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PHILANTHUS

murs, sur les amas de sable faits par les cantonniers au bord des routes, etc., surtout à l'exposition du levant. Pendant une vingtaine d'années, j'ai pris cette espèce le long d'un mur de jardin, à l'entrée de la ville de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), à droite en arrivant de la gare, et elle y est sans doute encore, le terrain lui paraissant bien propice, car un continuel passage de piétons dérange sans cesse les laborieuses femelles. Ce sont surtout les Abeilles domestiques, les ouvrières, et jamais les faux Bourdons, que recherche le Philanthe. II les saisit sur les fleurs, surtout les Ombellifères, ou même au vol à l'entrée des ruches, les anesthésie d'un coup rapide d'aiguillon, lèche la goutte sucrée que les Abeilles blessées dégorgent, les emporte, ventre contre ventre, serrées par les quatre pattes de devant, celles de derrière restant étendues. Le vol du Philanthe est très-ralenti par ce lourd fardeau. Au fond de chaque terrier est une seule larve blanchâtre, approvisionnée d’une demi-douzaine d'Abeilles engourdies, pouvant encore pendant une quinzaine de jours mouvoir lentement les jambes et les tarses. Souvent l’aiguillon de l’Abeille reste en dehors du corps, ce qui prouve qu'elle a voulu se défendre, et que l’agresseur n’a triomphé qu'à force d’audace et d’agilité. La larve se file un très-élégant cocon papyracé, d'un roux brunâtre, semi-transparent, ayant la forme d’un flacon ovoïde, surmonté d'un long goulot cylindroïde par où sortira l'adulte. M. Marquet a vu, à Toulouse, que le P. triangulum s'empare aussi de Diptères du genre Merodon (Syrphiens), qui ressemblent beaucoup à des Abeilles. On trouve souvent cette espèce sur les dunes de nos côtes normandes, avec des Abeilles paraissant mortes, non loin de ses trous ; ce sont des proies égarées ou attendant leur enfouissement,

C'est sur les dunes de Lion-sur-mer (Calvados) que M. H. Lucas a fait quelques observations sur ce Philanthe (1), dont les clapiers sont creusés très-profondément dans le sable. Il a vu que ces insectes, dont les allées et venues sont très-fréquentes, montrent parfois une certaine hésitation à entrer dans leurs trous, semblant avoir besoin de vérifier la position de leurs demeures. Une fois l'Abeïlle déposée au fond du nid, le Philanthe répare et nettoie l'habitation, et repousse à l'extérieur, à reculons, avec son abdomen, quelques pelletées de sable, Quelquefois les insectes se trompent de clapier et sont expulsés par le véritable propriétaire. Ils sortent de la maison d'autrui, l'abdomen fortement replié autour de leur proie, et sont alors quelque temps avant de reprendre leur vol. Un Chrysidien, le Chrysis ignita, Linn., entre dans les nids du Philanthe pour y déposer ses œufs. L’ennemi est poursuivi à outrance, lorsqu'il est rencontré par le Philanthe. Le Chrysidien recourbe son abdomen en dessous, et présente ainsi comme une boule dorsale, dure et cuirassée, sur laquelle glisse l’aiguillon.

(4) H. Lucas, Quelques remarques sur le Philanthus apivorus, ele. (Axn, Soc: entom: Fr.,1867, p.289).

Lepeletier de S'-Fargeau a éludié les larves du Philanthe apivore. Leur longueur atteint 10 à 12 millimètres à leur croissance complète. Elles sont blanchâtres, molles, rases, convexes en dessus, un peu aplalies en dessous, amincies vers la région anale. Leur corps est composé de douze segments, outre la tète, espacés par des étranglements sensibles, avec des bourrelets latéraux. Les stigmates situés de chaque côté des segments sont très-apparents sur le premier et l'avant-dernier. La larve parvient avant trois semaines à toute sa grandeur, reste sous cette forme pendant plusieurs mois dans son curieux cocon papyracé, et ne se change en nymphe que vers la fin de l'hiver. Il n’y a qu'une génération par an. Les mâles sont très-ardents en amour; on les voit se précipiter sur les femelles, même quand celles-ci rentrent chargées au nid en volant péniblement. Souvent le couple roule sur le sable à plusieurs mètres. C’est en l’air, à une grande élévation et hors de la portée de notre vue, que s'opère le rapprochement sexuel.

En Afrique existe un Philanthe ressemblant au précédent, mais avant beaucoup plus de jaune à l'abdomen. C’est le P. diadema, Fabr., (syn. Abd-el-Kader, L. S'-F.), du Cap, de Port-Natal, de Gambie, de Sierra-Leone, d'Égypte, d'Algérie. 11 est bien probable que ce n'est qu'une race africaine du P. triangulum, d'après l'identité des mœurs. M. H. Lucas a reconnu en effet, en Algérie, où ce Philanthe est commun dans l’est comme dans l'ouest, et fait son nid dans le sable, non loin des bords de la mer, que les nids sont approvisionnés d’Abeilles ouvrières, sans mâles, et aussi de Diptères.

Nous citerons encore des Philanthes méridionaux, le P. venustus, Rossi, d'Italie et du midi de la France, se trouvant parfois, mais trèsrare, aux environs de Paris; le P.coronatus, Fabr., d'Italie, de France, moins commun près de Toulouse que le P. trianqgulum, se prenant sur diverses plantes, notämment sur l’Eryngium campestre, en juillet; le P. raptor, L. S'-F., des environs d'Oran, chassant aux Halictes, et qu'on capture à Cette, sur les Scolymus du littoral.

Le genre Philanthus compte une trentaine d'espèces des deux hémisphères. La plupart, notamment tous les Philanthes d'Europe, ont l'abdomen subsessile, ainsi que des espèces d'Algérie, d'Abyssinie, du Sénégal, de Fernando-Po, de Gambie, des Indes, de Ceylan, de Californie, des États-Unis de la Nouvelle-Écosse. M. Fr. Smith indique en outre six espèces à abdomen pétiolé, toutes de l'Amérique du Sud (Brésil, Chili, Patagonie).

TRIPOXYLINES.

Yeux échancrés et saillants. Antennes grossissant plus ou moins vers l'extrémité, beaucoup plus longues que la tête, insérées au-dessous du milieu de la face de la tête; chaperon court et large. Prothorax trèscourt, linéaire. Ailes supérieures ayant deux cellules cubitales, la seconde obsolète. Jambes intermédiaires avec un calcar.

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