CHAPITRE QUATRIEME
cable à nos départements et à nos communes importantes, on sait déjà qu'il est incompatible avec notre division territoriale, avec l'exiguïté de la plupart de nos communes. Dans nos huit mille cinq cent vingt-et-une agglomérations n'ayant pas plus de trois cents habitants (1), dans nos seize mille cinq cent quatre-vingt-trois n'en ayant pas plus de cinq cents, dans nos vingt-sept mille trois cent quatre-vingt-dix n'en ayant pas plus de mille, la rareté des éléments d'administration, du pei^ sonnel propre à lesprendre en mains, des lumières, des ressources, s'oppose absolument à ce que ces agglomérations deviennent, ainsi que l'exigerait notre régime politique, des instruments d'éducation et d'apprentissage, et ne leur permet que d'être ou des instruments d'assimilation et de contrainte, comme elles l'ont été jusqu'en 1871-1876, ou des instruments neutres et négatifs, comme elles le sont depuis cette époque. C'est là, nous l'avons montré précédemment, une des difficultés les plus graves que rencontrent, chez nous, l'établissement et le fontionnement des institutions libres. Il est essentiel que nous y portions remède, selon l'exemple que nous ont donné les principaux
(1) Ce chiffre est emprunté an dénombi-ement de 1876 et il se décoiDpose ainsi qu'il Eoit :
ConunnneEi aU-dessous
de 100 hafaitsnta.— 653 1
de 100 à 200 hab. — 3.295 J 8.521
de 200 à 300 hab. —4.573 (
peuples de l'Europe, aussitôt qu'ils se furent ralliés à la forme constitutionnelle. La voie pour atteindre ce but est tracée : il faut que nous nous décidions à doter de législations distinctes les agglomérations urbaines et les agglomérations rurales ; que nous accordions aux premières la plénitude à peu près de la vie communale (1), que nous maintenions, pour les secondes, l'organisation en vigueur présentement, en la complétant par la création au chef-lieu de canton d'un nouveau centre d'efforts communs, de culture administrative et politique, de contacts. A la place de nos conseils d'arrondissement, restés presque sans objet et inutiles, des conseils cantonaux présidés par un représentant du pouvoir central, le maire du cheflieu de canton, composés des maires et des délégués des communes rurales, répartiraient les contributions directes ainsi que les subventions de l'Etat et du département, disposeraient de certaines ressources déterminées annuellement par la loi de finances, statueraient sur toutes les
(1) L'autonomie locale, nous ne saurions trop nous appesantir sur ce point, l'autonomie locale, organisée de façon qu'elle ne puisse nuire à TEtat, est un instrument très-énergique d'éducation administrative et politique. On n'apprend à éviter les fautes qu'à la condition d'avoir le dioit et la possibilité d'en commettre. Le gouvernement et le parlement italiens, en refusant^ depuis 1877 jusqu'en 1879, de venir en aide à la ville de Florence ruinée par les prodigalités de ses magistrats électif^ auront certainement beaucoup contribué à répandre dans la Péninsule les mœurs constitutionnelles, le discernement, l'esprit de prévoyance, le sentiment réel de la responsabilité.