‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 74 sur 141 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

mune, à la province, à des comités, à des délégations nommées ou par le pouvoir, ou par les intéressés, et à devenir ainsi un nouveau domaine local d'activité et de contacts pour les diverses clauses de la population ; 4** enfin que tous les Etats font efTort, à Taide de la loi, de l'association, des écoles de perfectionnement, des écoles industrielles, des écoles d'adultes, des écoles du dimanche, des écoles du soir, pour que le bénéfice de ce même enseignement soit prolongé au-delà de l'enfance et qu'il influe véritablement sur la condition morale du pays, sur le jugement, sur la conduite et sur le vote de chacun.

§iv

Résultats et Conclusion.

Ainsi, tous les peuples constitutionnels, l'Europe presque entière, malgré l'extrême variété de leurs antécédents, de leurs institutions et de leurs habitudes, ont aujourd'hui à peu près la même organisation de l'Etat, de la province , de la commune. Tous , dans cette organisation , ont adopté des principes autres que ceux qui nous guident. Tous se proposent et atteignent des résultats autres que ceux dans lesquels nous nous attardons.

Un résumé rapide et synoptique fera éclater, d'une manière plus saisissante encore, cette dissemblance profonde.

Chez les peuples constitutionnels, la commune et la province s' administrant elles-mêmes sous la surveillance simplement de l'Etat, le gouvernement du pays par le pays, à tous les degrés, est une réalité effective. Le pouvoir central peu engagé, peu responsable, obtient l'immunité et dure. Chez nous, l'Etat gérant lui-même quotidiennement par ses délégués le département et les communes importantes, le gouvernement du pays par le pays n'existe qu'incomplètement, qu'au sommet; le pouvoir central perpétuellement en cause s'épuise de jour en jour et succombe après une certaine période.

Chez les peuples constitutionnels, les organes administratifs de la commune et de la province étant nombreux, ouverts, permanents, associent beaucoup de particuliers à la chose publique, les forment à l'exercice du vote, les mettent constamment en contact, les rapprochent. Chez nous, le maire, le préfet, pourvoyant eux-mêmes à la direction des affaires, l'intervention des corps électifs n'étant qu'accessoire et intermittente, l'apprentissage du citoyen et de l'homme d'état manque; les individus et les classes sont isolés, défiants, intolérants les uns vis à vis des autres.'

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