PROSOPIS
mée. Ocelles en triangle sur le vertex; yeux convergents inférieurement. Antennes insérées un peu au-dessus du milieu du front. Palpes maxillaires de six articles; palpes labiaux de quatre articles. Pronotum séparé postérieurement, souvent coloré ; écusson mutique et un peu convexe, Ailes supérieures ayant une cellule radiale un peu appendiculée et deux cubilales complètes, la seconde légèrement resserrée vers la radiale, la première nervure récurrente reçue au bout de la première cellule cubitale, la seconde au bout de la seconde cellule, Ailes inférieures munies de 5 à 9 hamecçons, ayant la fourche du cubitus située un peu avant l’origine de la nervure marginale. Jambes dépourvues de patelle et à épines simples; crochets des tarses petits et unidentés. Abdomen subglabre, avec une ligne médiane courte, mais profonde, sur le premier segment dorsal. Femelles dépourvues des appareils pollinigères ordinaires et cependant non parasites.
Les Prosopis font partie, avec les Colletes, des Andrénides obtusilingues de M. Westwood. Ils offrent encore un exemple de ces genres regardés longtemps, à tort, comme parasites des nids, parce que leurs femelles sont privées des organes qui servent habituellement à la récolte du pollen. En réalité, elles nidifient dans les tiges sèches des Ronces, des Églantiers, des Rumex, etc.,en général des plantes dont les tiges ont un canal médullaire aisé à perforer, et les larves sont disposées et arrangées dans le même ordre régulier que celles des Apiens travailleurs bien reconnus. La première observation de ce fait est de M. Thwaites en 1841, puis de M. Fr. Smith sur plusieurs nids, enfin de M. Sidney Saunders sur une espèce d'Albanie, P. rubicola, Saunders. Il a élevé cette espèce en grand nombre dans les tiges de la Ronce, et ses cellules étaient garnies, comme celles des Colletes, d’une membrane mince et transparente, apte à retenir la miellée demi-liquide servant à la nourriture des larves. L'espèce albanienne est ordinairement très infestée par les Séylops. Le D' Giraud (op. cit., in Ann. Soc. entom. France, 1866, p. 460) a trouvé dans la Ronce, à Fontainebleau, le P. confusa, Schenck, avec des ÆEurytoma, Ilig. (Chalcidiens) parasites. Jamais aucune Osmie n'est sortie des mêmes tiges, et l'on sait qu'il est bien rare qu'un parasite remplace complétement un nidifiant dans ses cellules. Les coques étaient plus petites que celles de l'Osmia leucomelana, Kirby, qui nidifie aussi dans les tiges de Ronce, et, comme elles, cylindrique, et formées d’une mince membrane pellucide, d’un blanc grisâtre. Entre les coques sont des cloisons de moelle détachée et conservant toute la. pureté de sa couleur, les crottins restant entassés au bout inférieur de la coque, tandis que, chez l'Osmie, ce sont eux, accumulés par la larve avant la filature de la coque, qui forment la cloison intermédiaire. En outre les cellules ne sont pas aussi régulièrement disposées bout à bout que celles de l'Osmia leucomelana, mais parfois se placent obliquement dans l'épaisseur du reste de la moelle. En outre les coques du Prosopis de l’espèce citée ont été trouvées à l'intérieur de vieilles galles du
Cynips Kollari, Hart., remplissant entièrement en lignes courbes l’épaisseur des parois. L'insecte était entré par l'ouverture de sortie du Cynips, et s'était logé dans le tissu abondant el spongieux de la galle, qui a le volume d'une prune de reine-Ciaude. Jamais M. Giraud n’a vu des Osmies sortir des galles, et l'on peut admirer l'intelligence du Prosopis, sachant approprier à sa nidification des galles, qui sont des produits si différents des tiges. Une autre petite espèce, le P brevicornis, Schenck, a été obtenue, près de Grenoble, des tiges de la Ronce. Le D' A. Puton (Ann. Soc. entom. France, 1871, p. 91, Note sur quelques Hyménoptères, ete.) a trouvé, dans les Vosges, le P. dilatata, Kirby (d’après M. Thomson, ce serait le P. Rinki, Gorski) dans des tiges de Ronces, qui n'ont fourni aucune espèce d'Osmie. La plupart des coques étaient alignées bout à bout, mais d’autres au contraire placées parallèlement côte à côte.
Les travaux récents ont augmenté dans une proportion considérable le nombre des espèces connues du genre Prosopis, qui s'élève à environ 160, dont plus de 100 pour l’Europe. Le catalogue Dours en inscrit 24 pour la France, nombre trop faible; Fr. Smith en compte 9 en Angleterre et Thomson 11 en Suède. M. Fürster a fait connaître 70 espèces nouvelles d'Europe (1). Pour établir de l'ordre dans un nombre aussi grand, il les divise en dix groupes, qui se rangent autour des dix espèces types suivantes : variegata, Fabr., dilatata, Kirby, annulata, Linn., Kirby, hyalinata, Smith, immaculata, Fürster, clypearis, Schenck, annularis, Kirby, nigrita, Fabr., bipunctata, Fabr., syn. stgnata, Kirby, ebenina, Fürster, varipes, Smith. Outre les espèces des diverses parties de l’Europe, on doit signaler deux espèces de Prosopis des îles Sandwich, d’autres de la baie d'Hudson, des États-Unis, du Brésil, du cap de Bonne-Espérance, des Indes, du Japon, une douzaine d'espèces d'Australie et de Tasmanie, et, dans une seconde division un peu différente du type par la nervation alaire, cinq espèces d'Australie.
Nous signalerons rapidement quelques espèces communes de Prosopis. Le P. communis, Nyl. (syn. annulata, Fabr., Panz., Zett., non Linn.) est une espèce fréquente en France et aux environs de Paris, aussi de Grande-Bretagne, d'Allemagne, de Danemark, de Suède, de Finlande, longue de 5 à 6 millim. chez la femelle, le mâle plus petit. L'espèce est noire, la face ayant de chaque côté du clypeus une tache .jaune oblongue-anguleuse, touchant les yeux, parfois réduite à une simple ligne, les épaules du thorax et les écailles marquées de jaune, le thorax rugueux, les jambes postérieures ayant à leur base un anneau de couleur jaune pâle, le premier segment de l'abdomen postérieurement brillant et ponctué et sans strie latérale formée de poils blancs
(4) Dr Fürster, Monographie der Gattung MyLxus, Fabr. (Verhandl. 2001. botan. Gesellsch, in Wien, 1871, XXI, p. 873 à 1085).