‹ Les institutions administratives en France et à l'étranger [microform]Chapitre 83 sur 141 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

gouvernement. Dans cette majorité, ceux paient le moins d'impôt sont notablement les ] nombreux. Dès lors, il est inévitable, onleconj que nos assemblées et nos conseils électifs so plus portés à la dépense qu'à l'épargne, à l'im] voyance et à l'excès qu'à la réserve. Or, sul donnés désormais à la majorité, les agents d tutelle pourront-ils refréner une telle tendar Est^il à croire qu'en cette matière, comme d beaucoup d'autres cas où ils auraient à useï leurs droits de veto et de coercition, ils conseni à se mettre en opposition avec les intérêts et votes dont ils sont eux-mêmes des dérivés? Qi veuille bien penser aux résultats qu'amènei , peu à peu ces nouvelles conditions (1) !

(I) Ces résultats se mamfeateitt déjà. La statistique pu récamment par le ministère de l'intérienr sur la situation finaai des communea ea 1877 constaite que la mojenne des imposil communales, pour toute la France , est de 48 centimes, et dans plus de 3,000 communes, les contribuables paient, à titr centimes additionnels, une somme supérieure au chiffre de fit direct per(ii au'profit du trésor. Les charges qui p&seut sur départements s'aggravent aussi d'une manière très-rapide; pam plus pauvres d'entre eux, la Haute-Savoie paie actuellemen centimes additionnels, ta Corse 74, la Savoie 73, l'Âriége 64 l'Avejron 59.

Quoique notre dette publique soit de beaucoup la plus élevêt existe dans le monde entier [23,403,000,000 fr.), notre budge l'État grossit, lui-auasi, d'année en année : Eu 1876, les dépenses de l'État se sont élevées à 2,569,3I5,00( En 1877, à 2,672,507,00*

En 1878, à , 2,701,080,01^

Pour 1880, les dépenses prévues atteignent le

chiffrede 2,749,091,80(

Dans un antre ordre de &its, pour ce qui se rapporte, exemple, aux questions do personnel, ne voiton paa, tous les jo'

Ainsi, depuis 1871-1876, tel est le régime de nos institutions locales, que ces institutions ne peuvent plus, comme naguère, servir au gouvernement d'instruments d'assimilation et de contrainte, mais qu'elles ne peuvent pas davantage servir au pays, comme l'exigerait notre état politique actuel , d'instruments d'initiation et d'apprentissage. Le. suffrage universel a été à peu près émancipé, sans qu'on ait pris le soin ni de ménager aux électeurs des moyens nouveaux de discernement propre et de sage conduite, ni de munir les intérêts, l'Etat lui-même, de nouvelles garanties.

L'autorité souveraine n'est plus en mesure de faire exécuter lès lois et les règlements partout, sûrement et promptement.

Elle ne peut plus tirer profit du morcellement excessif de nos communes, ni des prérogatives unitaires et personnelles des maires et des préfets ; ce morcellement et ces prérogatives unitaires tournent même désormais à son détriment.

Enfin, dans beaucoup de cas, la tutelle générale et la tutelle locale sont paralysées (1).

des- agents supérieurs de TEtat, même réputés consciencieux, céder à la volonté toute puissante des notabilités politiques, faire, quoiqu'à regret, entier abandon des intérêts du service?

(1) Nous employons souvent, dans le cours da travail, ces expressions : la tutelle générale et la tutelle locale; le lecteur se rend sans doute bien compte de leur signification.

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