FAMILLE DES TE N TH RÉDI N 1 ENS
et Nid de L)jda pii
bouquet de feuilles qu'elles veulent manger (tig. 21 5). Quand elles l'ont dévoré, elles se transportent auprès d'un autre bouquet de feuilles et l'enveloppent d'une nouvelle toile pour le ronger à leur aise. Lorsqu'elles ont ainsi atteint leur entier accroissement, elles se laissent glisser à terre au bout d'un fil, et s'enfoncent dans le sol pour y passer l'hiver et y subir leurs métamorphoses. L'insecte parfait que nous figurons ici (fig. 216) est noir, tacheté de jaune.
Une autre espèce, le Lyda hortensis, représentée dans notre planche XIII, a des mœurs analogues. Elle est d'un noir bleu brillant, avec le ventre orange.
Le Lyda inanita vit sur le tremble.
Les Lnphyres ont des antennes multiarticulées en panaches, à double rangée dans les mâles et en dents de scie chez les femelles (PI. XIV, d. e).
Le type du genre est le Lophyre du pin [Lophyrus pini) , figuré dans notre planche XIV. Le mâle est entièrement noir; la femelle a le corps jau nàtre, tacheté de noir. Les larves de cette espèce vivent parfois rassemblées en grand nombre sur les pins, et y occasionnent des dégâts considérables. Selon un auteur allemand, ces larves et quelques autres du même genre {L. pinastri^ junipcri) ont détruit en Franconie, il y a quelques années, plusieurs milliers d'acres plantés de pins. Les larves de Lophyres {b) dévorent les jeunes pousses de ces arbres, et elles se filent une coque soyeuse sur l'arbre même (c) ; jamais elles ne s'enfoncent en terre.
Le genre Cladiiis renferme quelques espèces indigènes, dont le type est le Cladius difformis , petit Hyménoptèrc noir, avec les pattes blanchâtres. La larve de cet insecte est d'un vert pâle, légèrement poilue, avec
l'IG. 21<;. — Lyila piri.
ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES
la tète ferrugineuse ; ses pattes membraneuses sont au nombre de quatorze. Ces larves vivent sur les rosiers et s'y construisent, entre les branches ou dans les plis des feuilles, des cocons pour s'y métamorphoser en nymphe. Celle-ci ressemble beaucoup à la larve, mais on n'y reconnaît plus de pattes. L'insecte parfait éclôt environ quinze jours après la transformation en nymphe , c'est-à-dire dans le mois de juillet. Les mâles ont les antennes pectinées.
Les Nemates (Neinatus) sont très-répandus dans notre pays. Leurs antennes sont simples, de neuf articles; leurs mandibules sont échancrées. Les larves de ces Hyménoptères vivent sur les feuilles des arbres et causent parfois des dégâts considérables. Tel est le Nemate du gro-
FlU. 217. — Nemalus ,/mssHtarm ^
seillier [Neinatus grossulariœ) [fig. 2171, un des plus communs, dont les larves fourmillent dans certaines années sur les groseilliers, au point de les dépouiller complètement de leurs feuilles , ce qui fait avorter les fruits. Ces larves (tig. 218) sont glabres et portent vingt-deux pattes; elles sont d'une couleur verdâtre claire, avec des séries transversales de tubercules. ^^
L'insecte parfait a la tête et le corselet noirs: l'ab- ^ domen jaune, avec l'extrémité noire; ses ailes sont |^
transparentes et irisées. La femelle dépose ses œufs tout le long des nervures des feuilles, comme les grains d'un chapelet, et au bout d'une huitaine de jours les petites larves éclosent et se mettent à ronger les feuilles. Chaque femelle dépose sur un groseillier une soixantaine d'œufs, et chaque larve qui en sort consomme trois ou quatre feuilles avant de se transtormer en nymphe.
Le Nemate du saule {Nematus capreœ), long de 7 à 8 millimètres, est jaune, avec le dessus du corps noir. Sa larve est verte, tachetée de
Fit;. iilS. — Ltiive lie Ncmalus fjrossiUaricv.
FAMILLE DES TENTHREDINIENS.
Fii;. 2111. — /'../.')
noir. Cette espèce vit sur le saule marceau, dont elle dévore les teuilles nouvelles et fait ainsi périr les jeunes arbustes.
Le Nemate septentrional, dont quelques auteurs font un sous-genre {Crœsiis septentrionalis) à cause de la forme dilatée de l'extrémité des tibias et du premier article des tarses, a les antennes de la longueur du corps. 11 r5S^~>^, -a?/--^^'^"^ est noir, avec le milieu de l'abdomen fauve, ainsi ^^ que les jambes. Cette espèce, figurée dans notre planche XIV, vit à l'état de larve {a) sur le saule, -
dont elle ronge les feuilles. Cette larve est verte, avec de grandes taches jaunes; elle recourbe l'extrémité de son corps jusqu'au-dessus de sa tète lorsqu'on Finquiète. Au moment de sa transformation elle file une coque noire.
On trouve d'autres Nemates sur divers arbres, qui en souffrent beaucoup, car en peu de temps ils les dépouillent de toutes leurs feuilles.
Les Dolères ont le corps plus grêle et plus élancé que les autres Tcnthrédiniens; leurs antennes sont plus longues et plus grêles.
Le Dolents grossiilariœ (fig. 219) est noir, à ailes transparentes' et
irisées. Il dépose ses œufs sur les branches des groseilliers, et les larves qui en sortent rongent les feuilles et les dépouillent parfois de toute leur verdure, ce qui fait avorter les fruits.
Les vraies Teuthrèdes ont le corps plus épais, les antennes de neuf articles. Leurs larves ont dix pattes membraneuses, en tout seize. Ces larves sont souvent rassemblées en grand nombre sur certains arbres, qu'elles dépouillent de leurs feuilles. L'une d'elles, appartenant au sous-genre Allantus, la Tenthrède de la scrophulaire 1 Tenthredo scrfjphulcviiv': , figurée dans notre planche XIV, vit sur la plante dont elle porte le nom. Elle est noire, avec les anneaux de l'abdomen, à l'exception du second et du troisième, ayant le bord
■2in et 221. — Tenlhredo ros.
(voy. page 222).
ORDRE DES HYMENOPTERES
PIG. 222. — Tenthndu fnlvicomis.
postérieur jaune. La larve de cette espèce (c) ne construit pas de cocon régulier, comme le font la plupart des Tenthrédides, mais seulement une cellule terreuse au pied de la scrophulaire.
La Tenthrède à une bande ( Tenthredo louatus) , figurée dans notre planche XIV, est moins commune que la précédente ; on la trouve rarement aux environs de Paris. Elle est noire^ avec le chaperon, les angles antérieurs du thorax, l'écusson, les jambes et une large bande sur l'abdomen d'un jaune clair. La Tenthrède des rosiers (re/z/^rcrfo ro^jrî^;») , figurée d'autre part (fig. 220 et 221, voy. p. 22i), est d'un jaune ferrugineux, avec la tête, les antennes et le thorax d'un brun noir. La femelle dépose ses œufs dans l'écorce du rosier, et il en sort , au bout de huit jours, de petites fausses chenilles jaunes, marquées de points noirs, qui se mettent à dévorer les feuilles et les jeunes pousses, et y causent parfois de grands dégâts.
La Tenthrède à cornes fauves [Tenthredo fiilvicornis)^ représentée figure 222, est noire, à antennes jaunes. La femelle dépose ses œufs dans les fîeurs en boutons, et la larve (fig. 223, a) se nourrit au sein du fruit naissant, qui n'atteint pas
son développement et tombe (fig. 224, b). La larve est alors arrivée à toute sa croissance, et elle sort du fruit pour se transformer dans le sol. Les Selandria ont le corps court, assez large; les antennes, de neuf articles, sont un peu renflées à l'extrémité. Une espèce assez commune dans les jardins fruitiers, le Selandria œthiups (fig. 225), vit sur le poirier, où sa larve cause parfois de grands
FlG. 2:i5. — i<e.htndria ivthii>ps. , ^^ , . • a ^ ri ' ' 1
dommages. Cette larve est noirâtre, renflée a la partie antérieure et enduite d'une humeur visqueuse. Bien qu'elle soit pourvue de vingt pattes, elle est très-paresseuse et semble collée à la feuille sur laquelle elle se tient. Ces habitudes et sa viscosité lui ont fait
FIO. 22.^ et 224. — a. Lnrve dn re;,. tliredo fvlvicomiti. — h. Fruit Mttaqiu' p.av la Larve.