‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 108 sur 141 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

vait indiquer les modifications à apporter d notre administration pour qu'elle devînt con: tible avec le système parlementaire.

Le lendemain de la révolution du 24 fév 1848, dans un livre qu'il consacrait spécialen: à la démocratie en France [1), M. Guizot n adressait les conseils suivants : « ... On parle be « coup de la centralisation, de l'unité adminis « tive ; elle a rendu d'immenses services à « France ; nous garderons beaucoup de ses forn « de ses règles, de ses œuvres. Mais le tempt a sa souveraineté est passé; elle ne suffit f « aujourd'hui aux besoins dominants, aux pé « pressants de notre société. Ce n'est pas « centre seul, c'est partout qu'est aujourd'hu o lutte; partout attaqués , il faut que les pi « cipes essentiels de la morale, les bases d( V société soient partout défendus , et c'est t « peu pour les défendre que des fonctionna « et des ordres venus du centre, même soute « par des soldats.... »

Lorsqu'on présenta à sa signature le décret 25 mars 1852 sur la décentrabsation, l'emper Napoléon III rédigea lui-même, a-t-on assuré préambule de l'acte ; ce préambule est ainsi con « Considérant qu'on peut gouverner de loin, n n qu'on n'administre bien que de près; qt n conséquence, autant il importe de central!

(1) De la Démocratie en France. — Victor Massoa. — Paris, 1

LES INSTITUrrONS ADMINISTRATrVES.

ction gouvernementale de l'État, autant il est cessaire de décentraliser l'action purement ministrative... » Si l'on eût mis à exécution idées aussi justes, non point en augmentant Drité des préfets , des sous-préfets et des es, mais en investissant le pays, les mandas des communes et des départements, il est probable que nous serions parvenus sans [isses, peu à peu, tout naturellement, aux irs, à l'aptitude et au régime constitutionnels. ï 1862, le représentant de la monarchie traanelle, M. le comte de Cbambord, frappé sans e des bons effets moraux et sociaux que prolient déjà sous ses yeux, en Autriche, les 'mes du moment, exprimait, lui aussi, dans une ï rendue publique (1), le souhaitque la France lotée de la décentralisation administrative.

i croyons utile de reproduire une des consitions qu'il fait valoir : « ... La décentralisa- )n administrative n'est pas moins indispenble pour asseoir sur de solides fondements le gime représentatif, juste objet des vœux de la ,tion. L'essai qui a été fait de ce régime à poque où la France avait voulu confier de luveau ses destinées à la famille de ses anciens is, a échoué pour une raison très-simple, c'est le le pays qti'on cherchait à faire représenter

Cette lettre porte la date du 14 novembre 1862. — Frohs-

(THAPITRE CINQUIEME.

« n'éttiit organisé que pour être administr « ment des assemblées, formées en queiq (i au hasard et par des combinaisons ar] '( autant qu'artificielles, auraientr^lles pi « véritable et sincère représentation de la « La décentralisation est seule capable de « ner, avec la conscience réfléchie de ses !

« une vie pleine, active, régulière, et de pÉ »i que le gouvernement représentatif dévie « vérité. Elle seule aussi peut créer les « politiques sans lesquelles les meilleures « tions se dégradent et tomljent en rui « appelant tous les Français à s'occuper « moins directement de leurs intérêts dai « communes, leurs cantons et leurs départ « on verra bientôt se former un personn « breux, qui à l'indépendance et à l'intégr:

« dra l'expérience pratique des affaires. A i( assemblées politiques, sorties pour ainsi i « entrailles mêmes de la nation, aideront le « nement à remplir sa haute mission, en lu « tant, avec leur utile concours, un contre « intelligent que dévoué, qui sera une f « plus, sans pouvoir être jatuais un obst

« un péril »

C'est vers la même époque, de 1858 à 18 M. le duc de Broglie (Victor) composa S( intitulé : Vues sur le gouvernement de la i On sait qu'il y propose la séparation des

généraux et des intérêts locaux, la libre expansion des autonomies communales, cantonales, départeirtentales et régionales, la localisation d'un grand nombre de fonctions publiques, etc. A-t-il cessé d'être d'une vérité saisissante ce tableau que nous lui empruntons ?

« Une nation dont toute l'activité politique se « réduit à fronder, à critiquer, à regarder faire en « se croisant les bras, perd promptement tout « bon sens, toute retenue, toute justiôe dans l'ap- « préciation des actes de l'autorité ; rien ne l'aver- « tit de la mesure, de l'exacte proportion des « choses ; rien ne lui apprend à distinguer la « vérité du mensonge, la réalité de l'exagération « ou de l'apparence; elle s'indigne sans motif, ou « se livre en pure dupe aux promesses les plus « folles, aux espérances les plus chimériques ; « elle contracte des habitudes intraitables de mo- « bilité et de turbulence. Son gouvernement, quel « qu'il soit, s'épuise en vains efforts pour la satis- « faire ou pour l'éclairer. Les ministres succèdent « aux ministres, les révolutions aux révolutions ; « le malade se retourne alternativement d'un côté « sur l'autre, sans y trouver ce qu'il cherche. A a chaque phase nouvelle, on annonce des mer- « veilles; mais ces merveilles, dès qu'on en ap- « proche, ce sont des bâtons flottants; en arrivant « au pouvoir, les nouveaux venus y rencontrent « des difficultés qu'ils ont ignorées ou méconnues,

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