‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 104 sur 141 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

maintenu, depuis 1814, un système d'admini tion organisé pour le pouvoir absolu, la cen sation de l'ancienne monarchie et du pre empire.

2* Que ces mêmes traditions, ce même g( ce système d'administration sont incompat avec le régime constitutionnel, avec un poi limité et en partie indemne , avec une ni capable d'élire et de se diriger elle-même.

3° Que cette incompatibilité a déterminé, une large mesure, les crises de 1830, de 1 1851, 1870, 1871, crises qui, chaque fois, mis à découvert un esprit public plus vicié plaies sociales plus profondes.

Dès nos premières pages, nous posions en ] cipe qu'à des institutions locales centralisées pond le pouvoir personnel ou la monarchie a lue ; que sans institutions locales décentralis la monarchie constitutionnelle et la républ sont impraticables; qu'enfin, avec des institui locales qui ne seraient plus centralisées, mais ne seraient pas encore décentralisées, c'esUàavec nos institutions locales actuelles, ne exister qu'un état politique négatif, une f d'ocklocratie. Nous sommes donc en ce mor dans l'alternative, ou d'encourir insensihlemen conséquences de cet état, ou de décentralist plus tôt possible.

L'expérience prouve d'ailleurs que les r

latines ne sont aucunement impropres au selfgovernment. Le Portugal, l'Italie, l'Espagne ellemême ont adopté, à des degrés divers, ce système. A l'heure actuelle, leurs législateurs tendent plutôt à l'étendre qu'à le restreindre. Dans ces pays et en Autriche, en Bavière, en Saxe, en Danemark, etc. , les esprits et les mœurs étaient, il y a quelques années, comme ils le sont encore chez nous, unitaires et centralistes. Les gouvernements auxquels leurs populations étaient soumises pourvoyant à tout, les particuliers n'avaient pas plus que nous n'avons présentement nousTmêmes, l'habitude de donner leurs soins aux affaires publiques, de s'imposer pour elles des sacrifices, d'en assumer la responsabilité. Mais les souverains et les hommes d'Etat qui ont doté chacune de ces contrées du régime constitutionnel , ont fort sagement jugé qu'avec ce régime devait se produire, dans le pouvoir, un mode nouveau d'exercice et de défense, dans la nation de nouvelles aptitudes, de nouvelles pratiques, et c'est à l'aide principalement de la séparation des intérêts généraux et locaux, de la décentralisation administrative , que le changement a été accompli. Partout, même chez les peuples les plus pauvres et les plus arriérés, il se rencontre de simples citoyens , en très-grand nombre , qui acceptent, qui briguent la tâche d'administrer journellement et le plus souvent sans rémunération, la commune, le canton, l'arrondissement, la

Page 1