PHILANTHUS
tous à l’Apion gravidum, Oliv., et de rares individus de Phytonomus murinus el de Sitona lineata ; le C. minuta, L. S'-F., chassant de trèspetits Curculioniens, principalement les Apion gravidum et Bruchus granartus : le C. rufiventris, L. SF, d'Algérie, s’attaquant aussi aux Curculioniens. A côté de ces chasseurs à peu près indifférents à la proie curculionienne, le C. quadrifasciata, PDahlbom, reprenant des mœurs analogues à celles du C. ornata, capture d’autres petits Hyménoptères fouisseurs, occupés comme lui à la recherche de la proie vivante : ainsi Alyson bimaculatum, Jurine.
Nous figurons, planche rxxut, fig. 9, la grandeur naturelle à côté, une petite espèce indienne de Cerceris, le C. bifasciata, G.-Mén., long de 5 millimètres, habitant le Bengale, entièrement d'un fauve foncé, ponctué, avec le devant de la tête au-dessous de l'insertion des antennes, le premier article de celles-ci, la base des mandibules, les anneaux 3 ct 5 de l'abdomen jaunes, les ailes un peu teintées de jaunâlre, avec une petite tache brune au bout.
M. C. G. Thomson place près des Cerceris le genre Alyson, Jurine, dont les ailes supérieures ont la seconde cellule cubitale recevant les deux nervures récurrentes, et dont les ailes inférieures offrent la nervure transverse ordinaire, située derrière la fourche du cubitus. Les auteurs mettent d'ordinaire ce genre dans la famille des Nyssonides. On comprend combien ces discordances apportent de diificultés à la classification des Fouisseurs.
PHILANTHINES.
Yeux convergeant supérieurement, émarginés en dedans. Mandibules ayant le bord extérieur non excisé. Antennes épaisses. Ailes supérieures munies de trois cellules cubitales. Hanches intermédiaires subcontiguës; jambes intermédiaires avec une épine mobile ou calcar. Abdomen ayant aux segments dorsaux une dépression postérieure dislincte. Ordinairement ces insectes sont réunis aux Cercérines. M. C. G. Thomson les rapproche au contraire des Tachytes, Miscophus, etc.
PHILANTHUS, Lair. — Têle épaisse, la suture du chaperon anguleuse de chaque côté; trois ocelles en triangle sur le vertex. Collier du pronotum distinct, mais étroit. Ailes supérieures offrant la seconde cellule cubitale recevant la première nervure récurrente, les inférieures avec un grand lobe basal, atteignaut presque la nervure transverse ordinaire, celle-ci oblique, située un peu avant la fourche du cubitus. Jambes et tarses des femelles ciliés et épineux. Abdomen subsessile, ou parfois péliolé, ovale, ses segments ne laissant pas entre eux d'étranglement sensible, comme chez les Cerceris, le premier n'étant pas nodiforme. ,
Le type de ce genre est le P. triangulum, Fabr. (syn. : apivorus, Latr.; pictus, Panzer; androgynus, Rossi), longueur de 10 à 12 milli-
mètres (planche Lxx1u, fig. 8, antenne de la femelle; 8 «a, labre; 8b, mandibule; 8c, mâchoire et palpes; 8 d, lèvre inférieure et palpes). Cette espèce représente seule le genre au nord de l’Europe, dans la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède. Elle est de toute la France, commune aux environs de Paris, d'Allemagne, d'Italie. La tête, presque lenticulaire, est grande, noire, tachée de jaune, très-finement ponctuée avec une pubescence grisâtre, bien séparée du thorax et un peu plus large que lui, rétrécie derrière les yeux; les mandibules pâles, à bout obtus ; les orbites des yeux postérieurement marquées de blanchâtre, les yeux munis intérieurement au-dessus du milieu d'un petit sinus. Les antennes, insérées assez haut sur le front et assez distantes à la base, sont courtes et noires, recourbées en avant, le 4° article cylindrique, l’article 2 petit et transverse, 3 obconique, presque plus long que 1, les suivants subégaux en largeur, étroitement unis, le dernier plus étroit, à bout obtus. Le thorax est oblong, non denté latéralement, à molle pubescence grise, très-ponctué; un mince collier jaune au pronotum, le mésonotum plus élroit que le pronotum, et séparé de lui par une impression profonde, l’écusson lisse et noir, le postécusson à bande jaune. Les ailes supérieures, à écailles ferrugineuses avec tache jaune, sont presque hyalines, à limbe étroit à peine enfumé, à petit stigma; la seconde cellule cubitale, rétrécie supérieurement, recevant la première nervure récurrente au milieu; la troisième, prolongée postérieurement en ligule, recevant la seconde nervure récurrente près de l'angle antérieur. Les pattes sont assez longues et fortes, d'un jaune ferrugineux, avec hanches et bases des cuisses noires, les tarses antérieurs de Ja femelle ayant les quatre premiers articles aiguillonnés extérieurement, les ongles robustes, mutiques, munis d’une assez grande pelote. L’abdomen est oblong et subglabre, peu ponctué, jaune en dessous, ayant en dessus les segments à bandes jaunes avec la base noire, s'allongeant en forme de triangle noir sur le dos, ne divisant pas entièrement la bande jaune aux segments 1,2 et 5, tandis qu’elle est souvent largement interrompue au milieu aux segments 3 et 4, le segment 6 ou anal jaune, avec une petite incision médiane au bout. Le mâle a la face plus convexe, l'espace entre les yeux et les mandibules plus large ; une tache frontale entre les antennes jaune, grande ou trifide; l'écusson ayant souvent une tache d’un jaune pâle ; l'écaille alaire jaune; l'abdomen assez fortement ponctué, ayant toutes ses bandes jaunes entières ou interrompues au milieu, le septième segment ventral subexcavé au bout, qui est émarginé:
Les mœurs de ce Philanthe ont été bien étudiées par Latreille. La femelle creuse des trous inclinés, ayant parfois jusqu’à 30 centimètres de profondeur, au moyen de ses tarses antérieurs, et rejette les déblais derrière elle avec ses fortes pattes postérieures. On Ja voit souvent, lä tête à l'entrée du terrier, prête à empêcher l'entrée des maraudeurs: Les trous sont creusés dans les talus de sable des chemins, au pied des