‹ Les insectesChapitre 87 sur 119 · HALICTUS · texte numérisé non relu

HALICTUS

cellule ronde au fond. La larve du Cerceris consomme trois ou quatre Halictes anesthésiés et placés à côté d’elle dans la cellule. On voit la Chrysis dorée (Chrysis ignita, Linn.) entrer dans le trou du Cerceris, après y avoir projeté du sable, sans doute pour étourdir le fouisseur!, et probablement la larve issue de son œuf doit se repaitre de celle du Cerceris, et des victimes engourdies destinées à la nourrir. La larve du Cerceris se file une coque d’un roux clair, ovale, renflée à un bout, fixée à la terre du trou par une pelite houppe de soie noire. La coque est enveloppée des têtes, des ailes et des autres parties dures des Halictes dévorés, et qui sont l'A. fulvo-cinctus, mêlé parfois à une autre espèce à corps cuivré, probablement /. morio, que le Cerceris emporte aussi pour ses larves.

Sur un de ses Halictes, de Walckenaer avait trouvé un Pediculus Melittæ, comme il l'appelle, qui est un Triongulin ou première larve de Méloïde (Coléopt.) ; mais, au lieu d'être noir comme celui décrit par Kirby et dont la nature est incertaine, il était de couleur fauve claire. Il rejette à tort l’idée émise par certains vieux auteurs, comme Frisch, Godaert, de Geer, que c’est la larve sortant de l'œuf du Méloé proscarabée.

Les observations modernes ont complété celles dont nous venons de donner l'analyse. D’après Fr. Smith, les mœurs des Halictes diffèrent notablement de celles des autres Apiens solitaires, à l'exception de celles du genre Ceratina et du genre Sphecodes, Latr, qui sont analogues. L'étude de la biologie de l'Halictus morio, Fabr., peut servir de modèle pour tout le genre. Les femelles se montrent hâtivement au mois d'avril, et l’on continue à les voir jusqu’en juin, sans qu'on puisse trouver aucun mäle pendant ce laps de temps, elles disparaissent en juillet, sauf quelques sujets isolés. C'est à parür du milieu d'août qu'on commence à voir voler des mâles au dehors, et ils abondent à la fin de ce mois. C’est dix à douze jours après les mâles que commencent à se montrer les femelles de la fin de l'été. Ces industrieuses créatures se mettent aussitôt à la tâche qui leur est dévolue en creusant des tunnels, ordinairement à plusieurs branches à l'intérieur. L'entrée commune donne passage aux différentes cellules, dans chacune desquelles est déposée une petite boulette de miel et de pollen, avec un seul œuf pondu dessus, Les larves emploient d'ordinaire dix ou douze jours à consommer leur pâtée, puis restent couchées et immobiles, deviennent nymphes, et; peu de temps après, insectes parfaits. Fr: Smith éleva un couvain d'A. rubicundus, Christ., depuis l'œuf jusqu’à l'adulte. C’est le 45 juillet qu'il se procura les boulettes de pollen avec l'œuf à la surface ; les larves acquirent tout leur développement en douze jours: La nymphose s’effectua vers le 25 août, et les insectes parfaits parurent pendant la première semaine de septembre: On voit done que les mâles et les femelles des Halictes coëxistent en automne ; que celles-ci sont fécondées et passent l'hiver engourdies pour se montrer seules au printemps

suivant et opérer leur nidification et leur ponte dans ce printemps et la première partie de l'été. C’est, avec les Cératines et Sphécodes, le seul exemple d’Apiens solitaires dont les femelles hivernent fécondées, comme celles des Bourdons et des Guêpes.

Les femelles des Halictes sont lentes dans leurs mouvements et faciles à capturer; les mâles, au contraire, sont très-vifs, surtout lors des amours. Ils diffèrent beaucoup des femelles et sont généralement de plus grande taille, ce qui est le cas du plus petit nombre des Apiens. Is s'emparent des femelles au vol, les saisissent et les forcent à l'accouplement au moyen de leurs pattes, assez grandes par l'allongement des cuisses devenues cylindriques, et par les quatre jambes antérieures bien munies de cils. Leurs antennes sont beaucoup plus longues, nonseulement par l'existence d’un treizième article supplémentaire, mais par la plus grande longueur de chacun d’eux. Tout leur corps est plus étroit, et l'abdomen devient chez eux presque cylindrique, tandis que les femelles le présentent ovale.

Nous indiquerons rapidement quelques espèces d’'Halictes, choisies parmi celles qu'on peut se procurer communément aux environs de Paris. Il en est une première section dont le corps ne présente pas la couleur d'un vert bronzé, et qui comprennent les espèces de la plus grande taille, avec d'autres petites, il est vrai. La plupart des Halictes de ce premier groupe ont l'abdomen noir, les segments diversement ceinturés de jaune, d’ochracé ou de cendré. La France, l'Allemagne, la Suède, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, l'Ukraine, présentent l'H. seæcinctus, Fabr., Latr., de 12 à 143 millim., aisé à reconnaître aux quatre bandes entières d'un gris pâle de l'abdomen de la femelle, les tarses et les jambes postérieures d'un testacé obscur, six bandes apicales aux segments de l’abdomen du mâle, le dernier article de l'antenne de celui-ci recourbé en crochet, les pattes jaunes, le quatrième segment à peine émarginé au bord postérieur, le cinquième notablement; les ailes sont hyalines jaunâtres, à stigma testacé. La France, la Suède, l'Angleterre, ont aussi l'A. leucozonius, Schranck, de 8 à 9 millim., noir, ponctué en partie, à pubescence cendrée, les segments intermédiaires de l'abdomen offrant à la base des bandes de poils blancs couchés ; le mâle ayant le clypeus prolongé, avec le bout blanc, le dernier segment ventral ayant une dépression médiane, terminé de chaque côté par une élévation linéaire. Les ailes sont hyalines, à stigma brun, à nervures testacées. Cette espèce est abondante dans beaucoup de parties des îles Britanniques, fort commune dans le district de Londres; elle parait avec profusion au mois d'août, et les mâles durent quelquefois très-tard, jusqu'à la fin d'octobre. L’H. lugubris, Kirby, ou fodiens, Latr., ou lœvigatus, L. S'-F., de 8 à 9 millim., est noir, subpubescent ; le thorax revêtu en dessus d’une pubescence ferrugineuse, le métathorax avec une petite dent postérieure de chaque côté ; l'abdomen très-brillant, avec les segments intermédiaires bordés de poils blan-

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châtres à la base, ces fascies inferrompues chez le mâle, qui a le elypeus prolongé et immaculé, les tarses blancs à la base. Cette jolie espèce se trouve près de Paris et dans le Languedoc sur les Chardons. Elle est locale et peu abondante dans les îles Britanniques, du district de Londres, de l’île de Wight, de quelques endroits de l'Écosse; on la cite aussi de Dalmatie. Une espèce très-largement distribuée, de France, de la Grande-Bretagne, de Belgique, de Laponie, de Finlande, de Suède, d'Allemagne, de l'Ukraine, d'Italie, de Portugal, d'Algérie (H. Lucas), du sud de l'Afrique et de la Nouvelle-Écosse, est l’H. cylindricus, Fabr., plus connu sous les noms de fulvo-cinctus, Kirby, ou abdominalis, Panzer, ou vulpinus, LE. St-F., aimant à butiner sur les Eryngium et autres plantes épineuses, de 8 à 10 millim., à tête subarrondie, les poils de la tête et du corselet roussâtres, le métathorax de la femelle ayant une aire très-rugueuse antérieurement, bien arrêtée postérieurement, les ailes d’un jaunâtre transparent, un peu enfumées au bout, le stigma testacé, les pattes à poils roux, l'abdomen allongé, les bords des segments fauves, les intermédiaires pâles à la base de chaque côté. Le mâle se distingue par son clypeus prolongé, avec le bout jaune, les poils généralement blanchâtres, les segments 2? à 4 de l'abdomen noirs ou bordés de roux. On trouve jusqu'aux beaux jours de l’automne des mâles de cette espèce, qui est répandue dans toutes les îles Britanniques, existant à la fois dans le pays de Galles, en Écosse et en Irlande. La plus grande espèce européenne du genre est l’H. quadristrigatus, Latr., ou grandis, Ilig., de 14 à 45 millim., de France et des environs de Paris, du Languedoc sur les Æryngium, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce (Brullé), d'Algérie, en avril, près d'Oran, sur les fleurs de l’Asphodèle rameux (H. Lucas). La femelle a les poils de la tête et du corselet roussàtres, les ailes transparentes, à bout un peu enfumé, le stigma et les nervures testacés, l'abdomen ayant des poils roux au premier segment, les trois suivants noirs, avec une étroite bordure postérieure de poils blancs, le cinquième noir, l'anus à poils roussàtres, ainsi que les pattes. Chez le mäâle les antennes sont testacées en dessous, sauf aux deux bouts, et le chaperon porte une bande d’un blanc jaunâtre. Les tarses sont testacés, le segment 6 de l'abdomen ayant des poils noirs comme le segment 5, les poils hérissés de tout le corps d’un gris blanchâtre.

Une section du premier groupe, comprenant les espèces de la plus faible taille, a l'abdomen noir en entier, sans bandes. Nous citerons H. minutus, Kirby, de France et des environs de Paris, du Languedoc, sur les Pâquerettes et les murs de terre, répandu très-généralement dans toutes les parties des îles Britanniques, de Danemark, de Laponie, de Finlande, de Suède, ayant 5 à 6 millim. de long, noir, les antennes roussâtres en dessous, le corselet presque nu et ponctué, les ailes transparentes, à nervures et stigma d'un testacé pâle, les pattes noires à poils blanchâtres, l'abdomen très-brillant, les côtés du cinquième seg-

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ment de la femelle et l'anus ayant des poils blanchâtres. Le mâle a le clypeus prolongé, avec son bout d'un blane jaunâtre, Le dernier segment dorsal infléchi au sommet, obtusément élevé au milieu. Une espèce encore plus petite est l'A. minutissimus, Kirby, n'ayant que 3 à 4 millim. de long, différant du précédent, outre sa grandeur, par l'abdomen plus oblong, le mesonotum à ponctuation plus serrée, avec le sillon médian plus long, le stigma des ailes noirâtre, la seconde cellule cubitale plus haute; le mâle, dont le ventre est plus brièvement frangé, a Le bout du clypeus, le labre et les mandibuies jaunes. L'espèce est de France, de Belgique, de Suède et généralement distribuée dans les iles Britanniques, dont elle est le plus petit Apien. Malgré sa faible taille, Fr. Smith en a vu un spécimen infecté de Stylops.

Le second groupe des Halictes, formé d'espèces de taille petite ou médiocre, présente le corps, ou au moins la tête et le thorax d’un vert bronzé. Nous y trouvons l'A. celadonius, Fabr., Latr., ou flavipes, Fabr., Smith, ou virescens, L. Si-F., ou subauratus (Brullé, Eæpéd.de Morée), de 6 à 8 millim., d'un vert bronzé sombre et brillant, la tête et le corselet avec des poils d'un gris roussâtre, l'abdomen ayant d'étroites bandes blanches, le mâle à longues antennes, pâles en dessous, le bout du elypeus, le labre, les mandibules, les écailles alaires et les pattes jaunes; espèce de toute la France, butinant sur les Symphytum, les Eryngium, etc., commune dans toutes les parties des îles Britanniques, de Finlande, de Suède, d'Allemagne, de Grèce (Brullé), de l'Ohio (États- Unis) et de la Nouvelle-Écosse. Les exemplaires de cette espèce venant d'Amérique sont plus grands que ceux qu'on observe dans les divers pays de l'Europe; mais on n'y peut découvrir de différence sous les autres rapports, la nervalion des ailes étant la même, ainsi que la sculpture du métathorax, qui est bordé inférieurement des côtés jusqu'au milieu. Une espèce très-commune est l'H Morio, Fabr., figuré dans Coquebert, de 5 à 6 millim. seulement, à métathorax bleuâtre, à abdomen d’un noir un peu bronzé, les segments dorsaux 2 et 3 de l'abdomen ayant de chaque côté des poils blanchâtres à la base, le calcar intérieur des jambes postérieures armé de trois longues épines; le mâle à antennes assez longues, d’un brun fauve en dessous, le elypeus jaune au bout. Cette espèce est de toute la France, se prenant sur divers Chardons. C’est peut-être la plus abondante de tous les Halictes dans les îles Britanniques, se trouvant fréquemment sur les vieux murs et dans les chemins, ainsi même dans les rues des faubourgs de Londres. Ses nids sont souvent infestés par Nomada furva, Panzer, et l'on trouve des mâles jusqu'à la fin d'octobre. L'espèce se rencontre aussi en Finlande, en Suède et en Italie.

Nous devons citer, à propos de l’histoire du genre Halictus : Fr. Smith, Descriptions of the British species of Bees belonging to the genus Halictus, Latr. (Newman Zoologist, 1848, t. VI, p. 2037-2044, 2100-2108, 2167- 2475); Descriptions of aculeate Hymenopterous of Japan (Soc. Entom. of

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Lond. Trans., 1873, XII, p. 181 à 206). Dans ce dernier mémoire l'auteur déerit cinq Halictus japonais nouveaux, en même temps que des espèce : nouvelles de la plupart des genres d’Apiens. Il y constate la présence au Japon de l'Anthophora nidulans, Fabr., espèce du midi de la France et de l'Europe, d'Algérie, de Madère, des îles Canaries. Il reconnaît aussi au Japon une espèce nouvelle d’Abeille, l’'Apis nigrocincta, Smith, plus petite que notre Apis mellifica, qui n’a pas été observé au Japon. — Schenck, Aus der Bienen Fauna Nassaws (Deutsche entom. Zeitschr., 1875, XIX, p. 321). Dans cette faune du Nassau sont décrits 3 Halictus nouyeaux et 2 Prosopis.

SPHECODES, Latr. — Corps à peu près nu, n'ayant que très-peu de poils pâles, non bronzé, à thorax fortement ponctué. Tête arrondie, à peu près aussi large que le thorax, non prolongée en rostre au bout; clypeus des mâles non marqué de blanc ; face large. Antennes des mâles offrant aux articles du flagellum, au moins aux derniers, un espace basal terne et gris, finement granuleux-réliculé, Ocelles en triangle sur le vertex ; yeux convexes, presque ovales, plus larges inférieurement, à peine sinués au côté interne. Labre des femelles sans éperon apical, caché sous les mandibules. Palpes maxillaires de six articles, l’article basilaire court, le second de longueur double, les quatre autres à peu près subégaux en longueur et chacun de longueur moindre que le second ; langue aiguë, courte, non repliée ; palpes labiaux de quatre articles, le premier à peu près aussi long que les deux suivants, l’article apical le plus court, les paraglosses petits. Ailes supérieures ayant une cellule radiale rétrécie depuis son milieu et se terminant en pointe, celle-ci écartée de la côte et un peu appendiculée ; trois cubitales complètes : la première à peu près aussi longue que les deux suivantes ; la seconde subcarrée, à bord inférieur anguleux, légèrement rétrécie vers la radiale, recevant la première nervure récurrente un peu au delà du milieu; la troisième très-rétrécie vers la radiale, recevant la seconde nervure récurrente. Ailes inférieures munies de cinq à dix hameçons. Pattes postérieures de la femelle sans apparence pollinigère, spinuleuses extérieurement, sans patelle, sans brosse, à calcar mutique. Crochets des tarses bifides. Abdomen sans brosse ventrale, coloré d’un rouge sanguin, ayant le bout noir et aussi la base chez les mâles, le cinquième segment sans fente glabre dans la femelle.

Les Sphécodes présentent, comme on le verra, de grandes difficultés dans la détermination du nombre de leurs espèces. Le Catalogue général du British Museum en compte 16, de divers pays de l'Europe, d'Algérie, d'Égypte, des îles Canaries, de l'Inde et du nord de l'Inde, de Sydney (Australie), des États-Unis. Fr. Smith en compte cinq espèces anglaises, €. G. Thomson huit pour la Scandinavie, et le catalogue des espèces françaises de Dours en énumère six, dont plusieurs, d'après le D' Sichel (1), ne sont que des races d’une seule espèce.

(1) Dr Sichel, Révision monograpiique, critique et synonymique du genre melli-

Le genre Sphecodes est le äernier genre européen compris dans les Andrénides acutilingues de M. Westwood. Les Apiens qui le composent avaient bien été désignés comme nidifiants par Illiger, mais son assertion était restée inaperçue, et ils furent pendant longtemps regardés comme parasites des nids des Halictes, et cela d’après diverses circonstances qui semblaient probantes, outre la conformation anatomique : on les trouve ordinairement construisant leurs terriers aux mêmes places, et formant même des colonies mélangées; de plus, les femelles des deux paraissent en même temps, et, de fait, leur nidification est analogue, ainsi que les époques d'apparition et d'hivernage. Lepeletier de Saint-Fargeau place ce genre, dans sa division des Parasites, à côté du genre Rathymus, avec lequel il n’a aucune affinité réelle, mais seulement une ressemblance extérieure par la répartition des couleurs noire et rouge. L'absence des organes pollinigères habituels n’est pas plus une preuve de leur parasitisme que pour les genres Ceratina, Prosopis, etc. En 1849, Fr. Smith trouva une colonie mixte des Halictus abdominalis et Morio, Andrena nigro-ænea, Sphecodes subquadratus et Geoffroyellus (races ?), et, comme elle était à peu de distance de sa demeure, il put observer aisément et fréquemment leurs mœurs, Jamais il ne vit un Sphecodes entrant dans le terrier d'un Halictus, et ceux dans lesquels entraient les Sphécodes étaient de grandeur intermédiaire entre les trous des /1. Morio et abdominalis. On ne trouvait en ce moment aucun mâle de Spñecodes, ceux des Andrena avaient disparu quelque temps auparavant, et ceux des Halictus n'étaient pas encore développés. Plusieurs fois des Sphécodes furent surpris occupés à creuser leurs trous, et, en visitant la colonie mixte par une matinée nuageuse où les femelles ne volaient pas, Fr. Smith eut la satisfaction de constater les têtes des femelles à l'entrée de la plupart desterriers, celles des Halictus à leurs propres terriers, celles des Sphecodes aussi aux leurs.

Des observations analogues furent faites par le D° Sichel sur un talus exposé au midi, près de Ville-d’Avray, aux environs de Paris. Il y avait des colonies d'Halictes, tous de beaucoup plus petite taie que les Sphécodes (H. nitidiusculus, Kirby, Morio, Fabr., Smeathmannellus, Kirby, et æratus, Kirby), placées à peu de distance de celles des Sphécodes, sur le même talus; elles appartenaient aux Sphecodes subquadratus, Smith et ephippius, Linn., qui n'en est qu'une variété de petite taille, car ils nichent tous deux côte à côte et éclosent aux mêmes époques. Les mâles apparaissent dix à quinze jours avant les femelles, à la fin de juin et en juillet, et volent longtemps avec elles. Les individus des deux sexes du S. subquadratus sont généralement grands ; les plus gros ont de 7 à 42 millim. de longueur, 2 millim. un tiers à 3 millim. et demi de lar-

fère Sphecodes, Latr., basée sur la méthode numérique, avec des remarques sur les mœurs des Sphécodes comme insectes nidifiants et non parasites (Ann. Soc. entom. France, 4° série, 4864, t. IV, p. 397).

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geur du thorax et de l'abdomen. Leurs nids, proportionnés à leur taille, forment des trous arrondis assez grands et faciles à voir, même quand les allées et venues des insectes n'altirent pas l'attention. L'entrée du nidde S. ephippius est beaucoup plus petite et moins facile à découvrir quand les insectes ne volent pas. Jamais les individus des deux races n'entraient dans les terriers des Halictes, ce qui, du reste, eût été matériellement impossible aux individus les plus gros, trois ou quatre fois plus volumineux que l’orifice des nids des Halictes Les Sphécodes, comme les Prosopis, n'ont pas d'organes pollinigères apparents, mais peuvent bien rapporter du pollen à l’aide des poils de la tête, du chaperon et des mandibules. Siche la souvent capturé des Sphécodes et des Prosopis dont le chaperon et les poils de la tête étaient recouverts d'une couche de pollen. Ils dégorgent très-bien du miel par la bouche quand on les saisit, propriété qui d’ailleurs appartient à tous les Apiens, aussi bien nidifiants que parasites des nids, contrairement à l’assertion toute théorique de Lepeletier de Saint-Fargeau. Enfin, les organes pollinigères habituels ne manquent pas entièrement aux Sphécodes; leurs métatarses postérieurs sont garnis en dessous d'une petite brosse roide, et leurs jambes postérieures en dehors d'une brosse parfois bien développée (S. gibbus et antipus).

Une espèce très-commune, fort variable et répandue dans toute l'Eu rope, se trouvant aussi en Perse, est le S. gibbus, Linn. (syn. rufus, Christ., monilicornis, Kirby, piceus Wesmael). Cette espèce, d'après Sichel, ne doit pas être séparée du S. rufescens, Fourcroy, la Proabeille noire et rousse de de Geer (I, 7, 35, pl.32, fig. 6), décrite et figurée par Réaumur (VI, 96, pl. 9, fig. Aet7). Ces Apiens, de 9 à 10 millim., sont noirs, à abdomen ferrugineux, avec la base et le sommet noirs. Dans la première race ou espèce, les ailes sont enfumées, avec le limbe plus obscur; le mâle présente les derniers articles des antennes ornés d'une réticulation subtile de la base au milieu, la sculpture du métathorax plus rugueuse que chez la femelle, le dernier segment ventral marqué d'une fovéole oblongue médiane. Chez S. rufescens, la tête n’est pas aussi large, les antennes des mâles sont plus courtes, le thorax beaucoup plus finement ponctué, les ailes hyalines simplement rembrunies. Ces Sphécodes sont abondants en automne, fréquentant des fleurs variées, particulièrement les têtes de Chardon, l'Eryngium campestre, etc.

Sichel a soumis les Sphécodes à un critérium qui ferait disparaitre nombre d'espèces d'insectes, si beaucoup d'amateurs éclairés avaient la patience de l’employer souvent. C'est par l’observation de 2600 sujets présentant tous les passages qu'il arrive à réunir les $S. gibbus et rufescens, Ce dernier ainsi caractérisé par Geoffroy: nigra, abdomine rufo nitido, apice nigro (H, 416). Presque tous les Sphécodes de l'Europe moyenne sont compris dans le gibbus linnéen, avec quatre grandes races: S. subquadratus, Smith, à vertex épais, à ailes presque hyalines, de France, de Suède, d'Allemagne, d'Angleterre, mais rare et local, des

comtés de Kent et d'York,le même que ru/iventris Panzer (Fauna germ., var. abdomine rufo, prümi segmenti basi nigra); maculatus, L. S'.F.; S. piceus, Kirby, Wesmael: S. similis, Wesm.; S. ephippius, Linn., ou Geoffroyellus, Kirby, ainsi caractérisé dans Geoffroy : apis nigra, abdomine rufo-nitido, incisuris nigris (H, 416, 18). Ce dernier Sphécode, de plus petite taille que les autres, ® long. 5 à 6 millim., œ 2 à 5, es! noir, avec l'abdomen roux, à bout et pattes d’un noir de poix, les mandibules, les tarses et les jambes antérieures roussâtres ; chez le mâle, les articles là 12 du flagellum sont subcarrés et offrent en dessous üne fine réticulation grise étendue jusqu'au bout, LeS. hispanicus, Wesm., n’est, selon Sichel, qu'une race méditerranéenne du gibbus, très-rare aux environs de Paris, se trouvant surtout dans l'Europe méridionale et en Algérie.

Une espèce bien distincte et qui varie très-peu, beaucoup moins commune que S. gibbus et les races ou espèces affines, est le S. fuscipennis, Germar (syn. nigripes, L.S'.-F.), d'Angleterre, de France, surtout méridionale, d'Allemagne, de Grèce, de l’est et de l’ouest de l'Algérie (H. Lucas). au printemps et en été dans les lieux sablonneux et exposés au soleil. Cette grande espè£e, de 40 à 12 mill., butinant sur les mêmes plantes que les précédentes, est noire en général, ainsi que les antennes et les pattes, avec poils noirs chez la femelle, sauf quelques poils blancs sur la face. La tête est terne, à ponctuation serrée; le thorax un peu brillant, moins chez le mâle, à ponctuation serrée et épaisse, le métanotum subréticulé el à forte sculpture rugueuse en dessus ; l'abdomen est roux, à bout brun, peu brillant, ou un peu terne, principalement chez le mâle, avec des points plus gros et plus serrés dans les mâles, le bord apical des segments {rès-brillant et non ponctué. Les tarses sont roussâtres, les écailles brunes, plus foncées au sommet, à reflet violet, les nervures noires, le stigma d'un brun jaunâtre. Le mâle a les poils de la tête, du corselet, des derniers segments de l’abdomen et des pattes d’un blanc argentin, les ailes moins foncées, excepté au bout.

A consulter pour les Sphécodes: Fr. Smith, Descriptions of the British species of Bees belonging to the genus Sphecodes, Latr. (Néioman Zoologist, 1845, LT, p. 890-896).— Von Hagens, Ueber der Genitalien der mannlichen Bienen,besondersdieGattung Sphecodes(Berlinerentomol.Zeïtschrift, Berlin, 1874, p. 25 à 43). L'auteur étudie les organes génitaux mâles des diverses espèces de Sphécodes, et les compare à ceux des autres genres d'Apiens. — Von Hagens, Weïtere Beiträge zur Kenntniss der deutschen Sphecodes Arten(Deutsche entom. Zeitschrift,Berlin, 1875, p.315).C'est une revue critique et synonvmique des espèces de Sphécodes d'Allemagne.

PrRosopPis, Ilig.,ou Hycæus, Fabr, (1). — Tèle sublriangulaire, aussi large que le thorax, le front muni entre les antennes d’une petite carène subdépri-

(4) Nous n'adopterons pas €e non, quoique plus ancien, parce qu'il à été Aônné aussi à d’autres genres d’Apiens, ce qui peut faire confusion.

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