‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 17 sur 141 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Bïi d'autres termes : la centralisation administrative. Les maires, les sous-préfets, les préfets continuèrent à être des autorités personnelles et unitaires , à avoir seuls en mains la direction quotidienne des affaires , la réglementation , la dispensation des emplois ; les conseils municipaux, les conseils d'arrondissement, les conseils généraux, à être nommés par le souverain où par les préfets; toutes les affaires locales, à être assujetties à la tutelle. La commune, l'arrondissement, le département ne redevinrent pas, selon ce qu'impliquait expressément la monarchie .constitutionnelle, une école de vie publique, un domaine d'activité pour les habitants, un rempart pour le pouvoir; ils restèrent uniquement, comme ils l'avaient été sous l'empire et avant 1787, des engins d'assimilation.

On s'explique cette erreur funeste. D'une part, le pays, depuis 1799, s'était deshabitué de la vie publique, ne souhaitait en 1814 que le repos, avait perdu le souvenir et le goût de ses anciennes franchises locales; de l'autre, les hommes d'état de l'époque,, tout en voulant avec sincérité établir le régime parlementaire et en ne rejetant pas d'une manière absolue la souveraineté nationale, se proposaient principalement de restaurer et de remettre hors d'atteinte les droits éminents du Prince et sa souveraineté primordiale. Ils estimèriînt, non sans raison, que s^il existait un moyen

de parvenir à ces deux fins, à ces fins contradictoires, c'était qu'avec le mécanisme constitutionnel nouveau, on gardât l'ancien système de gouvernement et d'administration , la centralisation. Il était certain que le pouvoir demeurant l'arbitre de tous les intérêts locaux, le dispensateur de tous les emplois , de toutes les faveurs , dominerait aisément la représentation qui allait émaner de quatre-vingt à cent mille électeurs seulement.

Il domina en effet cette représentation; mais, • quoique soumis à la contradition, il resta, sinon pour^ les affaires politiques, du moins pour les affaires administratives, pour les plus usuelles, aussi responsable que l'avait été l'empereur luimême et aussi découvert. La nation, de son côté, quoiqu'ayant acquis des droits très-importants, conserva, dans sa généralité, les mœurs, les goûts, les inaptitudes auxquelles elle avait été façonnée depuis deux siècles, demeura peu occupée, inexpérimentée, divisée, dépourvue d'influences et de guides autres que les fonctionnaires. La nouvelle monarchie constitutionnelle n^ exista guère qu'au regard des quatre-vingt à cent mille contribuables admis à jouir des droits octroyés et à participer à l'élection de la chambre des députés. Le grand nombre, n'apercevant pas de changement dans tout ce qui était à sa portée et de son ressort, la distingua, la reconnut à peine.

Si, en 1814, à la place de la centralisation du

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