‹ Les institution sociales étudieès dans les édifices religieuxChapitre 7 sur 13 · Les Soirées de Saint-Pétenbourg, 4834. VoL II, p · texte numérisé non relu

Les Soirées de Saint-Pétenbourg, 4834. VoL II, p

rassembler^ unir les hommes par l'attrait de l'exemple et de la vertu, c'est les amener à se réunir en un seul corps , en un seul édifice social et religieux , en une église, à communier ensemble, à s'attacher les uns aux autres, à se relier, k se fortifier , à se rendre plus agréables à Dieu, en s'olfrant à lui en masse compacte, solide et bien ordonnée ; comme un bel édifice est plus agréable à voir que d'informes débris et des matériaux épars.

Partout dans les monuments chrétiens, ce symbole de l'union se fait voir. Les colonnes des temples païens étaient juxtaposées , elles n'avaient pas de lien entre elles. Le sentiment de confraternité dans l'œuvre commune ne s'y faisait pas remarquer. Dans les piliers joints par l'ogive, on semble les voir s'appuyer l'un sur l'autre, se soutenir entre eux pour mieux soutenir l'édifice. Dans la vie réelle, comme dans la vie symbolique, Tunion fait la force. Les colonnes ogivales se rapprochent et s'unissent. C'est le vrai symbole de la fraternité chrétienne.

Voici comment on pourrait résumer en deux termes le caractère des symboles architectoniques exprimés dans les monuments païens et chrétiens. Dans tous ceux que nous a légués l'antiquité , on voit régner la ligne droite , uniforme , roide , carrée , anguleuse , tranchante , inflexible comme le destin antique ; la modernité a eu le bonheur de s'approprier . la ligne courbe, ondoyante, souple comme la douceur, flexible comme la bonté , gracieuse et variée comme

le type que les plus grands artistes se sont fait; de la beauté^.

On nous dira que si l'idée chrétienne était, plus particulièrement symbolisée dans l'ogive , Rome serait moins cathbliquement religieuse que les pays septentrionaux, puisque les monuments religieux y sont construits sur le type grec 2. Ceci pourrait avoir un certain caractère de vérité. On sait avec quelle vigueur les rameaux du culte chrétien se sont implantés partout : en Angleterre, en Flandre, en Normandie,, dans toute la Gaule. Aussi^ est-ce dans ces pays où l'ogive a le plus dominé, que la liberté civile a pris le plus large développement, c'est là que se sont accumulés les plus solides éléments de puissance pour les peuples modernes. A Chartres, l'une des quatorze Vertus, dans les voussures du porche septentrional, montre son nom gravé sur la pierre : « Libertas ! * » On sait, d'une autre part,' comment la culture des arts, transplantés de la Grèce à Rome, a singulièrement relâché, amolli les mœurs romaines, et c'est peut-être à cela que l'on doit de voir toujours à Rome le principe d'autorité poussé, en un certain sens, jusqu'à l'abus.

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