‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 29 sur 141 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

raies (1), mêlant ainsi et unifiant en quelque sorte tous les intérêts publics. Chez les peuples constitutionnels au contraire, l'Etat (le gouvernement et le parlement) ne connaît que des affaires générales, à savoir : de la confection et de l'exécution des lois, de Tarmée et de la marine, de la diplomatie, des finances, de la justice et de la police, de la tutelle des incapables. Toutes les autres, l'administration de la commune et de la province, I9. collation de la plupart des emplois, le culte, l'éducation, l'assistance proprement dite, la voirie, le commerce et l'indufetrie sont abandonnées, sous certaines réserves, aux pouvoirs locaux ou à l'association et à rindividu (2). Le même départ existe dans les budgets. En d'autres termes, ces peuples possèdent^ comme nous et même généralement plus que nous, la centralisation politique qui seule permet de sauvegarder les grands intérêts composant chez eux les attributions de l'Etat, l'unité nationale, la paix

(l)Nous citerons, parmi les dépenses /oca/^f auxquelles subvient, dans une certaine mesure, le budget de l'État, celles concernant les édifices paroissiaux, le matéiiel de l'instruction primaire et secondaire, la voirie départementale et vicinale, l'assistance publique, les encouragements aux lettres, aux sciences, aux arts^ les encouragements à Tagriculture et à l'industrie. Quant aux dépenses de l'État qu'alimentent totalement ou en partie les budgets communaux et départementaux, ce sont celles qui portent sur la police, sur les prisons, sur le casernement de la gendarmerie et sur tous les établissements ayant un caractère d'utilité générale.

(2) Cette classification des intérêts de l'Etat et des intérêts locaux est celle à laquelle les publicistes se sont généralement ralliés. Cependant nous devons constater qu'il existe à cet égard, dans la pratique, de nombreuses diversités.

au dedans, rindépendance au dehors ; mais ils n'ont jamais eu ou ils ont rejeté la centralisation adminis ira tive .

Il est facile de démêler l'origine et les motifs de cette différence essentielle.

Chez nous, la forme du gouvernement a changé souvent, mais le fond est demeuré à peu près intact; nous avons conservé et nous conservons invariablement la même conception de TÉtat, la conception romaine ; nous souhaitons et nous réalisons sans cesse un Etat unitaire et omnipotent. Tantôt cet État se personnifie dans le monarque lui-même, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI jusqu'en 1789, Napoléon ?', Napoléon III en 1852. tantôt il affecte un mode d'organisation plus complexe et qui offre plus de garanties ; il comprend un roi irresponsable et des ministres responsables, deux chambres législatives, un corps électoral, comme de 1814 à 1848; tantôt enfin il porte renseigne de la république et il fonctionne au moyen d'une assemblée souveraine et du suffrage universel, comme en 1793, en 1848, en 1871. Sous ces diverses manifestations et selon les circonstances qui le dominent et les hommes qui le dirigent, il peut être prudent ou téméraire, désordonné ou régulier; mais toujours il procède à peu près de la même doctrine et il dispose à peu près des mêmes moyens d'action et d'absorption. A l'étranger, c'est une voie entièrement opposée qu'on a suivie

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