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LES INSTITUTIO^NS ADMINISTRATIVES

« tés....(l). » Altenstein se faisait Tinterprète des mêmes exhortations. Sa maxime favorite qu'il s'efforçait de graver dans tous les esprits, dans ceux en particulier du roi Frédéric-Guillaume et de la reine Louise, était : « qu'une nation vaincue et « réduite peut encore aspirer à la première place, « si elle travaille plus que les autres à l'éducation « du citoyen, à l'ennoblissement de l'individu. » Hardenberg demandait qu'on accoutumât le pays au self-govemment ; qu'on lui donnât des libertés municipales très-étendues; qu'on instituât partout des corps électifs; qu'on créât des diètes provinciales et mêmes des états-généraux (2). Enfin Scharnhorst concevait et proposait une armée nouvelle qui devait être non seulement la nation entière, exercée, toujours prête à se lever et à combattre, mais encore une école permanente de patriotisme, de discipline, de respect, d'union et de rapprochements sociaux.

De ces idées, aussi hardies que justes, communes, par une faveur singulièrede la destinée, à tous les conseillers de Frédéric Guillaume III, sont sorties les réformes qui ont fait la Prusse actuelle, l'abolition du servage, des corporations, des privi-

(1) J.-H. Pertz. — Daa le':en des ministers Freiherrn von Stein, 1849-1855. — Berlin.

(2) Mémoire manuscrit portant la date du 12 septembre 1807. Riga.

CHAPITHE TROISIEME.

viléges {!), l'instmcUon primaire et le servi militaire obligatoires,, les universités autonom* la Landwehr, le Landsturm, les corps d'arm régionaux , enfin et surtout le self-governme communal et provincial, contrôlé et contenu p l'État.

Dès le 19 novembre 1808, les villes reçure une première loi organique [Stadte-Ordnung) , da le préambule de laquelle le roi déclarait qui « désirant faire naître un esprit'public, il avi " jugé indispensable et urgent de donner a " villes un régime plus indépendant, d'y étab fl un centre, de leur conférer le droit d'influer g " tivement sur leur administration » . Aux term de cette loi, les villes étaient mises en possessi du droit d'élire leurs magistrats et leurs conse et de subvenir librement par leurs mandataire: tous les services communaux, au culte, à l'instri tion, aux travaux publics, à l'assistance, à la j lice sanitaire, etc. A peu près à la même époqi les départements étaient dotés d'une administrât! collective {Regierung), qui, elle aussi, non f encore en vertu d'une loi, mais d'instructïo expresses, devait se considérer comme à peu pi autonome pour toutes les aflaires de la circonscr: tion. De 1816 à 1827, deux autres rouages loca étaient renouvelés : l'autorité provinciale avec

(I.) Edit du 9 octobre 1807. Jusqu'ulors les nobles seuls aval eu le droit d'acquérir et de posséder des biens-fonds.

diète {Provinzial Versammlung) et son président supérieur {Ober Praesident), Tautorité de Tarrondissement avec sa diète aussi [Kreis Versammlung) et son Landrath.

Absorbée par tant de progrès inattendus, la nation ne s'aperçut pas qu'une partie considérable des promesses faites de 1807 à 1815 (1), celle qui concernait la représentation politique, avait été mise en oubli. Ce fut seulement en 1841 que Frédéric Guillaume IV accorda le régime des deux chambres, et en 1850, le 31 janvier, que fut promulguée la constitution.

Depuis 1871, une des principales préoccupations des ministres prussiens a été d'étendre et de perfectionner le self-'governm£nt local. La loi du 13 décembre 1872 [Kreis-Ordnung] a dans ce but réformé de fond en comble l'administration des communes rurales, amélioré et beaucoup élargi les institutions du bailli, du comité de bailliage, du Landrath, de la diète d'arrondissement et de sa commission executive {Kreis Ausschuss).

M. Friendenthal , alors député, rapporteur de cette loi, en a défini ainsi à la tribune l'esprit et la portée :«.... On ne saurait mieux protéger le « royaume, élever de meilleures digues contre les « périls du jour, contre la démagogie notamment,

(1) L'édit notamment du 22 mai 1815 avait promis au peuple prussien une représentation nationale.

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