Léonard de Vinci, Jean Cousin, William Hogarih
2. La seule église de. Rome qui soit construite dans le style gothique est Sancta-Maria sopra Minerva, qui a, du reste, le caractère de simplicité et les belles proportions de l'architecture italienne.
3. «Annales Arctéologiques », volume VI, année 4 847, pages 35-59, article « Statuaire des cathédrales de France », par M. Didron. — Dans son Histoire de France, \ 855, M. Henri Martin en a parlé, vol. III, p. 41 4, et voL IV, p. 336.
Mais d'ailleurs, il y a à tenir compte que, dans les premiers siècles, Rome dut se contenter d'approprier à son culte les nombreux monuments ^ue lui avait légués Tantiquitéé Lorsque plus tard, sous Léon X, les Michel-Ange et les Bramante élevèrent à Rome de nouveaux édifices religieux dans le style grec , ce fut l'époque que l'on a nommée de la Renaissance , c'està-dire de la renaissance de l'art païen et des idées païennes, époque en même temps de mœurs et, de pratiques perverties chez le clergé catholique. Ce fut contre ce retour aux mollesses du paganisme que Luther se souleva d'abord : soumis encore au pape, il prêcha une plus grande sévérité de mœurs avant d'attaquer le dogme. Les rigoristes poussèrent la chose au point de dénuder les églises de tout ornement. L'Église catholique sentit son mal, d'où vint le principe émis par elle, que les hérésies mêmes lui sont utiles. Elle se corrigea, tandis que le protestantisme poussa l'opposition jusqu'à la séparation complète , rentrant lui-même alors dans le paganisme laconien, si l'on peut s'exprimer ainsi , et rejetant les grâces et les agréments du paganisme athénien, où les catholiques, un moment égarés, s'étaient laissé séduire.
Il le faut bien avouer, le siècle qui inspira « le Stanze » et u la Sixtine » n'était pas véritablement croyant au Christ. Ce n'est pas la passion de la souffrance qui l'enflammait. Le Pérugin, dit-on, niait Dieu et l'âme. Raphaël, mourant dans les bras de la Fomarina, épuisé de plaisirs sensuels, pensait fort peu, sans
doute, à la Vierge des douleurs, et c'est Dieu que nous devons remercier si son génie , inspiré plutôt par la grâce païenne que par les sévérités de T Évangile, a pu produire les admirables symboles qui rayonnent dans les personnages de la Transfiguration*
Écoutons sur ce sujet grave un grand écrivain, qui, ayant dévié lui-même du sentiment religieux, à la recherche d'une liberté fantastique, a cru faire, dans un style prétentieux, l'éloge de l'architecture de Michel- Ange. Voici ce que dit M. de Lamartine de Saint-Pierre de Rome * :
« Saint-Pierre est l'œuvre d'une pensée, d'une religion, de l'humanité tout entière à une époque du monde. C'est un temple destiné à contenir toute la philosophie, toutes les prières, toute la grandeur de l'homme. Les architectes, des cathédrales gothiques étaient des barbares sublimes. Michel-Ânge seul a été un philosophe dans sa conception. Saint-Pierre, c'est le christianisme philosophique, d'où l'architecte divin chasse les superstitions et les ténèbres , et où il fait entrer l'espace, la beauté, la symétrie, la lumière, à flots intarissables. La beauté incomparable de Saint- Pierre de Rome, c'est que c'est un temple qui pourrait servir à tous les cultes^ un temple déiste, si j'ose employer ce mot. Le christianisme périrait que Saint- Pierre