P\UL, LEROY-GRANGER, M^^ LEROY- GRANGE R
PAUL, sur le perron.
Quel joli parc! Que c'est grand! Que c'est beau! Et cette rivière, là-bas, sous les arbres! La propriété des Malessin est loin de valoir la votre.
Mine LEROY-GRANGER.
iN"est-ce pas? C'est ce que nous ne pouvons pas faire comprendre à votre ami.
PAUL
Il ne faut pas l'écouter. La propriété des Malessin est grande, mais gâtée par la proximité du village.
LEROY-GRANGER
Et puis, avez-vous remarqué les communs?... A l'autre bout du parc!
PAUL
Et pommelé service est mal fait!
LER O Y-G n AN G E 11.
Oli ! iiiiliyiiomoiil !
M"ie LEROY-GRANGER.
J'ai VU un jour ces messieurs revenir de la rliasse, crottés et trempés jusqu'aux os, sans pouvoir, sur dix domestiques, en trouver un seul qui leur donnât de Teau chaude.
Un temp?.
PAUL
Et Gaston défend les Malessin?
Mlle LEROY-GRANGER.
Oui, croyez-vous?
PAUL
Ce bon Gaston !
EEROY-GRANGER.
Avouez qu'il n'a pas le sang commun ?
PAUL
Dans celte circonstance-là, je ne suis pas de son avis;j'nurais mauvaise grâce à le défendre.
M'Ti^ LEROY-GRANGER.
Vous en retrouverez l'occasion.
PAUL
Que c'est vilain d'être sévère comme cela \u)nv Gaston !
Mme LEROY-GRANGER.
Il n'a guère qu'une chose pour lni,allivJ c'est
que je li'Ci'nis jiicil |i(Mls;Ull. VA Cnciil'c |l•^l-il?
ACTK l'REM[ER 19
PAUL
Bien pouvant ?
Miio LEROY-GR ANGI:R.
Oui, enfin va-l-il à la nie<se ?
PAUL, souriant.
Tous les jours ?
Mfiio LEROY-GRANGER.
C'est spu'iluel, miis c'est méchant... Non, le ilimanche.
PAUL
Il y va.
M™: LEROY-GRANGER
Vous en êtes sûr.
PAUL
Je Vy m'aie !
Mais il n'irait pas de son plein gré !
PAUL
Pourquoi pas ?
M^e L]:R0Y-GRAXG ER.
Encore une illusion que je me faisais sur lui !
Décidément vous lo jugez très mal. Gaston est un charmant garçon, très gentil, très serviable, et si honnête... si honnête !
LEROY' -G RANGER
Le beau m!'i-i!o ! Qui no l'est pas dans notre monde?
PAUL
Dame ! on me citait dernièrement \\n jeune homme de la société, qui avaitvolé.
M"'' LEROY-GRÂXGE R.
Oli ! que c'est triste pour sa mère !
PAUL
Un ami de Gaston, justement.
LEROY-GRANGER
Il a de jolies relations !
Mme LEROY-GRANGER.
En effet. Et s'il n'avait pas auprès de lui le garçon le plus sûr, l'ami le plus dévoué, M. Diicourtial, en un mot...
PAUL, souriant.
Pardon... en deux mots!...
LEROY-GRANGER
Vous avez la particule ?
Gaston ne vous l'a pas dit ?
Mme LEROY-GRANGER.
Non.
LER OY-GRANGER
Par puro jalousie sans doute.
PAUL
Ou par indillerence, tout bonnement. Gaston n'attache pas d'importance à ces choses-là. 11 est si
ACTIv l-RtMIlill 21
simple, Gaston ! C'est un garçon qui n'a jamais agi par ostentation, pas plus dans le ctioix de ses connaissances que dans ses frasques déjeune homme.
LEnOY-GRANGER, vivt^ment.
Il a donc fait des frasques ?
PAUL
Qui n'en a pas quelques-unes sur la conscience?
LEROY- ORANGER
Vous... peut-être ?
P AUL
Moi •? Pendant mon volontariat à Cambrai, je m'échappais régulièrement une fois par semaine, pour aller déjeuner chez une personne que je connaissais.
LER OY-GRANGER
Chez qui?
Chez Tarchevêque.
M™'^ LEROY-GRANGER
Si on n'avait que des frasques comme celles-là à se reprocher...
PAUL, myâtérieux.
Il y a évidemment des gens qui en font de plus gaies.
LEROY-GRANGER
Gaston, par exemple ?
p AU L, ayant l'air de ne pas avoir entendu.
Ce bon archevêque ! Il m'avait même promis, le cas échéant, de me faire marier à la nonciature.
LE ROY-G RANGER
A la nonciature ?
PAUL
Esl-ce que Gaston n'a pas pu l'obtenir ?
LEROY-G RANGER
11 n'a même pas voulu le deman'ler !
PAUL
Preuve qu'il est simple, comme je vous le élisais... très simple !...
Trop simple !...
PAUL
J'avais le mot sur les lèvres... je me suis retenu... on ne l'est jamais trop 1
LEROY -GRANGER, insistant.
Quand, avec cela, on est très distingué !
PAUL
Évidemment.
LER O Y-GR ANGER
Eh bien V
PAUL
Eh bien, quoi?
LERO Y-GR ANGER.
Vous trouvez Gaston très distingué ?
PAl'L.
Gaston! (ROpriinanlmi suurire.) Mais oui, mais oui,