CHAPITRE DEUXIÈME
XVII® et du xviii'' siècle et de l'empire, npus avions réellement adopté (1) les principes de la constitution anglaise et du self-fjovernment, aucun de ces germes de subversion n'aurait pu prendre naissance. Les diverses classes, au lieu de se séparer de plus en plus, se seraient mêlées et rapprochées dans la gestion journalière de la commune, du canton, de l'arrondissement, du département. Les hommes et l'esprit nouveaux issus de 1789-1814, au lieu de s'alarmer et de combattre, auraient trouvé, dans cette même gestion, à s'apîrtser, à collaborer avec les hommes et l'esprit du passé. Chacun, de proche en proche et dans une certaine mesure, aurait appris à discerner, h patienter, à compter plutôt sur le vote que sur la force. Les personnes royales elles-mêmes n'auraient point été continuellement prises à partie. Les résultats de l'antinomie existant entre le système politique et le système administratif, entre lés lois et les mœurs, n'échappèrent point à quelques-uns des serviteurs les plus distingués de la Restauration, à M. de Villèle, à M. Corbières, à M. Royer-Gollard, à M. de Martignac (2), h M. Henrion de Pansav, etc. Les uns et les autres
(1) En 1814-1815, c'était le vœu et ce fut Tillusion de beaucoup (J*b;ji.mes marquants. ^
(2) On connaît le projet de loi présenté par M. de Martignac en 1828. Déjà en 1821, le gouvernement n'avait pu faire adopter un projet de loi qui l'eût obligé a choisir lei maires des communes rurales parmi les conseillers municipaux .
38 LES INSTITDTIONS ADMINISTRATIVES.
gouhaiUiieut la réforme des institutions locales; mais leurs efforts, comme ceux de Turgot et de Dupont de Nemours en 1774, et ceux de Necker en 1778, furent ou insuffisants ou tardifs. La facilité avec laquelle la révolution de 1830 s'accomplit prouva à quel point avaient sévi les causes de dissolution et de ruine que nous venons d'exposer.
Sans méconnaître entièrement ces causes générales et supérieures de la révolution, le nouveau gouvernement, de concert avec l'opinion publique, rimputa surtout à l'incident final qui l'avait déterminée, aux ordonnances du 25 juillet. Il fut ainsi conduit à juger que l'organisation politique et administrative de l'empire et de la restauration n'était pas incompatible avec son principe, et qu'il suffisait de l'élargir ; qu'en particulier pour la commune et le département, il n'était besoin que d'améliorations partielles ; qu'il n'y avait pas nécessité de recourir à un remaniement profond, seule voie cependant, nous l'avons déjà expliqué, par laquelle il eût été possible de parvenir aux pratiques, aux réalités, à Tappareil véritable du régime constitutionnel. C'était, en le corrigeant, le cadre de l'édit de 1787 et des lois de 1789, à savoir : des administrations locales électives, collectives, presque autonomes, non moins que trèscontrôlées et très-contenues. qu'il eût fallu reconstituer; ce fut le cadre de l'an vni, à savoir : des