FAMILLE DES TENTH RÉDINIENS
FAMILLE DES TENTHREDINIENS.
La dernière famille des Hyménoptères, celle des Tenthrédiniens, comprend des insectes à corps court et parallèle, à abdomen non pédicule, mais uni au thorax sur toute sa largeur. La tarière des femelles est écailleuse, logée entre deux autres lames qui lui servent d'étui, dentelée en scie pour inciser les végétaux où elles déposent leurs œufs ; cette conformation leur a fait donner le nom de mouches à scie.
Dans cette famille les larves ont un aspect tout nouveau; elles doivent résider sur les végétaux qu'elles ravagent, et ont des pattes multiples pour se déplacer. Ces larves ressemblent beaucoup aux chenilles par leur forme et leurs couleurs ; mais leurs pattes membraneuses ou mamelons sont en nombre plus considérable que chez les chenilles ; de dix au plus chez ces dernières, elles sont au nombre de quatorze à seize chez les Hyménoptères. On donne à ces larves le nom dc/aiisses chenilles, qui leur convient très-bien. La plupart, si on les touche, relèvent la partie postérieure de leur corps d'un air menaçant ou se roulent en spirale; elles laissent souvent suinter un liquide d'odeur désagréable. Pour se métamorphoser en nymphe, elles se filent une coque soyeuse, soit dans la terre, soit sur les plantes où elles ont vécu. Elles y deviennent nymphes et nullement chrysalides comme on pourrait le croire d'après leur ressemblance avec les chenilles; mais elles ont cela de commun avec ces dernières, qu'elles restent souvent enfermées dans leurs coques fort longtemps, et y passent même quelquefois l'hiver.
La famille des Tenthrédiniens se divise en plusieurs tribus. La première, celle des Céphides, se distingue par un corps grêle et comprimé, une tarière à peine saillante, de longues antennes ordinairement épaissies à l'extrémité.
Les Cèphes ont les antennes épaissies à l'extrémité, de vingt et un articles. Leurs larves sont molles, avec six pattes écailleuses, mais pas de
ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES
fausses pattes membraneuses. Ces larves vivent à l'intérieur de certaines tiges et causent parfois des dégâts assez considérables. Tel est le Cephiis pygmœus (fig. 2i3), petit insecte noir, à anneaux jaunes sur l'abdomen. La femelle insère au mois de mai un œuf dans une tige de blé ou de seigle, qu'elle a percée au moyen de sa tarière; la larve qui en sort (fig. 214) se nourrit de la moelle de la tige , et parvenue au terme de sa croissance , peu de jours avant la moisson^ elle descend vers la terre pour s'y transformer en nymphe ; mais auparavant, pour assurer sa sortie sous la forme ailée au printemps suivant, elle coupe circulairement la paille en dedans, un peu au-dessus du sol. Les épis attaqués par le Cephus se reconnaissent aisément: ils sont blanchâtres et droits, et s'élèvent au-dessus des autres, qui sont encore verts et se courbent sous le poids des grains, tandis que les premiers sont entièrement vides. En outre, la coupure circulaire, opérée par la ^ larve au bas de la tige, fait que celle-ci se brise au fe^ pied lorsqu'il fait du vent. Le champ présente J^ alors le même aspect que s'il avait été traversé dans tous les sens par des animaux. luivcU'
viQ. -iii. - 'jepiM, La seconde tribu, celle des Te nthréd ides, '^''''"'^
pijf/mœus. . l'i/'jiH'fiis.
se compose de toutes les espèces à corps épais, à antennes plus courtes que le corps. Cette tribu, beaucoup plus considérable que la précédente, se subdivise en quatre groupes distincts.
Le premier comprend les Lydas et les Lophyres, à antennes longues, sétacées et multiarticulées. Les Lyda, qui constituent le principal genre, ont les antennes grêles et sétacées. Leurs larves sont dépourvues de pattes membraneuses, aussi marchent-elles lentement; elles s'aident, comme certaines chenilles, pour descendre d'une feuille sur une autre, en se laissant suspendre au bout d'un fil. Ces larves habitent en société sur divers arbres, dont elles dévorent les feuilles. On connaît plusieurs espèces de Lyda , dont quelques-unes sont fort nuisibles. De ce nombre est la Mouche à scie du poirier {Lyda piri) , qui cause parfois de graves dégâts sur ces arbres fruitiers. Ses larves ou fausses chenilles, d'un jaune d'ocre, vivent en groupes sous un nid de soie très-clair qui enveloppe le