Bouton de
attiuiiiû p;ir k* Tij-phloctjla.
248 ORDRE DES HÉMIPTÈRES
Le genre Lcdra est reconnaissable à sa tète large, formant en avant un demi-cercle foliacé, au rostre court, joignant intimement la poitrine.
Le type du genre est le Ledra à oreilles {Ledra aiirita), que nous figurons avec sa larve dans notre planche XV. Cet insecte, que l'on trouve aux environs de Paris, vit sur le chêne. Il est d'un vert grisâtre marbré de jaune, avec quelques nervures plus brunes. Son corselet élevé porte sur les côtés deux appendices foliacés demi-circulaires , avançant un peu du côté de la tète, légèrement dentelés sur les bords; les èlytrcs sont disposés enloit, arrondis à leur extrémité.
Le gcnrc^ Pcnthimia se distingue par des jambes postérieures trèslongues , arquées , ciliées et épineuses. Le type du genre (Penthimia atra) est un petit insecte noir, varié de rouge ; il est nuisible à la vigne.
Les Aphrophores sont de curieux insectes dont les larves produisent, comme mode de protection, à l'aisselle des feuilles ou des branches qu'elles habitent, une écume blanche au sein de laquelle elles se cachent. Ces amas d'écume, communs surtout sur les saules et les jeunes peupliers , sont connus des paysans sous le nom à-'éciane printaniùre et de crachat de coucou; ils renferment parfois une grande quantité de larves , plus souvent une seule. La larve suce la sève de la plante et bientôt rejette par l'anus une bulle d'air entourée d'une pellicule liquide qu'elle fait glisser au-dessous de son corps ; les bulles successives entourent la larve d'une mousse qui la cache aux yeux de ses ennemis et préserve son corps délicat de l'ardeur du soleil. La larve se transforme en nymphe, puis en insecte parfait à l'abri sous cette écume. La femelle pond ses œufs à l'automne dans de petites entailles faites à l'aide de sa /tarière sur les branches. Le type du genre est l'Aphrophore écumeuse\ilj'//rophora spumaria)^ à laquelle se rapportent les détails qui précèdent. Elle est longue de 12 millimètres, d'un gris jaunâtre, avec deux bandes transversales blanches sur les élytres.
Le genre Cercopis des auteurs^ {Triepphora Am. et Serv.) a pour caractères génériques : tète triangulaire plus étroite que le corselet ; ocelles placés dans une cavité entre les yeux; jambes postérieures épineuses. On en connaît plusieurs espèces; l'une des plus remarquables
FAMILLE DES FULGORIENS.
rio. 213.
'etxopis l/i/as
de celles de France est la Cercopc ensanglantée ( Tricpp/inra sangui)in- Iciita)^ tigurée dans notre planche XV, et que l'on trouve assez fréquemment dans les lieux ombragés des environs de Paris. Elle est d'un noir brillant, avec trois taches d'un rouge de sang sur les élytres. Cette petite (>igale rouge, comme on' l'appelle vulgairement, saute assez vivement lorsqu'on veut la saisir.
Une autre espèce, répandue dans presque toute l'Europe, et que représente notre figure 273, est le Cercopis bifasciata. Elle est d'un jaune grisâtre, sans taches, avec les élytres bruns tachetés de gris jaunâtre. Cette espèce varie à l'infini.
Les Tettigonies^ qui ont de nombreux représentants en Amérique, sont des Hémiptères allongés, de forme élégante et de couleurs très-varices. Le type du genre est assez commun dans le midi de la France: c'est la Tettigonie vcnc[Tetiigonia inridis)^ à corps vert tacheté de jaune et de noir.
La tribu des Membracides se distingue par des antennes très-petites, insérées en avant des yeux; entre ceux-ci sontdeuxocelles. Leur corselet est dilaté de manière à couvrir le corps, et affecte souvent des formes bizarres. La plupart de ces insectes singuliers appartiennent au continent américain.
Le genre Centrotc est caractérisé par un prothorax cornu, prolongé postérieurement en une \ 'SR.J^ pointe étroite , mais laissant l'écusson visible.
On en connaît une^^espèce assez commune en France, c'est lèJCentrotiis cornutus (fig. 274 , que nous figurons ici , et que Geotfroy, le vieil historien des insectes des environs de Paris, appelait le Petit diable cornu. C'est un petit insecte d'un brun noirâtre, ayant à la partie antérieure du corselet deux cornes aiguës et trigones avec une partie postérieure très-rétrécie , ondulée et bossue dans le milieu atteignant l'abdomen.
Dans Xcs^arnis d'Amérique, le prothorax n'offre aucune dilatation, mais il est arrondi et se prolonge jusqu'à l'extrémité de l'abdomen, qu'il emboîte de tous les côtés; les pattes ne sont pas foliacées.
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Heteroholiis armatus.
Les Heteronotiis ont le prothorax en forme de huile vésiculcuse
terminée par trois épines; leurs clytres otfrent des nervures fourchues, parallèles. L'espèce que nous figurons ici (fig. 276) est des plus singulières; c'est Vtictcronotus armatus de l'Amazone. Sa couleur est un jaune rougeàtre tacheté de ooir. Comme on peut le voir, son nom à' armatus lui a été donné en raison de l'appareil formidable d'épines dont est armé son corps.
Les '^ocydium ont le prothorax sans prolongement postérieur, ayant au bord antérieur un petit tube portant plusieurs vésicules arrondies, et en arrière une longue épine.
Nous donnons ici la figure grossie d'une des formes les plus étranges du monde des insectes : c'est le Portegrelots (^Bocydium tiutinnabulariferum) [fig. 277I. Ce curieux insecte, qui se trouve au Brésil, est de la grosseur d'une mouche ordinaire; il est hrun avec le corselet noir.
UHypsauchenia Wcstjvoodii , des Philippines, est non moins singulier; son thorax, élevé en cône et prolongé en pointe en arrière, se partage en fourche au sommet. Notre figure 27S (voy. p. 25 1) le représente au double de sa taille ordinaire.
La tribu des Fui.gorides renferme les plus grandes et les plus belles
espèces de la famille. Elle offre pour caractères des antennes de trois articles insérées sous les yeux; deux ocelles au-dessus; le corselet nulle-
FlG. 211. — Bocydium tiiilinnabidari/erutii
FAMILLE DES FULGORIENS.
ment prolonge et les pattes propres au saut. — Toutes les Fulgorides
sont exotiques, à l'exception d'une seule espèce, de fort petite taille, toute verte, à front prolongé et strié de cinq lignes longitudinales.
\) Ce Fiilgorc d'Europe a été pris plusieurs fois sur les noyers ; mais il ne peut être comparé aux magnifiques espèces de l'Amérique et de l'Inde. Celles-ci sont remarquables par leur tète vésiculeuse, tantôt gonflée et massive , tantôt offrant un prolongement grêle et recourbé. La plus grande espèce
du genre Fitlgorc est le célèbre Fulgore porte-lanterne Ftilgora
latcrnavia) [fig. 279] de la Guyane, que nous tigurons ici. Longue
ORDRE DES HEMIPTERES.
de 8 à 0 centimètres, large de 12 a i3, elle est d'un jaune verdàtre moucheté de noir et de blanc, avec un grand œil jaune entouré de noir et ayant une pupille de même couleur portant deux taches blanches. La tète a 25 millimètres de long; elle est globuleuse, oblongue, fortement bossue en dessus, munie en dessous de quatre rangs d'épines courtes. M"' Sibylle Mérian rapporte, dans son magnifique ouvrage sur les insectes de Surinam , que ces insectes répandent une forte lueur phos-
</ 0 FIG. 280. — t'alijova catuletan
phorescente par leur tète, et qu'un seul lui suffisait pour lire la Galette de Leyde, dont les caractères étaient très-petits. Depuis , on a révoqué en doute la phosphorescence de la tète des Fulgores ; mais il se peut que cette propriété n'existe que dans un des sexes et à certaines épcyques.
En Chine, une espèce plus petite, le Fulgore porte-chandelle {Fiilgnra candelaria)^ est souvent représentée dans les peintures de ce pays (fig. 2S0). Elle a la tête, le corps et les ailes inférieures orangés ; les élytres verts, avec trois bandes orangées et plusieurs taches rondes de même couleur.
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Le prolongement de la tête est comprimé sur les côtés et recourbé en dessus à partir du milieu de sa longueur.
Dans le i^cnh' Hotimis , le front est prolongé en une sorte de tube allongé et les ailes sont réticulées; \cWulgora candclaria^ décrit et iiguré plus haut, rentre dans ce genre. Nous citerons encore l^^llotimis sitb-
O FlG. 2S1. — IMinus SKl.o'-el/alus,
ocellatiis de Chine (tig. 281 j. Ses ailes supérieures sont d'un brun pale, avec un grand nombre de taches ocellées d'un rouge sombre, entourées de jaune. Les ailes inférieures sont rougeàtrcs, tachetées de noir. Cet insecte répand une lueur phosphorescente dans l'obscurité. Nous figurons dans notre planche XVI une belle espèce de Cey\an,^Hotiiius inaciil clins. ^/^
Dans le genre Pœciloptera^ le front est étroit, à bords latéraux relevés; les élytres et les ailes très-larges et opaques , ce qui leur donne l'aspect
ORDRE DES HEMIPTERES.
de Papillons. Nous figurons dans notre planche XVI une belle espèce des Indes et de Java,'' le Pœciloptera circulata (genre Flata des auteurs) ; ses ailes supérieures sont brunes et blanches, et les inférieures d'un blanp pur.
l.e^Flata marginella , également des Indes, ofïre cette particularité que la femelle est floconneuse comme celle des Phœnax, tandis que le mâle a de grandes et larges ailes, sans trace de flocon.
Dans beaucoup de Fulgorides , l'abdomen offre une sécrétion de poussière blanche cireuse. Chez les Phœnax et les Lystra ceUe cire blanche sort de l'abdomen en longs filaments. Nous figurons ic^i le Phœnax auricoma de Mexico (fig. 282).
C'est certainement le plus curieux insecte que l'on puisse voir, et on le prendrait plutôt pour le produit de l'imagination de quelque peintre chinois que pour un insecte véritable. La couleur générale de cet Hémi-
FAMILLE DES FULGORIENS. 255
ptère est le brun pâle ; mais il a la tète couverte d'une large huppe de couleur d'or, d'où son nom spécifique'^ d'auriconia. Tout son corps est couvert en dessous d'une sécrétion cotonneuse blanche, comme si son corps était fait d'ouate ; les longs brins qui traînent derrière lui semblent laits de la même matière, tordue entre les doigts.
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FAMILLE DES CICADIENS
La famille des Cicadiens ne renferme, à proprement parler, qu'un seul genre, celui des Cigales {Cicada). Quelques auteurs l'ont subdivisé en plusieurs genres , mais leurs caractères différentiels ne sont pas assez importants pour justifier ce démembrement.
Les Cicadiens offrent pour caractères : une tête portant sur son sommet trois ocelles ; des antennes très-courtes , terminées par une soie grêle , l'abdomen présentant, chez les mâles, à la base en dessous, deux plaques ou tambours faisant partie des organes de stridulation ; celui des femelles, muni d'une tarière qui leur sert à entamer les tiges de bois mort, pour y déposer leurs œufs; les pattes cylindriques, non conformées pour le saut.
De tout temps on a remarqué et connu les Cigales, car ce sont de tous les insectes les plus bruyants. Dans les pays chauds, où les Cigales sont communes, l'espèce de stridulation qu'elles font entendre est souvent tellement forte et multipliée qu'elle vous rompt la tète. Les anciens Grecs faisaient cependant leurs délices de ce chant étourdissant et monotone , car ils tenaient les Cigales dans de petites cages pour jouir de leur musique, et Anacréon leur a consacré une ode : «Heureuse Cigale, qui, sur les plus hautes branches des arbres, abreuvée d'un peu de rosée, chante comme une reine ! »
Encore de nos jours les Chinois partagent le goût des Grecs pour le chant des Cigales, et les conservent dans de petites cages de bambou. Les anciens ne partageaient pas tous , cependant , cette admiration pour le chant des Cigales ; car Virgile s'écrie dans une de ses bucoliques : « Les Cigales criardes rompent les oreilles des arbustes par leur chant ! » — Quoi qu'il en soit de leur musique, les instruments qui la produisent n'en sont pas moins intéressants.
Le mâle seul est pourvu de ces instruments, et chante ; la femelle est
FAMILLE DES CICADIENS. aSy
silencieuse. On voit, en effet, chez ce dernier, à la hase de l'ahdomen, deux volets écailleux qui recouvrent l'appareil musical. Celui-ci consiste essentiellement en deux cavités où sont deux timhales ou memhranes ridées et convexes en dehors, résonnant comme du parchemin sec et munies de sillons. Deux muscles s'y attachent; l'un, très-petit, tend la timbale; l'autre, très-développé, fixé aux parois de l'abdomen, se relie à un tendon qui s'attache au fond de la concavité de la timbale. Par les contractions et relâchements très-rapidement réitérés de ce muscle, la timbale se déprime et reprend brusquement sa forme convexe , en vertu de son élasticité. De là le son qu'on peut produire, comme l'a vu Réaumur, en tirant le tendon avec une pince sur l'animal mort.
Les Cigales habitent les pays chauds et aiment la chaleur; plus le soleil est ardent, plus elles font entendre leurs chants et plus elles volent avec facilité; mais lorsqu'il fait froid ou que le soleil est caché, elles sont promptement engourdies. Elles vivent de la sève des arbres et des arbustes qu'elles percent de leur trompe. Au moment de la ponte, la femelle perce, au moyen de sa tarière, les petites branches de bois mort jusqu'à la moelle, et y introduit ses œufs. Comme le nombre en est assez grand, elle fait plusieurs trous. Ces œufs donnent naissance à des larves, qui, comme celles des autres Hémiptères, ressemblent, aux ailes près, aux insectes parfaits, mais ont les jambes antérieures trèsdéveloppées, presque circulaires. Ces larves vivent en terre aux dépens des racines des arbres, qu'elles piquent comme l'insecte parfait fait des branches. Quand elle a subi sa métamorphose de nymphe et que le moment de sa dernière transformation est arrivé , elle sort de terre, se cramponne au tronc d'un arbre et là sort de son enveloppe et prend son vol.
Si nous examinons l'organisation et les formes des Cicadiens, nous voyons une tête en forme de triangle écrasé ayant au moins autant d'épaisseur que de largeur; des yeux très-saillants placés aux deux angles de la base; entre eux, et sur le sommet de la tète, sont trois ocelles disposés en triangle; les antennes, très-courtes, sont insérées sous un rebord. La bouche est conformée comme celle de tous les
ORDRE DES HEMIPTERES.
Hémiptères. Le corselet est antérieurement plus étroit que la téte^ puis il s'élargit et se relève; l'abdomen est assez volumineux et se rétrécit postérieurement en cône. Les ailes sont de même consistance partout, traversées par de fortes nervures , mais de grandeur très-dilférente , les supérieures étant presque deux fois aussi longues que les inférieures , et dépassant toujours le corps; aussi ces insectes ont-ils une grande puissance de vol. Dans le repos, ces ailes sont disposées en toit.
Les femelles, avons-nous dit, sont privées de la faculté du chant ; on
Cicada iihhe^ia (voy. page 259)-
trouve cependant chez elles les rudiments des opercules ou volets; mais ce qui les distingue surtout, c'est la tarière qui sort du dernier anneau de l'abdomen; celui-ci est comme fendu en dessous, en forme de gouttière, et c'est dans cette gouttière que se replie la tarière au repos, le long du ventre. Cet instrument, qui n'est autre qu'un oviducte , se redresse à la volonté de l'insecte ; il est composé d'une gaine qui se fend par le milieu et renferme la tarière ; celle-ci est à son tour composée de deux pièces latérales garnies de dentelures en forme de râpes, propres à limer le bois; au milieu d'elles est l'oviducte proprement dit, terminé en fer
FAMILLE DES CICADIENS. 259
de lance allongé; il est également formé de deux pièces, qui s'écartent pour donner passage aux œufs.
Dans les départements du Nord et aux environs de Paris, où l'on ne connaît pas la Cigale, on donne à tort ce nom à la grande sauterelle
verte (Lociista viridissiiua . bien que £es deux insectes soient tout à fait
\/ dissemblables. 'La. Cvj,a.\e.^\éhè\cnne^Cicada plcbeia) [fig. 283, v. p. 2581,
la plus commune dans le Midi et la plus bruyante de nos espèces indigènes, est longue de 36 à 40 millimètres; elle a 10 centimètres d'envergure. Sa forme générale la ferait ressembler à un énorme Taon. Son corps est noir, avec le bord postérieur du prothorax et les parties inférieures du corps jaunâtres. Les ailes sont parfaitement transparentes ^ avec les nervures jaunes à la base et noires à l'extrémité.
La Cigale de Vovï\& 'JCicada oriii), plus petite que la précédente, se trouve également nombreuse en Provence, surtout dans les bois de pins; elle est d'un noir mélangé de vert, avec les anneaux de l'abdomen bordés de jaunâtre; les nervures des ailes sont également d'un jaunâtre entremêlé de noir.
On trouve encore en France ^ dans le Midi, la Cigale peinte , la Cigale noire, la Cigale couleur de sang. Cette dernière {Cicada hœmatodes) , qui a été prise quelquefois à Fontainebleau, près de Paris, est noire avec cinq petites bandes sur le corselet, le bord postérieur des anneaux de l'abdomen, les pattes et les nervures des ailes rouges.
Parmi les espèces étrangères, nous citerons la Cigale tachetéeYc maciilata) des Indes. Elle est noire, avec le corselet, les ailes et des taches sur la tête d'un jaune blanchâtre; et la Cigale hvù\ée\lCicada adusta) ., l'une des plus grandes espèces du genre, et que nous figurons dans notre planche XVI réduite de moitié. Cette espèce vient de Java; elle est d'un brun clair, avec les ailes transparentes et irisées ; ces dernières sont parfois tachetées de brun.
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