CHAPITRE TROISIÈME
et de 9,000 francs (1). En Belgique, celui de gouverneur est de 16,000 et de 12,000 francs. En Hollande, celui du commiseaire royal est de 17,000 et de 15,000 francs. En Autriphe-Hongrie, celui de lieutenant de l'Empereur est de 30,000 et de 20,000 francs. En Russie, celui de gouverneur civil est de 24,000 et de 16,000 francs (2). Nulle part, en Europe, Tinstallation des représentants du pouvoir central dans les provinces n'est aussi somptueuse qu'en France.
Constatons enfin qu'en général, au dehors, la nomination et la révocation de la plupart des fonctionnaires sont devenues Tobjet de réglementations formelles et qu'elles ne dépendent plus de la volonté d'un seul. On a vu notamment à plusieurs reprises, dans le présent chapitre, que partout ce n'est plus le préfet seul ou le maire seul, comme chez nous, qui dispose du sort des employés locaux ; les conseils ou comités en délibèrent avec l'un ou l'autre de ces agents supérieurs et la décision est prise en commun. Nous n!avons pas
(l)Eii Italie, dans un certain nombre de préfectures, les préfets touchent, en outre de leur traitement, des frais de représentation dont ils sont d'ailleurs obligés de faire emploi réellement. Les préfets de Rome et de Florence reçoivent pour ces frais 12,000 francs ; ceux de Milan, de Naples, de Turin, de Venise et de Païenne 20,000 francs ; ceux de Gênes, d'Ancône, de Livoume et de Messine 5,000 francs.
(2) Tous ces chiffres sont donnés d'une matiière approximative et en bloc.
besoin d'expliquer que ce mode offre plus de garanties que le nôtre, au double point de vue de l'intérêt public et de l'intérêt de l'employé lui-? même.
Nous ne saurions achever cette énumération des moyens par lesquels les divers peuples de l'Europe atténuent les dangers du système çletctif , s€ms mentionner également celui d'une autra nature, qu'ils regardent à juste titre comme le plus productif de tous : l'éducation.
Lorsqu'on passe en revue les mesuras qviQ les uns et les autres ont adoptées, depuis dix ou quinze ans, pour cette partie si importante du service public, on reconnaît : 1" que partout elle acquiert de jour en jourjune place plus considérable dans les budgets des États, des provinces et des communes; 2^ que,* parmi les trois ordres d'enseignement, c^est celui qui s'adresse aux classes les plus exposées à l'erreur et les plus nombreuses, l'enseignement primaire, qu'on doté et qu'on favorise le plus ; qu'il est obligatoire déjà sur presque toutes nos frontières, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Autriche, dans la plupart des cantons Suisses, en Espagne même ; 3** que l'administration et la surveillance journalière de cet enseignement tendent incessamment à se décentraliser et à être remises, sous le contrôle du gouvernement, à la com-