‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 31 sur 141 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

1852, interrogé par lord John Russell sur les motifs qui Tavaient porté à souscrire avec empressement au coup d'Etat, il répondait : « L'exis- « tence d'une république dans un pays aussi cen- « tralisé que Test la France m'a toujours paru « quelque chose d'absolument chimérique et irréa- « lisable.... La constitution de 1848 aurait dû « s'appeler la dissolution. . . » (1). Dans un discours célèbre prononcé en 1872, M. Gladstone repoussait ainsi certains projets tendant à accroître les pouvoirs de l'Etat : « .... Plus les années s'accumu- « lent sur moi, plus j'attache d'importance aux « institutions locales. C'est par elles que nous « acquérons l'intelligence, le jugement, l'expert rience politiques, que nous nous rendons aptes « à la liberté; sans elles, nous n'aurions pu conte server nos institutions centrales....» Il y a quelques mois, à Birmingham, le même orateur, présidant un meeting tenu à l'occasion des difficultés de la question d'Orient, insistait avec force sur la nécessité, pour tous ceux qui veulent un jour siéger au parlement, d'accepter, de briguer d'abord les fonctions municipales, et il ajoutait que « les succès merveilleux de la race anglo- « saxonne en Europe et ailleurs étaient dus en « grande partie au système des institutions locales « et du self-government^ qui impose incessam-

(1) Ut supra.

« ment à chacun des responsabilités et des devoirs « publics. »

On ne peut contester qu'après la bataille d'Iéna (14 octobre 1806) Napoléon I", l'empire français et sa législation politique, civile, militaire, ne fussent entourés dans toute l'Europe, particulièrement en Allemagne, d'un grand prestige. Cependant, les hommes d'Etat qui entreprirent à cette époque de relever et de régénérer la Prusse, Guillaume de Humboldt, Stein, Altenstein, Hardenberg, Scharnhorst se gardèrent bien de nous emprunter la centralisation de Tan viii, et d'introduire dans le royaume mutilé de Frédéric Guillaume III notre organisation de l'Etat, de la province et de la commune. Ils surent assigner à leur pouvoir suprême autant de force et d'énergie que le nôtre lui-même en avait puisé dans les événements et les actes législatifs de 1799, de 1802, de 1804; mais, en même temps, ils s'appliquèrent tout spécialement à solidariser la nation avec ce pouvoir, et à instruire, à améliorer, à rehausser l'individu. Guillaume de Humboldt émit et réitéra instamment l'avis, dans divers mémoires réunis et publiés en 1851 (1), qu'on ne maintînt à l'État que les seules attributions qui lui étaient nécessaires, afin que les sujets pussent trouver, dans la commune et

(1) Ideen zu einem Versuch die Grenzen der Wirksamkeit des Staats zu bestimmen, von Wilhelm von Humboldt. — Berlin, 1851.

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