ACTE DEUXIÈME
PAUL
Allons donc ! Crois-tu que je n'aie pas reconnu l'air penaud que lu as coutume de prendre, quand tu rumines quelque chose et que tu n'oses rien dire.
GASTON
Mais je ne ruminais rien du tout, et la preuve!..
PAUL
Oui, la preuve !... je serais curieux de la connaître.
GASTON
La preuve, c'est que si j'avais voulu ton départ, je t'aurais dit : « Va-t'en » sans phrase et sans ménagements; tu n'habites pas ici, mais chez moi, et j'en aurais le droit, sans recourir à des prétextes saugrenus...
PAUL, après un temps.
Dame ! il est évident que...
GASTON
Ah! tu vois...
PAUL, après un temps.
Alors,promets-moi que tu n'avais pas d'intention cachée, en me parlant d'aller à Paris.
GASTON
.le te le promets.
PAUL
Ça te fera un réel plaisir, si je reste ?
GASTON
Ça me fera un réel plaisir.
PAUL
Ta parole crhonneur ?
GASTON
Ma parole (.riionneur.
PAUL, aprèi un temps.
C'est bien, je le crois, parée que je suis bon. Ensuite, c'est la première fois depuis bien longtemps que ta me parais absolument sincère... il faut en profiter !.. (Un peu radouci.) Car c'est encore là un des griefs que j'ai contre toi... tu n'es pas franc.
GASTON
Paul !... voyons...
PAUL, accentuant.
Tu n'es pas franc!... Surveille-toi; je t'assure que je suis loin d'être content de toi, sous ce rapport là... Tu me fais beaucoup de peine, beaucoup...
Je le demande pardon ; mais...
PAUL
Il n'y a pas de cmais»... Et puis, il va encore une chose qui m'a fait un grand chagrin. Dernièrement, on m/a donné à entendre que tu disais du mal de moi, en cachette, que tu cherchais à me nuire...
GASTON
?û -i ! Jamais... on s'est trompé !...
PAUL, très sec.
On ne s'est pas trompé ! .\ussi fais allention. L'amilié, même celle d"un;uni comme moi, ;ides limi-