des Indes, de Chine, de Ceylan, 6 d'Afrique occidentale, de Gambie, de Sierra-Leone, du Cap et de Natal, 3 d'Australie et de Tasmanie (Descriptions on some new species of short-tongued (à courte langue) Bees belonging to the genus Nomia of Latreille, même recueil, même volume, p. 207). Quelques espèces de ce genre (ex. N. Kirbyi, N. Sykesiana, etc.) ont cette particularité que leurs antennes sont terminées par ur article dilaté en forme de bosse, de manière à avoir l'apparence d’une antenne de papillon. M. Westwood crée pour elles, par anagramme, le genre Monia. D'autres, offrant une organisation analogue de l'antenne, diffèrent des Nomies ordinaires par leur langue dilatée et leurs pattes postérieures comparativement minces et simples; pour elles M. Fr. Smith a établi le genre Cyathocera, dont le type est le C. nodicornis, de Lucknow, ayant chez les mâles des antennes allongées et dont les deux articles apicaux sont dilatés, comprimés, formant comme un nœud piriforme, concave en dessous ou spatulé.

HALICTUS, Latr. — Corps allongé, peu poilu, souvent métallique, l’abdomen des mâles très-rarement roux au milieu. Tête pas plus large que le thorax, subtriangulaire, plus ou moins prolongée en rostre antérieurement, surtout chez les mâles, où son bout est souvent jaune; clypeus très-souvent marqué de blanc, sans fossettes près de l'orbite supérieur interne des yeux; antennes moins distantes entre elles que des yeux, assez longues, celles des mâles beaucoup plus que celles des femelles, quelquefois aussi longues que le corps. Ocelles en ligne courbe sur le vertex; yeux étroits, très-légèrement sinués intérieurement audessus du milieu, un peu plus larges inférieurement. Labre de la femelle muni au bout d’un éperon comprimé, celui du male simple et transverse. Palpes maxillaires de six articles, de longueur décroissante à partir de l’article basilaire; menton conique, à sommet bidenté ou émarginé ; lèvre lancéolée, aiguë. Palpes labiaux de quatre articles, le basilaire le plus long, aussi long que les deux suivants, les articles 2, 3, 4 à peu près d'égale longueur, Thorax ovale, Ailes supérieures à stigma grand, ayant la radiale en pointe à la base et graduellement rétrécie du milieu jusqu’au bout, qui est serré contre la côte ; trois

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