‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 106 sur 141 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

sabilité des agents officiels et augmenterait leur indépendance. Il est évident que, dans ces nouvelles conditions, Tautorité souveraine offrirait moins de prise qu'elle n'en offre aujourd'hui aux hostilités systématiques.

On ne peut d^ailleurs douter que notre unité administrative ne pecpétue et ne grossisse continuellement les partis. Par suite de cette unité, un trèspetit nombre de citoyens, la clientèle des hommes en possession du pouvoir et une certaine quantité d'élus sont seuls appelés à la^ gestion des affaires; la généralité de la population, même aisée et éclairée, est condamnée, pour tout ce qui a trait à la chose publique, ou à vivre inerte et stérile, ou à se jeter dans l'opposition, à dénigrer, à combattre. Les divers éléments qui la composent, sans contacts entre eux, ni avec les agents officiels, né peuvent se modérer, et ne trouvent pas à se mêler, à s'entendre ; demeurent désunis et intolérants les uns à l'éerard des autres. Dans un pays soumis à cette manière d'être permanente , esVil possible que les antagonismes s'apaisent, que le gouvernement devienne la magistrature nationale, qu'il cesse d'être uniquement le parti victorieux?

Ainsi les intérêts comme les principes, l'exemple de l'Europe comme le souvenir de nos malheurs et de nos mécomptes, nous conseillent également de repousser les objections par lesquelles on défend

et on maintient l'organisation qui a été créée ou restaurée, au commencement du siècle.

Qu'on nous permette, en terminant, d'invoquer à l'appui de nos conclusions un dernier argument, celui qui porte sur les antécédents de la question. Ce n'est pas sans surprise peut-être qu'on va lire certains - témoignages , même officiels, se prononçant déjà avec instance en faveur de la décentralisation administrative, sous la restauration, sous le gouvernement de juillet, sous le second empire.

Nous avons cité les avertissements prophétiques que JVI. Henrion de Pansey faisait entendre dès 1824, à propos de nos lois communales. La même année (juin 1824), M. Royer-CoUard finissait un de ses discours les plus célèbres par ces paroles bien dignes aujourd'hui encore d'être méditées : « . . . Nous avons passé, en un jour, de la servitude à la liberté ; et, faute de temps et de prévoyance, nous avons laissé au milieu de nous tous les instruments du despotisme... Le mal vient du pouvoir monstrueux et déréglé qui s'est élevé sur la ruine dé toutes les institutions. Une société sans insti-

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